Saint Jacques – Bénédicte Belpois – Éditions Gallimard –

On dirait le sud et toujours en été !

Après le succès de « Suiza » premier roman paru en avril 2019 (voir le blog juillet 2019), Bénédicte Belpois revient cette année avec « Saint Jacques » qui nous emmène au pied des montagnes cévenoles, à la découverte de Paloma et Jacques, deux personnages opposés dont nous ferons connaissance au long de ces cent soixante superbes belles pages.

Camille, mère de Paloma dont l’enfance a été marquée par l’absence de père et que sa mère n’a jamais évoqué, l’absence d’amour de cette mère qui l’a rejetée dès sa conception, lui laisse en héritage une maison abandonnée dans les montagnes cévenoles ainsi qu’un cahier qu’elle ne doit ouvrir uniquement lorsqu’elle sera sur les lieux. Un cahier qui dévoilera plein de secrets et de non-dits. Que va-t-elle décider ? Que va-t-elle faire de cette maison ? Encouragée par Olympe (dite Pimpon) Paloma se rend dans cette maison qui fait face aux montagnes cévenoles, puis se dit : « on dirait le sud et toujours en été » comme le chante si bien Nino Ferrer ! Ira-t-elle s’installer là-bas, comme infirmière ? Elle quitte Paris et sur son chemin, elle croise Rose la voisine qui au premier abord, ne dira rien mais, elle a déjà deviné qui était Paloma. Puis au fil, du temps, au fil des pages, on apprendra beaucoup de choses d’elle… (mais nous n’en dirons pas plus !). Paloma fera de belles rencontres : il y aura Philippe le médecin du village, Jacques, ce charpentier qui viendra établir un devis car la toiture est en mauvaise état., puis Théo… Georges, Fernand.

Paloma tisse des liens entre les gens du cru, tente de les rapprocher pour créer un peu de chaleur à l’image d’une vraie famille.

Et puis, Paloma réussira-t-elle à faire venir au pays, Eliane, l’aide-soignante, son ex-collègue, son amie et confidente ?

Le texte est entrecoupé par la lecture de son cahier. Un style émouvant et beaucoup de simplicité, un texte plein de tendresse. Nous avons beaucoup d’empathie pour tous les personnages qui vivent dans ce milieu rural !. De belles descriptions sur les montagnes et la nature.

Librairie Doucet Le Mans/M.Christine

Bénédicte Belpois est bisontine. Elle exerce la profession de sage-femme et c’est son deuxième roman. Son premier roman « Suiza » est sorti en 2019.

« Saint Jacques » 160 pages – prix : 14 € (parution le 08/04/21)

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Ady, soleil noir – Le bel amour de Man Ray-Gisèle Pineau – Éditions Philippe Rey

UN PEU D’EXOTISME ET DE LIBERTÉ !

Puisqu’en ces temps de crise sanitaire, nous sommes tous privés de sorties, de fêtes, de spectacles, de distractions… Eh bien, grâce à Gisèle Pineau, allons à la rencontre de « Ady, Soleil noir » et profitons de cet exotisme ! Allons nous distraire ensemble, allons danser au Bal Blomet, ce club de jazz très prisé du Paris Montparnasse au 33, de la rue Blomet, dans le 15ème arrondissement. Ce Bal Blomet, cabaret dansant antillais, appelé aussi le « Bal Nègre » dans les années folles. Partons en compagnie d’Ady, cette charmante et jeune antillaise qui était la muse, l’amante, la compagne de Man Ray car entre eux, ce fut le début d’une grande et tendre histoire d’amour, jusqu’à ce que l’occupation en décide autrement.

Avant cela, « Ady » (Adrienne Fidelin) qui vit à la Guadeloupe a connu un cyclone en 1928. La maison de ses parents est détruite. Elle a des frères et des sœurs. Elle devient orpheline ; elle va partir et s’embarquer avec sa sœur aînée, sur un paquebot à destination de la France et arriver à Paris. Elle nous plonge dans le Paris de Joséphine Baker où on danse la Biguine, dans ce « Paris est une fête » comme l’écrira plus tard Ernest Hemingway.

