Le Mangeur d’Âmes – Alexis Laipsker – Éditions Michel Lafon

« Flaubert disait qu’une lecture amusante était aussi utile à la santé que l’exercice du corps ».

C’est ce que France Bleu Maine vous dit tous les jours dans l’Happy Hour de 17 h 35 ! Vivent les livres et les libraires sarthois. Nous le clamons à travers leurs coups de cœur et aujourd’hui Nathalie de la librairie Doucet nous présente « Le Mangeur d’Âmes » d’Alexis Laipsker (Delphine Seveno)

« Il n’a pas crié. Ils ne crient jamais. »

Avec  » Le Mangeur d’Âmes » Nathalie nous emmène dans un village de montagnes, reculé.  » Le Mangeur d’Âmes » c’est un polar. Alors, effectivement un bon petit polar de temps en temps, ça détend. C’est le deuxième roman de Alexis Laipsker. Le premier (Et avec votre esprit) avait été assez remarqué l’an dernier. L’auteur nous emmène en montagne, en France mais on ne sait trop dans quel endroit. Des corps ont été retrouvés morts et plutôt atrocement mutilés. Il semblerait que ces gens se soient donnés la mort mais le Commandant de police, une femme qui mène l’enquête, est sceptique sur le fait qu’ils se soient donnés la mort. Puis parallèlement à ça, il y a eu aussi dans le secteur des disparitions d’enfants et là, pour le coup l’enquête est menée par un Capitaine de gendarmerie. Ces deux-là vont se rapprocher puisqu’ils ont l’intime conviction –bien que rien ne le laisse présager– que les deux affaires sont liées et en plus effectivement ces gens ne se sont pas donnés la mort, mais ont été assassinés, bien qu’il n’y ait aucune trace d’intrusion. Et l’on va suivre avec eux l’enquête. Alors là, on plonge, dans la sorcellerie, dans les légendes, médiévales, dans la religion, ou même avec le diable qui est omniprésent et on remonte avec eux le fil de l’enquête.

Sur l’histoire du livre, je dirais que ce livre est un policier assez classique et tout s’emmêle dans la dernière partie et je peux vous dire que là, ça vous laisse un peu chaos !. Je ne vous en dirai pas plus… Sincèrement c’est un chouette polar qui vraiment dans la dernière partie vous laisse un peu saisi d’effroi et il nous cueille sur le dénouement.

Nathalie de la librairie Doucet/MC

Écoutez Nathalie en compagnie de Delphine Seveno sur France Bleu Maine, en cliquant ici

Mangeur d’âmes 349 pages – prix : 18.95 € (parution 04/03/21)

Alexis Laipsker est né en 1969. Il est l’auteur de « Et avec votre esprit » (2020) – Nominé pour le prix des Nouvelles Voix du Polar 2021 – Nominé pour le prix du salon du Pays noir 2021 (Belgique).

Le Champ – Robert Seethaler – Éditions Sabine Wespieser –

CHRONIQUE SOUTERRAINE !

Nous avons tous peur de mourir et c’est normal, nous sommes des humains ! Les premières pages de ce roman extraordinaire posent la question : « Si les morts pouvaient parler, que diraient-ils ? » « LE CHAMP » est un drôle d’endroit dans le village, car il s’agit du cimetière ! Mais, CE CHAMP, C’EST LE MONDE. CES VOIX, NOS VIES.

