Anatomie d’un mariage – Virginia Reeves – Editions la cosmopolite – Stock

BOULEVERSANTE EXPLORATION D’UN MARIAGE ! (4)

Page, la revue des Libraires, nous propose la superbe chronique de Linda Pommereul de la Librairie Doucet au Mans, à propos du livre « Anatomie d’un mariage »

Virginia Reeves compose un livre bouleversant sur la fragilité des apparences et des espoirs déçus. Un roman qui explore toutes les nuances et les contradictions qui font de l’amour l’inépuisable source de tous les tourments.

Certaines lectures résonnent comme des chants. Des lectures où l’on a du mal à dire au revoir aux personnages. Et même si l’histoire est sombre, emplie d’une mélancolie qui possède le lecteur jusqu’à l’enivrer, on se laisse bercer par celle-ci. Anatomie d’un mariage de Virginia Reeves, comme son précédent roman Un travail comme un autre (Stock et Le Livre de Poche – prix Page/America 2016), la font entrer d’emblée dans le cercle de ces grands conteurs d’histoires portées par des personnages en équilibre, fragiles malgré leurs certitudes, tellement humains.

Des romans qui auscultent des vies ordinaires avec une vivacité d’esprit proche d’Alison Lurie ou de Philipp Meyer. Edmund Malinowski, jeune psychiatre comportementaliste, est sur le point de réaliser son rêve. À 36 ans, il vient de prendre la direction d’un établissement psychiatrique dans le Montana. Un déménagement qui oblige sa compagne Laura à mettre ses activités en suspens pour le suivre. Pour la convaincre, il lui promet d’être davantage présent et de fonder une famille. Malgré la promesse de ce bonheur parfait, la réalité est tout autre. Ed s’absente de leur vie chaque jour un peu plus, aveugle au sentiment d’abandon qui grandit chez Laura. Sentiment d’être invisible, en exil. Elle demande à Edmund de la regarder, de lui prouver qu’elle existe. D’autant plus quand elle constate que son mari est attiré par une jeune patiente, Pénélope, charmé par son intelligence et sa sensibilité. Prise au piège de sa jalousie, Laura s’enferme dans le désespoir et la colère, jusqu’à garder secret ce qu’elle ressent, au point de feindre ses émotions, étrangère à elle-même. Chacun remarque les changements mais ne sait pas comment modifier son attitude. Pourtant Ed et Laura ne peuvent plus se contenter de fermer les yeux en  attendant que les choses s’arrangent d’elles-mêmes. La crise est inévitable.

Lu et vivement conseillé par Linda Pommereul Librairie Doucet (Le Mans)

Virginia Reeves enseigne la littérature, l’écriture et la communication à l’Université d’Helena dans le Montana. Son premier roman « Un travail comme un autre » (Stock, 2016) a reçu le prix Page/America.

« Anatomie d’un mariage » – 430 pages – prix : 22.90 € – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau

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Les beaux mariages – Édith Wharton – Éditions Les Belles Lettres

AH ! CES BEAUX MARIAGES (3)

Présentation : « Il était caractéristique de sa part de garder de ses échecs un souvenir aussi aigu que de ses triomphes, et un désir passionné de les “rattraper”, qui comptait toujours parmi les motifs obscurs de sa conduite. Elle avait enfin ce qu’elle voulait – elle avait conscience de posséder “ce qu’il y avait de mieux” ; et parmi les autres sensations, plus diffuses, l’adoration de Ralph lui procurait le plaisir raffiné qu’aurait pu connaître une reine guerrière portée en triomphe par les princes vaincus, et lisant dans les yeux de l’un d’eux la passion qu’il n’eût pas osé exprimer. »

Ondine Spragg s’ouvre les portes de l’aristocratie new-yorkaise grâce à son mariage avec Ralph Marvell. Son ambition l’amène à divorcer et à se lancer à la conquête des hommes susceptibles de lui apporter tout ce qu’elle désire, c’est-à-dire l’amusement mais aussi la respectabilité. Si elle échoue face au banquier Peter Van Degen, elle va trouver une nouvelle victime en la personne du Marquis de Chelles, grâce à qui elle va – espère-t-elle – trouver une place de choix dans le monde du Faubourg Saint-Germain. Mais c’est vers Elmer Moffatt, un ami d’enfance auquel elle avait été mariée secrètement, qu’elle finira par revenir et en compagnie duquel elle trouvera le bonheur.


