Le libraire de Wigtown -Shaun Bythell – J’ai Lu

Bienvenue à Wigtown et à la librairie « The Book Shop »

la plus grande librairie de livres d’occasion de toute l’Ecosse !

Vous pourrez ainsi découvrir et suivre pendant une année entière toutes les aventures trépidantes de Shaun Bythell, ce libraire écossais ! Ce n’est pas un roman mais un livre écrit sous forme de « journal de bord » parsemé d’anecdotes, de rencontres en tous genres, de passages et de commentaires décalés sur les lecteurs et les livres, une pépite d’humour anglais, Vous croiserez quelques stagiaires qu’il faut gérer et puis Nicky, l’employée de la librairie, un personnage haut en couleur, avec son projet de boutique ambulante et qui s’approprie la page facebook.

Shaun, ce bouquiniste nous raconte les tracas rencontrés dans sa petite librairie dont les murs menacent de s’écrouler, il faut faire beaucoup de manutention, gérer le stock de livres et puis il y a les piles de livres à ranger malgré le manque de place, il faut expédier les commandes, répondre aux demandes farfelues des clients et garder son calme ! La vie de libraire n’est donc pas si facile ! Cependant Shaun est libraire et entend bien le rester !

La vie de libraire n’est pas un long fleuve tranquille !

« Le Libraire de Wigtown invite le lecteur à découvrir l’envers du décor : si l’amour de la littérature est primordial pour exercer le métier de libraire, on y apprend qu’il faut aussi un dos en béton et une patience de saint ! » (Babelio)

Un livre facile à lire ! Pour les amoureux des livres, des librairies, des mots et de la littérature ! A découvrir !

Shaun Bythell a racheté la librairie de Wigtown, dont il est originaire, en 2001. Il est également membre fondateur du Wigtown Book Festival, qui attire désormais des milliers de visiteurs. Son nouveau livre, Petit traité du lecteur en librairie, vient de paraître aux éditions Autrement.

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Le libraire de Wigtown – 503 pages – prix : 8.90 € – (parution : avril 2021) – Traduit de l’anglais par Séverine Weiss –

Premier amour – Nid de gentilhomme – Tourguéniev – Éditions Folio classique

IL EST REVENU LE TEMPS DES AMOURS !… (2)

« PREMIER AMOUR » PREMIER COUP DE FOUDRE de Vladimir !

« A présent que les ombres du soir commencent à envelopper ma vie, que me reste-t-il de plus frais et de plus cher que le souvenir de cet orage matinal, printanier et fugace. » (p. 348 – ch. 22)

« Sa beauté et sa vivacité constituaient un curieux mélange de malice et d’insouciance, d’artifice et d’ingénuité, de calme et d’agitation. Le moindre de ses gestes, ses paroles les plus insignifiantes dispensaient une grâce charmante et douce, alliée à une force originale et enjouée. Son visage changeant trahissait presque en même temps l’ironie, la gravité et la passion. Les sentiments les plus divers, aussi rapides et légers que l’ombre des nuages par un jour de soleil et de vent, passaient sans cesse dans ses yeux et sur ces lèvres ». (p. 296 – ch. 9)

Par ce récit partiellement autobiographique, par ces pages admirables, Ivan Tourgueniev nous dépeint les affres des premiers émois amoureux de l’adolescence. Il les visite à l’âge d’homme pour y découvrir qu’intact est l’amour d’antan. La tonalité qui habite ces lignes mélancoliques envoûte le lecteur. Vladimir aime Zénaïde. Elle aime ! C’est certain, cela se voit mais qui ? La jeune fille réunissant autour d’elle une cour de prétendants énamourés qu’elle fait tourner en bourrique ! Il imagine être l’élu lorsque Zénaïde s’approche de lui, sa poitrine se soulevant contre sa tête et ses mains frôlant sa joue, elle dépose un baiser… « Quel délice ! ses lèvres douces et fraîches couvrirent mon visage de baisers, effleurèrent mes lèvres.. » Cette dernière est aussi éprise du père de l’adolescent, un homme séduisant et charmeur auprès de qui elle monte régulièrement à cheval.