Ainsi, Robert Seethaler, romancier autrichien, redonne vie à vingt-neuf disparus, tous originaires de la même bourgade. Il fait parler les morts de Paulstadt, une ville autrichienne imaginaire, dans la Markstrasse qu’ils ont habitée ou fréquentée. Chaque mort prend donc la parole à tour de rôle et devient narrateur. Chaque chapitre est une voix, chaque voix qu’on entend, ce sont les voix des gens qui dorment dans « le champ« , la terre qu’ils partagent tous désormais. Ainsi, en quelques pages ou quelques mots, ils reprennent vie et certains d’entre eux nous fascinent et nous marquent. Il y a une sorte d’intimité dans leur manière de se livrer ou de résumer leur passé (leurs amours, leurs bonheurs, leurs réussites ou échecs, leurs rancœurs, amitiés, jalousie etc... Leurs vies tout simplement ! ) Ils étaient fleuriste, primeur, facteur, professeur, sans véritables liens, mais pouvaient se connaître. On se rappelle de la marchande de chaussures parce qu’elle veut vivre une grande vie et qui râle sans arrêt après son mari. Puis, on retrouve le curé qui est tellement illuminé qu’il a mis le feu à son église et on se demande bien pourquoi ! On reconnaît Monsieur le Maire parfois cynique, parfois sincère. Il y a Marie, la doyenne de 105 ans qui dit : « J’ai été une enfant. Puis une dame. Puis de nouveau une enfant. De l’entre-deux je ne me souviens pas. En tout cas j’étais une jolie dame » (p. 211). Et celle qui va être la prostituée du village et du coup, elle raconte tout le village, elle a connu tout le monde intimement !.

Hannes Dixon, un des narrateurs, reporter-rédacteur-éditeur du « Courrier de Paulstadt, nous livre ces quelques mots : « Chaque instant porte en lui le temps dans sa globalité; dans les vitres de la Markstrasse se reflète le monde entier. » (p.225)

Que reste-t-il de la vie après la mort ? Quelques dates, des regrets, des amours, de l’amitié ?

Un livre bien écrit, sans pathos. Une langue très belle, très poétique, il y a des moments où l’on rit malgré le sujet. C’est un bouquet d’émotions et c’est vraiment touchant. Certaines histoires commencent de manière un peu dure, parfois lugubre puis à la fin, on se marre.

Librairie Doucet/M.Christine

LE CHAMP traduit de l’allemand (Autriche) par Elisabeth Landes – prix : 21 € – 276 pages – (parution : janvier 2020)

Robert SEETHALER, né en 1996, vit à Berlin. « Le Tabac Tresniek » (2014) et « Une vie entière » (2015), tous deux parus chez Sabine Wespieser éditeur, l’ont imposé en France et ailleurs comme un des écrivains de langue allemande les plus importants de sa génération. « Le Champ » (Das Feld), publié en 2018 en Allemagne, y a connu ainsi qu’en Autriche, un succès retentissant.

croire aux fauves – nastassja martin – Éditions verticales – Prix François Sommer 2020 –

FACE A FACE AVEC  UN FAUVE !

images« L’ours est parti depuis plusieurs heures maintenant et moi j’attends, j’attends que la brume se dissipe. La steppe est rouge, les mains sont rouges, le visage tuméfié et déchiré ne se ressemble plus. Comme aux temps du mythe, c’est l’indistinction qui règne, je suis cette forme incertaine aux traits disparus sous les brèches ouvertes du visage, recouverte d’humeurs et de sang : c’est une naissance, puisque ce n’est manifestement pas une mort. » (p.13)

Ce deuxième livre de Nastassja Martin anthropologue, spécialisée dans les populations arctiques, au fin fond des terres sibériennes, est un récit autobiographique qui  se déroule sur quatre saisons. Elle étudie les peuples nomades, animistes du Kamtchatka où elle vit en osmose avec eux, complètement en phase avec leur environnement et leur mode de vie, dans un habitat réduit, au fin fond de la forêt. La famille des Evènes dans laquelle elle s’est si bien intégrée, est devenue sa deuxième famille, au point d’y vivre  et de renouer avec les pratiques ancestrales et leurs rites animistes. 

Suite à un événement qui lui est arrivé en 2015, l’auteure nous livre sous forme de récit, un texte nourri de mythes et de rêves qui se déroule sur quatre saisons. Lors d’une sortie alors que Nastassja Martin part seule dans les montagnes, elle rencontre un ours qui l’attaque au visage, lui emportant une partie de sa mâchoire mais par chance, la bête lui laisse la vie sauve, car il est plutôt rare de s’en sortir vivant !. Elle est complètement défigurée. Elle va nous raconter la reconstruction de son visage, ses opérations successives en Russie et en France. Une expérience que cette jeune anthropologue a vécu dont elle choisit de faire une aventure merveilleuse !

