Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes – Lionel Shriver – Éditions Belfond –

J – 22
Que pensez-vous du sport ?

Que pensez-vous du sport ? Que pensez-vous de la course à outrance ? Que pensez-vous de notre obligation à être toujours aussi beau et aussi jeune, aussi parfait ?

Si vous aimez rire de vous-même, si vous aimez connaître le fin fond de la tendance, embarquez-vous avec Lionel Shriver dans ce livre. Le titre n’est pas compliqué, il parle de la durée de course d’un marathon.

Imaginez un homme et une femme, un couple qui s’aime. Ils ont soixante ans passés. Lui n’a jamais été sportif et il envisage de courir le marathon, alors que c’était la passion de sa femme et qu’elle ne peut plus courir.

Un livre qui creuse, un livre qui dérange, un livre qui fait rire mais aussi un livre qui parle du couple et peut-être des excès de notre société !

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet/M. Christine

Reportage que vous vous écoutez sur facebook en cliquant ici !

Lionel Shriver née Margaret Ann Shriver en 1957 en Caroline du Nord, est une femme de lettres et journaliste américaine. Lionel Shriver a fait ses études à New York. Elle a été professeur avant de parcourir le monde. Elle a vécu en Israël, à Bangkok, Nairobi, Belfast. Après « Il faut qu’on parle de Kevin » (Belfond 2006 et J’ai Lu 2008), lauréat de l’Orange Prize, en 2005, elle a écrit « La Double VIe d’Irina (2009) chez Belfond – « Double faute » chez Belfond, (2010) – « Tout ça pour quoi » ? (2012) « Big Brother », « Les Mandible, une famille, « Propriété privées » est son septième roman traduit en fançais.

Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes – 384 pages – prix 22 € – (parution le 19/08/21)- Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Catherine Gibert.

Bel Abîme – Yamen Manai – Editions Elyzad –

Un livre tunisien incroyable !

J -24

« Bel Abîme » est un petit texte et un énorme coup de coeur ! C’est publié dans une petite maison d’édition qui s’appelle Elyzad, une maison tunisienne qui publie des textes francophones. Yamen Manai va raconter l’histoire d’un jeune adolescent. Au début du livre, il est en prison parce qu’il a tué trois hommes dont son père. Il aura des entretiens avec un avocat commis d’office et un psychologue afin de tenter d’expliquer son geste et ce livre, c’est le récit de ces entretiens. Au cours de ces entretiens avec ces deux hommes, il va dérouler son enfance, son adolescence auprès d’un père professeur à l’Université (donc, il bénéficie d’un certain respect de la société Tunisienne) auprès d’une mère gentille mais un peu soumise, qui laisse faire sans jamais manifester, mais qui, au quotidien dans sa famille, ce garçon est plutôt violent. Il a une vie un peu compliquée. Alors, nous sommes dans la Tunisie, après le Printemps arabe, dans une société qui avait beaucoup d’espoir, mais finalement très déçue. Une Tunisie qui part à la dérive. Donc, sa vie est difficile et malgré cette vie compliquée, deux choses magnifiques vont se produire. D’une part son amour des livres, donc il y a beaucoup de littérature dans ce livre, d’autre part une petite chienne qu’il va trouver et dont il prendra soin. C’est aussi l’amour inconditionnel des animaux.. Certes, il y a un drame mais c’est vraiment magnifique, c’est beau !

C’est plein d’espoir et puis l’auteur a une plume superbe il y a beaucoup d’émotion ! C’est bien écrit et ça c’est de la LITTERATURE !

Bel Abîme – 110 pages – prix : 14.50 € (parution : septembre 2021)

Nathalie de la Librairie Doucet/M. Christine

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Maxime Bonhommet en cliquant ici ! (émission du lundi 29 novembre dans Culture en Sarthe)

Yamen Manai, né en 1980 vit à Paris. Ingénieur, il travaille sur les nouvelles technologies de l’information. Il est l’auteur de trois romans parus chez Elyzad, tous primés : « La Marche de l’incertitude » (2009) – « La Sérénade d’Ibrahim Santos » (2011) – et « L’Amas ardent » (2017), récompensé de huit prix littéraires dont le Grand Prix du Roman Métis, le Prix Lorientales et le Prix des Cinq Continents de la francophonie.