Man Ray est américain, photographe et il est juif. Ady est noire, danseuse, antillaise. Elle veut devenir mannequin. Elle a vingt ans et lui en a le double. Man Ray l’appelle « Mon petit soleil noir », « sa doudou, sa fleur tropicale« . C’est ainsi qu’il la nommait. Ils sont épris de liberté. Et, c’est au Bal Blomet qu’elle rencontrera Man Ray et ils s’aimeront follement !

Là, nous allons rencontrer tout le gratin parisien de l’époque, dans ce Paris festif et joyeux ! . Ce lieu mythique où l’on croisera Kiki de Montparnasse, Joséphine Baker, Mistinguett, Miller, et bien d’autres artistes et amis inséparables : Desnos, le couple Paul Eluard et Nusch, mais aussi tous les peintres et les surréalistes. Dali et Gala, la première femme de Paul Eluard, Picabia, Picasso et Dora Maar, et tant d’autres…

Mais hélas, nous sommes à la période de l’entre-deux guerres, cette époque des années 30 ! C’est la montée du racisme et de l’antisémitisme, la montée des communautarismes et de la xénophobie. Man Ray est obligé de repartir aux États-Unis mais Ady en décidera autrement.

Par la voix d’Ady, Gisèle Pineau nous fait partager ce beau et magnifique roman d’amour et de liberté.

L’auteure a écrit le roman vrai d’Ady, une muse éblouissante, « Le soleil noir » de Man Ray, une femme toute de grâce, dont Éluard aurait assuré qu’elle avait « des nuages dans les mains »

Librairie Doucet Le Mans/M.Christine

Gisèle Pineau a grandi en région parisienne, et vit actuellement en Guadeloupe. Écrivaine reconnue depuis son premier roman, La grande drive des esprits, Grand Prix des lectrices de Elle, en 1993, elle a publié une vingtaine d’ouvrages.

Ady, soleil noir – 292 pages – 19.50€ (parution janvier 2021)

L’ ANOMALIE – Hervé LE TELLIER – Éditions Gallimard – Prix Goncourt 2020

Pour fêter avec nous sa distinction, (dans le respect des règles sanitaires) Hervé LE TELLIER sera à la Librairie Doucet pour une dédicace devant la librairie SAMEDI 19 DÉCEMBRE de 15h à 18 h

Le prix GONCOURT  a été attribué le 1er décembre, lors d’une visioconférence à :

Hervé LE TELLIER** pour « L ANOMALIE » (Gallimard).

Nous allons parlé de prix aujourd’hui !

MAD : Vous savez c’est toujours dans la tradition. La rentrée littéraire démarre fin août début septembre et la période des prix arrive assez tôt, même toujours un peu plus tôt, sauf que cette année, toutes les Académies, le Goncourt, le Renaudot ont décidé de soutenir les librairies qui étaient fermées et de décaler la remise des prix pour que ces ventes ne soient pas exclusivement sur des plateformes numériques ! C’est pour cela que le grand prix du roman de l’Académie française vient d’être attribué (26 novembre). Le prix Goncourt, seulement hier (30 novembre) avec le prix Renaudot dans la foulée et nous attendons demain (le 2 décembre) le prix Goncourt des lycéens. Donc, nous arrivons demain à la conclusion de cette période des prix et puis de ces récompenses importantes parce que, pour les auteurs ça change beaucoup en terme de tirages, de nombres de livres vendus.

MB : Cette cuvée 2020 est-elle intéressante et accessible ?

MAD : Cette cuvée 2020 est très intéressante pour les différents grands prix qui ont été attribués. Oui, c’est une très bonne cuvée pour le moment je n’ai rien à dire, j’adhère ! – la quantité des livres, les choix.. Nous avons eu une très bonne rentrée littéraire. On a savouré et je reconnais que tous ces prix ont été donnés à des livres qui sont intéressants, grand public dans des genres très différents : – Marie-Hélène LAFON qui a eu le prix Renaudot et Serge JONCOUR le prix Femina, vont nous parler de nature, nous parler de racines. On va avoir, avec Chloé DELAUME qui a obtenu le prix Médicis, quelque chose qui tourne autour de l’intimité de la femme de 45 ans, sa place sur le marché de la séduction. On est vraiment dans quelque chose de concret, avec Hervé LE TELLIER pour « L’Anomalie » qui vient d’obtenir le prix Goncourt, on est sur un roman grand public, populaire qui peut séduire tout le monde, parce que tous les genres sont représentés dans un seul roman. Avec le prix de l’Académie française« La grande épreuve » d’Étienne de Montety, il s’agit d’un texte malheureusement d’actualité brûlante, sur l’engagement, pour le Bien et pour le Mal. On va voir avec les problèmes de radicalisation et d’excès. Je pense que nos livres, nos prix de cette année collent à l’actualité, collent à nos problèmes, collent à nos questions. On verra l’année prochaine, si l’on n’a que des titres sur la COVID et la pandémie !