Les qualités d’analyse de la grande Edith Wharton font merveille dans cette vaste fresque qui dépeint une classe à l’agonie dans ce monde du XXe siècle en pleine formation, et tracent avec une talentueuse audace le portrait d’une femme moderne.

Edith Wharton est issue d’une vieille famille de la grande bourgeoisie new-yorkaise. À partir de 1906, elle choisit la France pour patrie d’adoption et partage sa vie entre son appartement de la rue de Varenne à Paris, sa maison de campagne de Saint Brice-la-Forêt (Seine-et-Oise) et sa villa d’Hyères (Var). Après l’échec de son mariage, elle publie en 1905 son premier roman, « Chez les heureux du monde », et reçoit quinze ans plus tard le prix Pulitzer (première femme a recevoir ce prix) pour « Le Temps de l’innocence ». Amie d’André Gide et Paul Bourget, elle devient bientôt le peintre averti et plein d’ironie d’une aristocratie new-yorkaise moribonde en proie à la montée de l’affairisme.

Edith Wharton née en 1862, elle meurt en 1937, laissant pour testament une quarantaine de romans et de nombreux recueils de nouvelles et de poèmes dont notamment « Les Metteurs en scène », « Ethan Frome », « Été » considéré par Joseph Conrad comme le plus beau roman d’Edith Wharton. Amie et confidente de Henry James, elle a écrit un grand nombre de romans et de nouvelles dont la modernité continue de surprendre. Après avoir passé sa vie à Paris et à Hyères, c’est à Saint-Brice-la-Forêt qu’elle est inhumée (Val d’Oise).

(Promenade au bord de la mer 1909 – huile sur toile.

Joaquin Sorolla – Musée Sorolla. Madrid)

Edith Wharton est une immense écrivaine et une référence américaine. C’est surtout une des premières femmes avec G. Eliot qui va montrer aux femmes le chemin de la liberté et qui va prendre sa place en littérature comme Jane Austen. D’ailleurs, il y a eu des films qui ont été tournés à partir de ses livres et qui sont absolument sublimes.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M-Christine

« Les beaux mariages » – 576 pages – prix : 15 € – Traduit (anglais) par Traduction SUZANNE V. MAYOUX – (parution 2018) Belles Lettres – Domaine Etranger dirigé par Jean-Claude Zylberstein.

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em – Kim Thùy – Éditions Liana Levi

Un livre très touchant et plein de délicatesse

« L’histoire du Vietnam est très peu racontée dans les livres, parce qu’on n’avait pas la chance de le faire, on n’avait pas les moyens pour le faire. Et donc, il fallait passer par des témoignages et Kim Thuy a pu écrire ce livre grâce aux témoignages, à ces gens qui n’ont plus peur de parler de leur expérience en tant que soldat à l’intérieur de l’armée du nord du Vietnam et évidemment de l’armée du sud du Vietnam parce qu’à 80 ou 90 ans on n’a plus peur de la censure. » précise Kim Thuy lors d’une interview.