« Jamais je n’ai vu de cavalier comme mon père : il se tenait en selle avec tant de grâce désinvolte que l’on eût dit que le cheval lui-même s’en rendait compte et était fier de son maître ». (p. 341 – ch. 21)

Vladimir soupçonne quelque chose mais sans certitude, jusqu’au jour où…

«Quelle fille excitante que Zénaïde !», écrit Flaubert à Tourguéniev à propos de Premier amour. «C’est une de vos qualités de savoir inventer les femmes. Elles sont idéales et réelles. Elles ont l’attraction et l’auréole.» L’auréole de Zénaïde, le prototype de la jeune fille russe, capricieuse, insaisissable, irrésistible, le «premier amour» du narrateur (Tourguéniev lui-même) qui trouvera en son père un rival heureux.

Court roman ou longue nouvelle, très certainement autobiographique de 86 pages publié en France en 1833 dont Vladimir et Zénaïde sont les chefs, d’un orchestre étrange qui joue une partition où un curieux mélange de légèreté, de désir, de passion, de désespoir et d’exaltation s’entrecroisent.

« Premier Amour » est peut-être l’œuvre la plus connue de Tourgueniev, un texte d’une lecture simple et facile.

Une très belle écriture fine et subtile. A lire ou relire cet été !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M-Christine

« Premier Amour – Nid de gentilhomme » – 384 pages – prix 5.70 € – Préface de Françoise Flamant. (2007) – Traduction du russe de Françoise Flamant et Edith Scherrer – Editions Gallimard.

1818 : Naissance à Orel d’Ivan Tourguéniev, deuxième fils de Serge et de Barbe née Loutovinouv. Le père officier de la Garde prend sa retraite (1821). La famille s’installe dans la riche propriété de Spasskoié appartenant à la mère. Voyage familial en Europe. Les Tourguéniev s’installent à Moscou. Ivan T. y fait ses études secondaires comme externe dans des pensions privées puis avec des précepteurs à domicile. L’été 1833, il vit « son premier amour », il a 16 ans.

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Certains cœurs lâchent pour trois fois rien – Gilles Paris (Éd. Flammarion) et L’intime étrangère d’Anne Révah – (Éd. Mercure de France)

Marie-Adélaïde nous présente deux livres, deux manuels pour sortir de la dépression.

Deux textes qui se complètent et qui se font échos. L’un, « Certains cœurs lâchent pour trois fois rien » de Gilles Paris et l’autre « L’intime étrangère » d’Anne Révah.

Très joli texte pour l’un comme pour l’autre. Beaucoup d’émotions. Beaucoup de pudeur. Il faut oser, oser parler de soi. L’écriture est pressante et l’écriture apporte énormément. Vraiment ce sont des textes admirables, entre roman et récit. Bien sûr, c’est romancé mais il y a une part d’autobiographie. Chapeau bas ! pour ces deux auteurs : Gilles Paris et Anne Révah.

Gilles Paris nous fait le grand plaisir de venir à la librairie Doucet jeudi 20 mai à 17 h 30. Venez le rencontrer, c’est la première rencontre qui redémarre, heureux de reprendre nos habitudes.

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Delphine Séveno, en cliquant ici ! (émission du 11/05/21)

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/MC.

« Certains cœurs lâchent pour trois fois rien » – 221 pages – prix : 19 € – (parution le 27/01/21 )

« L’intime étrangère«  – 140 pages – prix : 14€ – (parution le 06/05/21)

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Dans les geôles de Sibérie – Yoann Barbereau – Éditions Stock

Dans les geôles de Sibérietéléchargement (1)

« Ce dont on ne peut parler, il faut l’écrire »

Ce livre, ce pourrait être un roman. Un de ces romans haletants sur fond de Russie à la « Michel Strogoff ». Sauf que ce n’est pas un roman et qu’il se déroule aujourd’hui, dans une Russie bien réelle, qui n’est plus ni celle de l’Okhrana du Tsar, ni celle du KGB soviétique, mais de leur successeur et héritier le FSB…

Il raconte l’aventure, le mot est faible, vécue par Yoann Barbereau l’auteur lui-même ! Un français pétri de littérature russe, dont l’épouse est russe et avec laquelle ils ont une petite fille. Il est envoyé à Irkoutsk en Sibérie orientale pour redresser l’Alliance Française moribonde et où la famille va pouvoir vivre unie non loin du lac Baïkal.

