Ici Saint-Pierre-et-Miquelon – Jean LEBRUN – Editions Bleu autour (Essais & Cie)

DANS LA BRUME DE SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON

Ici Saint-Pierre-et-Miquelon

UN ÉPISODE INÉDIT DE L’HISTOIRE DE LA RÉSISTANCE

Ce titre fait écho au fameux « Ici Londres » ouvrant sur la BBC l’émission « Les Français parlent aux Français » pendant la guerre. En effet, Saint-Pierre-et-Miquelon se rallie à de Gaulle dès Noël 1941, quand y débarque peu après Pearl Harbor, la minuscule armada qu’il a dépêchée par surprise.

Malouin d’origine, descendant de famille de marins terre-neuvas, Jean Lebrun se rend régulièrement à Saint-Pierre-et-Miquelon. Et quand Jean Lebrun parle aux Français, c’est d’Histoire dont il est question. Histoire d’hommes et de femmes engagés dans les combats de leur vie.

Chapitre un : « premier facteur historique, disait le philosophe Alain, c’est le temps qu’il fait. Décembre -la petite flotte de la France libre accostera la veille de Noël -n’est certes pas la meilleure saison. La brume, portée par tous les vents, peut rapidement envelopper les êtres et les paysages. Mais quelle est la belle saison ? »

A travers Saint Pierre et Miquelon, on parcourt l’Histoire de la France libre, les petites batailles et les grands enjeux, les choix individuels et les destins collectifs. On y rencontre l’Amiral Muselier en vue du ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon (1941) puis Alain Savary, (jeune officier de marine) où il est nommé Gouverneur lors du ralliement de l’archipel à la France Libre, futur élu local, et Ministre de François Mitterrand. On croisera Roosevelt, Churchill etc…

Dans ce livre, Jean Lebrun relate cette épopée historique méconnue. On y retrouve toute la tendresse et l’ironie du journaliste, qu’on aime tant écouter, bien connu des amateurs de radio et d’Histoire. Tout comme on aime à le lire lorsqu’il nous emmène bivouaquer dans ce minuscule archipel francophone, près de Terre-Neuve et des côtes américaines.

Un essai richement documenté, extrêmement précis, dans lequel on apprend énormément de choses et qu’il faut absolument découvrir !

Écoutez Jean Lebrun sur France Inter en cliquant ici !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M-Christine

Ici, Saint-Pierre-et-Miquelon – 173 pages – prix : 14 € (parution 06/05/21)

Jean Lebrun, agrégé d’histoire est producteur à France Inter. Il a travaillé dans la presse écrite (Combat, Esprit, La Croix) et à France Culture. Il a publié Lamennais ou l’inquiétude de la liberté (Fayard 1961), Les grands débats qui ont fait la France (Flammarion,2014) et, chez Bleu autour, Notre Chanel (2014), prix Goncourt de la biographie ainsi que deux essais, Journaliste en campagne et Le journalisme en chantier (2006, 2008).

Si vous souhaitez élargir vos connaissances sur Saint-Pierre-et-Miquelon, Jean Lebrun conseille et recommande la lecture des ouvrages suivants d’Eugène Nicole, en cinq parties et de commencer par : « L’œuvre des mers », « Les Larmes de pierre » « Le Caillou de l’Enfant-Perdu », « La ville sous son jour clair », « Un adieu au long cours » (prix Joseph Kessel, 2011)

Un Afghan à Paris – Mahmud Nasimi – Les Éditions du Palais – Préface Ayyam Sureau

Histoire poignante et émouvante d’un homme courageux !

Mahmud Nasimi a quitté l’Afghanistan en 2013 laissant derrière lui un pays en guerre, sa famille et ses amis. Arrivé à Paris en 2017, il a dû affronter à nouveau la vie de « réfugié », les nuits dans la rue, la solitude, le désespoir.

Il ne parlait pas le français, ou si peu, et un jour ses pas l’ont porté au cimetière du Père Lachaise. Là, « il a fait connaissance avec un glorieux peuple de l’ombre », il s’est fait des amis, Balzac, Proust, Eluard… Il a feuilleté leurs romans, leurs poèmes, en a recopié des phrases, en a appris d’autres par cœur.