« La vie est un combat, la tristesse entraîne la défaite » (dicton que l’on pouvait lire sur le tableau noir de la salle de classe de la mère de l’auteure, qui était institutrice)

Présentation : La vérité de cette histoire est morcelée, incomplète, inachevée dans le temps et dans l’espace. Elle passe par les colons implantés en Indochine pour y exploiter les terres et les forêts. Par les hévéas transplantés et incisés afin de produire l’indispensable caoutchouc. Par le sang et les larmes versés par les coolies qui saignaient les troncs. Par la guerre appelée « du Vietnam » par les uns et « américaine » par les autres. Par les enfants métis arrachés à Saïgon par un aigle volant avant d’être adoptés sur un autre continent. C’est une histoire d’amour qui débute entre deux êtres que tout sépare et se termine entre deux êtres que tout réunit : une histoire de solidarité aussi, qui voit des enfants abandonnés dormir dans des cartons et des salons de manucure fleurir dans le monde entier, tenus par d’anciens boat people.

Avec ce livre, Kim Thùy nous découvre, au-delà des déchirements, l’inoubliable pays en forme de S qu’elle a quitté en 1975 sur un bateau.

Par petites touches et par de courts chapitres, à travers des prénoms, Kim Thuy nous raconte tout en finesse et sans prétention cette tranche d’Histoire, cette guerre du Vietnam qui deviendra celle d’Indochine. Elle nous raconte avant tout, l’amour qui surgit où on ne l’attend pas, les orphelins qui survivent, l’héroïsme des personnes qui les ont aidés, la résilience des réfugiés. Un roman sublime écrit avec beaucoup de délicatesse, sans jugement ni concession.

30 avril 1975 : fin de la guerre du Vietnam. En 2025, le 30 avril sera un mercredi, comme en 1975. Le cinquantième anniversaire sera certainement un grand évènement pour tous les Vietnamiens.

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Kim Thùy vit au Québec. Diplômée en droit, elle exerce différents métiers : couturière, interprète, avocate ou encore chroniqueuse culinaire – avant de se consacrer à l’écriture. Paru en 2010, « Ru » devient un best-seller, traduit dans plus de vingt-cinq pays. Après « Mán » (2013) et « Vi » (2016), « em » est son quatrième roman. Elle a reçu plusieurs prix dont le Prix littéraire du Gouverneur général 2010, et a été l’une des quatre finalistes du Nobel alternatif en 2018.

em – 155 pages – prix 15 € (parution février 2021)

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L’été sans retour – Giuseppe Santoliquido – Éditions Gallimard

Un coup de maître, à lire sans tarder !

«La vie se gagne et se regagne sans cesse, à condition de se convaincre qu’un salut est toujours possible, et de se dire que rien n’advient qui ne prend racine en nous-mêmes.»

Coup de projecteur sur un thriller italien que Nathalie a adoré. C’est un thriller mais, c’est un livre que l’on classe dans les romans, parce qu’il n’y a pas que ça !… C’est le premier roman qui paraît en France, d’un auteur belge d’origine italienne et c’est vraiment un coup de maître !.

Le roman débute en 2005, dans le sud de l’Italie, dans la Basilicate, cette région située entre le nez et le talon de la botte, le sud pauvre de l’Italie, une région de gens taiseux, des gens de la campagne.

En 2005, par un dimanche après-midi, une jeune fille, nommée Chiara, se rend chez sa cousine qui habite à deux cent mètres et en chemin, elle va disparaître. De cette disparition va naître un énorme fait divers en Italie avec moult débarquements de la télé, des radios et shows à l’italienne, comme on en a l’habitude.

Ce que nous raconte le narrateur et ce qui est intéressant dans ce livre c’est qu’il nous narre cette histoire mais on sent qu’il a très bien connu ces deux familles et tout le village de Ravina (c’est inspiré d’un fait divers qui a bouleversé l’Italie) qu’il a participé à la vie de tout ce village, auprès de ces familles dont il était très très proche.

Au départ, on est un peu dans le brouillard parce qu’on se dit qu’il en a l’air très éloigné ! Que s’est-il passé ? Et on va comme ça remonter le fil de l’histoire, et le fil de l’histoire de Sandro, le narrateur. Puis découvrir ce qui s’est passé et ce qui est arrivé à cette jeune fille.

