« A la tombée du jour, un jeune guérisseur se rend dans un village reculé. Sa mère lui a toujours dit : « Ne laisse jamais de traces de ton passage. » Il obéit toujours à sa mère. Sauf cette nuit-là. »

J’ai écrit cette histoire dans un état hypnotique, bouillonnant, fiévreux. Je voulais raconter ce que sont ces lieux, ces endroits sans lois inscrites, sans rien si ce n’est une église et un pont, flanqués de quelques maisons. Je voulais écrire que plus on cache un événement, plus il persiste à travers les générations suivantes. Je suis partie d’un lieu tenu par deux familles et un homme d’Eglise, j’ai voulu qu’en une seule nuit, dans ce hameau, tout soit défait, jusqu’aux entrailles, jusqu’au sang. »
Dans ce court récit de 135 pages, nous ne savons à quelle époque, ni dans quel endroit nous sommes mais Cécile Coulon nous emmène dans un village reculé, un hameau nommé « Le Fond du Puits« . Au cours de cette lecture, nous ne savons jamais si nous sommes dans un conte ou une légende….
Pour la première fois, un jeune garçon « Le fils »* est envoyé sur les lieux. C’est sa mère* qui est appelée, mais c’est lui qu’elle envoie car elle est devenue trop vieille. Il porte le don qu’elle lui a transmis, le don de soigner, de guérir. Il est « coupeur de feu », « rebouteux ou sorcier » ! On l’appelle pour demander de l’aide, pour tenter de résoudre un problème lorsque les hommes ont épuisé toutes leurs ressources. Un récit sombre, un conte noir qui se lit rapidement qui parle de la nature humaine et ses mystères, sur la mort, nos croyances et les non-dits. Et comme souvent les premières fois, rien ne se passe comme prévu ! Le fils découvre que la mère a fauté dans ce village.
(*Dans le texte « Le fils » « La Mère » sont toujours écrits en italiques et le lieu-dit « Le Fond du Puits » s’écrit Fond )
LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M-Christine
Un texte envoûtant, bien construit et c’est la force de son écriture, comme Cécile Coulon sait le faire, qui nous emporte ! Un texte qui fait penser à « L’ Accabadora », une femme Sarde qui soulage, écrit par Michela Murgia qui nous plonge dans la Sardaigne des vieilles légendes et des rites ancestraux dans les villages reculés.

Cécile Coulon explore dans ce roman des thèmes universels : la force poétique de la nature et la noirceur des hommes. Elle est l’autrice de « Une bête au Paradis », prix littéraire du Monde. « Trois saisons d’orage », prix des Libraires, et du recueil de poèmes, « Les Ronces », prix Apollinaire. Avec « La Langue des choses cachées », ses talents de romancière et de poétesse se mêlent dans une œuvre littéraire exceptionnelle.
La langue des choses cachées – 144 pages – prix : 17,90 € – parution : 11/01/24


Laisser un commentaire