Dans cette langue qu’il a faite sienne, il a bâti ce récit où s’entremêlent bonheur et douleur, où il évoque les meurtrissures d’une vie, ses rêves et ses espoirs, dans une langue poétique aux images venues d’ailleurs. (Préface d’Ayyam Sureau)

Et voici un extrait de ce récit :

« Les morts ne sont plus muets, ils me parlent avec leurs merveilleux poèmes, le chant de leurs quatrains, la mesure de leurs alexandrins, le rythme de leurs vers, le souffle de leurs textes. C’est auprès d’eux que j’ai trouvé une motivation extrême, ce sont eux qui m’ont donné envie d’apprendre la langue française, la langue de l’amour et de la paix, la langue de Molière. C’est ainsi que j’ai décidé d’approcher la culture française, la vie des artistes et l’histoire de la France. (p.39)

C’est par la biographie de Balzac, « La Peau de chagrin » et « La Comédie Humaine » que Mahmud Nasimi découvre la littérature française et décide d’apprendre le français pour se mettre ensuite à l’écriture de ce livre. De cette belle histoire, il se retrouve sur le plateau de La Grande Librairie de François BUSNEL, que vous pouvez voir en replay lors de l‘émission du 26 mai 2021 (cliquez ici), dans laquelle il récite sans aucune hésitation « RECUEILLEMENT » de Baudelaire !

Mahmud NASIMI, réfugié à Paris, a trouvé, grâce à la littérature son nouveau chemin de vie. Le voilà aujourd’hui avec son propre récit, dans un français plein de poésie c’est donc à juste titre que l’on peut lire sur le bandeau de son livre

« LISEZ-LE, C’EST UN VERITABLE BONHEUR ! » (François BUSNEL).

BRAVO ! Et Merci pour ces belles pages écrites dans un français plein de poésie !

Superbe déclaration à la littérature française.

Librairie Doucet Le Mans/M.Christine

Mahmud Nasimi, réfugié à Paris, a écrit son premier livre en collaboration avec Anabelle Rihoux « De loin j’aperçois mon pays », dans lequel il raconte son épopée migratoire de Kaboul à l’Europe, entre 2013 et 2015.

« Un Afghan à Paris » – 115 pages – prix : 15 € – Préface de Ayyam Sureau – (parution mars 2021)

Commander le livre

Le Brasier – Le Louvre incendié par la Commune – Nicolas Chaudun – Éditions Babel – (Livre de poche)

C’était il y a 150 ans ! De belles œuvres du Louvre auraient pu périr dans un incendie,

pendant la Commune de Paris.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est image-4.png
Illustrations de la couverture : Rue de Rivoli, maisons incendiées le 24 mai 1871, près de la tour Saint- Jacques (Léon Sabatier)

Dans « Le Brasier », Nicolas Chaudun nous raconte le sauvetage du Musée du Louvre et ses fabuleux trésors artistiques, grâce à deux hommes qui ne savaient rien l’un de l’autre, au beau milieu des incendies qui ravagèrent le Palais des Tuileries.

Nous sommes en janvier 1871, la France capitule devant l’Allemagne et le 18 mars de cette même année, la Commune de Paris est proclamée. C’est une véritable guerre civile qui oppose d’un côté les Royalistes et les Républicains, de l’autre les Communards qui prennent les armes et qui seront massacrés en mai 1871, lors de la semaine sanglante.

Le 23 mai, les communards incendient les Tuileries, symbole de la Monarchie, tenant à distance l’armée versaillaise. Aujourd’hui, du Palais des Tuileries, il ne reste plus aucune pierre, seulement les jardins.

Mais, de nombreuses œuvres d’art du musée du Louvre, tout proche, auraient pu partir en fumée : dans les salles, toute l’Ecole française du XVIIIème reste suspendue aux cimaises ! Tous les génies du premier XIXè siècle ! Non seulement les Watteau, les Boucher, les Fragonard, mais encore Le Sacre par David ou Le Radeau de la Méduse par Géricault ! Et le Cuirassier blessé, et l’Officier de chasseurs à cheval ! Et d’Ingres, la Baigneuse Valpinçon ou La Grande Odalisque ! Et puis des Flamands, le cabinet hollandais… que nous pouvons heureusement continuer à contempler de nos jours.

Mais c’est grâce à deux hommes qui vont, dans la fournaise, créer d’urgence un espace coupe-feu, que de nombreuses toiles seront sauvées. Il s’agit de Henri Barbet de Jouy, un civil, conservateur du musée du Louvre qui fut limogé par la Commune, quant au deuxième homme, il s’agit d’un militaire, le commandant de chasseurs de l’armée régulière, Bernard de Sigoyer (Marquis, Martian de Bernardy) qui prendra l’initiative de mobiliser tout son bataillon. On suivra jour par jour, heure par heure leur combat pour sauvegarder tous ces biens culturels.

Ce n’est que dans les derniers jours du combat, en pleine nuit que le Général Daguerre souhaita s’entretenir avec Bernard de Sigoyer. Or, de celui-ci on ne retrouva nulle trace. Ce n’est qu’au petit matin du 26 mai qu’on découvrit le cadavre du commandant marquis. Il gisait à demi calciné, le crâne fracassé au coin d’une maison incendiée à l’angle de la rue Jean-Beausire et du boulevard Beaumarchais.