Le lecteur est plongé dans ce monde de taiseux, dans ce monde de familles où il y a des rancœurs et où il y a des non-dits depuis des années, et tout explose à ce moment-là !. C’est aussi l’emballement médiatique, c’est aussi la plume de l’auteur c’est passionnant, poétique et intéressant. Chaque mot est choisi. C’est rare, un auteur qui vous emmène et par son histoire et par sa plume. Et puis, c’est un roman sur ce moment de la vie où on sent que quelque chose est entrain de basculer et que ce qui va se passer après, ne sera plus comme avant et ça aussi, c’est passionnant !

Nathalie de la librairie Doucet Le Mans/MC

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Lavande Grimbert, en cliquant ici !

« L’été sans retour » – 320 pages – prix : 20 € – parution : 20/05/21 (émission du 15 juin 21)

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Les lions de Sicile – Stefania Auci -La Saga des Florio – Tome 1 – Éditions Albin Michel –

LA SAGA QUI A CONQUIS L’ITALIE.

« Lire c’est voyager » disait Victor Hugo. Alors, partons pour le sud de l’Italie !.

Nathalie de la librairie Doucet a craqué pour « Les lions de Sicile » de Stefania Auci !

« Les lions de Sicile« , une saga incroyable. C’est un livre phénomène en Italie. Il s’agit du premier tome qui vient de paraître en France et d’autres tomes suivront. Les droits ont même déjà été achetés pour en faire une série.

C’est vraiment typiquement la saga familiale qu’on aime lire !. Nous sommes en 1799 et c’est l’histoire de deux frères, d’origine calabraise (La Calabre, c’est cette région qui est dans le nez de la botte de l’Italie, donc pas très loin du Vésuve) Paolo et Ignazio qui, après un énième tremblement de terre, ont encore peur de tout perdre, alors ils décident de partir pour Palerme, là où leur beau-frère possède un petit magasin d’épices qu’ils vont lui racheter et essayer de le faire prospérer. Ce que je vous raconte-là, c’est une histoire vraie, c’est une saga familiale, celle des Florio qui ont réellement existé en Italie, une des plus grosses fortunes et une des familles les plus puissantes d’Italie. Mais, l’histoire démarre comme ça : – deux hommes, « des hommes de peine » dit-on en Sicile qui vont débarquer à Palerme et n’auront de cesse de faire progresser ce commerce des épices, puis de s’étendre à plein d’autres choses, parce qu’ils veulent s’élever socialement et y arriver. Sauf que pour les palermitains qui étaient des aristocrates, ils seront toujours considérés comme des « hommes de peine et de sueur ». Alors, comme toutes les sagas familiales il y a des histoires d’amour, il y a des trahisons, il y a des défaites, il y a des succès et des échecs. C’est passionnant, parce que le premier tome couvre à peu près soixante, soixante-dix ans de l’histoire de la famille, sur trois générations.

Mais ce qui est aussi passionnant, c’est que c’est lié à l’histoire de la Sicile, parce qu’à l’époque l’Italie n’est pas encore un pays, chaque région, chaque province est indépendante. La Sicile est parfois rattachée au Royaume de Naples, puis de nouveau indépendante, puis de nouveau rattachée au royaume de Naples. Les anglais, les français convoitent ce port de Palerme parce qu’en Méditerranée, c’est une condition stratégique et puis arrivera Garibaldi qui tentera d’initier l’Italie et la Sicile. Donc ces cinquante-soixante ans sont parsemés de révoltes, de rébellion et à travers l’histoire de la famille, c’est aussi un peu l’histoire de la Sicile qu’on découvre dans ce roman de 554 pages. C’est passionnant !

