Mon maître et mon vainqueur – François-Henri Désérable – Éditions Gallimard –

En attendant la venue de François-Henri Désérable qui sera présent au Salon « Faites Lire » au Mans, les 9 et 10 octobre, évadez-vous dans la poésie !

Après avoir accompagné l’auteur en Lituanie dans son dernier livre « Un certain Monsieur Piekielny » en 2017, sur les traces de Roman Kacew, alias Romain Gary, François Henri Désérable rend hommage, cette fois-ci avec « Mon maître et mon vainqueur » à deux grands poètes, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine.

Présentation : Le cahier, c’était la première chose que m’avait montrée le juge, quand tout à l’heure j’étais entré dans son bureau. Sous la couverture souple et transparente, on pouvait lire au feutre noir : « Mon Maître et mon vainqueur ». Sur les pages suivantes, il y avait des poèmes. Voilà ce qu’on avait retrouvé sur Vasco : le revolver, un cahier noirci d’une vingtaine de poèmes et, plus tard, après expertise balistique, des résidus de poudre sur ses mains.Voilà ce qu’il en restait, j’ai pensé, de son histoire d’amour. »

Et voici la jolie chronique de Marie-Adélaïde de la Librairie Doucet :

« Devenez en compagnie du narrateur de ce brillant roman, les témoins d’une affaire de crime passionnel ! Mais c’est sans compter sur le pouvoir de la POESIE qui est le sujet du roman.

Eblouissant de simplicité et de maîtrise ! ».

« Mon maître et mon vainqueur » – 187 pages – prix : 18 € (parution juin 2021)

Né en 1987, François-Henri Désérable est l’auteur aux Editions Gallimard, de « Tu montreras ma tête au peuple » et « D’Evariste » (2015) « Un certain Monsieur Piekielny » (2017) – Dans ce nouveau roman virevoltant « Mon maître et mon vainqueur », il laisse percevoir une connaissance sensible des tourments amoureux.

Le Fils de l’Homme – Jean-Baptiste Del Amo – Editions Gallimard –

EN AVANT-PREMIERE DU SALON « FAITES LIRE« 

A l’occasion de la sortie de son livre « Le fils de l’homme »

Rencontre avec Jean-Baptiste DEL AMO présent à la librairie Doucet Le Mans Vendredi 8 octobre à 18h

Après plusieurs années d’absence, un homme resurgit dans la vie de sa compagne et de leur jeune fils. Il les entraîne aux Roches, une vieille maison isolée dans la montagne où lui-même a grandi auprès d’un patriarche impitoyable. Entourés par une nature sauvage, la mère et le fils voient le père étendre son emprise sur eux et édicter les lois mystérieuses de leur nouvelle existence. Hanté par son passé, rongé par la jalousie, l’homme sombre lentement dans la folie. Bientôt, tout retour semble impossible.
Après « Règne animal », Jean-Baptiste Del Amo continue d’explorer le thème de la transmission de la violence d’une génération à une autre et de l’éternelle tragédie qui se noue entre les pères et les fils.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/MC

« Le fils de l’homme » – 240 pages – prix : 19 € (parution juin 2021)

Jean-Baptiste Del Amo est né à Toulouse. « Le Fils de l’homme » est son cinquième roman, après « Une éducation libertine » (2008), Goncourt du premier roman, « Le sel » (2010), « Pornographia » (2013) et « Règne Animal » (2016) prix du Livre Inter (2017).

Rien ne t’appartient – Nathacha Appanah – Editions Gallimard –

« Elle ne se contente plus d’habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que, bientôt, je n’aurai plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C’est elle qui envoie le garçon, c’est elle qui me fait oublier les mots, les événements, c’est elle qui me fait danser nue. »

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de Linda !