L’origine du mal – José Carlos Somoza – Éditions Actes Sud –

UN LIVRE SUR L’AMBITION ET LES CHOIX POLITIQUES

Somoza est un homme et un auteur qu’on suit depuis très longtemps. Il est très fin psychologue, c’était son métier. Il était psychiatre avant de se consacrer à l’écriture. Il analyse son pays, le monde sud-américain avec beaucoup de finesse et beaucoup de talent !

Je vous emmène dans les années trente, au moment où l’Espagne va basculer dans ce qu’on a appelé « la guerre civile », ceux qui choisissaient le côté des rouges (les communistes) et ceux qui choisissaient les chemises brunes (la Phalange). Le livre commence par ces mots et je ne peux m’empêcher des vous les lire : « Je suis mort, j’ai été tué d’une balle dans la tête un jour de septembre 1957 »). Intriguant, un texte comme ça ! Un meurtre donc ! Un meurtre raconté par la personne tuée dans un manuscrit qu’un libraire marocain va confier à Madrid, à un de ses amis écrivain. Le suspense ! Vous n’avez qu’une envie c’est de connaître un peu mieux la vie d’Ãngel Carvajal, cet homme qui va choisir, en compagnie de son meilleur ami, Elias Roca, la Phalange, qui va s’engager corps et biens pour Franco après moultes hésitations parce qu’ils ne sont pas tout à fait en phase avec ce côté violent, brutal. Ils ont une certaine idéologie mais cette idéologie va être trompée. Et ces deux amis vont se retrouver après la seconde guerre mondiale dans les sphères obscures des agents secrets et des espions : les consuls, les vice-consuls qui ont des rôles un peu particuliers. On va les suivre de Tetouan à Ceuta, d’Alger à Casablanca, ce monde un peu feutré où on a des indics où on a des actions, un peu illégales.. Et très vite, on va s’apercevoir que ces deux amis vont diverger, parce que l’un d’entre eux (je vous laisserai découvrir lequel) va avoir des ambitions démesurées, des envies de pouvoir et va vouloir utiliser sa position pour les assouvir et pour fomenter peut-être, un coup d’Etat !

C’est passionnant ! Jusqu’où peut-on aller ? Comment peut-on trahir un ami proche, rompre une amitié de longues années. Une amitié qui concerne leurs propres familles.

C’est un texte sur la vengeance. C’est un texte sur le désespoir mais..

Emparez-vous de ce livre, il est absolument magnifique. Certes, il n’est pas rose, ce n’est pas un feel good mais..

Quel bonheur de lecture et quel plaisir de lire un grand auteur… On se laisse emporter !

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet Le Mans/M-Christine.

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine en compagnie de Fabien Obric (voir rubrique culture en Sarthe du lundi 1er novembre) en cliquant ici !

José Carlos Somoza est né à La Havane en 1959 et vit à Madrid. Après des études de psychiatrie, il se consacre exclusivement à la littérature. Il a publié une dizaine de romans. Ses ouvrages parus en français chez Actes Sud – « La Caverne des idées » (2002 et Babel n° 604) « Clara et la pénombre » (2003 et Babel n° 669) – « La dame n° 13 » (2005 et Babel n° 793) – « La Théorie des cordes » (2007 et Babel n° 911) – « Daphé disparue » (2008) – « La clé de l’abîme » (2009) sont traduits dans le monde entier.

L’origine du mal – 320 pages – prix : 22.80 € (parution 22/10/21) Traduction : Marianne MILLON  – Langue d’origine : Espagnol.


Au-delà de la mer – Paul Lynch – Editions Albin Michel –

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est image.png
de Linda !