Ce texte bouleversant, à la lecture exigeante, où la philosophie que l’auteure en retire, offre bien des interrogations que chacun de nous peut développer….., pouvant nous faire réfléchir à notre avenir d’humains sur cette planète qui est entrain de s’effriter, à notre mode de vie, à notre harmonie avec la nature que nous sommes entrain de voir disparaître. 

 Née en 1986, Nasstassja Martin est anthropologue diplômée de l’EHESS et spécialiste des population arctiques. Elle est l’auteure d’un essai, tiré de sa thèse de doctorat dirigée par Philippe Descola, « Les âmes sauvages » : « Face à l’Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska (La Découverte, 2016), ainsi que d’un documentaire, co-réalisé avec Mike Magidson, Tvaïn (Point du jour/Arte). Croire aux fauves est son premier récit.

« Croire aux fauves« – prix 12.50 € – 150 pages (parution janvier 2020)

La chaine – Adrian McKinty – Éditions Mazarine Thriller –

La chaine est un polar machiavélique. 

la chaîneLe téléphone sonne. Un inconnu a kidnappé votre enfant. Pour qu’il soit libéré, vous devez enlever l’enfant de quelqu’un d’autre. Votre enfant sera relâché quand les parents de votre victime auront à leur tour enlevé un enfant. Si un chaînon manque : votre enfant sera tué. »

Nous allons ouvrir un polar sur un thème utilisé des milliers de fois en littérature comme au cinéma, le rapt d’enfants et pourtant le roman d’Adrian McKinty est diablement original. Son titre « La chaine », c’est le coup de cœur de Marie-Adélaïde de la librairie Doucet au Mans.

La chaine est un polar machiavélique. Imaginez un roman policier différent de tout ce que vous avez lu depuis le début, puisque tour à tour, vous allez être la VICTIME, le BOURREAU, c’est vous qui allez devoir gérer l’I-NI-MA-GI-NABLE ! Exactement, une histoire inimaginable même si l’auteur en a eu l’idée dans le monde bien réel, au Mexique où des gangs prospèrent sur les enlèvements contre rançons.

Marie-Adélaide, ce thriller a une femme pour personnage principal ? : – Rachel, elle est séparée de son mari. Elle vit modestement. Elle vient d’être très malade dans une station balnéaire de la Côte des États-Unis. Elle a une jeune adolescente qu’elle aime beaucoup. Tout se passe très bien avec Kilye. Sauf qu’un jour Kilye se fait kidnapper à l’arrêt du bus et là, tout s’enchaîne. Un coup de fil qui vous annonce que votre fille a été kidnappée, que bien évidemment vous devez payer une rançon, pas astronomique, une rançon ! Mais, surtout pour récupérer votre fille, vous devez kidnapper l’enfant d’une autre famille ! Et cette chaîne, cette chaîne diabolique met en évidence la complexité des sentiments, des rapports humains. Jusqu’où est-on prêts à aller pour sauver sa propre fille, pour sauver ses propres enfants ?

F. Obric : Et on sait qu’Hollywood est déjà sur le coup ! Les studios « Paramount » ont acquis les droits d’adaptation de ce livre au cinéma contre un très très gros chèque, tant l’histoire est addictive ! 

C’est très bien construit, c’est haletant. On va voir comment une femme, à priori ordinaire, va se révéler une femme extraordinaire, parce que par amour, on va voir ses forces se décupler.

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Fabien Obric, cliquant ici !