Bernard de Sigoyer ne fut jamais remercié d’avoir sauvé le musée du Louvre. Il fait partie de ces héros oublié de l’Histoire de France.

Cet ouvrage est vraiment passionnant et se lit comme un thriller. Un livre d’histoire qui ressuscite ces deux personnages courageux qui ont sauvé des flammes de nombreux chefs-d’œuvre lors de cet épisode dramatique qui entraîna une perte incalculable de manuscrits, d’objets de valeur que possédait la France.

(Un plan des parties détruites ou endommagées par les combats est présenté en fin d’ouvrage)

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Le Brasier – Le Louvre incendié par la Commune – Récit historique de 190 pages – prix : 7.70 €

Nicolas Chaudun, éditeur d’art, documentariste et écrivain. Il a publié chez Actes Sud une biographie du « baron Haussmann » qui fait autorité, ainsi que deux récits historiques « L’été en enfer » (2011), plusieurs fois primé et « Le Brasier (2015), élu meilleur livre d’histoire par le magazine Lire. « L’île des enfants perdus » (Actes Sud) en 2019.

Humeur noire – Anne-Marie Garat – Éditions Actes Sud

SUR LES TRACES D’UNE HISTOIRE COLLECTIVE AU XVIIIe SIÈCLE

D’abord, décrivons l’illustration de la couverture de ce livre !. Il s’agit du plan, profil et distribution du navire « La Marie Séraphique«  de Nantes, collection du Château des ducs de Bretagne. « La Marie Séraphique » était un bateau construit en 1760 pour le commerce, aménagé ensuite en 1764 pour le transport d’humains, devenu un bateau négrier pouvant transporter jusqu’à plus de 300 esclaves.

A. M. Garat se rend à Bordeaux, sa ville natale, ville bien peu aimée dont elle garde des souvenirs entre haine-amour ! Elle y remet les pieds surtout pour les salons littéraires, lorsqu’elle y est invitée. Quant au texte, bien qu’elle parle beaucoup de son enfance, évoquant sa jeunesse de fille d’ouvriers, dans une impasse populaire du quartier des Chartrons, ce n’est pas un roman mais un récit, et on ne peut guère le cacher, Anne-Marie Garat est vraiment d’humeur noire et pour cause :

– Alors qu’Anne-Marie Garat, accompagnée de son cousin, visite le musée d’Aquitaine qui présente une exposition consacrée à la traite négrière, elle découvre un cartel à visée pédagogique, entre deux tableaux illustrant la vie de bourgeois bordelais du XVIIIè siècle, dont la formulation lui fait piquer une colère et cela la fait « bouillonner » et elle le fait savoir dans son ouvrage, car jamais un esclave n’a suivi son maître ! (p. 24) car voici ce qu’on peut lire :

« Noirs et gens de couleur à Bordeaux »

« Au moins 4 000 Noirs et gens de couleur viennent à Bordeaux au XVIIIème siècle. Il s’agit pour l’essentiel de domestiques suivant leur maître, d’esclaves envoyés apprendre un métier, et d’enfants métis venus parfaire leur formation ». Les autorités veulent limiter cet « afflux » […]

Bien loin d’une cohabitation harmonieuse et ne correspondant absolument pas à la réalité, Anne-Marie Garat, femme de lettres, puriste de la langue française, attachée aux mots, à la sémantique, à la rhétorique, elle y voyait l’air de rien, une offense, même une injure au visiteur lambda, surtout vis-à-vis du jeune public. Pour elle, la mission pédagogique avait été bafouée. Bordeaux, cette ville bourgeoise, qui prospéra grâce à la traite négrière semblerait avoir oublié le passé !

Alors, voilà, qu’Anne-Marie Garat se prend pour don Quichotte, enfourche sa rossinante et fouette cocher ! Derechef, elle écrit au Directeur du Musée, à La Mairie, aux politiques de Bordeaux. Il faut absolument changer ce cartel !… Pas réponse ! Pas grave ! Persévérante, un collectif d’écrivains est constitué, emmené par Anne-Marie Garat dans une Tribune au journal Le Monde du 21 mai 2019 que l’on peut encore consulter en cliquant ici !

D’où ce livre qu’elle dédie à une figure haïtienne :

cette ancienne esclave, âgée de 16 ans qui se nomme Modeste Testas

Marthe-Adélaïde Modeste Testas née Al Pouessi (Afrique orientale 1765-St Domingue 1870), esclave africaine originaire de la corne d’Afrique, déportée à Saint-Domingue (ancienne Haïti) achetée par des Bordelais, la famille Testas possédant un négoce à Bordeaux). Modeste Testas était tombée dans l’oubli et en la découvrant, Anne-Marie Garat a voulu la sortir de l’anonymat. D’ailleurs une statue a été érigée en mai 2019, sur le quai Louis XVIII de Bordeaux.