Si tout semble aller pour le mieux dans un premier temps, il va être l’objet d’un « kompromat, un mot valise, qui vient du folklore soviétique. Il signifie littéralement « dossier compromettant » ». Pourquoi ? Le saura-t-il jamais vraiment ? A-t-il déplu ou gêné quelqu’un à l’autre bout de ce pays-continent ? S’agit-il d’un effet « collatéral », comme on dit pieusement, des mauvaises relations qui vont survenir entre nos deux pays, la France annulant la vente de deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie, suite à l’annexion de la Crimée ? Quelle fut la réaction des services diplomatiques ?…

Comment survivre à la violence, à la corruption, même s’il peut y avoir des moments de relatif apaisement ou de secrètes et fidèles complicités, comment s’en sortir ou sinon s’en évader ? A vous de le découvrir, mais c’est terriblement inquiétant sachant qu’il ne s’agit pas d’une histoire inventée de toutes pièces ?

A lire absolument d’autant que ce livre, écrit notamment à partir de notes manuscrites échappées miraculeusement de Sibérie, est peuplé de références littéraires qui ont été autant de refuges intérieurs pour l’auteur, face à un autoritarisme souvent aveugle, mais parfois lucide au point de redouter d’avance un tel témoignage.

Librairie Doucet/ Hubert

Yoann Barbereau est né en 1978. Après des études de philosophie, il enseigne à Paris. Il a travaillé près de dix ans en Russie, où il a notamment dirigé l’Alliance française d’Irkoustsk. Il a publié des textes en revue (artpress, Revue d’esthétique…) et une traduction du Journal de prison du poète russe Igor Gouberman (Joca Seria, 2020).

Dans les geôles de Sibérie – 322 pages – Prix : 20.90 € (paru en février 2020)

Coup de cœur d’un écrivain : Et la lumière fut – Jacques Lusseyran – Chronique de Gaëlle Nohant – sur le site on la lu la lettre-

ET LA lumiere futPRENEZ SOIN DE VOUS ET RESTEZ CHEZ VOUS !

LIRE, C’EST SORTIR  ! Le coup de cœur d’un écrivain. Gaëlle NOHANT  nous conseille la lecture de : « Et la lumière fut » de Jacques Lusseyran.LUSSEYRA JACQUES

Dans cette période particulière, où l’angoisse nous submerge volontiers, j’ai choisi un livre qui pourrait être ma prescription à tous les angoissés.
«Et la lumière fut» commence par une enfance heureuse, à Paris, dans le XVIIIème arrondissement. Jacques Lusseyran la résume ainsi : « Mes parents me portaient. C’est sans doute pourquoi, pendant toute mon enfance, je n’ai pas touché terre. Je pouvais m’éloigner, revenir ; les objets n’avaient pas de poids, rien ne collait à moi. Je passais entre les dangers et les peurs comme la lumière à travers un miroir. Et c’est cela que j’appelle le bonheur de mon enfance. C’est une armure magique qui, une fois posée sur vos épaules, peut être transportée à travers votre existence entière. »

Ce bonheur bascule quand Jacques devient aveugle à 8 ans, suite à un accident dans la cour d’école. Cette tragédie aurait pu jeter une ombre durable sur sa vie, elle sera l’occasion d’une révélation. Lorsqu’il renonce à chercher la lumière à l’extérieur de lui, il découvre qu’elle est là, à l’intérieur. Bien plus vive et totale, car dépourvue d’ombres. Cependant, dès qu’il a peur, dès qu’il perd confiance, la lumière disparaît, les ténèbres triomphent.