MB : Alors, Marie-Adélaïde, la question difficile, s’il ne fallait en choisir qu’un seul parmi les prix, lequel devrait-on choisir ?

MAD : Oh là là, horrible question, que la question est dure ! Bon, j’avais un chouchou depuis le début. Je suis très heureuse qu’il ait gagné ! C’est « L’ Anomalie » de Hervé LE TELLIER, qui est publié chez Gallimard et qui a eu le prix Goncourt. Ce livre m’a transporté de joie. Et quand on parle d’un livre jubilatoire, c’est ça ! Vous le lisez le sourire aux lèvres parce que, ce que j’apprécie dans un texte comme celui-ci, c’est qu’il me fait rire, il me fait réfléchir ! On se pose des questions philosophiques, religieuses et puis il aborde un sujet qui est incroyable que j’ai peu lu ! Que se passe-t-il Maxime, qu’est-ce qui vous arriverez Maxime, si un beau jour, en rentrant chez vous, vous tombez sur un autre Maxime ? Il vous ressemble comme deux gouttes d’eau, il a les mêmes souvenirs, il a fait les mêmes choses, il connaît tout de vous, et vous, tout de lui… La seule différence c’est que vous avez trois mois d’écart. Il y en a un qui est en avance de trois mois et l’autre est en retard de trois mois. Ça vous permet peut-être de réparer des erreurs, ça vous permet peut-être de défaire les choses, ça vous permet peut-être de profiter d’une célébrité ! C’est absolument génialissime.

Et ce roman conjugue tous les genres littéraires : le roman d’amour, le témoignage, le roman de société, le polar, l’anticipation, c’est incroyable. Vraiment un grand grand coup de chapeau à Hervé LE TELLIER. BRAVO à Hervé LE TELLIER !

**Hervé LE TELLIER, 63 ans, mathématicien de formation et ancien journaliste, et président de l’association de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentielle), a obtenu huit voix contre deux pour « L’Historiographe du royaume » de Maël Renouard.

« L’ANOMALIE » 336 pages – prix : 20 € – parution 20/08/20

Écoutez Marie-Adélaïde en compagnie de Maxime Bonhomet, sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet/M.Christine

Lettre d’amour sans le dire – Amanda Sthers – Editions Grasset

téléchargementLETTRE D’AMOUR  SANS LE DIRE

Ensemble, ouvrons  ce magnifique  petit livre qui  raconte l’histoire d’Alice. Alice, âgée de 48  ans est une ancienne professeur de français qui adore la littérature. Elle vient de province, s’est installée à Paris pour suivre sa fille unique, mariée où elle vit également, mais qui finalement la délaisse un peu. Alice a dû mal à trouver sa place dans la capitale et dans la vie de sa fille. Elle a eu des histoires sentimentales un peu décevantes et se sent un peu seule. Un jour, au hasard de ses promenades dans Paris, elle s’arrête devant un salon de massage japonais dans lequel elle rentre, puis se fait masser. Or, il se trouve que la personne qui va pratiquer ce massage est un homme,  japonais d’origine, d’un père français et qui va, petit à petit, parce qu’elle reviendra plusieurs fois, par le toucher, réveiller le corps d’Alice, sa sensualité, son désir et par là aussi, réveiller son esprit, la remettre «en vie» !. Alice, pour rentrer en contact avec cet homme –qui lui fait quand même beaucoup d’effet- (« Mine de rien » !…)  va tenter d’apprendre le japonais, s’intéresser aux traditions japonaises, à la culture et tout ce qui fait l’ambiance du Japon.  Puis, un beau jour, elle écrit une lettre à cet homme…. Et là, je ne vous en dirai pas plus, mieux vaut lire livre…! Mais, c’est un très très beau livre, plein de délicatesse et plein de finesse, sur le corps, sur l’importance du toucher, sur la sensualité, sur ce qui peut se produire entre deux personnes sans forcément se parler, sur une renaissance à la vie, sur quelque chose qui se passe et qui passe par le toucher, par le corps. C’est vraiment magnifique. C’est très sensuel, subtil et fin !