HUIS-CLOS MARITIME DANS UNE BARCASSE

« Muets de saisissement, Hector et lui regardent le monde se recomposer dans une magnificence de couleurs. Comme s’ils étaient les premiers à contempler des ciels pareils. Chacun commence à entrevoir la vérité de l’autre, à deviner qu’ils sont tous les deux pareillement démunis au cœur de la vérité des choses. Et qu’au sein d’une telle immensité, ce qu’un homme porte en son cœur n’a plus guère de poids. »

Malgré l’annonce d’une tempête, Bolivar, un pêcheur sud-américain convainc le jeune Hector de prendre la mer avec lui, en vue d’une pêche miraculeuse. Tous deux se retrouvent vite à la merci des éléments, prisonniers de l’immensité de l’Océan Pacifique. Des bateaux, des lumières aperçus au loin, mais personne pour leur porter secours. Alors que leur santé vacille, que le sel assèche les lèvres, que la faim, la soif, la folie prennent le contrôle de leurs corps, leur mental est au plus bas, ils sont contraints malgré tout de cohabiter sur ce bateau de pêche, de faire leur examen de conscience.

Entre croyance, espoir, désespoir et résignation, l’un se raccroche à la foi et l’autre passe en mode survie, utilisant la pollution de la mer pour essayer de survivre.

Un huis-clos terrifiant où l’auteur explore avec talent la profondeur humaine.. Un livre intime et puissant remarquablement bien écrit. Une histoire captivante dont nous vivons pleinement le quotidien, aux côtés de Bolivar et d’Hector, ces pêcheurs à la dérive et en grande difficulté qui ne nous laisse pas indifférents.

Librairie Doucet Le Mans/M-Christine

Né en 1977 dans le Donegal, Paul Lynch est l’auteur de trois autres romans, publiés aux éditions Albin Michel : « Un ciel rouge, le matin », finaliste du prix du Meilleur Livre Etranger ; « La Neige noire », lauréat du prix Libr’à Nous ; et « Grâce », élu Meilleur Roman de l’année en Irlande, et couronné par le Prix des Ambassadeurs de la Francophonie.

Au-delà de la mer Paul Lynch – prix : 19.90 € – 232 pages – Langue d’origine : anglais (Irlande) Traduit par Marina Boraso.

Washington Black – Esi Edugyan – Poche Folio – Prix des libraires 2020 –

Sur terre, sur mer et dans les airs !

WASHINGTON BLACK

Washington Black naît esclave à La Barbade en 1818. Il est esclave au sein d’une exploitation de canne à sucre. Son maître meurt et c’est un neveu assez cruel qui prendra la suite. Mais c’est Christopher Wilde dit Tich, le frère qui décide de prendre Wash sous son aile. Il est scientifique et rêve de faire voler un ballon « Le fendeur-de-nuages ». Wash va l’assister et à cette occasion, il dévoilera ses talents de dessinateur.

Il y a bien sûr dans ce roman d’aventures, l’esclavage et les conditions de survie qui sont cruelles :

« Nous avons pris Broard Street et en levant les yeux je vis une rangée de cages en bois dur qui luisaient, argentées, au soleil. A l’intérieur, des esclaves, assis, debout, certains pressant leurs visages fatigués contre les barreaux. Le sol à leurs pieds était jonché de vieux habits et de leurs propres déjections, et en passant lentement la puanteur choquante parvenait jusqu’à nous. Monsieur Philip ne posa pas de question sur eux. Mais je savais qu’il s’agissait de fugitifs ». (p 96-97)

Mais on assiste également au balbutiement de la science et des premières découvertes de ces héros. Wash est accusé d’un crime qu’il n’a pas commis et s’évade en ballon avec Tich. C’est à 11 ans, que Washington Black se voit offrir un premier pas vers la liberté, un parcours qu’il faudra apprivoiser et assumer au cours de cette nouvelle existence.

Un SUPER et EXTRAORDINAIRE roman d’aventures, un roman PALPITANT et admirablement rythmé par de nombreuses péripéties dont on n’arrête pas de tourner les pages !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M.Christine

Washington Black – 470 pages – (parution 28/05/20) prix : 8,60 € – Publié chez Liana Lévi en 2019, il paraît chez Folio. Traduit de l’anglais (Canada) par Michelle Herpe-Voslinsky

Anatomie d’un mariage – Virginia Reeves – Editions la cosmopolite – Stock

BOULEVERSANTE EXPLORATION D’UN MARIAGE ! (4)

Page, la revue des Libraires, nous propose la superbe chronique de Linda Pommereul de la Librairie Doucet au Mans, à propos du livre « Anatomie d’un mariage »

Un livre bouleversant de Virgina Reeves sur la fragilité des apparences et des espoirs déçus. Un roman qui explore toutes les nuances et les contradictions qui font de l’amour l’inépuisable source de tous les tourments.