Ce livre est l’histoire d’un destin extraordinaire. Lorsque la guerre de 40 éclate, Jacques est un étudiant brillant de Louis Le Grand. Il devient le chef d’un réseau de Résistance. Lorsque le réseau tombe sur dénonciation, il est déporté à Buchenwald. Au camp, il fait l’expérience de l’impuissance la plus totale. On lui vole son pain, il tombe malade. Frôlant la mort, il éprouve la force de la vie, retrouve la lumière au fond de lui, la confiance en l’invisible. Il devient la mascotte du camp, celui qui console. De cette lumière intérieure, il réchauffe les désespérés. Il y a du Desnos dans cet aveugle lucide, qui ne désespère jamais de l’homme. Son récit est un traité de la joie, qui se trouve dans le présent, dans l’acceptation de ce que le destin nous apporte, dans l’exploration de l’inconnu en soi et hors de soi : « Nous sommes tous — aveugles ou non — terriblement avides. Nous n’en voulons que pour nous. Sans même y penser, nous voulons que l’univers nous ressemble et qu’il nous laisse toute la place. Eh bien ! Un petit enfant aveugle apprend très vite que cela ne se peut pas. Il l’apprend de force. Car chaque fois qu’il oublie qu’il n’est pas tout seul au monde, il heurte un objet, il se fait mal, il est rappelé à l’ordre. Et chaque fois, au contraire, qu’il se le rappelle, il est récompensé : tout vient à lui. »

Jean-Louis Barrault cherchait toujours à « transformer les coups du sort des instruments de la Providence. » Dans ce livre essentiel, Jacques Lusseyrand nous démontre que c’est possible. En cette période où nous éprouvons notre impuissance, ça fait un bien fou !
Gaëlle Nohant.

Chronique diffusée par on la lu la lettre site de critiques et d’informations littéraires.

(Librairie Doucet/MC)

« Et la lumière fut » – Jacques Lusseyran – folio – 432 pages – prix : 8 €  / « Et la lumière fut » (Le félin poche-Éditions le félin) – Collection Résistance-Liberté-Mémoire – prix : 11,90 € (Préface Jacqueline Pardon) – C’est en 2015, dans son livre « Le Voyant » réédité en Folio, que Jérôme Garcin remettait en pleine lumière Jacques Lusseyran (1924-1971)

Le Consentement – Vanessa Springora – Éd. Grasset

UN TÉMOIGNAGE BOULEVERSANT 

le consentementDans les mains de Nathalie, un livre dont on parle énormément en ce moment ! et pour cause : « Le Consentement » de Vanessa Springora où l’éditrice revient sur sa relation avec l’écrivain primé Gabriel Matzneff : un livre qui devient  l’affaire Matzneff !.

  • « Pour tout vous dire, à la sortie du livre, Nathalie s’était dit :  – « Je ne vais pas lire ce livre là, un écrivain, un auteur de plus qui raconte ses problèmes d’enfance, nous en avons assez régulièrement. C’est un peu toujours la même chose et ils ne sont pas les seuls à avoir écrit des choses compliquées ».  Je préfère les écrivains qui inventent une vraie histoire. Et puis, il y a eu un papier, dans une revue qui était assez intéressant et là, je me suis laissée tenter par les premières pages pour découvrir,  voir ce que cela donnait ! En fait, je l’ai dévoré…. »
  • C’est excessivement bien fait. Alors, pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire : Vanessa Springora, à l’âge de 12-13 ans -alors que sa mère gravite dans les milieux littéraires-  rencontre un type âgé de 50 ans, Gabriel Matzneff, un auteur bien implanté, connu et reconnu,  mais un prédateur sexuel qui va exercer une emprise, avec lequel elle aura une relation pendant quelques années, jusqu’au moment où elle va découvrir -alors qu’elle croit vivre une très belle histoire d’amour, malgré la différence d’âge- qu’elle n’est pas la seule. Il joue à ce petit jeu là, avec plein d’autres jeunes filles, des jeunes gens…. Voilà !..  Et, elle raconte.
  • Elle a mis trente ans à écrire ce livre hyper intéressant, c’est brillant, c’est très bien construit et il n’y a pas du tout ce côté voyeur, c’est-à-dire que ceux  qui s’attendent à des détails croustillants, passez votre chemin, ce n’est pas le propos du livre. Elle décrypte et elle raconte l’emprise. Comment tout ça fonctionne. Mais avec la distance nécessaire, –parce que trente ans se sont écoulés, parce qu’elle a fait un travail sur elle-même-, il n’y a aucune colère, aucun désir de vengeance. C’est juste comment tout cela se met en place et puis comment on se défait de ça. C’est le témoignage d’une enfant, devenue femme. Et ce qui est passionnant, c’est qu’elle pose les bonnes questions. C’est-à-dire, par exemple pourquoi ? Je ne sais pas si vous avez vu ce clip, la fameuse vidéo dans l’émission Apostrophes de Bernard Pivot ?. C’est hallucinant ! C’est dans les années 80 alors, elle replace aussi la chose, dans ces années-là, où on ne tenait pas compte de la parole de l’enfant alors qu’aujourd’hui, l’enfant s’exprime et on l’écoute. Est-ce que le contexte et les années excusent tout ? Non, elle n’excuse pas ! Elle pose les bonnes questions et elle met les choses en avant. Elle dit aussi, la faille…. Un père qui a pris la poudre d’escampette très jeune, un père absent, une mère issue des années 68, d’une grande liberté sexuelle : « il est interdit d’interdire » !. Donc, on ne veut pas s’obliger des choses, en tant que parents, on ne veut pas obliger ses enfants à les mettre dans des carcans. Elle resitue aussi tout ça, dans ces années-là et on se dit : quelle époque ! Elle pose aussi la question du milieu. Est-ce que, parce que quelqu’un est connu, ou bien dans le monde du cinéma, aussi dans l’église ?… La question s’est posée depuis plusieurs années, dans l’église. Est-ce que ça l’absout de tout ?
  • C’est hyper intéressant. C’est brillant. C’est intelligent. C’est bien construit. C’est digne.  Et quand on referme le livre, on se dit que si ce livre-là sert juste à sauver un enfant, une jeune fille ou un jeune garçon, il aura réussi sa mission ! Vraiment c’est brillant !