« L’auteur Adrian McKinty, critique littéraire et auteur récompensé deux fois par le prix Edgar-Allan-Poe, est l’une des étoiles montantes du polar. Il s’est vu décerner deux fois le prix Ned Kelly et il a également reçu le prix Barry, le prix Audie et le prix Anthony. Les romans de sa série « Sean Duffy » ont été nommés Meilleur polar de l’année par le Times, le Daily Mail, le Boston Globe et le Irish Times. Adrian McKinty est né et a grandi à Belfast en Irlande du Nord. Après avoir étudié la philosophie à l’université d’Oxfort, il est parti aux États-Unis pour enseigner l’anglais en lycée. Il vit actuellement à New York. »

« La chaîne »  prix : 20 € – 400 pages (parution mars 2020) Traduit de l’anglais par Pierre Reignier. « C’est rien de moins que Les Dents de la mer pour les parents.» Don Winslow

Marie-Adélaïde/MC

 

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Courage, rions Sophie de Villenoisy – Éditions JCLattès

courage rionsCOURAGE, RIONS….! (le roman idéal en cette période)de villenoisy

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine en compagnie de Fabien Obric en cliquant ici ! et participez à une interview-video entre Marie-Adélaïde Dumont et Sophie de Villenoisy qui aura lieu  : Mercredi 20 mai à 19 heures (un lien vous est transmis instantanément) en s’inscrivant gratuitement sur  1endroitoualler@gmail.com

Une histoire qui alterne humour et tendresse. Ce mélange de sentiment est au cœur du livre. 

Dans Courage, Rions on suit Jean, 56 ans, dessinateur de BD, un peu has been et complètement déprimé. Ce livre est un excellent choix pour remonter le moral de tout le monde !..On n’a pas l’impression comme ça, mais en fait Sophie de Villenoisy fait ce qu’il y a de plus difficile en littérature : écrire des livres drôles ! C’est facile de faire pleurer, c’est facile de faire ressentir ses émotions. Faire de l’humour c’est très difficile parce qu’il faut que ce soit dosé et provoquer le rire à la lecture d’un texte, c’est absolument incroyable. Et, là elle nous propose un antihéros, un looser complet dont la femme va essayer de provoquer un sursaut en lui offrant un cours de rigologie. Il est horrifié. Il y va en traînant les pieds, se disant vraiment, elle veut se débarrasser de moi ! Ça va de pire en pire ! Effectivement il n’adhère pas, alors que tous les gens autour de lui sont aussi mal en point que lui, mais jouent le jeu, que la professeure est charmante ! Bref, c’est un bide ! Jean va alors quitter ce stage de rigologie. Il part l’annoncer à sa femme, Françoise qui est infirmière dans un service auprès d’enfants atteints de leucémie. C’est le choc pour Jean. Il va rencontrer Arsène, un jeune garçon qui déborde d’énergie. Il est mal en point, il a une épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais Arsène a la volonté de s’en sortir. Ce petit garçon va lui redonner foi en lui !

Marie-Adélaïde de Librairie Doucet/MC

Courage, rions – 248 pages – prix : 19 € (parution le 11/03/20)

Sophie de Villenoisy est scénariste et journaliste. Elle est aussi l’auteure de plusieurs romans dont « Joyeux suicide et bonne année », en cours d’adaptation au cinéma. « La Reine des quiches » – « Question de standing »  – « Eduquer son chien, c’est malin »

Vania, Vassia et la fille de Vassia – Macha Mérl – Éditions Liana Levi

Couverture-Macha-MerilUne très belle fresque !

Dans ce livre sublime et très cinématographique, Macha Méril nous emmène sur les traces des Russes blancs et des cosaques, elle brosse de beaux portraits d’hommes et de femmes, de  Sonia et Solange principalement. Magnifique saga sur le destin de trois personnages exilés qui tentent de s’intégrer.

C’est l’histoire d’une petite communauté de cosaques immigrés qui ont quitté la Russie, après la Révolution d’Octobre, installée au fin fond de la campagne corrézienne, vivant en autarcie. Mais, la guerre est là ! Très soudés et très nostalgiques de leur chère Russie natale, il est difficile de faire des choix pour certains membres de la communauté ! Que fera le père de Sonia ? Se battre contre Hitler ? Se positionner à ses côtés pour faire barrage à Staline ? Difficile d’être la fille d’un père dont les choix peuvent être incompréhensibles !

