Le Grand Art – Léa Simone Allegria – Éditions J’ai lu (poche) ou Éditions Flammarion (GFormat)

Qui dit mieux ?

« La mort dans nos métiers est un heureux évènement » (Maurice Rheims)

Après « Loin du corps », Léa Simone Allegria écrivaine et galeriste, nous emmène dans les coulisses des salles des ventes, aux côtés de Paul Vivienne. Dans ce sublime deuxième roman, composé en trois parties, elle nous raconte l’histoire d’un commissaire-priseur un peu prêt à tout pour réussir un gros coup, avant sa sortie !

Le héros, dans « Le Grand Art », c’est Paul Vivienne, commissaire-priseur (appelés familièrement les co-co), il est proche de la retraite et est complètement largué avec l’arrivée d’internet, des réseaux sociaux, alors la vente en ligne, sans avoir vu les œuvres, il ne comprend pas qu’on puisse acheter comme ça ! La vente par téléphone, il connaissait. Les gens venaient voir sur place avant la vente, examinaient les objets et enchérissaient par la suite. Alors, Paul Vivienne, au bout du rouleau, avant sa sortie définitive, va tenter un bon coup ! Et le roman commence ainsi :

Alors que Paul Vivienne consulte son journal et lit d’abord la rubrique nécrologique, car pour lui, dès qu’il y a un décès, il y a vente possible et que son fond de commerce ce sont les « 3 D », c’est-à-dire les Dettes, les Divorces et les Décès ! Il y a chance d’aller « dépouiller » un château, un appartement, une belle propriété ! Il appelle ça « dépouiller » mais en fait, ça ne fait que changer de mains et c’est une nouvelle vie pour les biens des familles !

Paul Vivienne va donc s’envoler pour l’Italie, en Toscane car un certain Benvolio Cassaí, propriétaire d’un château, près de Florence, a rendu l’âme.

A la suite de l’ enterrement, il a trouvé un mystérieux retable « La Vierge au rouge-gorge » au fond de la chapelle, un retable peint par un florentin inconnu. La datation est estimée au début du XVème siècle mais c’est antérieur à l’invention de la perspective par Brunelleschi. Et on sait que la perspective a été inventée entre 1415 et 1425 ! Le premier a l’avoir utilisée c’est Masaccio qui était très jeune et là, le retable serait antérieur. Vasari dit, un siècle plus tard c’est Brunelleschi qui l’a inventée mais il était trop jeune, il avait 14 ans. Donc, on va chercher et c’est l’experte en tableaux anciens, Marianne Javert qui va mener l’enquête et se lancer à la recherche de l’auteur du tableau. Soit c’est un vrai, soit c’est un faux ?. Et bien sûr, elle va trouver.

Le problème c’est que plus personne en salle des ventes ne s’intéresse aux reliques de cette époque ! Proposez plutôt aux collectionneurs des BD, des planches originales de Hergé, des photos, pas de problème !

Alors, Paul Vivienne qui n’est plus en phase avec son temps, avec son époque veut prouver à la maison d’Auctionès et à tout le monde qu’il réussira à faire grimper la côte d’un retable du quattrocento qui effectivement n’intéresse plus personne et pour lui c’est un enjeu de taille. Réussira t-il ?

Vous le saurez en lisant ce roman qui se lit comme une intrigue qui est très bien construite. Touche par touche, Léa Simone Allegria multiplie les rebondissements et étonne le lecteur. Vous vous divertirez en salle des ventes avec l’impression d’être au théâtre ! La tension monte crescendo en même temps que les enchères ! C’est passionnant et richement documenté. Vous voyagerez entre Paris, Florence et la salle des ventes. Vous apprendrez le jargon de cette profession et vous connaîtrez un peu mieux les coulisses de ce monde si secret !

Cette lecture sera l’occasion de se poser de nombreuses questions : origine des œuvres ? authenticité ? qu’est-ce qui peut faire monter la côte d’une œuvre, d’un artiste ?