Certaines lectures résonnent comme des chants. Des lectures où l’on a du mal à dire au revoir aux personnages. Et même si l’histoire est sombre, on se laisse bercer par celle-ci. 

Anatomie d’un mariage de Virginia Reeves, comme son précédent roman Un travail comme un autre (Stock et Le Livre de Poche – prix Page/America 2016), la font entrer d’emblée dans le cercle de ces grands conteurs d’histoires portées par des personnages en équilibre, fragiles malgré leurs certitudes, tellement humains.

Des romans qui auscultent des vies ordinaires avec une vivacité d’esprit proche d’Alison Lurie ou de Philipp Meyer. Edmund Malinowski, jeune psychiatre comportementaliste, est sur le point de réaliser son rêve. À 36 ans, il vient de prendre la direction d’un établissement psychiatrique dans le Montana. Un déménagement qui oblige sa compagne Laura à mettre ses activités en suspens pour le suivre. Pour la convaincre, il lui promet d’être davantage présent et de fonder une famille. Malgré la promesse de ce bonheur parfait, la réalité est tout autre. Ed s’absente de leur vie chaque jour un peu plus, aveugle au sentiment d’abandon qui grandit chez Laura. Sentiment d’être invisible, en exil. Elle demande à Edmund de la regarder, de lui prouver qu’elle existe. D’autant plus quand elle constate que son mari est attiré par une jeune patiente, Pénélope, charmé par son intelligence et sa sensibilité. Prise au piège de sa jalousie, Laura s’enferme dans le désespoir et la colère, jusqu’à garder secret ce qu’elle ressent, au point de feindre ses émotions, étrangère à elle-même. Chacun remarque les changements mais ne sait pas comment modifier son attitude. Pourtant Ed et Laura ne peuvent plus se contenter de fermer les yeux en  attendant que les choses s’arrangent d’elles-mêmes. La crise est inévitable.

Lu et vivement conseillé par Linda Pommereul Librairie Doucet (Le Mans)

Virginia Reeves enseigne la littérature, l’écriture et la communication à l’Université d’Helena dans le Montana. Son premier roman « Un travail comme un autre » (Stock, 2016) a reçu le prix Page/America.

« Anatomie d’un mariage » – 430 pages – prix : 22.90 € – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau

Commander le livre

Les beaux mariages – Édith Wharton – Éditions Les Belles Lettres

AH ! CES BEAUX MARIAGES (3)

« Il était caractéristique de sa part de garder de ses échecs un souvenir aussi aigu que de ses triomphes, et un désir passionné de les “rattraper”, qui comptait toujours parmi les motifs obscurs de sa conduite. Elle avait enfin ce qu’elle voulait – elle avait conscience de posséder “ce qu’il y avait de mieux” ; et parmi les autres sensations, plus diffuses, l’adoration de Ralph lui procurait le plaisir raffiné qu’aurait pu connaître une reine guerrière portée en triomphe par les princes vaincus, et lisant dans les yeux de l’un d’eux la passion qu’il n’eût pas osé exprimer. »

Ondine Spragg s’ouvre les portes de l’aristocratie new-yorkaise grâce à son mariage avec Ralph Marvell. Son ambition l’amène à divorcer et à se lancer à la conquête des hommes susceptibles de lui apporter tout ce qu’elle désire, c’est-à-dire l’amusement mais aussi la respectabilité. Si elle échoue face au banquier Peter Van Degen, elle va trouver une nouvelle victime en la personne du Marquis de Chelles, grâce à qui elle va – espère-t-elle – trouver une place de choix dans le monde du Faubourg Saint-Germain. Mais c’est vers Elmer Moffatt, un ami d’enfance auquel elle avait été mariée secrètement, qu’elle finira par revenir et en compagnie duquel elle trouvera le bonheur.