Un roman dont le personnage central s’appelle Sonia que nous suivrons tout au long de cette passionnante traversée du 20e siècle, de 1939 à nos jours. Sonia est intelligente, séduisante, pleine d’ambitions. Sonia a la chance de rencontrer une famille fortunée qui la protégera, en la prenant sous son aile puis l’orientera vers de longues études (Sciences Po, ENA). Une occasion de rencontrer quelques hommes politiques de cette période, mais surtout de voir la société française évoluer.

Nous traverserons ainsi une partie de l’Histoire de France, la seconde guerre mondiale et l’après-guerre, la période de mai 68, l’élection de François Mitterrand, puis celle de l’Europe, la chute du mur de Berlin, et nous irons accompagnés de Sonia, jusqu’aux États-Unis…

Ce roman n’est peut-être pas complètement autobiographique, mais la lecture de ce texte, laisse à penser que Macha Méril s’est grandement inspirée de ce qu’a été sa vie, son parcours et son intégration en France. Tout comme l’auteure le fait vivre à son héroïne, gravissant tous les échelons possibles, pour rejoindre l’élite française et réussir son intégration.

N’hésitez pas à suivre la vie de Sonia, ses joies, ses difficultés, sa carrière, son amour. C’est un très beau roman, tout en grâce ! Vous ne serez pas déçus ! C’est lumineux, c’est flamboyant. Bravo Macha Méril !.

Librairie Doucet/MC

Vania, Vasssia et la fille de Vassia – 343 pages – prix : 21 € – (parution mars 2020)

Macha Méril, fille du prince Wladimir Gagarine et de Marie Belsy, se fait connaître dans les années 1960 comme l’une des figures de la Nouvelle Vague. Elle tourne avec de grands réalisateurs, dont Rohmer, Godard, Bunuel, Kontchalovski, Fassbinder, Lelouch, Varda. Elle se consacre au théâtre, à la télévision et à l’écriture. Épouse du compositeur Michel Legrand, elle est l’auteur de nombreux ouvrages. Dans ce grand roman qu’elle portait en elle depuis longtemps, elle évoque la conditions des Russes blancs en France.

Miroir de nos peines – Pierre Lemaitre -Editions Albin Michel

pierre lemaitre

Encore un très grand LEMAITRE !

Le «Miroir de nos peines» s’inscrit comme le troisième volet d’une trilogie inaugurée par le prix Goncourt 2013, «Au revoir là-haut» et poursuivie par «Couleurs de l’incendie». Nul doute que tous ceux, et ils sont nombreux, qui ont aimé les deux premiers dévoreront aussi celui-ci.

Ce roman débute le 6 avril 1940, dans le bistrot de Monsieur Jules, rue de Bohème à Paris, on y croise un vieux client d’habitude et taciturne «le docteur», Louise institutrice mais serveuse à l’occasion, pendant que dans un fort de la ligne Maginot l’intègre sergent-chef Gabriel, professeur de mathématiques dans le civil se morfond, et que le caporal Raoul Landrade tue le temps, en se livrant à toutes sortes de petits combines répréhensibles ou à vider les poches de ses camarades au bonneteau. Dans le même temps un jeune avocat parisien, Maître Désiré Migault vient défendre une cause perdue d’avance aux assises de Rouen…

Tout se met en place lentement chapitre par chapitre, sur fond de « drôle de guerre » selon l’expression de Roland Dorgelès, période où malgré la déclaration de guerre de l’Angleterre et de la France à l’Allemagne nazie depuis le 3 septembre 1939, il ne se passe rien sur le sol national, jusqu’au 10 mai 1940 où les Allemands arrivent par où l’état-major affirmait qu’ils ne se risqueraient jamais : les Ardennes.