Elle fait un parallèle et tisse des liens avec la situation actuelle, celle des migrants, de l’importance du langage et des mots utilisés, tel que le mot « afflux » sur le cartel qui n’a rien à voir avec « l’afflux » d’aujourd’hui et celui des esclaves que les négociants bordelais allaient directement chercher, en pratiquant le commerce en droiture, de Bordeaux à St Domingue ou La Guadeloupe et non la traite triangulaire plus difficile à mener, très coûteuse et plus dangereuse. Elle parle de l’importance du rôle essentiel des livres et des librairies, de l’éducation de l’apprentissage de l’esprit critique.

Et vous aimeriez peut-être bien savoir si le cartel a été changé ?

Eh, bien vous le saurez en lisant « Humeur noire«  ce récit formidable d’Anne-Marie Garat ! Un livre dense et très enrichissant. Un travail très documenté de réflexion et d’écriture. Un livre, une lecture exigeante, qui demande une certaine attention.

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

« Humeur noire » – 295 pages – prix : 21.80 €

Anne-Marie Garat est l’auteure d’une œuvre littéraire de tout premier plan. Elle a notamment obtenu le prix Femina pour Aden (Seuil) en 1992. Avec sa grande trilogie « Dans la main du diable » (2006) – « L’enfant des ténèbres » (2008) – et « Pense à demain » (2010) parue chez Actes Sud -, elle relève le dfi d’allier exigence littéraire et succès populaire. Ses derniers romans chez Actes Sud : « La Source » (2015) – « Le Grand Nord-Ouest » (2018) et « La Nuit atlantique » (2020)

Intervalles de Loire- Michel Jullien – Editions Verdier

Aventure ligérienne à bord d’une barque !

Le héros de cette aventure, c’est la Loire. L’auteur et deux de ses amis décident de descendre le fleuve à la rame d’Andrézieux-Bouthéon à Saint-Nazaire, sur 850 kilomètres à bord de « Nénette », un esquif de quatre mètres carrés. Tour à tour, ils sont au bastingage, à la vigie, ils nous font partager les rôles de rameur, de barreur. Le jour, ils souquent chacun leur tour. La nuit, ils campent sur de petits îlots, dérangés par le coassement des grenouilles… et vous aurez un petit aperçu en lisant ce court extrait :

« L’esquif est à l’appontement, couché dans l’herbe, gris sur vert. L’un de nous part à la recherche du premier repas. Il s’en revient les bras chargés, de quoi boire au départ, de quoi dîner, du pain, du fromage, des fruits et une grande boîte de cassoulet des Landes étiquetée « Reflets de France ». En ville, il a croisé des devantures de restaurants avec la même spécialité au menu : la grenouille. A bien regarder, elles ne sont pas de Loire mais importées de Pologne, plus charnues, cuissées, plus grosses à l’assiette -peut-être moins bavardes que celles d’ici. Nous ne savions pas, les grenouilles allaient miner notre sommeil, vingt-six nuits de suite ou presque, plus que les moustiques, satanés batraciens, sacré pharynx, nous allions le découvrir au premier soir. La bestiole s’y prend comme ça, elle vous laisse dormir d’abord, ce n’est qu’ensuite. Elle s’y met doucement, timorée d’œsophage, comme si elle ne voulait surtout pas déranger. Il suffit d’une, toute seule, dix autres lui répondent, vingt, un chorus de jabots jusqu’au crescendo de la berge opposée, du coït en écho. A plein régime, il faut se représenter une bande nourrie de bikers, tous en Harley-Davidson, à un feu rouge toute la nuit, attendant qu’il passe au vert, lequel reste rouge toute la nuit. Après quelques journées nous prîmes soin d’aller nous coucher avec des réserves de galets à portée d’oreiller, c’est l’unique moyen, faire taire. L’animal accroupi commence son bonheur d’amygdales. Sans ouvrir les yeux, sans sortir du sac, nous lançons une poignée de cailloux vers l’épicentre des coassements. Tout se tait, nous nous rendormons comme les surveillants d’un internat de tétrapodes puis, quelque part, timide retour de gorge, un œdème de gosier, début d’orgasme phonatoire, nouvelle volée de cailloux, un jet de pierres suffit à dormir dix minutes, le sommeil paradoxal. Ronfler sur des œufs, dans une promiscuité de l’ouïe.« (p.24)

Laissez-vous emporter au fil de l’eau. Goûtez chaque phrase, chaque mot et savourez cette langue superbe et très poétique. C’est un vrai bonheur que de lire cet auteur, surtout de voguer à ses côtés, tout au long de cette magnifique aventure. Non seulement, il nous fait ressentir, nous sensibiliser à tous les bruits, y compris ceux des humains, mais aussi les odeurs, la faune la flore, les insectes, les oiseaux. Puis, il n’oublie pas la littérature, car au fil de l’eau, il convoque et embarque avec lui de nombreux passagers très prestigieux, tels que : Julien Gracq, Gaston Bachelard, André Dhôtel, Pierre Bergougnioux, Curzio Malaparte, Henry David Thoreau, Henri Bosco, Charles Ferdinand Ramuz, Henri Michaux et tant d’autres… sans oublier le cher Jules Renard de Chitry-les Mines où il fut maire.