Nathacha Appanah est l’auteure du très remarqué « Tropique de la violence » (Gallimard et Folio) qui lui a valu tous les éloges tant par la maîtrise du style que par sa description de la vie mahoraise, Mayotte devenant le théâtre d’une vie précaire et de violence alimentées par la source intarissable des migrants qui viennent s’échouer sur ses côtes. Dès les premières pages de « Rien ne t’appartient » le trouble s’installe. Depuis la mort de son conjoint Emmanuel, la vie de Tara vacille comme la flamme d’une bougie qui peine à trouver la lumière dans cette obscurité du quotidien. Tara puisait sa vitalité dans la personnalité réconfortante de cet homme plus âgé qu’elle. Peu à peu, elle chancelle. Elle n’arrive pas à entretenir ce bel appartement où l’absence grandit la laissant obsédée par un chagrin mêlé à une autre sensation. Qui est ce jeune garçon qui la regarde assis dans son canapé ? Pourquoi a-t-elle si peur à chaque fois qu’il apparaît ? Des fragments, des images. Les souvenirs affluent. Elle fait des allers-retours dans sa tête. Elle balbutie car les mots la fuient. Comment expliquer tout cela à son beau-fils ? Peu à peu, la réalité lui échappe. Mais qui est cette Vijaya ? Le garçon ne lui fait plus peur. Elle se souvient. Les jours heureux font irruption. Les parfums, les saveurs, cette douleur de l’enfance immuable à ses yeux jusqu’à ce jour terrible. Dans la langueur d’une journée d’été, la peur montre son visage. La violence tenue à distance s’abat dans les cris, promesse de souffrance et d’oubli. Certains régimes ne supportent pas qu’on laisse grandir les petites filles. Ils emportent les êtres aimés. Un récit qui nous plonge dans la noirceur du monde. Nathacha Appanah, en virtuose, expose le lecteur à la fureur. Notre héroïne irradie par sa présence alors qu’elle est une ombre parmi les ombres, inconsciente de ce qui se joue dans les décombres de sa mémoire. Nathacha Appanah signe un roman troublant porté par une prose imagée, vertigineuse et hypnotique.

Texte Lu et conseillé par LINDA, rédigé pour la Revue Page des Libraires.

Librairie Doucet Le Mans/MC

Nathacha Appanah est l’auteure, notamment de « Tropique de la violence » et « Le ciel par-dessus le toit » traduits en plusieurs langues. « Rien ne t’appartient » est son dixième livre.

« Rien ne t’appartient » – 160 pages – prix : 16.90 € (parution juin 2021)

pleine terre – Corinne Royer – Éditions Actes Sud –

LA RÉALITÉ DU MONDE PAYSAN EN CE DÉBUT DU XXIème siècle

Pleine terre

Un livre indispensable qui parle du monde paysan, inspiré d’un fait divers dramatique qui s’est déroulé en 2017 (L’affaire Jérôme Laronze). On va suivre un agriculteur qui va partir en cavale dix jours, pourchassé et recherché par les gendarmes. A partir de là, Corinne Royer invente un personnage et elle raconte cette cavale, vue par un agriculteur mais aussi par des gens qui l’ont côtoyé. Elle nous raconte pourquoi cet homme est en cavale. Pourquoi, lui, qui aime tant sa terre et ses bêtes a dû abandonner sa ferme et partir en cavale.?

C’est un plaidoyer pour le monde paysan qu’on asphyxie, qu’on laisse mourir… C’est quelque chose qui vous montre qu’entre des discours, des circuits courts, du local et de ces nouvelles tendances, on leur impose tellement de normes et de contraintes européennes qui sont décidées par des gens qui ne connaissent pas la terre. C’est un savoir faire qui se perd et qui se meurt.

L’écriture de Corinne Royer est simple . C’est sublime !. Un livre que j’aimerais avoir le temps relire un jour pour s’imprégner de tout ce qu’elle dit.