C’est une plongée fascinante dans le monde de l’Art. UN ROMAN TRÈS ENRICHISSANT dont l’œuvre est signée Léa Simone ALLEGRIA ! Bravo à Léa Simone Allegria, ce deuxième roman c’est du Grand Art !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/Marie- Christine

Artiste, mannequin, galeriste à Paris et New York, Léa Simone Allegria fait de l’art son terrain de jeu. « Loin du corps » (Seuil, 2017) explore la fabrique des muses et des modèles. « Le Grand Art » est son second roman.

« Le Grand Art » 352 pages (grand format) – prix : 20 € (parution 04/03/20) – Petit format J’ai Lu – prix 7.70€ (parution 09/06/21)

Là où le bonheur se respire – Sophie TAL MEN – Éditions Albin Michel

La librairie Doucet a le plaisir de recevoir pour une séance de dédicaces.

Coup de cœur de Marie-Adélaïde


Le sixième livre de Sophie Tal Men s’intitule très joliment « Là où le bonheur se respire ». Sophie Tal Men écrit sous un pseudonyme, ce qui est bon c’est le prénom, Tal Men est son nom de plume car dans la vie réelle, cette autrice sympathique qui écrit des livres bienfaisants, qui parle d’humanité, d’entraide et de soutien est neurologue dans un hôpital en Bretagne. Ce qu’elle côtoie tous les jours l’inspire et lui donne cette envie de partager, de retranscrire, tous ces petits détails qui font que notre vie peut être plus douce.

Je vous présente Clarisse et Lily. Ce sont deux sœurs qui s’entendent très bien. Clarisse vient d’avoir un grave accident d’équitation. Elle est dans le coma et sa sœur Lily tente, elle est apprentie « nez », vous savez ce sont ces personnes qui fabriquent des parfums, qui développent un sixième sens, elles ont un odorat hyperdéveloppé et Lily pense que si elle arrive sur l’île d’Ouessant à retrouver les odeurs, les senteurs de leur enfance, elle va pouvoir redonner vie et donner à Clarisse l’envie de vivre.

Un jeune externe nommé Evann l’accompagne dans ce qu’on pourrait appeler « son délire ». Très vite la rencontre entre ces deux êtres blessés, en souffrance va se magnifier et leur duo va en être renforcé. Vont-ils arriver à ramener Clarisse dans le monde des vivants ? En tout cas ils vont se rendre compte qu’à deux on est plus forts, on peut panser les blessures de l’âme, à deux on peut s’en sortir.

Le livre de Sophie s’inscrit dans un cycle d’auteurs et de lectures que la librairie Doucet aime particulièrement et qui à l’approche de l’été fait du bien, aide à respirer et à faire attention aux autres.

C’est pour ça qu’on est heureux de l’inviter demain en compagnie de deux autres auteurs et dont les livres sont exactement dans la même ligne. Il s’agit de Gavin’s Ruiz pour la « Divine comédie de nos vies » et la grande Mélissa Da Costa à qui l’on doit « Tout le bleu du ciel » et qui revient avec un livre un peu plus dur, sur l’emprise mais qui a toujours en ligne de mire cette possibilité qu’on peut s’en sortir grâce aux autres « Je revenais des autres »

« Là où le bonheur respire » – 288 pages – 19,90 € – (publié le 3 mars 2021)

Librairie Doucet Le Mans/Hubert.

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Belle Greene – Alexandra Lapierre – Éditions Flammarion –

Rencontre / dédicace avec Alexandra LAPIERRE

Vendredi 18 juin à 17h00

Formidable épopée d’une jeune femme devenue célèbre !

Alexandra LAPIERRE a l’habitude de choisir, pour ses romans, des personnages qui ont vraiment existé, des femmes principalement, des personnages méconnus qu’elle choisit de mettre en avant et ce roman historique est tiré de faits réels.

Qui est donc Belle Greene ?