Une lecture agréable au style raffiné.

Intervalles de Loire – 124 pages – prix : 14 € – (parution février 2020)

Librairie Doucet/M.Christine

Michel Jullien est né en 1962. Après une formation de tourneur-fraiseur, il entreprend des études littéraires qui le conduiront à enseigner au Brésil (Belem). De retour en France, il fait ses premières armes dans l’édition, chez Hazan, puis chez Larousse avant d’animer une maison d’édition spécialisée dans les arts décoratifs. En marge des livres, en marge de l’édition, il s’adonne à sa plus grande passion : la montagne. Après avoir gravi une centaine de sommets dans le massif du Mont-Blanc, des Écrins et des Pyrénées, il cesse l’escalade à quarante-cinq ans et se consacre à l’écriture. Il vit aujourd’hui à Paimbœuf, au bout de la Loire. Sa biographie aux éditions Verdier : « Compagnies tactiles » (2009) – « Au bout des comédies«  (2011)« Esquisse d’un pendu » (2013). – « Yparkho«  (2014). Prix Tortoni 2015 – « Denise au Ventoux«  (2017) (Prix Frans Hessel – Prix 30 millions d’amis) – « L’Île aux troncs«  2018. (Prix de l’ENS)


croire aux fauves – nastassja martin – Éditions verticales – Prix François Sommer 2020 –

FACE A FACE AVEC  UN FAUVE !

images« L’ours est parti depuis plusieurs heures maintenant et moi j’attends, j’attends que la brume se dissipe. La steppe est rouge, les mains sont rouges, le visage tuméfié et déchiré ne se ressemble plus. Comme aux temps du mythe, c’est l’indistinction qui règne, je suis cette forme incertaine aux traits disparus sous les brèches ouvertes du visage, recouverte d’humeurs et de sang : c’est une naissance, puisque ce n’est manifestement pas une mort. » (p.13)

Ce deuxième livre de Nastassja Martin anthropologue, spécialisée dans les populations arctiques, au fin fond des terres sibériennes, est un récit autobiographique qui  se déroule sur quatre saisons. Elle étudie les peuples nomades, animistes du Kamtchatka où elle vit en osmose avec eux, complètement en phase avec leur environnement et leur mode de vie, dans un habitat réduit, au fin fond de la forêt. La famille des Evènes dans laquelle elle s’est si bien intégrée, est devenue sa deuxième famille, au point d’y vivre  et de renouer avec les pratiques ancestrales et leurs rites animistes. 

Suite à un événement qui lui est arrivé en 2015, l’auteure nous livre sous forme de récit, un texte nourri de mythes et de rêves qui se déroule sur quatre saisons. Lors d’une sortie alors que Nastassja Martin part seule dans les montagnes, elle rencontre un ours qui l’attaque au visage, lui emportant une partie de sa mâchoire mais par chance, la bête lui laisse la vie sauve, car il est plutôt rare de s’en sortir vivant !. Elle est complètement défigurée. Elle va nous raconter la reconstruction de son visage, ses opérations successives en Russie et en France. Une expérience que cette jeune anthropologue a vécu dont elle choisit de faire une aventure merveilleuse !

Ce texte bouleversant, à la lecture exigeante, où la philosophie que l’auteure en retire, offre bien des interrogations que chacun de nous peut développer….., pouvant nous faire réfléchir à notre avenir d’humains sur cette planète qui est entrain de s’effriter, à notre mode de vie, à notre harmonie avec la nature que nous sommes entrain de voir disparaître. 

 Née en 1986, Nasstassja Martin est anthropologue diplômée de l’EHESS et spécialiste des population arctiques. Elle est l’auteure d’un essai, tiré de sa thèse de doctorat dirigée par Philippe Descola, « Les âmes sauvages » : « Face à l’Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska (La Découverte, 2016), ainsi que d’un documentaire, co-réalisé avec Mike Magidson, Tvaïn (Point du jour/Arte). Croire aux fauves est son premier récit.