  • « Voilà, c’est le témoignage terrible d’une femme éditrice qui raconte comment elle s’est retrouvée sous l’emprise de Gabriel Matzneff. Ce qui est quand même hallucinant, c’est que ce type a sorti un livre en novembre 2019,  retiré de la vente depuis peu, quand même ! Il a agi pendant des décennies, en toute impunité. Et enfin, ça semble changer un peu, aujourd’hui !…. Alors, si ça peut faire bouger les choses…. Eh bien, TANT MIEUX ! « Et, visiblement ça les fait bouger…. »

Nathalie/MC

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Fabien Obric et Sophie Thomas, en cliquant ici !

« Le Consentement » – 216 pages – prix : 18 €  (paru le 02/01/20)

Nous aurons été vivants – Laurence Tardieu -Éditions Stock ***/ Le matin est un tigre – Constance Joly- Éditions Flammarion ***/ Cinquante nuances de bleu – Camille Lacourt – Éditions Michel Lafon

nous aurons été vivantsLAURENCE TARDIEU & CONSTANCE JOLY   le matin est un tigre

seront présentes à la librairie Doucet

JEUDI 16 MAI à 18 heures

Rencontre à quatre mains par deux auteures de textes forts, mais sensibles et délicats, remarquées récemment par La Grande Librairie. Consacrés à la disparition de son enfant ou au combat à mener pour aider sa fille, ces textes sont dédiés aux relations entre une mère et sa fille.

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, ce 14 mai (cliquez ici !) Vous savez, c’est très amusant en littérature d’avoir des livres qui rentrent en concordance parce que leur écriture est poétique, leur écriture est intense et qu’elle traite d’un sujet assez universel, un sujet pas facile, qui sont les rapports mère-fille. C’est quand même quelque chose de très compliqué entre le moment où on est dans un rapport totalement fusionnel avec sa fille, entre le moment où –parfois ça arrive aussi- ces filles vont devoir s’occuper de leur maman, vont devoir dépasser,  outrepasser leur rôle pour prendre à bras-le-corps les soucis, les baisses de régime, les états d’âme…. La frontière est très mince. Qui doit s’occuper de qui ? – Jusqu’où peut-on aller ?  – Ce sont des textes très importants à mon avis, puisqu’ils nous montrent, ils nous démontrent- on ne peut pas, en tant que mère–  aller trop loin lorsqu’on va demander à nos filles, et que par moment il faut les laisser évoluer, grandir, avancer et prendre leur poids de déception, de peine, de joie dans la vie, mais les leurs…. Et qu’on ne peut pas les faire partir avec un sac, une valise en plus, qui sont nos peines et nos chagrins…. 