C’est aussi l’histoire des épices qui étaient, à l’époque, utilisées davantage en pharmacopée qu’en cuisine parce que ça coûtait très cher. Les épices, dans la cuisine, étaient réservées aux nantis mais sinon les épices étaient destinées à soigner les gens. C’est amusant parce qu’on retrouve des choses utilisées à l’époque, qu’on remet au goût du jour, actuellement. On apprend plein de choses ! C’est intéressant et passionnant !

Donc, c’est un succès phénoménal qui sera bientôt adapté à l’écran par les producteurs de « L’Amie prodigieuse« .

 Stefania Auci née à Trapani mais Palermitaine de cœur, est enseignante. Elle écrit depuis des années et a publié un roman historique en 2015, « Florence« , avant d’entreprendre la saga des Florio. « Les Lions de Sicile » est son premier roman traduit en français.

Écoutez Nathalie sur France Bleu Maine en compagnie de Lavande Grimbert, en cliquant ici ! (émission du mardi 25 mai)

Nathalie de la librairie Doucet Le Mans/MC

« Les lions de Sicile » – 554 pages – prix : 21.90 € (parution avril 2021) – Traduit de l’italien par Renaud Temperini.

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Le lièvre d’Amérique – Mireille Gagné – Éditions La peuplade –

UN CONTE, UNE FABLE ANIMALIÈRE

Mireille Gagné nous parle de notre société capitaliste, de l’héroïne proche du burn-out, de notre rapport au travail, à la nature. C’est une satire sociale intéressante.

C’est l’histoire de Diane, une trentenaire qui travaille dans une grande entreprise ; elle est passionnée par son travail, elle a une ambition énorme, elle a envie de faire toujours plus, elle veut être la meilleure. Elle a un esprit de compétition vis-à-vis de ses collègues mais elle est comme tout le monde, elle a ses limites. Elle n’en peut plus, elle est sur le point de s’écrouler. Alors, Diane qui veut être ultra-performante, va demander à subir une intervention chirurgicale, en vue d’une modification génétique. Elle se réveille et est très attentive à la réaction de son corps. Elle a besoin de moins de sommeil. L’opération a réussi, elle va pouvoir se surpasser au travail, mais au fil du temps, elle observe son corps. Elle va être étonnée de la modification de celui-ci, sur bien d’autres sujets.

Nous sommes plongés dans son adolescence où elle va avoir un rapport particulier avec la nature et avec des animaux en voie d’extinction, grâce à la rencontre d’un autre adolescent, lors de ses vacances.

Dans ce livre, on y trouve des annotations sur « le lièvre d’Amérique (lepus americanus) est un petit mammifère … largement répandu au Canada et au Québec… À l’opposé de son cousin le lapin, le lièvre préfère fuir plutôt que de se cacher pour échapper aux prédateurs. » (p.8). Sur une ou deux pages, vous lirez ces descriptions où il n’y aucune ponctuation. La construction peut surprendre, mais c’est tout à fait plaisant à lire, il y a un petit temps d’adaptation.

Un roman étonnant et très fort. Un roman qui nous interroge sur notre aliénation au travail, notre besoin de liberté, notre soif de nature. Tout ça écrit à la manière d’un conte extrêmement poétique que vous pourrez faire lire à toutes les personnes qui vous entourent !.

Une fois que l’on a posé le livre, il nous donne à réfléchir, et nous rappelle l’importance de la nature dans notre vie. L’auteure nous invite à nous poser de nombreuses questions sur les dérives de notre vie moderne : – Est-ce à nous de nous adapter à cette société ou accepter ce que la nature nous a offert ?. Accepter de notre corps nos limites, et tout ce qu’il nous offre aussi ?. C’est un livre très court mais très intense écrit par Mireille Gagné, poétesse québécoise, qui nous livre ce premier roman, à l’écriture très poétique.