Les qualités d’analyse de la grande Edith Wharton font merveille dans cette vaste fresque qui dépeint une classe à l’agonie dans ce monde du XXe siècle en pleine formation, et tracent avec une talentueuse audace le portrait d’une femme moderne.

Edith Wharton est issue d’une vieille famille de la grande bourgeoisie new-yorkaise. À partir de 1906, elle choisit la France pour patrie d’adoption et partage sa vie entre son appartement de la rue de Varenne à Paris, sa maison de campagne de Saint Brice-la-Forêt (Seine-et-Oise) et sa villa d’Hyères (Var). Après l’échec de son mariage, elle publie en 1905 son premier roman, « Chez les heureux du monde », et reçoit quinze ans plus tard le prix Pulitzer (première femme a recevoir ce prix) pour « Le Temps de l’innocence ». Amie d’André Gide et Paul Bourget, elle devient bientôt le peintre averti et plein d’ironie d’une aristocratie new-yorkaise moribonde en proie à la montée de l’affairisme.

Edith Wharton née en 1862, elle meurt en 1937, laissant pour testament une quarantaine de romans et de nombreux recueils de nouvelles et de poèmes dont notamment « Les Metteurs en scène », « Ethan Frome », « Été » considéré par Joseph Conrad comme le plus beau roman d’Edith Wharton. Amie et confidente de Henry James, elle a écrit un grand nombre de romans et de nouvelles dont la modernité continue de surprendre. Après avoir passé sa vie à Paris et à Hyères, c’est à Saint-Brice-la-Forêt qu’elle est inhumée (Val d’Oise).

(Promenade au bord de la mer 1909 – huile sur toile.

Joaquin Sorolla – Musée Sorolla. Madrid)

Edith Wharton est une immense écrivaine et une référence américaine. C’est surtout une des premières femmes avec G. Eliot qui va montrer aux femmes le chemin de la liberté et qui va prendre sa place en littérature comme Jane Austen. D’ailleurs, il y a eu des films qui ont été tournés à partir de ses livres et qui sont absolument sublimes.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M-Christine

« Les beaux mariages » – 576 pages – prix : 15 € – Traduit (anglais) par Traduction SUZANNE V. MAYOUX – (parution 2018) Belles Lettres – Domaine Etranger dirigé par Jean-Claude Zylberstein.

Commander le livre

em – Kim Thùy – Éditions Liana Levi

Un livre très touchant et plein de délicatesse

« L’histoire du Vietnam est très peu racontée dans les livres, parce qu’on n’avait pas la chance de le faire, on n’avait pas les moyens pour le faire. Et donc, il fallait passer par des témoignages et Kim Thuy a pu écrire ce livre grâce aux témoignages, à ces gens qui n’ont plus peur de parler de leur expérience en tant que soldat à l’intérieur de l’armée du nord du Vietnam et évidemment de l’armée du sud du Vietnam parce qu’à 80 ou 90 ans on n’a plus peur de la censure. » précise Kim Thuy lors d’une interview.

« La vie est un combat, la tristesse entraîne la défaite » (dicton que l’on pouvait lire sur le tableau noir de la salle de classe de la mère de l’auteure, qui était institutrice)

Présentation : La vérité de cette histoire est morcelée, incomplète, inachevée dans le temps et dans l’espace. Elle passe par les colons implantés en Indochine pour y exploiter les terres et les forêts. Par les hévéas transplantés et incisés afin de produire l’indispensable caoutchouc. Par le sang et les larmes versés par les coolies qui saignaient les troncs. Par la guerre appelée « du Vietnam » par les uns et « américaine » par les autres. Par les enfants métis arrachés à Saïgon par un aigle volant avant d’être adoptés sur un autre continent. C’est une histoire d’amour qui débute entre deux êtres que tout sépare et se termine entre deux êtres que tout réunit : une histoire de solidarité aussi, qui voit des enfants abandonnés dormir dans des cartons et des salons de manucure fleurir dans le monde entier, tenus par d’anciens boat people.