Deux écritures différentes

– Laurence Tardieu,  très élégante, très introspective. Elle nous raconte l’histoire d’Hannah qui un jour a perdu sa fille :  Lorette a disparu. Elle est vivante mais elle ne sait pas où ? – Et ça fait sept ans qu’elle ne donne pas de nouvelles. C’est très fort. C’est très dur !

 Constance Joly, la problématique est différente. Sa fille est entrain de s’étioler, de disparaître et avant qu’elle soit atteinte d’une maladie incurable, elle se rend compte que ce n’est pas forcément à ce niveau-là que ça se joue ;  elle va se battre contre tous, pour triompher et rendre la vie à sa fille.

Fanny ChesnelLe matin est un tigre 

Présentation : Dans une langue merveilleusement poétique et imagée, Constance Joly met en scène l’histoire de ce que l’on transmet, malgré nous, à nos enfants. Le matin est un tigre parce que, certains jours, la vie est un combat et qu’il faut bien arriver à s’en débrouiller.

Entre rires et larmes, le combat d’une mère pour sauver sa fille d’un mal étrange.

Poésie, humour, charme tout est réuni dans ce premier roman où l’écriture est magnifique du début à la fin du texte. Bravo !

Le matin est un tigre prix 16 € – 160 pages (parution 9/1/2019)

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Nous aurons été vivants 

Présentation : En ce matin d’avril 2017, Hannah croit un instant apercevoir Lorette, sa fille partie il y a sept ans sans laisser la moindre trace ni mot d’explication. Dès lors, plus rien ne peut se passer comme avant : violent séisme intérieur, la vision a fait rejaillir tout ce qu’elle avait tenté d’oublier. Une journée particulière, donc, mais aussi trente ans de la vie intime d’Hannah Bauer, femme, artiste, mère, prise dans les soubresauts de son histoire familiale et de celle de l’Europe.

Un des plus beaux textes de la rentrée 2019, une femme éperdue devant la disparition de sa fille, les relations amoureuses qui s’effritent et l’âge qui avance… des pages magnifiques, quelle émotion dans ces pages tout en retenue !

Nous aurons été vivants – prix : 19 € –  272 pages (parution 2/1/2019)

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VENDREDI 17 MAI  à 18 heures – Rencontre avec CAMILLE LACOURT – 

 « Cinquante nuances de bleu » – autobiographie

Cinquante nuances de bleu / autobiographie

« Je n’ai jamais parlé de cette étrange déception à personne. La mélancolie du vainqueur. Un phénomène de descente, de décompression, peut-être, comme lorsque tu remontes trop vite des profondeurs. »

Avec une liberté totale, Camille Lacourt raconte cette incroyable épopée mais également ses côtés sombres : rivalités, coups bas et amour impossible. Un regard lucide et sans concession sur une incroyable aventure intime et collective.

Cinquante nuances de bleu  Editions Michel Lafon – Prix : 19.95 € – (paru le 28/2/19)

Marie-Adélaïde/Librairie Doucet/MC

Écoutez Marie-Adélaïde de la librairie Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Sophie Thomas, en cliquant ici !

 

Mes vies secrètes – Dominique Bona – Éditions Gallimard

 

mes vies secrètesPartons à la découverte de

« Mes vies secrètes » de Dominique Bona

– C’est extraordinaire de trouver une femme, Dominique Bona, académicienne, une femme d’un âge respectable, sérieuse, qui prend le temps de parler, de dire les choses… Elle vient avec ce texte nous livrer ses plaisirs, ses déconvenues, ses enthousiasmes. C’est tout ce qui l’a embarquée dans son plaisir de rédiger des biographies. Elle est jeune et elle a fait des études littéraires. Elle a envie d’écrire -c’est une certitude- et elle tombe quasiment –ça, on peut le dire– amoureuse de Romain Gary ! Elle tombe amoureuse de l’œuvre, mais aussi de l’homme !. puis décide d’écrire une biographie. On commence déjà à la regarder avec un drôle d’air, en disant : –« Tu n’as pas beaucoup d’imagination, pour écrire sur quelqu’un ! – « Est-ce que tu es sûre d’écrire une biographie ? Est-ce intéressant ? – Et puis,  tout a été fait !  » Eh, non ! Elle va persister, elle va écrire, se renseigner… Elle va nous raconter comment, de Romain Gary à un autre, de successions de rencontres, d’opportunités, elle va se passionner pour Dalí, pour Zweig, pour Camille Claudel, pour la famille Rouart et pour tant d’autres…