Comme le dit si bien la quatrième de couverture :

« Ce roman, une fable animalière néolibérale, s’adresse à celles et ceux qui se sont égarés. » Mireille Gagné ajoute même et conseille à ses lecteurs : « je vous souhaite que, si vous vous êtes perdus sur le chemin du surmenage, vous trouviez votre voie ! » Alors bonne lecture !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M. Christine

LE LIÈVRE D’AMÉRIQUE – 138 pages – prix : 18 € (publié en oct. 2020)

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Mireille Gagné est née à l’Isle-aux-Grues et vit à Québec. Depuis 2010, elle a publié des livres de poésie et de nouvelles. Le lièvre d’Amérique est son premier roman.

Le Train des enfants – Viola Ardone – Éditions Albin Michel

UNE BELLE HISTOIRE REMPLIE D’ÉMOTIONS !

« Le Train des enfants » commence après la seconde guerre mondiale, en 1946, une initiative du parti communiste italien qui affrétait des trains afin d’envoyer des enfants pauvres de l’Italie du Sud vers l’Italie du Nord, en les confiant à d’autres familles pour leur bien.

C’est par la voix d’Amerigo, un garçon vif et débrouillard de huit ans, vivant seul avec sa mère, que nous suivrons ce jeune napolitain, au cours de ce roman et de ce long périple… Amerigo qui ignore totalement quel destin l’attend !.

Amerigo mènera un autre mode de vie, dans sa nouvelle famille du Nord de l’Italie. Tous ces enfants apprendront à vivre différemment au sein de ces familles d’accueil mieux loties et mangeront à leur faim. Ils y seront bien traités et vivront comme leurs propres enfants. En pensant toujours à sa mère, cet enfant brillant et intelligent saisira peut-être sa chance ?. Amerigo fera plein de découvertes et d’autres apprentissages qu’il n’aurait jamais eu l’occasion de pratiquer en restant chez lui.

Par la suite, quel chemin choisir ? Le choix sera bien difficile entre sa famille de cœur et sa vraie famille ! Amerigo se trouve à Bologne et sa mère est restée à Naples ! Et que deviendrons les autres enfants ?

Une formidable histoire teintée d’humour, d’émotions, inspirée de faits historiques et racontée avec passion.

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Un roman bouleversant qui avant même sa sortie en Italie est devenu un succès mondial (La Stampa)

Coup de cœur de Linda de LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M. Christine

« Le Train des enfants » – 293 Pages – Prix : 19.90 € (parution 06/01/21) « IL TREINO DEI BAMBINI » (paru en 2019) – Traduit de l’italien par Laura Brignon.

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American Dirt – Jeanine Cummins – Éditions Philippe Rey

QUEL PÉRIPLE et QUEL COURAGE ! UNE TRAQUE HALETANTE !

Dès les premières pages et durant 540 pages vous serez happés.(ées) jusqu’à la fin ! – Et comme à chaque chapitre, vous aurez envie de connaître la suite, vous le lirez très très vite ! Vous ne pourrez pas lâcher ce superbe livre.

Nous partons à Acapulco, au Mexique haut lieu des cartels de la drogue. Lydia est libraire et mène une vie paisible et tranquille. Elle a un fils, Luca âgé de huit ans. Son mari, Sébastian est un brillant journaliste d’investigation. Lydia adore son métier de libraire. Elle sympathise avec Javier, un homme lettré qui fait partie de ses fidèles lecteurs. La famille de Lydia s’apprête à fêter l’anniversaire d’une nièce autour d’un barbecue. Par un puissant cartel, seize personnes de la famille présentes au moment des faits seront la cible de tireurs et seront décimées. Un règlement de compte avec le journaliste, suite à un article de presse.

Miraculeusement, Lydia sera la seule survivante de ce massacre avec son fils. Auparavant, elle avait identifié que Javier, cet ami de la librairie était le « Jefé » du cartel et son mari venait de la prévenir.

Elle avait tout intérêt à s’enfuir rapidement, avec méfiance, sans se faire remarquer car les cartels de la drogue s’infiltrent dans tout l’ensemble du Mexique et peuvent toujours la repérer, la rattraper, il faut échapper au pire.