« De sa plume fervente et fraternelle, Corinne Royer célèbre une nature en sursis, témoigne de l’effondrement du monde paysan et interroge le chaos de nos sociétés contemporaines, qui semblent sourdes à la tragédie se jouant dans nos campagnes. »

Nathalie de la Librairie Doucet Le Mans/MC.

pleine terre – 326 pages – prix : 21 € (parution août 2021)

Née en 1967, Corinne Royer vit entre les hauts plateaux du parc naturel régional du Pilat, près de Saint-Etienne, et l’Uzège. Disponibles chez Actes Sud : « La vie contrariée de Louise » (prix Terre de France/La Montagne : Babel n° 1589) « Et leurs baisers au loin les suivent » (2016) et « Ce qui nous revient » (2019), n° 1770.

S’adapter – Clara Dupont-Monod – Éditions Stock –

L’HISTOIRE D’UN ENFANT DIFFÉRENT RACONTÉE PAR SA FRATRIE

C’est un livre magnifique écrit par Clara Dupont-Monod, journaliste et chroniqueuse littéraire sur France Inter que l’on connaît un peu plus pour ses talents d’auteur de romans historiques, notamment sur Aliénor d’Aquitaine et elle revient avec un roman détonant, complètement différent.

Elle va nous raconter l’histoire d’une famille dans laquelle arrive en troisième position un enfant handicapé. On va se rendre compte qu’au bout de quelques mois, qu’il ne voit pas, qu’il n’émet quasiment pas de son, qu’il ne se tient pas. Alors, après les examens on va découvrir que c’est un enfant qui est atteint d’une maladie génétique rare et qui de toute façon ne se tiendra jamais debout, ne parlera jamais. Ce qui est intéressant dans ce livre, c’est la construction narrative parce que quand un drame arrive comme ça dans une famille, c’est quand même un « tsunami » pour tout le monde.

Cette famille habite dans un hameau cévenol et elle va faire parler les pierres de la cour de ce hameau qui vont nous raconter l’histoire de cette famille et notamment de la fratrie. Comment chacun des membres de la fratrie va réagir face à cet enfant différent, de celui qui va lui donner beaucoup d’amour, prendre soin de lui, lui consacrer presque toute sa vie, de celui qui sera en révolte, de cet enfant qui attire toute l’attention, de celui qui va arriver après, aussi, qui cherchera toujours un peu sa place. C’est magnifique ! C’est plein d’humanité. Elle réussit ! Le fait que ce soient les pierres qui nous racontent cette histoire, ça met les choses à distance. Personne n’est nommé. Les enfants, c’est l’aîné, la cadette, le petit dernier, l’enfant… Ça met un peu les choses à distance. L’histoire peut paraître un peu sombre mais lisez-le, c’est beau ! Parce que, c’est comment on se construit aussi, face à quelque chose comme ça qui arrive dans une famille. Et puis il y a dans cette famille tellement d’amour, tellement de bienveillance que ça en fait quelque chose de lumineux. Sincèrement, lisez ce livre, c’est magnifique jusqu’au bout ! La dernière page du livre, elle ‘m’a arraché des larmes tellement c’est beau, tellement ça résume tout ce qui a pu se passer dans cette famille.

Vraiment, c’est un très très beau livre. On ne ressort pas indifférent et pas « plombé » non plus. Clara Dupont-Monod arrive à en faire quelque chose de positif, de porteur, de lumineux et c’est ça qui est beau aussi dans son écriture.

Nathalie de la Librairie Doucet Le Mans/MC.

Écoutez Nathalie sur France Bleu Maine en compagnie de Maxime Bonhomet, en cliquant ici ! (voir la rubrique Culture en Sarthe, émission de lundi 13 septembre !)