« Croire aux fauves« – prix 12.50 € – 150 pages (parution janvier 2020)

Le Faucon – Gilbert Sinoué – Éditions Gallimard

Le faucon« LE PÈRE DE LA GAZELLE » UN RÉCIT SOMPTUEUX !

« Me voici au couchant de ma vie. Je suis né le 6 mai 1918. J’ai 86 ans.  Une certitude : j’ai 1 000 ans de souvenirs. »

De Nathalie Pelletey à Bruno Vandestick :  Je vais rebondir sur ce que vous venez de dire à propos des livres…., c’est-à-dire que si vous ne devez lire qu’un seul livre, cet été, LISEZ celui dont je vais vous parler, c’est un vrai et énorme coup de cœur pour ce livre qui s’appelle :

« LE FAUCON » de Gilbert SINOUÉ.

Gilbert SINOUÉ est un écrivain, né en Egypte. Donc, tout ce qui touche au Moyen-Orient l’intéresse beaucoup ! Il a déjà écrit de nombreux livres sur l’histoire de cette région. Et là, il revient avec ce livre que j’ai dévoré en quelques heures. C’est passionnant, parce que c’est un CONTE DES MILLE ET UNE NUITS, version moderne, c’est-à-dire qu’il  va nous parler des traditions ancestrales et en même temps de modernité. Il raconte à travers ce livre, l’histoire d’un univers -que je ne connaissais pas- qui s’appelle le Cheikh Zayed, Émir d’un tout petit pays qui s’appelait « Le Pays de la Gazelle », dans la corne de l’Afrique et qui accède au pouvoir en 1966. Il succède à son frère qui jusque là, n’a pas fait grand chose pour la modernité du pays. 

Avec les ressources pétrolières, cet homme va transformer l’immensité du désert,  construire son pays, -un véritable désert de sable– où il n’y a aucune route, pas d’hôpitaux, pas d’école -ce sont des bédouins nomades, donc qui vivent dans le désert, qui sont itinérants- pour en faire en vingt ans, un pays hyper-moderne avec une infrastructure routière, des hôpitaux, des centaines d’écoles. L’école est ouverte à tous et même aux petites filles…Il aidera les pauvres, en donnant de l’argent aux familles miséreuses pour qu’ils envoient leurs enfants à l’école. Il a beaucoup joué pour l’égalité entre les hommes et les femmes…

Donc, Gilbert Sinoué nous raconte l’histoire de cet homme très moderne, un livre truffé d’anecdotes. Il nous décrit aussi la chasse aux faucons parce que c’était un Émir passionné par les faucons et de la façon dont on les apprivoise, passionné par les courses de dromadaires et de pur-sang arabes, relate leurs réunions entre différents Émirs qui se passent à la mode bédouine, c’est-à-dire sous la tente, en plein désert.

C’est magnifique, c’est gorgé de poésie, c’est bien écrit. Il y a des références à l’Islam, et parle de la place de la femme. C’est un mélange de traditions ancestrales, une vie qu’on ne connaît pas, de ces bédouins, un mode de vie très particulier et puis la modernité de ce qu’il va faire pour son pays. Renseignements pris, il s’avère que cet Émir était très apprécié, même au sein de la scène internationale car il était très modéré. Il a quitté le pouvoir dans les années soixante-dix.

C’est une histoire fabuleuse ! Un destin fabuleux !

Nathalie de la librairie Doucet/M.Christine 

« LE FAUCON » 288 pages – prix : 20 € – (parution le 04//06/20)

Écoutez Nathalie Pelletey de la libraire Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Bruno Vandestick en cliquant ici !  (mardi 21 juillet)

Café Vivre. Chroniques en passant- Chantal Thomas – Éditions Seuil Fiction & Cie –

Café vivre« Café Vivre ». « Chroniques en passant » une belle aventure à vivre aux côtés de Chantal Thomas ! 

Entre 2014 et 2018, la romancière et essayiste, Chantal Thomas, a écrit durant quatre années, hors périodes estivales, une chronique par mois, qu’elle a fait paraître dans le quotidien Sud-Ouest. Aujourd’hui, elle nous offre  ce « Café Vivre » avec comme sous-titre « Chroniques en passant« , à lire comme un journal de voyage ! C’est à Kyoto que l’écrivaine voyageuse a vu cette enseigne parmi des panneaux indéchiffrables… Elle nous emmène du côté de Bordeaux et plus loin,  on l’y retrouve, dans sa maison de famille, dans ce bassin d’Arcachon et son air iodé qu’elle respirait, lors de son enfance, un lieu vers lequel elle revient souvent, en ayant hérité, dit-elle, « l’essentiel » : « son esprit de vacances ».