Avec ce livre, Kim Thùy nous découvre, au-delà des déchirements, l’inoubliable pays en forme de S qu’elle a quitté en 1975 sur un bateau.

Par petites touches et par de courts chapitres, à travers des prénoms, Kim Thuy nous raconte tout en finesse et sans prétention cette tranche d’Histoire, cette guerre du Vietnam qui deviendra celle d’Indochine. Elle nous raconte avant tout, l’amour qui surgit où on ne l’attend pas, les orphelins qui survivent, l’héroïsme des personnes qui les ont aidés, la résilience des réfugiés. Un roman sublime écrit avec beaucoup de délicatesse, sans jugement ni concession.

30 avril 1975 : fin de la guerre du Vietnam. En 2025, le 30 avril sera un mercredi, comme en 1975. Le cinquantième anniversaire sera certainement un grand évènement pour tous les Vietnamiens.

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Kim Thùy vit au Québec. Diplômée en droit, elle exerce différents métiers : couturière, interprète, avocate ou encore chroniqueuse culinaire – avant de se consacrer à l’écriture. Paru en 2010, « Ru » devient un best-seller, traduit dans plus de vingt-cinq pays. Après « Mán » (2013) et « Vi » (2016), « em » est son quatrième roman. Elle a reçu plusieurs prix dont le Prix littéraire du Gouverneur général 2010, et a été l’une des quatre finalistes du Nobel alternatif en 2018.

em – 155 pages – prix 15 € (parution février 2021)

Commander le livre

L’été sans retour – Giuseppe Santoliquido – Éditions Gallimard

Un coup de maître, à lire sans tarder !

«La vie se gagne et se regagne sans cesse, à condition de se convaincre qu’un salut est toujours possible, et de se dire que rien n’advient qui ne prend racine en nous-mêmes.»

Coup de projecteur sur un thriller italien que Nathalie a adoré. C’est un thriller mais, c’est un livre que l’on classe dans les romans, parce qu’il n’y a pas que ça !… C’est le premier roman qui paraît en France, d’un auteur belge d’origine italienne et c’est vraiment un coup de maître !.

Le roman débute en 2005, dans le sud de l’Italie, dans la Basilicate, cette région située entre le nez et le talon de la botte, le sud pauvre de l’Italie, une région de gens taiseux, des gens de la campagne.

En 2005, par un dimanche après-midi, une jeune fille, nommée Chiara, se rend chez sa cousine qui habite à deux cent mètres et en chemin, elle va disparaître. De cette disparition va naître un énorme fait divers en Italie avec moult débarquements de la télé, des radios et shows à l’italienne, comme on en a l’habitude.

Ce que nous raconte le narrateur et ce qui est intéressant dans ce livre c’est qu’il nous narre cette histoire mais on sent qu’il a très bien connu ces deux familles et tout le village de Ravina (c’est inspiré d’un fait divers qui a bouleversé l’Italie) qu’il a participé à la vie de tout ce village, auprès de ces familles dont il était très très proche.

Au départ, on est un peu dans le brouillard parce qu’on se dit qu’il en a l’air très éloigné ! Que s’est-il passé ? Et on va comme ça remonter le fil de l’histoire, et le fil de l’histoire de Sandro, le narrateur. Puis découvrir ce qui s’est passé et ce qui est arrivé à cette jeune fille.

Le lecteur est plongé dans ce monde de taiseux, dans ce monde de familles où il y a des rancœurs et où il y a des non-dits depuis des années, et tout explose à ce moment-là !. C’est aussi l’emballement médiatique, c’est aussi la plume de l’auteur c’est passionnant, poétique et intéressant. Chaque mot est choisi. C’est rare, un auteur qui vous emmène et par son histoire et par sa plume. Et puis, c’est un roman sur ce moment de la vie où on sent que quelque chose est entrain de basculer et que ce qui va se passer après, ne sera plus comme avant et ça aussi, c’est passionnant !

Nathalie de la librairie Doucet Le Mans/MC

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Lavande Grimbert, en cliquant ici !