Clara Dupont-Monod est auteure de nombreux ouvrages, notamment : « Eova Luciole » (Grasset, 1998), « La Folie du roi Marc » (Grasset, 2000), « Histoire d’une prostituée »(Grasset, 2003), « La passion selon Juette » (Grasset, 2007), « Nestor rend les armes », Sabine Wespieser (2011), « Le Roi disait que j’étais diable » (Grasset, 2014), « La Révolte » (Sotck, 2018)

  • S’adapter – 200 pages – prix : 18,50 € – (parution 25/08/21)

Avant que le monde ne se ferme – Alain Mascaro – Editions Autrement –

LE DESTIN D’UN CIRQUE TZIGANE AU COEUR DU XXème siècle

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« Les hommes sont exactement comme les moutons. On leur fait croire à l’existence des loups et ceux qui sont censés les protéger sont en fait ceux qui les tondent et les tuent. » (P. 38)

La librairie Doucet vous recommande de suivre les pas d’Anton et le son du violon tzigane qui s’élève autour d’un feu de camp, dans la steppe kirghize, ! Suivez les pas d’Anton, ce dresseur de chevaux, porte-voix du peuple tzigane, « ces fils du vent » contraints à changer leur mode de vie dans cette première moitié du XXème siècle. Accompagnez Anton, le rescapé des camps nazis qui saura trouver les mots pour ses frères et ses sœurs d’âme et, leur communauté, celle des Torvath survivra, celle du monde du cirque qui parcourt les routes et les chemins à bord de leurs roulottes, s’arrêtant dans les villes et les villages, déployant leur chapiteau, jusqu’à ce que l’Histoire les rattrape.

N’hésitez pas à lire ce magnifique premier roman !

Un beau témoignage de cet épisode tragique peu connu, écrit dans une langue poétique éblouissante et puissante. C’est romanesque et assez bouleversant.

Gros coup de cœur. Lu et recommandé par Linda

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Avant que le monde ne se ferme – 244 pages – prix : 17.90 € (parution : août 2021)

Alain Mascaro est né en 1964. Professeur de lettres à Vichy, il décide en 2019 de tout quitter pour s’en aller parcourir le monde. Ce long voyage sans date de retour lui aura permis d’écrire son premier roman.

Climax – Thomas B. Reverdy – Éditions Flammarion –

LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE EXPLIQUÉ AVEC UN BEAU LIVRE.

Premier coup de cœur de l’année de Marie-Adélaïde qui nous emmène dans le froid du nord de la Norvège !

La littérature ça a peut-être le pouvoir de changer le monde. Certains livres ont ce pouvoir ou en tout cas ils ont le pouvoir de nous faire réfléchir. Le grand enjeu de ce texte, c’est de nous parler de réchauffement climatique, de la fonte de la banquise qui diminue, du danger que ça représente pour les animaux.

– « Alors, là je vois dans vos yeux », oh là là, ça ne va pas nous plaire, c’est sérieux, c’est important…. Et c’est d’autant plus réussi quand c’est un roman palpitant qui vous emmène en Norvège sur la trace de quatre copains, copainsd’enfance qui vont se retrouver à escalader les montagnes, les glaciers, faire du ski et puis la vie va évoluer, évidemment trois garçons et une fille. L’un d’eux est amoureux. Ce couple va se séparer mais ils vont continuer leur vie. Ce qui les avait réuni à l’époque, c’est qu’ils étaient passionnés par les jeux de rôles. Si je vous dis : « Donjons et Dragons », le fameux jeu.. et vous savez cette possibilité que vous avez de jouer votre vie aux dés, c’est-à-dire, que sur un coup de dés, vous décidez du destin de tel ou tel personnage, mêlant ça, à des considérations techniques, à des considérations physiques importantes sur la fonte des glaciers, sur les dérives des plates-formes offshore. Des pages d’une beauté extraordinaire qui font que vous vous arrêtez pour les lire à voix haute. Ce texte est d’une puissance que j’ai rarement lu. Je suis prête à parier avec vous qu’on en entendra parler et qu’il sera sur la liste de nombreux prix.

Tout est réussi ! On apprend beaucoup de choses. On se fait plaisir. On réfléchit et tout ça est baigné par les légendes nordiques qui peuvent vous embarquer dans un univers absolument magique.