Sophie Thomas : C’est à la japonaise…, parce qu’au Japon, les gens qui s’aiment  ne se déclarent pas  !

Nathalie : C’est exactement ça, l’esprit du livre ! On est plongés dans cette ambiance où peu de choses sont échangées verbalement. Tout passe par l’impression, le toucher, les sensations. C’est un petit livre, un petit bijou à embarquer dans votre sac de plage ou votre sac de randonnée !

Nathalie de la Librairie Doucet/M.Christine

Écoutez Nathalie Pelletey sur France Bleu Maine en compagnie de Sophie Thomas, en cliquant ici !

« LETTRE D’AMOUR SANS LE DIRE » – 140 pages – prix : 14.50 € – (parution le 03/06/20)

Là où chantent des écrevisses – Delia Owens – Éditions du Seuil –

DELIA OWENSAU CŒUR DES MARAIS AMÉRICAINS

Cela vous tente d’aller « Là où chantent les écrevisses ? »  – Bien sûr que oui ! Rassurez-vous, vous ne serez pas déçus du voyage ! D’ailleurs inutile  de vous précipiter dans une agence de voyages pour choisir votre destination puisque le roman de Delia Owens nous emmène en Amérique, dans les marais de la côte de Caroline du Nord, là où demeure Kya, « La fille des Marais » comme l’appellent les habitants de Barkley Cove. Alors, pour connaître la suite,  précipitez-vous sur ce livre  de quatre cent soixante-dix-sept pages, un voyage que vous parcourrez, au prix de 21.50 €, résumé en quelques lignes :

Kya se retrouve livrée à elle-même dans les marais après avoir été abandonnée de nombreuses fois ! D’abord par sa mère, alors qu’elle n’a que sept ans, abandonnée ensuite par ses frères et ses sœurs et peu après, par son père violent et alcoolique. Si bien qu’à l’âge de dix ans, elle se retrouve à vivre seule, dans une espèce de masure délabrée au fond du marais. Ce sera alors la débrouillardise. Elle va devoir apprendre à survivre, se créer une nouvelle famille avec les animaux et les insectes, à vivre en osmose avec la nature, à parler aux mouettes et aux goélands ! Pour l’aider, Jumping un vieux monsieur noir lui achètera sa pêche (des moules et des huîtres) et grâce à sa femme Mabel qui lui fera don de quelques vêtements, permettant à Kya de résister… Puis, une solitude immense s’installe et pèse sur Kya, jusqu’à ce qu’elle se lie  d’amitié avec Tate qui, avec beaucoup de patience, lui apprendra à lire, à découvrir la science, la poésie et à grandir. Elle fera aussi une autre rencontre, celle de Chase…. Deux histoires que l’‘auteur raconte en alternance -allant de 1952 à 1970-  celle de Ma, la mère de Kya et de Chase qui s’entrecroisent. En 1969, deux enfants font la découverte d’un cadavre sous la tour du Guet. Il s’agit de Chase Andrews, un garçon  avec lequel Kya avait sympathisé. Cependant, il faudra bien mener une enquête et trouver qui a pu commettre l’irréparable ? Et puis, Kya, retrouvera-t-elle les siens ? Mais, Chut !

Osez vous aventurer dans ce labyrinthe de bayou, sur le bateau de Kya. La flore et des myriades d’oiseaux vous attendent ! Réalisez ce beau et merveilleux voyage qui défilera tout au long de ces cinquante-sept chapitres ! Vous serez happés et enchantés par ce roman naturaliste et cette belle histoire d’amour ! Franchement c’est fabuleux, plein de poésie et de délicatesse. 

Un livre que vous trouverez au rayon de toutes les bonnes librairies en Littérature étrangère ! Pour tout savoir des secrets de Kya, lisez le premier roman de Delia Owens que vous trouverez certainement très cinématographique, un achat que vous ne regretterez pas.