L’impensable arrive, c’est soudain la guerre et l’exode. Tout s’accélère aussi pour nos personnages qui se trouvent embarqués dans des aventures qui les dépassent et les révèlent, pour les salauds comme pour les héros, un même personnage pouvant d’ailleurs être successivement l’un ou l’autre… C’est dans la lignée des deux précédents livres : haletant, très bien construit et écrit, plein de suspens. C’est aussi dans la lignée des grands romans du XIXe siècle, Dumas et autres, parus d’abord en feuilleton dans la presse…

Ne boudons pas notre plaisir, plongeons au travers de ce miroir qui appelle une suite peut-être ? C’est la question que vous brûlerez de poser à Pierre Lemaitre si d’aventure, chez votre libraire ou dans un salon du livre vous avez la chance de le rencontrer, vous serez alors sous le charme tant il parle aussi bien qu’il écrit.

Librairie Doucet/Hubert.

Miroir de nos peines 536 pages – prix : 22.90 € (parution : janvier 2020)

Pierre Lemaitre a déjà publié chez Albin Michel « Alex » (2011) – « Sacrifices » (2012) « Au revoir là-haut » qui a obtenu le Prix Goncourt en 2013 – « Trois jours et une vie » (2016) – « Couleurs de l’incendie » (2018) puis chez d’autres éditeurs : « Travail soigné » (2006) Le Masque – « Robe de marié » Calmann-Lévy (2010) – « Cadres noirs » Calmannn-Lévy (2010) « Rosy et John » (2014)

Est-ce que tu danses la nuit… – Christine Orban – Éditions Albin Michel

 Plus que 9 jours et avec grand plaisir, l’équipe de la Librairie Doucet sera de retour en librairie…Soyez patients !

Mais, en attendant, vous pouvez toujours vous inscrire pour une conférence virtuelle, en compagnie de Christine Orban et de Marie-Adélaïde Dumont en cliquant sur : Christine Orban Google Agenda qui aura lieu

lundi 4 mai 2020 – 17h30 à 18h30. 

Profitez-en ! Nous vous avons trouvé

@1endroitoualler : INSCRIPTIONCLIQUEZ ICI !

« Je voulais raconter l’histoire d’une attirance irrésistible. Raconter l’échec de la morale confrontée au désir. Raconter un amour déplacé ». Christine Orban

est-ce que tu danses la nuit

Traité comme une tragédie grecque voici un roman d’apprentissage abordé avec beaucoup d’élégance , comment une jeune fille partagée entre deux hommes d’une même famille va devenir une femme….

Tina va apprendre à s’affirmer, à choisir sa vie au prix de doutes et de questionnement

Le rôle d’une mère jamais loin…

L’écriture raffinée et sensible de Christine Orban

Des portraits psychologiques très réussis … et cet éternel questionnement sur les affres de l’amour !

Librairie Doucet

 

Est-ce que tu danses la nuit... – 288 pages – prix : 19.90 € (paru le 26/02/20)

Christine Orban, née à Casablanca (Maro) en 1957, est une écrivain dramaturge et critique littéraire française. Elle a écrit de nombreux romans dont « Virginia et Vita » (2012) Albin Michel- « Quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur »,  (2014) Albin Michel « Avec le corps qu’elle a… » (2018) Albin Michel

 

 

Les Fleurs de l’ombre – Tatiana de Rosnay – Éd. Robert Laffont-Héloïse d’Ormesson

les fleurs de l'ombreLES FLEURS DE L’OMBRELES FLEURS DE l'ombre 2

Rencontre virtuelle avec Tatiana de  Rosnay Dimanche 26 avril à 16 h, en compagnie de Marie-Adélaïde Dumont (voir ci contre – Inscrivez vous ! 1endroitoualler@gmail.com)

« Bienvenue chez CASA, chère Clarissa… »

La romancière Clarissa Katsef quitte son mari à la suite d’une découverte qui l’a profondément bouleversée et peine à trouver un nouveau toit. La chance semble tourner lorsqu’elle est admise, contre toute attente, dans la très convoitée résidence pour artistes CASA. Mais est-ce vraiment une chance ?