  • MB : Ça veut dire qu’on est en encore plus sensibilisés au réchauffement climatique après avoir lu ce livre ?

– Ah, mais complètement, vous entendez grincer, craquer, s’effondrer les glaciers. Vous voyez les animaux qui dépérissent et vous voyez cette fameuse plate-forme pétrolière offshore au large de la Norvège qui connaît des accidents de plus en plus nombreux, à cause des secousses qui viennent faire remonter le pétrole beaucoup trop fort.

Marie-Adélaïde de la Librairie Doucet/M-Christine

(RUBRIQUE : LE RENDEZ-VOUS DE LA CULTURE EN SARTHE chaque lundi)

Écoutez Marie-Adélaïde en compagnie de Maxime Bonhommet sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

Thomas B. Reverdy est né en 1974. Il est l’auteur de sept romans parmi lesquels « La Montée des eaux » (Seuil, 2003) et aux éditions Flammarion, « Les Evaporés » (prix Joseph Kessel, 2014), « Il était une ville » (prix des Libraires 2016) et « L’Hiver du mécontentement » (prix Interallié 2018)

Climax – 333 pages – prix : 20 € – (parution août 2021)

Le Fils du professeur – Luc Chomarat – Editions La Manufacture de Livres –

UN RETOUR EN ARRIÈRE QUI FAIT DU BIEN !

« Mes parents, j’avais l’impression de les connaître comme si je les avais faits. Cette jeune femme très Nouvelle Vague, cinquante de tour de taille, des dents blanches et bien alignées, grande douceur un peu triste, c’était ma maman. L’autre, si grand que la plupart du temps je ne savais pas trop à quoi il ressemblait là-haut, une voix qui descendait d’entre les nuages, c’était le professeur. Mon papa. » (p.17)

Pour cette rentrée littéraire, Nathalie avait envie de nous offrir une petite bouffée de fraîcheur et de douceur, un retour dans la France des années cinquante-soixante-dix, d’autant plus qu’avec ce titre « Le Fils du professeur », cela s’impose !.

Ce livre raconte –peut-être l’enfance de l’auteur, on ne sait pas trop– En tout cas, le narrateur nous déroule son enfance depuis ses plus lointains souvenirs de maternelle jusqu’à ses dernières années de lycée. Cette période se déroule effectivement dans la tranche des années 60-70. Sa famille a vécu dans l’Algérie Française et ont été rapatriés au moment des évènements. Ils vivent à Saint-Etienne. C’est très digne. Ce qui est drôle (sans dévoiler nos âges !) tout ce qui se déroule dans le livre est raconté avec beaucoup de délicatesse et réveillent en nous plein de souvenirs. C’est pas un constat : « c’était mieux avant ». C’est simplement, je vous raconte comment cela s’est passé, l’atmosphère des années soixante/soixante-dix. Et ce n’est pas que cela parce que c’est aussi grandir, l’auteur nous raconte le passage de l’enfance à l’âge adulte de ce jeune garçon. Comment devient-on adulte auprès de ce père, un intellectuel qui veut absolument que son fils lise des livres sérieux alors que celui-ci ne lit que des bandes dessinées. C’est aussi une plongée à l’école de l’époque (les copains, la cour de récré….) – Il y a des choses qui m’ont fait rire : le « T » de techno, cette règle en « T » qu’on balade partout mais qui est encombrante et qui ne sert à rien ! – « La Peugeot 103 » – L’équipe de Saint-Etienne – « L’épopée des Verts » – Il dit également « quand on est un garçon, le foot, c’est pas une option comme le latin ou le grec, vraiment indispensables pour s’intégrer »…, C’est aussi la cousine dont on est toujours un peu amoureux.

C’est raconté avec tendresse et bienveillance. Une nostalgie qui vous donne le sourire, qui vous fait du bien. C’est une enfance loin des réseaux sociaux et de tout ce que nos jeunes peuvent connaître aujourd’hui.

Un très joli roman de cette rentrée littéraire !