Et c’est surtout cette fuite extraordinaire que nous allons suivre car Lydia et son fils prennent la direction de El Norte. Son idée, rejoindre les groupes de migrants et tenter de gagner les Etats-Unis, via Denver où vit un oncle. Il faut faire vite, quelques vêtements dans un sac à dos, et suffisamment d’argent puis se faire discrets, se méfier de tout le monde et surtout passer inaperçus. Il faudra grimper sur les toits de la « Bestia », ces trains de la mort empruntés par les migrants au Mexique. Il faudra grimper à l’échelle, ou sauter depuis un pont sur les toits de ces trains de marchandises et puis survivre avec la peur au ventre en permanence.

On sera chaque heure, chaque jour à leurs côtés. Même si le thème de ce livre est dur, dans ce monde de violence on y fera aussi de belles rencontres, la rencontre de jeunes femmes honduriennes extraordinaires, également en fuite. Il y aura de la solidarité, de l’entraide, du partage, beaucoup d’espoir et d’amour. L’amour de cette mère prête à tout pour protéger son fils.

Un livre remarquable sur l’exil, sur les migrants vraiment bien écrit. Un récit poignant et bouleversant. Un livre qui nous oblige à regarder la réalité des choses, sur ce qui se passe de nos jours.

Librairie Doucet Le Mans/Marie-Christine

Lu et conseillé par Marie-Adélaïde, Linda.

American Dirt – 542 pages – prix : 23.00 € (parution : 20/08/20) – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) – par Françoise Adelstain et Christine Auché.

Jeanine Cummins vit à New-York. Elle a publié trois romans, dont « American Dirt » est le premier traduit en français.

Suzuran – Aki Shimazaki – Éditions Actes Sud –

Vous avez envie d’un peu de douceur, eh bien lisez

SUZURAN, すずらん qui signifie muguet !

Vous nous promettez-là, Nathalie, un véritable moment de douceur dont nous avons bien besoin ! Exactement ! Je me suis dis qu’en ce moment c’était une petite bulle de tendresse et de douceur.

Suzuran

Alors, Aki Shimazaki n’en est pas à son coup d’essai. C’est une japonaise qui vit au Canada et qui écrit en français mais qui est très imprégnée de sa culture d’origine. Et à chaque fois, c’est un bonheur de lire un de ses livres. Là, elle nous raconte l’histoire de Anzu qui est une jeune femme trentenaire qui vit seule avec son fils et qui a fait de sa passion, son métier, puisqu’elle est céramiste. Elle modèle des vases pour accueillir les fleurs. Elle est passionnée de poterie, elle a une vie plutôt sage et un peu rangée, auprès de ses parents vieillissants, en bord de mer. Elle a une grande sœur qui s’appelle Kyoko qui vit à Tokyo qui elle, est l’extrême inverse, une jeune femme bouillonnante, un peu croqueuse d’hommes et qui débarque un jour dans sa vie pour annoncer à toute la famille qu’elle va se remarier et en fait, l’évènement, et le retour de cette sœur, va profondément et durablement modifier la vie de Anzu. C’est raffiné, c’est plein de délicatesse, c’est un voyage hors du temps. On y parle beaucoup de nature, de mer, du travail des mains. C’est une petite bulle dans laquelle on peut s’extraire de cette période un peu compliquée et comme on a besoin de lectures en ce moment, cela fait beaucoup de bien !. C’est une jolie douceur. On déconnecte de tout et on s’imprègne de cette culture assez philosophique, assez sage, où il n’y a pas d’éclats de voix ni de geste plus haut, voire déplacé. Tout est dans le respect et la tradition et ça fait vraiment du bien de temps en temps. (Et pour l’anecdote, SUZURAN en japonais, signifie MUGUET)

Écoutez Nathalie en compagnie de Fabien Obric sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

Nathalie de la Librairie Doucet/MC

Suzuran, 168 pages – 15 € – paru en avril 2020

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Aki Shimazaki est née au Japon. Elle vit à Montréal depuis 1991. Ses trois pentalogies, « Le Poids des secrets », « Au coeur du Yamato » et « L’Ombre du chardon » ont été publiés par Leméac/Actes Sud. Suzuran est le premier titre d’une nouvelle série.