Belle Greene, est une femme dont l’histoire se passe à New-York dans les années 1900. Elle appartient à une famille noire, descendant de toute une famille de métis. Ils ont la peau très pâle. A l’époque, quand on a une goutte de sang noir, on n’a pas le droit de voter, on n’a pas le droit de partager les mêmes écoles que les blancs. On n’a pas le droit de partager les mêmes hôtels ni les mêmes restaurants. Donc, la vie est très compliquée et très difficile. Certains d’entre eux, s’ils sont suffisamment blancs décident de passer à l’acte et se font passer pour blancs, ce qu’ils appellent « le passage. » C’est ce qui va se passer dans la famille GREENER qui va perdre une lettre et prendre le nom de GREENE, en falsifiant ses papiers et dorénavant toute la famille va passer pour blanche. Elle devient Belle Da Costa GREENE.

Belle Greene curieuse de tout, passionnée par les livres et de culture, en général ; elle est bibliophile. Cette jeune femme assez pauvre, partie de rien, n’ayant aucun réseau, aucune relation, va être recrutée par le grand banquier de l’époque J. P. MORGAN afin d’approvisionner sa bibliothèque, puis par la suite, devenir son bras droit, Directrice de la fabuleuse bibliothèque du magnat J.P. MORGAN.

J.P. MORGAN, ce collectionneur acharné tente de rapporter toute la culture européenne en Amérique et rapporte des merveilles comme « Les Fragonard » et « les Impressionnistes ». Il y a des livres et c’est cette collection de livres anciens que cette jeune fille va constituer pour lui. Elle aura affaire aux plus grands collectionneurs, elle va voyager en Europe, fréquenter les salles des ventes. Elle va être connue dans son domaine et sera respectée. Nous sommes en 1900 et Belle Greene sera la femme la mieux payée d’Amérique considérée même, comme l’une des plus puissantes.

Mais, mais….., il y a un mais ! Personne ne sait vraiment qui elle est ! Sans mari, parce qu’elle ne veut pas se marier, elle ne veut pas d’enfant. car vous imaginez, si un bébé noir naissait !… Sans argent au départ, elle fume, elle boit, elle vit pleinement sa LI-BER-TÉ ! Elle ne peut se confier à personne, de crainte qu’on découvre son secret. Elle a vraiment peur d’être dévoilée. Elle travaille avec acharnement et construit pour le magnat la plus fabuleuse des collections de livres. Belle Greene est passionnée par son travail, elle travaille comme une bête. Belle Greene est aussi la passion d’hommes remarquables ; elle vit des amours fous !. Alors pour pouvoir vivre libre, elle va être obligée de choisir entre son passé, ses racines, son histoire…, un véritable combat, un combat de femmes !

Alexandra LAPIERRE nous raconte l’histoire de Belle Greene avec passion. On sent qu’elle est fascinée par cette jeune femme, au destin incroyable, dans cette Amérique ségrégationniste, des années 1900. Laissez-vous emporter par cette histoire vraie qui est absolument à découvrir ! Une histoire passionnante, un texte richement documenté.

Belle Greene, un personnage inoubliable dans cet excellent roman !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M. Christine

BELLE GREENE – 544 pages – prix : 22.90 €

Alexandra LAPIERRE née en 1955, auteure de nombreux ouvrages, romans, nouvelles et biographies, parmi lesquels on trouve : « Moura« . La mémoire incendiée (2016) chez Flammarion – « Fils Unique« , nouvelle dans 13 à table (2015) Editions Pocket – « Tu mens, ma fille ! » (nouvelle ) dans 13 à table (2016) – « Avec toute ma colère » (2018) Editions Flammarion.

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Canoës – Maylis de Kerangal – Éditions Verticales

Le rôle des voix dans nos vies

« C’est en rappelant à mon oreille la voix des morts aimés que je les garde présents en moi. » (p.153)

Depuis plus d’un an, nos voix sont masquées, filtrées, devenues presque sourdes. Avec ce recueil composé de « Mustang » la nouvelle centrale et de sept autres textes, ayant pour fil conducteur les voix humaines, que Maylis de Kerangal, tente de leur redonner toute leur puissance.