Dans « Café Vivre », elle y parle des cafés du monde entier, de musique, d’expositions,  de la peinture du japonais Hokusai « le fou de la peinture » côtoyant celles de David Hockney, l’artiste américain, de ses chers Sade et Casanova, de Pierre Loti, de Roland Barthes pour qui son quotidien parisien ne dépassait guère le quartier du Luxembourg, Saint-Sulpice et Saint-Germain des Prés.

Quelques passages truculents sur le bain des femmes qui, au XVIIIè siècle, en sont exclues, car « Femme qui nage serait bien capable de prendre le large ». Elle nous fait rencontrer Bernardin de St Pierre (Paul et Virginie dont l’héroïne se noie, refusant par pudeur de se déshabiller). Seules, celles qui sont diagnostiquées épileptiques ou enragées ont droit à la baignade… Elle nous entraîne auprès de Richelieu (pas le Cardinal, mais son petit-neveu le Maréchal, l’ami de Voltaire)  à qui on impose le mariage avec Catherine de Noailles. Préférant les dessous des autres femmes et n’assurant pas son devoir conjugal, son père le fait embastiller !… Sur les pas de Voltaire, à la suite de Diderot lors de son voyage en Russie (1773) à Saint Pétersbourg, auprès de l’Impératrice Catherine II, sa protectrice…

De Kyoto à New-York en passant par Paris….., Chantal Thomas nous entraîne jusqu’aux chutes d’Iguazú (qui signifie « grandes eaux ») et ses 275 cascades, à la frontière du Brésil et de l’ Argentine, lui évoquant les « grandes eaux » de Versailles et nous voilà partis sur les lieux…, puis à Paris, aux côtés d’Ernest Hemingway et son livre « Paris est une fête »… « Café Vivre. Chroniques en passant » est aussi un clin d’œil, un  hommage à Nicolas Bouvier, à sa manière de contempler, de capturer les moments forts.

En remontant le temps, en compagnie de Chantal Thomas, on ne s’ennuie pas ! C’est un joli voyage que nous parcourons ! Elle a le sens du détail. On apprend mille choses. Elle a un talent d’observatrice, de conteuse. Érudite, elle a aussi beaucoup d’humour. Chantal Thomas nous invite en terrasse, dans ce Café Vivre pour partager ce bonheur de Vivre, ce bonheur de liberté, ce bonheur de rêvasser, de méditer. Tout en mesurant la fuite du temps qui passe, c’est aussi un bon moment de réflexion qu’elle nous propose. C’est sans regret, sans nostalgie qu’elle nous fait vivre ces moments passés. Et on se dit : qu’elle chance elle a eue, Chantal Thomas, de vivre tout cela !…

Librairie Doucet/Marie-Christine

Chantal Thomas, romancière et essayiste a été révélée au grand public en 2002 avec « Les Adieux à la Reine » (pris Femina) dont l’adaptation au cinéma a été récompensée par le prix Louis-Delluc. « Souvenirs de la marée basse » (2017) a eu également son succès. Son dernier livre paru au Seuil « East Village Blues » a été publié en 2019. L’ensemble de son oeuvre romanesque a été traduite dans de nombreux pays. En 2014, Chantal Thomas a reçu le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son oeuvre ainsi que le prix Roger Caillois en littérature française.

« Café Vivre. Chroniques en passant »– 208 pages – Prix : 17 € (paru le 28 mai 2020) – numérique : 12 €

Chanson bretonne – suivi de L’enfant et la guerre – deux contes – Jean-Marie Gustave Le Clézio – Éditions Gallimard

chanson bretonne 2

Sur les pas de son enfance bretonne, de ses racines, la Bretagne de ses ancêtres.

« Pour rien au monde nous n’aurions manqué cette fête de l’été. Parfois les orages d’août y mettaient fin vers le soir. Les champs alentour avaient été fauchés et la chaleur de la paille  nous enivrait, nous transportait. Nous courions avec les gosses dans les chaumes piquants, pour faire lever des nuages de moustiques. Les 2 CV des bonnes sœurs roulaient à travers champs. Les groupes d’hommes se réunissaient pour regarder les concours de lutte bretonne, ou les jeux de palets. Il y avait de la musique de fanfare sans haut-parleurs, que perçaient les sons aigres des binious et des bombardes. »

A travers ces deux récits autobiographiques,  deux contes : « Chanson bretonne » suivi de « L’enfant et la Guerre » J-M.G. Le Clézio nous emmène en voyage, tout d’abord en Bretagne, au petit port de Sainte-Marine, dans le Finistère, pays de sa jeunesse, celui de ses vacances où il fit de nombreux séjours, entre 1948 et 1954. Pays qui lui a apporté tant d’émotions et souvenirs. L’amour de la vie de cette Bretagne, si paisible et si belle lui offrant de belles aventures. Il évoque la langue bretonne, un drame, une tragédie quand l’éducation nationale incitait les élèves à ne plus parler breton à l’école, sans quoi les maîtres les punissaient, ne plus utiliser cette langue, même à la maison alors que pour lui, cette langue était une véritable musique.