« L’été sans retour » – 320 pages – prix : 20 € – parution : 20/05/21 (émission du 15 juin 21)

Commander le livre

Les lions de Sicile – Stefania Auci -La Saga des Florio – Tome 1 – Éditions Albin Michel –

LA SAGA QUI A CONQUIS L’ITALIE.

« Lire c’est voyager » disait Victor Hugo. Alors, partons pour le sud de l’Italie !.

Nathalie de la librairie Doucet a craqué pour « Les lions de Sicile » de Stefania Auci !

« Les lions de Sicile« , une saga incroyable. C’est un livre phénomène en Italie. Il s’agit du premier tome qui vient de paraître en France et d’autres tomes suivront. Les droits ont même déjà été achetés pour en faire une série.

C’est vraiment typiquement la saga familiale qu’on aime lire !. Nous sommes en 1799 et c’est l’histoire de deux frères, d’origine calabraise (La Calabre, c’est cette région qui est dans le nez de la botte de l’Italie, donc pas très loin du Vésuve) Paolo et Ignazio qui, après un énième tremblement de terre, ont encore peur de tout perdre, alors ils décident de partir pour Palerme, là où leur beau-frère possède un petit magasin d’épices qu’ils vont lui racheter et essayer de le faire prospérer. Ce que je vous raconte-là, c’est une histoire vraie, c’est une saga familiale, celle des Florio qui ont réellement existé en Italie, une des plus grosses fortunes et une des familles les plus puissantes d’Italie. Mais, l’histoire démarre comme ça : – deux hommes, « des hommes de peine » dit-on en Sicile qui vont débarquer à Palerme et n’auront de cesse de faire progresser ce commerce des épices, puis de s’étendre à plein d’autres choses, parce qu’ils veulent s’élever socialement et y arriver. Sauf que pour les palermitains qui étaient des aristocrates, ils seront toujours considérés comme des « hommes de peine et de sueur ». Alors, comme toutes les sagas familiales il y a des histoires d’amour, il y a des trahisons, il y a des défaites, il y a des succès et des échecs. C’est passionnant, parce que le premier tome couvre à peu près soixante, soixante-dix ans de l’histoire de la famille, sur trois générations.

Mais ce qui est aussi passionnant, c’est que c’est lié à l’histoire de la Sicile, parce qu’à l’époque l’Italie n’est pas encore un pays, chaque région, chaque province est indépendante. La Sicile est parfois rattachée au Royaume de Naples, puis de nouveau indépendante, puis de nouveau rattachée au royaume de Naples. Les anglais, les français convoitent ce port de Palerme parce qu’en Méditerranée, c’est une condition stratégique et puis arrivera Garibaldi qui tentera d’initier l’Italie et la Sicile. Donc ces cinquante-soixante ans sont parsemés de révoltes, de rébellion et à travers l’histoire de la famille, c’est aussi un peu l’histoire de la Sicile qu’on découvre dans ce roman de 554 pages. C’est passionnant !

C’est aussi l’histoire des épices qui étaient, à l’époque, utilisées davantage en pharmacopée qu’en cuisine parce que ça coûtait très cher. Les épices, dans la cuisine, étaient réservées aux nantis mais sinon les épices étaient destinées à soigner les gens. C’est amusant parce qu’on retrouve des choses utilisées à l’époque, qu’on remet au goût du jour, actuellement. On apprend plein de choses ! C’est intéressant et passionnant !

Donc, c’est un succès phénoménal qui sera bientôt adapté à l’écran par les producteurs de « L’Amie prodigieuse« .

 Stefania Auci née à Trapani mais Palermitaine de cœur, est enseignante. Elle écrit depuis des années et a publié un roman historique en 2015, « Florence« , avant d’entreprendre la saga des Florio. « Les Lions de Sicile » est son premier roman traduit en français.

Écoutez Nathalie sur France Bleu Maine en compagnie de Lavande Grimbert, en cliquant ici ! (émission du mardi 25 mai)

Nathalie de la librairie Doucet Le Mans/MC

« Les lions de Sicile » – 554 pages – prix : 21.90 € (parution avril 2021) – Traduit de l’italien par Renaud Temperini.

Commander le livre