Elle va nous embarquer dans ses aventures, dans son univers. Elle s’est fait sa famille imaginaire. Elle s’est fait ce qu’elle aime.. Elle a passé tellement de temps avec eux, qu’elle les connaît comme s’ils étaient dans la pièce d’à-côté. Je trouve que ça humanise terriblement la totalité des œuvres qu’elle nous a proposées, qui sont à chaque fois des œuvres de qualité.

Donc, c’est une autre façon, un nouvel éclairage de lire Dominique Bona. Vous ne la regarderez plus tout à fait de la même manière et vous passerez un moment merveilleux. Cela donne envie de se replonger devant telle ou telle personne.

Vraiment, j’ai été très séduite, touchée par Camille Claudel, par Berthe Morisot, toutes ces femmes artistes qui n’ont pas eu le temps d’exploser, de devenir des génies. C’est important que quelqu’un leur rende la parole !

Marie-Adélaïde/M.Christine

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine en compagnie de Sophie Thomas en cliquant ici !

« Mes vies secrètes » 320 pages – prix : 20 €

Dominique Bona, de l’Académie française, a reçu les prix Interallié et Renaudot pour ses romans, et publié de nombreuses biographies qui ont fait date, dont la plus récente, « Colette et les siennes », a paru en 2017.

Kwaï – Vincent Hein – Editions Phébus

vincent hein

« Chaque guerre est la toute dernière » Jean Giraudoux.

KWAÏ, LE PONT DES SOUVENIRS.

« Ce soir-là, mon père avait loué « Le pont de la rivière Kwaï ». Il  glissa la cassette dans l’appareil et la déesse de La Columbia apparut de nouveau. »

« Vous souvenez-vous du film de David Lean « Le Pont de la rivière Kwaï » adapté d’un roman de Pierre Boulle ? 

« Avec Kwaï (prononcer Khwae, Kwé)Vincent Hein, part sur les traces de son enfance, les soirées cinéma calé contre son père, près de la cheminée et devant la télévision et du film « Le pont de la rivière Kwaï » où l’histoire des guerres passées se mêle à la description de la Thaïlande actuelle et à ses souvenirs. » Alors, partir sur les rives de la célèbre rivière, c’est plonger dans les eaux troubles de la mémoire. » Là-bas, le spectacle touristique ne cache pas l’exubérance de la nature ni le souvenir des cruautés ».

Le récit débute en juillet 2014 à Kanchanaburi. L’auteur n’évoque pas seulement la rivière Kwaï et le célèbre pont, il évoque la seconde guerre mondiale et les événements douloureux liés à la présence du Japon et de ses actions extravagantes.

Ce texte assez court, moitié autobiographique, moitié historique s’égrène en dix-sept courts chapitres qui racontent par alternance un événement historique, puis le souvenir d’un parent plongé au cœur du combat. Il se souvient : – de l’Oncle Hubert revenu de l’enfer complètement défiguré après avoir été interné au Camp du Struthof en Alsace, seul camp de concentration construit en France par les nazis durant la guerre – de son grand-père qui répond en pirouettant (alors qu’il feuilletait les albums et photographies) :  » Je préférerais que tu te choisisses un beau livre. Ces choses-là ne sont pas pour les enfants. Que veux-tu que je te dise ? Sinon qu’il faut vraiment être malheureux pour s’en aller déclarer une guerre, tirer sur des gens qui ne vous ont rien fait et passer son temps, ensuite, à vouloir s’en souvenir. (p. 54)  

Pétri de culture chinoise, Vincent Hein nous rappelle les circonstances qui ont déclenché la guerre sino-japonaise lorsque Hirohito monte sur le trône a 25 ans et que, entouré de généraux batailleurs et xénophobes qui le persuadent d’envahir l’Asie pour le charbon et le pétrole. « Ils s’imaginent conduire une guerre sainte, une croisade, un combat divin. Ils bombardent Nankin enjambant les fortifications, ouvrent en grand les portes de la ville et massacrant entre 50 000 et 90 000 personnes. » (p.47) L’occasion pour l’auteur de nous rappeler l’horreur de la construction de la voie de chemin de fer reliant la Thaïlande à la Birmanie en 1931. – 12 400 prisonniers de guerre alliés et 70 000 travailleurs civils asiatiques, hommes, femmes et enfants, travaillant à mains nues et morts au cours de cette construction. – Pékin tombe en 1937. 