Après quelques jours passés dans son superbe appartement, au huitième étage d’un immeuble ultramoderne, elle éprouve un malaise diffus, le sentiment d’être observée en permanence. Ses nuits sont agitées, des traumatismes passés reviennent la hanter. Qui se cache derrière CASA, projet à visée philanthropique ? Que veut vraiment « ce bienfaiteur « ?.  Affaiblie par le drame qui fait imploser son mariage, tenaillée par le doute, Clarissa s’interroge.  A-t-elle raison de se méfier ou cède-t-elle à la paranoïa, victime d’une imagination beaucoup trop fertile.

Librairie Doucet/M.Adélaïde/MC

Tatiana de Rosnay est franco-anglaise. Elle est l’auteur de onze romans. « Elle s’appelait Sarah » (2007), « Boomerang » (2009), « A l’encre russe » (2013), »Manderley for ever », sa biographie de Daphné du Maurier » (2015)

« Les Fleurs de l’ombre » – 336 pages – prix : 21.50€ – paru le 12/03/20

 

 

 

 

Parce que les fleurs sont blanches – Gerbrand Bakker – Éditions Grasset

PARCE QUE CE LIVRE EST D’UNE GRANDE HUMANITÉ, D’UNE GRANDE DOUCEUR !

parce que les fleurs sont blanches« Au fait, comment sais-tu que ce sont des poiriers ?… – Parce que les fleurs sont blanches,…. Un instant, vous regardez des poiriers en fleur et l’instant d’après quelqu’un vous dit que votre fils a une splénorragie »….

C’est l’histoire de toute une fratrie, deux jumeaux Klass et Kess et le petit dernier Gerson (des prénoms néerlandais...). Leur mère a quitté le domicile, probablement partie en Italie mais ils n’en savent rien ! Seuls indices, quelques cartes postales lors des anniversaires ou au nouvel an avec laquelle ils ont très peu de contact. Ils vivent avec Gérard, leur papa.  Les enfants s’inventent des jeux  « Et si on jouait à « Noir ? » genre de cache-cache, les yeux fermés, et si par hasard, on ouvre les yeux, on dit : « je sors et je quitte la partie », un jeu qui sera un jeu prémonitoire. Et l’on suivra toute leur enfance, leur fraternité, leurs jeux, leur caractère etc… Une famille très très touchante.

Puis, au milieu du roman alors qu’ils se rendent chez le grand-père paternel, Gérard et Gerson sont à l’avant de la voiture, Kless et Klass à l’arrière avec, au milieu de tous, Daan le chien, le meilleur ami de Gerson, surviendra ce tragique accident. Tout le monde se retrouve à l’hôpital  : bras cassés, contusions, puis Gerson va finir par se réveiller aveugle….  (mais n’en disons pas plus !)

Gerbrand Bakker est un écrivain de tout premier plan aux Pays-Bas, et le succès de « Là-haut, tout est calme » lui a donné une grande notoriété internationale. Publié en français en 2009 chez Gallimard, ce roman a obtenu le prestigieux prix Impac à Dublin, ainsi que le prix Millepages en France. Parce que les fleurs sont blanches est son quatrième roman traduit en français. Traductrice de l’italien et du néerlandais, Françoise Antoine s’occupe également de surtitrage d’opéra. Elle a notamment traduit Margriet de Moor et Walter Siti.

Un joli texte. Un roman d’une grande sensibilité et bouleversant. On rit. On pleure. Mais on aime ! Malgré cette tragédie familiale, c’est un magnifique petit bout de vie qui nous est conté.  Très lumineux. Inoubliable.

« Une prose étrangement calme et envoûtante – comme en apesanteur. » (Le Monde)

« Parce que les fleurs sont blanches » – 211 pages – prix : 18 € – (parution janvier 2020)