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Présentation : Maylis de Kerangal a conçu « canoës » comme un roman en pièce détachées : une novella centrale « Mustang » et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d’un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d’échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, dans son timbre s’use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise quand une messagerie ou un micro vient filtrer ses paroles, les enregistrer ou les effacer. J’ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d’un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes -des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l’espace. Surtout, j’ai eu envie d’aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au pus juste, de trouver un « je » au plus proche ». (M de K)

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  • Toutes ces nouvelles sont fascinantes, comme « Mustang », récit d’un séjour qui se déroule au Colorado et un exil difficile. Celle de « bivouac » entraîne la narratrice dans un cabinet dentaire où, allongée sur le fauteuil, elle pense aux moulages de « mâchoires humaines esseulées et mutiques » qui lui font face…
  • Dans « ruisseau et limaille de fer », la narratrice retrouve une amie dont elle ne reconnaît pas la voix et qui se rendra quotidiennement chez son coach vocal. Puis, il y a cette jeune fille dans « nevermore » qui, le lendemain des résultats du Bac, prend conscience qu’elle va quitter son milieu familial.
  • ou celle-ci : « un oiseau léger » dans laquelle ce veuf refuse d’effacer la voix de son épouse sur le répondeur pour la réentendre. « Cette voix qui rend les morts encore vivants » qui sonne très juste, est l’une des plus belle nouvelles.

Dans « canoës », Maylis de Kerangal donne la parole aux femmes, des voix de tout âge. De nombreuses pistes de réflexions, de nombreuses questions s’offrent au lecteur, sur le rôle de nos voix dans nos vies. Son écriture est toujours aussi concise, précise, épurée.

Librairie Doucet Le Mans/M-Christine

« canoës » 170 pages – prix : 16.50 € (parution : avril 2021)

Maylis de Kerangal est l’auteure de six romans aux Éditions Verticales, notamment « Corniche Kennedy » (2008), « Naissance d’un pont » (prix Médicis 2010, prix Franz-Hessel), « Réparer les vivants » (2014, dix prix littéraires) et « Un monde à portée de main » (2018) ainsi que trois récits dans la collection « Minimales » : « Ni fleurs, ni couronnes » (2006), « Tangente vers l’est » (2012, prix Landerneau) et « A ce stade de la nuit » (2015)

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Saint Jacques – Bénédicte Belpois – Éditions Gallimard –

On dirait le sud et toujours en été !

Après le succès de « Suiza » premier roman paru en avril 2019 (voir le blog juillet 2019), Bénédicte Belpois revient cette année avec « Saint Jacques » qui nous emmène au pied des montagnes cévenoles, à la découverte de Paloma et Jacques, deux personnages opposés dont nous ferons connaissance au long de ces cent soixante superbes belles pages.

Camille, mère de Paloma dont l’enfance a été marquée par l’absence de père et que sa mère n’a jamais évoqué, l’absence d’amour de cette mère qui l’a rejetée dès sa conception, lui laisse en héritage une maison abandonnée dans les montagnes cévenoles ainsi qu’un cahier qu’elle ne doit ouvrir uniquement lorsqu’elle sera sur les lieux. Un cahier qui dévoilera plein de secrets et de non-dits. Que va-t-elle décider ? Que va-t-elle faire de cette maison ? Encouragée par Olympe (dite Pimpon) Paloma se rend dans cette maison qui fait face aux montagnes cévenoles, puis se dit : « on dirait le sud et toujours en été » comme le chante si bien Nino Ferrer ! Ira-t-elle s’installer là-bas, comme infirmière ? Elle quitte Paris et sur son chemin, elle croise Rose la voisine qui au premier abord, ne dira rien mais, elle a déjà deviné qui était Paloma. Puis au fil, du temps, au fil des pages, on apprendra beaucoup de choses d’elle… (mais nous n’en dirons pas plus !). Paloma fera de belles rencontres : il y aura Philippe le médecin du village, Jacques, ce charpentier qui viendra établir un devis car la toiture est en mauvaise état., puis Théo… Georges, Fernand.

Paloma tisse des liens entre les gens du cru, tente de les rapprocher pour créer un peu de chaleur à l’image d’une vraie famille.