Librairie Doucet/M.Christine

DELIA OWENS est née en 1949 en Géorgie, aux États-Unis. Diplômée en zoologie et biologie, elle a vécu plus de vingt ans en Afrique et a oublié trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, tous best-sellers aux USA. « Là ou chantent les écrevisses » est son premier roman. Phénomène d’édition, ce livre a déjà conquis des millions de lecteurs et poursuit son incroyable destinée dans le monde entier. Une adaptation au cinéma est également en cours.

« Un roman à la beauté magique » (The New York Times Book Review) – « Une histoire déchirante, un hymne sublime à la nature et à la solitude ». (Entertainment Weekly)

Suiza -Bénédicte Belpois – Editions Gallimard

Bénédicte Belpois

Amour, quand tu nous tiens….

Un premier roman et un petit chef-d’oeuvre !

Au coeur de cette histoire, on trouve deux personnages : une jeune femme fragile qui a fui le foyer protégé de Besançon dans lequel elle était placée. Elle s’en va, sans prévenir avec une idée chevilllée au coeur : aller voir la mer ! Après un long périple, la voilà arrivée en Galice, non loin de Luigo, en Espagne… Elle a des manières un peu simplettes puis en raison de sa peau couleur de lait, on la prendra pour une Suisse et dans le village, elle sera surnommée « Suiza ». Le deuxième personnage se nomme Tomàs, il est le narrateur principal de ce roman, à deux voix. Tomàs est un paysan plutôt riche, veuf, alcoolique, à la carrure de taureau. Solitaire, il vit de ses terres, de son cheptel et au bar du village. C’est là qu’il rencontrera Suiza. Mais, derrière ce personnage un peu brut, misogyne et macho, Tomàs a un cœur et il lui montrera…

Extrait : « Elle avait de grands yeux vides de chien un peu con, mais ce qui les sauvait c’est qu’ils étaient bleu azur, les jours d’été. Des lèvres légèrement entrouvertes sous l’effort humides et d’un rose délicat comme une nacre. A cause de sa petite taille ou de son excessive blancheur, elle avait l’air fragile. Il y avait en elle quelque chose d’exagérément féminin, de trop doux, de trop pâle, qui me donnait une furieuse envie de l’empoigner, de la secouer, de lui coller des baffes, et finalement, de la posséder. La posséder. De la baiser, quoi. Mais de taper dessus avant. »

Vous aimerez Tomàs et Suiza, des personnages attachants ainsi que toute cette ribambelle de personnages secondaires qui gravitent autour de ce couple en pleine métamorphose. Qu’il s’agisse de Ramon, Lope, Alvaro et Agustina, Francesa, Josephina, vous ferez connaissance avec ces personnages au langage un peu cru, mais si authentiques et truculents…

Un livre qui ne nous laisse pas indifférent, qu’on ne lâche pas, qui se lit très rapidement car on a très envie  de connaître le dénouement de cette belle histoire d’amour qui nous emmène sur une fin imprévisible, plutôt inattendue, que l’on ne dévoilera surtout pas mais qui nous laisse pantois!….. Mais quel livre !

Précipitez-vous sur ce premier roman très bien écrit et plein de suspense !

Vous ne le regretterez pas, c’est un excellent moment de lecture que nous fait partager Dominique Belpois, cette sage-femme bisontine dont la langue est  fluide, à la  plume fine avec tous ces mots qui tombent justes. 

Un vrai bonheur ! La saveur même de la vie, à l’image de cette grappe de groseille (sur le bandeau) qui donne un vrai goût de bonheur !.

Une magnifique découverte que nous gardons en mémoire très longtemps !

Librairie Doucet/MChristine

« Suiza » – 251 pages – prix : 20 € – (parution 04/2019)

Le cahier de recettes – Jacky Durand – Éditions Stock

cahier de recettes jacky durandUne jolie manière de décrire la cuisine d’autrefois !

Un roman écrit par Jacky Durand, journaliste culinaire à Libération la semaine (« Tu mitonnes ») puis chroniqueur gourmand le samedi  dans les « Matins de France culture » où il mijote  quelques chroniques absolument délicieuses (« Les Mitonnages de Jacky »).