Le Champ – Robert Seethaler – Éditions Sabine Wespieser –

CHRONIQUE SOUTERRAINE !

Nous avons tous peur de mourir et c’est normal, nous sommes des humains ! Les premières pages de ce roman extraordinaire posent la question : « Si les morts pouvaient parler, que diraient-ils ? » « LE CHAMP » est un drôle d’endroit dans le village, car il s’agit du cimetière ! Mais, CE CHAMP, C’EST LE MONDE. CES VOIX, NOS VIES.

Ainsi, Robert Seethaler, romancier autrichien, redonne vie à vingt-neuf disparus, tous originaires de la même bourgade. Il fait parler les morts de Paulstadt, une ville autrichienne imaginaire, dans la Markstrasse qu’ils ont habitée ou fréquentée. Chaque mort prend donc la parole à tour de rôle et devient narrateur. Chaque chapitre est une voix, chaque voix qu’on entend, ce sont les voix des gens qui dorment dans « le champ« , la terre qu’ils partagent tous désormais. Ainsi, en quelques pages ou quelques mots, ils reprennent vie et certains d’entre eux nous fascinent et nous marquent. Il y a une sorte d’intimité dans leur manière de se livrer ou de résumer leur passé (leurs amours, leurs bonheurs, leurs réussites ou échecs, leurs rancœurs, amitiés, jalousie etc... Leurs vies tout simplement ! ) Ils étaient fleuriste, primeur, facteur, professeur, sans véritables liens, mais pouvaient se connaître. On se rappelle de la marchande de chaussures parce qu’elle veut vivre une grande vie et qui râle sans arrêt après son mari. Puis, on retrouve le curé qui est tellement illuminé qu’il a mis le feu à son église et on se demande bien pourquoi ! On reconnaît Monsieur le Maire parfois cynique, parfois sincère. Il y a Marie, la doyenne de 105 ans qui dit : « J’ai été une enfant. Puis une dame. Puis de nouveau une enfant. De l’entre-deux je ne me souviens pas. En tout cas j’étais une jolie dame » (p. 211). Et celle qui va être la prostituée du village et du coup, elle raconte tout le village, elle a connu tout le monde intimement !.

Hannes Dixon, un des narrateurs, reporter-rédacteur-éditeur du « Courrier de Paulstadt, nous livre ces quelques mots : « Chaque instant porte en lui le temps dans sa globalité; dans les vitres de la Markstrasse se reflète le monde entier. » (p.225)

Que reste-t-il de la vie après la mort ? Quelques dates, des regrets, des amours, de l’amitié ?

Un livre bien écrit, sans pathos. Une langue très belle, très poétique, il y a des moments où l’on rit malgré le sujet. C’est un bouquet d’émotions et c’est vraiment touchant. Certaines histoires commencent de manière un peu dure, parfois lugubre puis à la fin, on se marre.

Librairie Doucet/M.Christine

LE CHAMP traduit de l’allemand (Autriche) par Elisabeth Landes – prix : 21 € – 276 pages – (parution : janvier 2020)

Robert SEETHALER, né en 1996, vit à Berlin. « Le Tabac Tresniek » (2014) et « Une vie entière » (2015), tous deux parus chez Sabine Wespieser éditeur, l’ont imposé en France et ailleurs comme un des écrivains de langue allemande les plus importants de sa génération. « Le Champ » (Das Feld), publié en 2018 en Allemagne, y a connu ainsi qu’en Autriche, un succès retentissant.