Et puis, Paloma réussira-t-elle à faire venir au pays, Eliane, l’aide-soignante, son ex-collègue, son amie et confidente ?

Le texte est entrecoupé par la lecture de son cahier. Un style émouvant et beaucoup de simplicité, un texte plein de tendresse. Nous avons beaucoup d’empathie pour tous les personnages qui vivent dans ce milieu rural !. De belles descriptions sur les montagnes et la nature.

Librairie Doucet Le Mans/M.Christine

Bénédicte Belpois est bisontine. Elle exerce la profession de sage-femme et c’est son deuxième roman. Son premier roman « Suiza » est sorti en 2019.

« Saint Jacques » 160 pages – prix : 14 € (parution le 08/04/21)

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Héritage – Miguel Bonnefoy – Editions Rivages – Prix des libraires 2021

Bravo et Félicitations à Miguel BONNEFOY ! Ce 3 juin 2021, Miguel BONNEFOY a reçu le prix des libraires 2021 que Nathalie de la Librairie Doucet avait présenté sur France Bleu Maine le 2 octobre 2020 ! Bravo pour ce choix.

« Ceux qui ne peuvent se rappeler leur passé sont condamnés à le répéter. » (George Santayana.)

Cette semaine (02/10/20) Nathalie de la librairie Doucet a jeté son dévolu sur le livre « Héritage » de Miguel Bonnefoy qui figure sur la liste du prix Goncourt du mois de Novembre. Miguel Bonnefoy, on le connaît parce qu’il est déjà venu au salon du livre au Mans en Octobre 2017 pour son précédent roman « Sucre noir ». Il est franco-chilien et dans ce livre « Héritage » il nous raconte un peu l’histoire de sa famille. C’est très romancé, il part d’un lointain ancêtre qui habite dans le Jura à la fin du  XIX e siècle. Il est vigneron. Il y a une épidémie de phylloxera qui ravage toute la vigne française, et cet ancêtre réussit à préserver un pied de vigne qu’il déterre et replante au Chili, là où il part. Les vignes vont prospérer et Miguel nous raconte l’histoire de ses descendants… On y croise une aviatrice hors pair, un militant, jusqu’à la boucle dans les années 1970 où son père sera obligé de revenir en France. Une saga familiale sur fond historique parce qu’il nous raconte aussi cette communauté française au Chili qui était importante. On est à la fin du  XIX e au début du roman, et on traverse tout le XXe siècle. Ces chiliens, ces descendants qui sont nés au Chili n’ont jamais mis les pieds en France et sont toujours très attachés à La France parce qu’ils viendront combattre sur le continent européen, pendant les deux guerres. C’est plein d’exotisme. C’est une langue riche. C’est aussi montrer que l’exil à un moment, ce n’était pas dans le sens qu’on connaît aujourd’hui, mais plutôt dans le sens où les français qui partaient, devenaient des migrants.

C’est un très beau livre et nous avions eu la chance d’accueillir Miguel Bonnefoy dans le cadre de la semaine « FAITES LIRE », MARDI 6 OCTOBRE 2020, aux Quinconces au Mans, en collaboration avec la librairie Bulle avec comme invité :  Désirée Frappier « Le temps des humbles » pour une belle soirée chilienne.

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet en compagnie de Delphine Seveno sur France Bleu Maineen cliquant ici !

Nathalie/MC

Héritage – 206 pages – prix : 19.50 €

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Les abusés – Anne Parillaud – Éditions Robert Laffont –

Le coup de cœur du jour de Marie-Adélaïde : « Les abusés » d’Anne Parillaud.