Dans ce roman, nous allons découvrir Julien au chevet de son papa, hospitalisé et dans le coma depuis quelques semaines. Il sait que  Henri, son père s’apprête à mourir. Julien va alors nous plonger dans ses souvenirs d’enfance, en nous emmenant dans un petit village de  l’Est de la France, en Franche-Comté, au « Relais fleuri », une auberge  achetée par son père et Lucien, son compagnon de cuisine, en rentrant de la guerre d’Algérie… Julien a grandi  dans les cuisines de ce restaurant,  auprès de son  père et de sa maman, Hélène qui avait fait des études de littérature et enseignait. Henri, cuisinier à l’ancienne, c’est-à-dire cuisinier à l’instinct, n’avait pas de recettes sous les yeux, mais rajoutant tantôt une petite pincée de ceci ou de cela dans ses plats, ce qui rendait les choses et les plats plus délicieux. 

Julien va donc être ainsi bercé toute son enfance entre les livres et la cuisine !… Il remonte le fil de son enfance et c’est ce fameux cahier de recettes, qu’un jour Hélène a demandé à Henri d’écrire au fur et à mesure toutes les recettes …, qu’il ne retrouve plus dans la maison de ses parents.

Julien a une obsession ! Retrouver ce cahier de recettes car c’est toute une histoire de transmission, un doux parfum d’enfance, c’est un brin nostalgique mais une nostalgie heureuse, bienveillante. C’est aussi, que transmet-on à nos enfants, sans vraiment leur dire les choses, mais, juste par le fait qu’ils grandissent à nos côtés… Et puis, dans ce livre, l’auteur parle de cuisine, de littérature…  On y trouve quelques recettes et, c’est le bonheur !.  Julien nous met l’eau à la bouche et nous raconte les plats de son père… On a juste envie d’y goûter !

Alors, avec Le cahier de recettes de Jacky Durand, on file vite aux fourneaux !…. et c’est un vrai régal !

Nathalie de la librairie Doucet/MC

Le cahier de recettesprix 18 € – 215 pages (parution avril 2019)

 

Écoutez Nathalie de la Librairie Doucet en compagnie de Sophie Thomas, sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

Oyana – Eric Plamondon – Quidam Éditeur

 

OYANA

Elle s’appelle O Y A N A* et l’E. T. A* n’existe plus !

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquesa vie. »

Nous savons que Marie-Adélaïde est fan d‘Eric Plamondon et  c’est « OYANA » le dernier livre qu’elle est venue nous présenter. Eric Plamondon c’est le plus français des auteurs québécois. Il a son influence canadienne certes, mais il vit en France depuis vingt ans. Ses romans (il en est à six ou sept) mais il est surtout connu depuis « TAQAWAN » qui fut un énorme coup de cœur qui nous parlait de pêche aux saumons, d’indiens… Une histoire incroyable !.

Il a des thèmes récurrents. Ce qu’il lui faut : c’est une histoire d’amour, l’Histoire avec un grand « H », un roman noir, s’il y a un meurtre, pourquoi pas ?  Et puis, une petite dimension écologique… On avait tout ça dans le livre précédent, dans « OYANA »on va retrouver : – Une histoire d’amour : elle est là ! – Le roman historique : je dirai, bien sûr puisqu’on va parler, cette fois-ci  de l’E .T. A. et de ce groupement qui touchait le pays basque français, comme espagnol. d’une histoire d’amour car il s’agit d’une femme qui va quitter son mari ! Mais également d’écologie puisque les Basques, quand ils avaient émigré s’étaient lancés dans la pêche à la baleine…, le drame que ça représente aujourd’hui, puisqu’il y a encore beaucoup d’excès dans ce domaine. Malheureusement !.

En mai 2018, notre héroïne va lire un petit document qui va bouleverser sa vie. L’E. T. A. est dissoute, il n’y a plus de poursuite, ça n’existe plus. Elle vit depuis 23 ans à Montréal avec un homme dont elle est amoureuse. Elle plaque tout et elle repart au pays Basque français pour reprendre le cours de sa vie. On comprendra au fil des lettres qu’elle l’aime toujours,  qu’elle a dû quitter le pays basque à la suite d’un drame, une espèce d’action qui a mal tourné, qui a coûté la vie à une femme et un enfant. Elle est poursuivie. Elle a dû tout plaquer. Elle revient pour comprendre et pour expliquer…

C’est sombre ?C’est noir mais absolument génial. Ça fait revivre des pages dramatiques de l’Histoire.