Un sujet bouleversant, une langue remarquable. De nombreuses références cinématographiques et littéraires. Ce livre est beau. Il relie comme un pont le passé au présent ; c’est un bel hommage aux hommes qui ont été cruellement broyés par leurs semblables. Un bel hommage également aux nombreux naturalistes que l’auteur admire et qui ont permis l’introduction de nouvelles plantes venues de l’Orient.

Un excellent sujet de réflexion, de méditation sur la guerre, l’enfance, les souvenirs et la mort. A lire absolument !

M. Christine

Vincent Hein est né en 1970 en Moselle. Il passe une partie de son enfance à Abidjan : « Ces années m’ont donné à tout jamais le goût d’ailleurs, des autres et ce sentiment doux amer d’être pour toujours un étranger chez soi » écrira-t-il ! Il a vécu de nombreuses années en Chine où il fait ses études à l’école normale supérieure des langues étrangères à Pékin et y apprend le chinois puis s’initie au droit. Suite aux événements (manifestation étudiante) du 4 juin 1989, Place Tien Anmen, il est rapatrié.

Vincent Hein est l’auteur de : « Les Flamboyants d’Abidjan », Editions Stock (2016) – « L’Arbre à singes » Editions Denoël (2012) – « A l’est des nuages, carnets de Chine » – Editions Denoël (2009)

Kwaï – 140 pages – Prix : 15 €

 

 

 

Le Syndrome de Garcin – Jérôme Garcin – Editions Gallimard

le syndrome garcinDu stéthoscope… à la plume !

« L’enfance de Jérôme Garcin a été marquée par deux grands-pères éminents, le neurologue Raymond Garcin et le pédopsychiatre Clément Launay, qui avaient en commun d’être des humanistes, toujours à l’écoute du patient. Ils étaient issus de longues dynastie médicales. Après eux, cette chaîne s’est interrompue ». Pourquoi ? C’est à cette question que tente de répondre ce livre, croisant l’ histoire intime d’une famille et les mutations récentes d’une discipline.

« Mais qui sont-ils donc pour moi, ces ancêtres, pareils à des étrangers ou à des portraits hiératiques remisés au grenier, dont je ne sais presque rien, mais à qui le sang, suivant un cours ondulé et tourmenté, me relierait secrètement ? Ils me paraissent si lointains, si fantomatiques, si pleins de poussière et de mousse séchée que je m’étonne toujours de descendre d’eux comme un écureuil s’amuse à sauter du vieux chêne sur les branches duquel il a rampé sans se poser de questions inutiles. A peine ai-je le sentiment qu’ils m’ont précédé. Disons plutôt que je leur succède avec stupéfaction. » (page 42) 

En retraçant l’histoire de sa lignée, Jérôme Garcin parle de ses ancêtres avec beaucoup de tendresse et de délicatesse. Il explore, il « ausculte » à sa manière cette lignée de médecins qui font partie de son arbre généalogique depuis sept générations. Il tente de répondre aux nombreuses questions qu’il se pose.

Un livre dans lequel la médecine est présente, un livre dans lequel il est question d’humanité, à mettre entre les mains des étudiants en médecine !

Mais vous prendrez place aussi,  dans la rugissante Versailles, ancienne version de la Simca Vedette, du grand-père Garcin et vous vous baladerez sur les petites routes en bord de mer, jusqu’à la pointe du Hoc, ou à  Saint-Laurent-Mer, dans le Bessin normand !

M. Christine

Jérôme Garcin est l’auteur d’une quinzaine de livres aux Editions Gallimard, romans, récits, essais. Il poursuit ici le projet autobiographique entamé en 1998 avec « La Chute de cheval », puis « Théâtre intime » (2003) et « Olivier » (2011)

Le syndrome de Garcin – 153 pages – Prix : 14,50 €uros