Un texte absolument incroyable que nous aurons le plaisir de découvrir en présence de l’auteur

VENDREDI 4 JUIN à 17 heures à la librairie Doucet

Un premier roman. Anne Parillaud on la connaît tous, César de la meilleure actrice pour « Nikita ». Elle a beaucoup joué au théâtre. Cette femme à l’apparence fragile, mais assez forte, signe son premier roman. Premier roman d’actrice, on se méfie toujours un peu. Mais là, il s’agit d’un texte âpre, dur, violent servi par une écriture assez incroyable. La thématique est la fragilité et l’emprise. C’est en ça que le texte est dur. Vous savez, ces thématiques de l’enfance, selon ses mémoires qui s’effacent et qui tirent un trait sur les enfants abusés. Vous vous construisez malgré ça, avec ça, et vous devenez -c’est le cas de son héroïne- vous devenez une femme fragile. Elle décrit une actrice, qui a une vie de famille, deux enfants, un compagnon, mal dans sa peau, mal dans son couple. Puis un jour, dans un dîner, elle va tomber folle amoureuse d’un homme, sauf que cet homme n’est pas forcément le bon. Et on va voir évoluer cette relation, cette emprise que cet homme va avoir sur elle. Le charme d’abord, les journées merveilleuses, des mois merveilleux, puis la relation qui s’intensifie. Le fait d’être séparée de sa fille aînée, de ses amis, de sa famille, de son entourage, et cet homme qui prend de plus en plus de place. Quelque part l’héroïne va se rendre compte que lui aussi a souffert, et qu’il se venge et que lui aussi a un trouble de l’enfance. C’est incroyable !

On va voir jusqu’où ça va mener ces personnages, cette narratrice qui va aller très loin dans la folie, dans la maladie. Est-ce qu’elle va s’en sortir ? Est-ce qu’elle va reprendre pied ? Est-ce qu’elle va réussir à avoir une vie normale ? Ça, on va le découvrir en lisant les pages de ce texte. C’est fort. C’est poignant. Vraiment ce texte m’a touchée, bouleversée. Une écriture très particulière. Des moments où on parle à la première personne, des moments où on parle à la troisième personne. Anne Parillaud joue avec les mots, je pense pour augmenter notre impression d’être perdue dans la vie, d’être perdue face à un homme malfaisant et ce sentiment d’emprise, c’est-à-dire que cet homme avait, dès qu’il l’a vue pour la première fois, la sensation qu’elle serait la victime idéale.

Anne Parillaud a annoncé également qu’elle voulait adapter son roman au cinéma et nous avons hâte de découvrir ça, mais avant on peut lire « Les abusés » que vous pouvez vous procurer à la librairie Doucet !

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Lavande Grimbert, en cliquant ici ! (émission du 1er juin 2021)

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet Le Mans/MC

Anne Parillaud est née en 1960, actrice française. En 1991, elle remporte le César de la meilleure actrice pour « Nikita » et signe son premier roman « Les abusés » paru en avril 2021.

Les abusés – 374 pages : Prix : 21 € (paru le : 22/04/21)

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Deux femmes et un jardin – Anne Guglielmetti – Editions Interférences

Avant d’ouvrir ce petit bijou de livre, prenez le temps d’observer le recto-verso de sa sublime couverture : un dessin à l’encre de Chine d’après « La Grande Touffe d’herbe d’Albrecht Dürer » Maintenant, poussez doucement la porte, entrez dans le jardin, puis lisez et faites la connaissance de ces deux femmes, Mariette et Louise. Vous ne pourrez être qu’enchantés !

« Dans l’ombre grandissante, tournées vers un marronnier dont le faîte s’empourprait dans le crépuscule, nous nous tenions côte à côte sur la passerelle d’un navire qui avait, à notre insu, largué les amarres et entamé un voyage qui durerait plusieurs années, dure toujours… » ((P. 46)

Ce petit bijou, un bonheur de lecture dont l’histoire se déroule dans la si belle campagne du département de l’Orne, dans un tout petit hameau, qui se nomme La Gonfrière, à quelques encablures de l’Abbaye de Saint-Evroult-Notre-Dame du Bois, nous donnant envie d’aller découvrir ou redécouvrir les lieux !

Qu’il est doux de lire un si beau texte. Une histoire toute simple qui fait du bien ! Une histoire d’amitié entre Mariette et Louise cette toute jeune fille, autour de la renaissance d’un jardin.

C’est beau ! C’est bien écrit. L’écriture est fluide et poétique, d’une infinie délicatesse. On ne peut que remercier Anne Guglielmetti pour ce petit chef-d’œuvre !