C’est triste ?Mais, peut-être que ça se finit bien, parce que cet homme, elle l’aime toujours et maintenant qu’elle lui a tout avoué, qu’elle lui écrit de longs mails tous les jours sur ce qu’elle est vraiment…… Peut-être, vont-ils pouvoir reprendre une vie commune sur de bonnes bases ?

Et ce livre, vous le trouverez chez Quidam Éditeur, un bon éditeur à suivre qui propose de jolis petits livres !

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet/M. Christine

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Maxime Bonhommet, en cliquant ici !

  • * »OYANA » un prénom d’origine basque 
  • *E.T.A. sigle qui signifie  : Euskadi Ta Askatasuna, plus connu sous son acronyme ETA (pour «Pays basque et liberté» en basque), organisation armée basque indépendantiste dissoute.
  • « OYANA » – 140 pages – prix : 16 €uros.

Né au Québec en 1969, Éric Plamondon a étudié le journalisme à l’université Laval et la littérature à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal). Il vit dans la région de Bordeaux depuis 1996 où il a longtemps travaillé dans la communication. Il a publié au Quartanier (Canada) le recueil de nouvelles « Donnacona » et la trilogie 1984 : « Hongrie-Hollywood Express« , « Mayonnaise et Pomme S », publiée aussi en France aux éditions Phébus. 

Taqawan (Quidam 2018) reçu les éloges tant de la presse que des libraires et obtenu le prix France-Québec 2018 et le prix des chroniqueurs Toulouse Polars du Sud.

Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla – Jean-Christophe RUFIN – Editions GALLIMARD

 


Vendredi 5 avril à 18 heures la librairie Doucet a le grand plaisir de recevoir Jean-Christophe RUFIN qui vient à la rencontre de ses lecteurs. 

les 7 mmariages RUFIN

 

Quand on aime, on ne compte pas !

Présentation : « Sept fois ils se sont dit oui. Dans des consulats obscurs, des mairies de quartier, des grandes cathédrales ou des chapelles du bout du monde. Tantôt pieds nus, tantôt en grand équipage. Il leur est même arrivé d’oublier les alliances. Sept fois, ils se sont engagés. Et six fois, l’éloignement, la séparation, le divorce… Edgar et Ludmilla… 
Le mariage sans fin d’un aventurier charmeur, un brin escroc, et d’une exilée un peu « perchée », devenue une sublime cantatrice acclamée sur toutes les scènes d’opéra du monde. Pour eux, c’était en somme : « ni avec toi, ni sans toi ». À cause de cette impossibilité, ils ont inventé une autre manière de s’aimer. 
Pour tenter de percer leur mystère, je les ai suivis partout, de Russie jusqu’en Amérique, du Maroc à l’Afrique du Sud. J’ai consulté les archives et reconstitué les étapes de leur vie pendant un demi-siècle palpitant, de l’après-guerre jusqu’aux années 2000. Surtout, je suis le seul à avoir recueilli leurs confidences, au point de savoir à peu près tout sur eux. Parfois, je me demande même s’ils existeraient sans moi. » (J.-Ch. R.)

 

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Les plus belles histoires d’amour ne meurent jamais !

C’est avec un roman d’aventures plutôt trépidant que Jean-Christophe Rufin revient cette fois-ci, avec l’histoire d’un couple improbable, marié sept fois, divorcé six fois. Dans les années cinquante, à bord d’une Marly et quatre copains, Edgar, le narrateur participe à un voyage organisé, à destination de l’Union soviétique avec la possibilité de faire un reportage pour le journal « Paris-Match ». A cette occasion, il tombe amoureux fou d’une jeune Ukrainienne, qui deviendra « la femme de sa vie », l’arrachant à la pauvreté, à l’oppression, à son pays. C’est dans un tourbillon* fou d’amour, de passion qu’on va les suivre et vivre leurs ruptures, leurs retrouvailles… près de 60 ans.

Une rencontre entre deux êtres, entre deux mondes, l’amour d’une diva. Une vie pleine de rebondissements, de séparations, de ruptures sans pour autant nous lasser, mais aussi d’un amour qui peut durer….