Ensuite,  nous allons du côté de Nice, sa ville natale, les années de la guerre, dans la vallée de la Vésubie et Roquebillière, l’arrière-pays, où il arrive en 1943, pays de sa tendre enfance (il n’a alors que trois ans) où il dépeint des souvenirs racontés par les adultes de cette époque-là. En période de guerre, il rapporte la souffrance, les déplacements, le froid dans la cave où il fallait se cacher, la faim, la peur au quotidien… Un enfant de la guerre élevé que par des femmes, loin de son père médecin militaire en poste en Afrique dont il fera la connaissance à l’âge de 7 ans, au Nigéria. Sur le bateau qui l’emmènera vers son père, J-M. G. Le Clézio rédige ses premiers écrits tout au long de son premier et long voyage.

Quelques dates :  1963 : Il n’a que 23 ans, entrée en littérature avec son premier roman « Procès Verbal » dont il rate d’une voix le prix Goncourt, mais décroche le prix Renaudot.

1970 : J-M. G. Le Clézio part vivre avec une communauté indigène Embéra, pendant quatre ans, au Panama. Il s’imprègne de cette culture et découvre le chamanisme. Il écrira à cette occasion : « Cette expérience a changé toute ma vie, mes idées sur le monde et l’art, ma façon d’être avec les autres, de marcher, de manger, d’aimer, de dormir et jusqu’à mes rêves. »

1980 : Il publie « Désert », immense récit poétique et romanesque sur le destin de populations oubliées et méprisées.

2008 : A Stockholm, J-M. G. Le Clézio  reçoit par l’Académie suédoise, le Prix Nobel de littérature pour son oeuvre, riche d’une cinquantaine d’ouvrages, de contes, d’essais, de nouvelles et de grands romans, traduite en trente-six langues, saluée par le prix Nobel comme l’oeuvre d’un écrivain écologique engagé : « agir, plutôt que témoigner »

2004 : L’Africain – 2008 : Ritournelle de la faim.… et tant d’autres

Librairie Doucet/MC

« Chanson Bretonne » suivi de « L’enfant et la guerre » – 154 pages – prix : 16.50 € (parution mai 2020)

Le nouveau western – Sur la route du Cid – Marc Fernandez – Éditions Paulsen

LE NOUVEAU WESTERN – « SUR LA ROUTE DU CID »

Aujourd’hui ou demain matin,  n’hésitez pas à vous inscrire sur

1endroitoualler@gmail.com  (vous recevrez instantanément un lien)  puis écoutez en live SAMEDI 23 MAI à  19 heures Marc Fernandez qui sera en compagnie de Marie-Adélaïde de la librairie Doucet au Mans, qui animera la rencontre, à propos du dernier livre de l’auteur  : Le nouveau western « Sur la Route du Cid », dernier livre de l’auteur.

Rodrigo Díaz de Vivar, plus connu sous le nom du Cid, n’est pas que le héros d’une pièce de théâtre. Ce fut un chevalier. Un vrai. Banni par le roi Alphonse VI, il a traversé l’Espagne au XIe siècle. Il a gagné des batailles. Contre les Musulmans, et avec eux. Un mercenaire avant l’heure. Un combattant légendaire.
Si le Cid voyageait à cheval, c’est sur son VTT – baptisé Tornado – que Marc Fernandez suit sa route de Burgos, ville natale du chevalier, jusqu’à Valence, où il mourut en 1099. Une épreuve et un défi pour l’auteur, à la découverte d’une partie méconnue de l’Espagne, médiévale, immensément vide. 900 kilomètres à vélo, 11 302 mètres de dénivelé positif dans un décor de western, pour retracer la vie extraordinaire d’une figure mythique digne d’un personnage de polar.

Aventure, Histoire et Littérature … !

Pour suivre cette rencontre en ligne sur Zoom en collaboration avec Un endroit ou allercliquez sur ce lien pour participer

Le nouveau western – » Sur la route du Cid » -187 pages – prix : 19.50€ (parution 19/03/20)

Marc Fernandezest né en 1973. Journaliste, il a été en charge durant plusieurs années du desk Amérique Latine et Espagne pour Le Courrier international. Passionné de romans noirs, il a cofondé la revue Alibi, consacrée au monde du crime et du polar, dont il est le rédacteur en chef. Il est l’auteur d’une série de trois romans noirs situés en Espagne, dans la collection  » Préludes  » du Seuil : « Mala vida » (2015), « Guerilla Social Club«  (2017), « Bandidos« (2018).

Bandidos

Guérilla social club

Mala vida