Ce pourrait être un joli cadeau de fête des Mères !

Marie-Christine/Librairie Doucet Le Mans.

Anne Guglielmetti, née en 1952, romancière et traductrice, de livres d’art et d’architecture, elle est l’auteur de plusieurs romans parus aux éditions Buchet-Chastel et Actes sud, et a fondé avec Vincent Gille la revue Mirabilia. Elle vit et travaille à Paris. Parmi ses ouvrages, on trouve : « La Belle Italie » (1982/2001) –« L’Anniversaire» (1984/2003) –« La Corne de Corail » (1987) – « Le Domaine » (1998/2002) –« Le Chaos de l’aiguille » (2002) – « Les Paroles des Jours » (2002) – « Les Pierres d’attentes »photographies (2003) – « Les Pierres vives »(2016) publié soit chez Buchet-Chastel ou Actes Sud.

« Deux femmes et un jardin » – 95 pages – prix : 14 € (parution 10/03/2021)

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La Ligne Wallace – Agnès Mathieu-Daudé – Éditions Flammarion

Agnès Mathieu-Daudé déjà venue au Mans en 2016, pour son premier roman : « Un marin chilien » (prix coup de cœur de la 25e Heure 2016)

Amos, jeune chercheur français travaille depuis peu à la fondation Wallaciana à Durham. A défaut de rhinocéros à étudier, sa spécialité il doit écrire -et surtout romancer le supplie son éditrice- la biographie d’Alfred Wallace.

Explorateur et naturaliste talentueux mais discret, celui-ci a été éclipsé par Darwin avec qui il partage pourtant la théorie de l’évolution des espèces.

Nous partirons à Durham au nord-est de l’Angleterre, non loin de Newcastle et nous apprendrons à connaître Alfred Russel Wallace, ce jeune naturaliste et géographe qui embarque pour l’Amazone, à l’âge de 25 ans. Nous suivrons Amos dans sa recherche et ses péripéties, nous rencontrerons d’autres personnages illustres et des auteurs tels que Conrad, Stevenson… qu’Agnès Mathieu-Daudé cite dans le texte.

Un livre écrit avec beaucoup d’élégance, riche de découvertes.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/MC

Agnès Mathieu-Daudé est née en 1975. Elle a publié « Un marin chilien«  (2016) prix Révélation de la Société des gens de lettres, et « L’ombre sur la lune » (2017) aux Editions Gallimard, et des livres pour la jeunesse à L’école des loisirs.

La ligne Wallace – 309 pages – prix : 20 € – (parution 10/03/21)

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Certains cœurs lâchent pour trois fois rien – Gilles Paris (Éd. Flammarion) et L’intime étrangère d’Anne Révah – (Éd. Mercure de France)

Marie-Adélaïde nous présente deux livres, deux manuels pour sortir de la dépression.

Deux textes qui se complètent et qui se font échos. L’un, « Certains cœurs lâchent pour trois fois rien » de Gilles Paris et l’autre « L’intime étrangère » d’Anne Révah.

Très joli texte pour l’un comme pour l’autre. Beaucoup d’émotions. Beaucoup de pudeur. Il faut oser, oser parler de soi. L’écriture est pressante et l’écriture apporte énormément. Vraiment ce sont des textes admirables, entre roman et récit. Bien sûr, c’est romancé mais il y a une part d’autobiographie. Chapeau bas ! pour ces deux auteurs : Gilles Paris et Anne Révah.

Gilles Paris nous fait le grand plaisir de venir à la librairie Doucet jeudi 20 mai à 17 h 30. Venez le rencontrer, c’est la première rencontre qui redémarre, heureux de reprendre nos habitudes.

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Delphine Séveno, en cliquant ici ! (émission du 11/05/21)

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/MC.

« Certains cœurs lâchent pour trois fois rien » – 221 pages – prix : 19 € – (parution le 27/01/21 )

« L’intime étrangère«  – 140 pages – prix : 14€ – (parution le 06/05/21)

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