 *Ce tourbillon de l’amour qui nous fait penser à cette chanson  « Le tourbillon »  « On s’est connu, on s’est reconnu, on s’est r’perdu de vue, on s’est retrouvé, on s’est réchauffé,  puis on s’est séparé… (de Jeanne Moreau).

Librairie Doucet/M.Christine

Médecin, voyageur et diplomate, Jean-Christophe Rufin est né en 1952. Il est membre del’Académie française depuis 2008. Il a notamment publié « L’Abyssin », aux Éditions Gallimard « Rouge Brésil » (prix Goncourt)  –« Un léopard sur le garrot », « Le grand Cœur« , « Le collier rouge » -« Immortelle randonnée » – et « Check-point » – « Le Suspendu de Conakry » –  » Tour du monde du roi Zibeline »

« Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla » – 373 pages :  prix : 22 € (parution février 2019)

Magnifica – Maria Rosaria Valentini – Editions Denoël

Magnifica.jpg    MAGNIFICA,  premier roman de Maria Rosaria Valentini.

La couverture est une reproduction d’un tableau de John William Waterhouse : « L’esprit de la rose » (1908). C’est très beau et très préraphaélite, on aurait toutefois pu craindre une histoire d’amour un peu « feel good » ou facile, mais non, pas du le texte est magnifique.
MAGNIFICA, c’est le nom d’une femme dont le fils, Andrea, vient de partir en lui laissant un stylo « dont elle saura faire usage », lui écrit-il. MAGNIFICA espère son retour bien sûr  mais on n’entendra plus parler de cela jusqu’à la fin du roman. C’est en quelque sorte une introduction qui va permettre à Magnifica de remonter le temps et de mieux comprendre les liens familiaux.
Elle décide donc d’interroger sa mère, Ada Maria, sur sa vie qui fut loin d’être facile.
Ada Maria va donc partir de plus loin encore, c’est-à-dire à la naissance de sa propre mère Eufrasia.
Eufrasia eut un mari, Aniceto, qu’elle comparait à un crapaud ! Malgré ce manque d’amour elle eut deux enfants, Ada Maria en premier, puis, longtemps après, un fils
Nous sommes alors en Italie, plus précisément dans un petit village des Abruzzes, dans les années 1950. La vie est dure, les habitudes sont bien ancrées et l’évolution est lente. 
Eufrasia va mourir jeune d’épuisement physique et moral. C’est Ada Maria qui va s’occuper de son petit frère et de son père qui vit la plupart du temps chez sa maîtresse Teresina ou dans son atelier de taxidermiste.
Plus tard Ada Maria rencontre dans la forêt un allemand réfugié et surtout caché depuis la fin de la seconde guerre mondiale. il est terré, il a peur et se débrouille comme il peut pour survivre. La jeune fille va l’apprivoiser petit à petit, dans le plus grand secret et leur amour donnera naissance à MAGNIFICA. Et ce n’est pas terminé… Vous ferez connaissance avec le mari médecin de MAGNIFICA, Leandro, pour en revenir à Andrea.
Il ne s’agit nullement de généalogie mais d’une transmission au travers des liens familiaux et aussi des non-dits.
Les descriptions de la nature sont tout simplement magnifiques.
Les personnages de femmes ne le sont pas moins tout en étant très forts.Le roman a vraiment mérité son nom, MAGNIFICA.
De la poésie, de la douceur, des joies au milieu des peines et des deuils. De la mélancolie également. On est un peu hors du temps avec un style et un vocabulaire empreints d’élégance et de douceur et il faut admirer le travail de la traductrice, Lise Caillat qui a su restituer les sentiments et les beautés de la nature.
Rassurez-vous, en fin de lecture c’est la réconciliation avec le tableau représenté sur la couverture. Il ne correspond pas à l’époque mais à la beauté du texte et à sa délicatesse.
Un bonheur de lecture.
Marie-José/Librairie Doucet/M.Christine
Maria Rosaria Valentini est écrivaine et poète. Elle a étudié à Rome et vit depuis plusieurs années en Suisse. Il s’agit ici de son premier roman traduit de l’italien.
  – « Un texte extraordinairement beau et mélancolique ». (Magazine Elle)
« Magnifica » 320 pages – prix : 21 € – Traduit par Lise Caillat (parution le 23/0/18)