Nathalie de la Librairie Doucet/M-Christine

Luc Chomarat a publié à vingt-deux ans son premier roman qui lui a valu de figurer sur la liste du Magazine littéraire des auteurs les plus prometteurs. Egalement traducteur de Jim Thompson, il s’illustre d’abord dans la littérature noire et reçoit le Grand Prix de littérature policière pour son roman « Un trou dans la toile » en 2016 (Rivages). Il a publié « Le Polar de l’été » (2017) puis « Le dernier thriller norvégien » (2019) à La Manufacture de livres.

Écoutez Nathalie en compagnie de Fabien Obric sur France Bleu Maine en cliquant ici ! (émission du mardi 24 août)

Le Fils du professeur – 264 pages – prix : 19 € – (paru le 19/08/21)

Le Grand Art – Léa Simone Allegria – Éditions J’ai lu (poche) ou Éditions Flammarion (GFormat)

Qui dit mieux ?

« La mort dans nos métiers est un heureux évènement » (Maurice Rheims)

Après « Loin du corps », Léa Simone Allegria écrivaine et galeriste, nous emmène dans les coulisses des salles des ventes, aux côtés de Paul Vivienne. Dans ce sublime deuxième roman, composé en trois parties, elle nous raconte l’histoire d’un commissaire-priseur un peu prêt à tout pour réussir un gros coup, avant sa sortie !

Le héros, dans « Le Grand Art », c’est Paul Vivienne, commissaire-priseur (appelés familièrement les co-co), il est proche de la retraite et est complètement largué avec l’arrivée d’internet, des réseaux sociaux, alors la vente en ligne, sans avoir vu les œuvres, il ne comprend pas qu’on puisse acheter comme ça ! La vente par téléphone, il connaissait. Les gens venaient voir sur place avant la vente, examinaient les objets et enchérissaient par la suite. Alors, Paul Vivienne, au bout du rouleau, avant sa sortie définitive, va tenter un bon coup ! Et le roman commence ainsi :

Alors que Paul Vivienne consulte son journal et lit d’abord la rubrique nécrologique, car pour lui, dès qu’il y a un décès, il y a vente possible et que son fond de commerce ce sont les « 3 D », c’est-à-dire les Dettes, les Divorces et les Décès ! Il y a chance d’aller « dépouiller » un château, un appartement, une belle propriété ! Il appelle ça « dépouiller » mais en fait, ça ne fait que changer de mains et c’est une nouvelle vie pour les biens des familles !

Paul Vivienne va donc s’envoler pour l’Italie, en Toscane car un certain Benvolio Cassaí, propriétaire d’un château, près de Florence, a rendu l’âme.

A la suite de l’ enterrement, il a trouvé un mystérieux retable « La Vierge au rouge-gorge » au fond de la chapelle, un retable peint par un florentin inconnu. La datation est estimée au début du XVème siècle mais c’est antérieur à l’invention de la perspective par Brunelleschi. Et on sait que la perspective a été inventée entre 1415 et 1425 ! Le premier a l’avoir utilisée c’est Masaccio qui était très jeune et là, le retable serait antérieur. Vasari dit, un siècle plus tard c’est Brunelleschi qui l’a inventée mais il était trop jeune, il avait 14 ans. Donc, on va chercher et c’est l’experte en tableaux anciens, Marianne Javert qui va mener l’enquête et se lancer à la recherche de l’auteur du tableau. Soit c’est un vrai, soit c’est un faux ?. Et bien sûr, elle va trouver.

Le problème c’est que plus personne en salle des ventes ne s’intéresse aux reliques de cette époque ! Proposez plutôt aux collectionneurs des BD, des planches originales de Hergé, des photos, pas de problème !

Alors, Paul Vivienne qui n’est plus en phase avec son temps, avec son époque veut prouver à la maison d’Auctionès et à tout le monde qu’il réussira à faire grimper la côte d’un retable du quattrocento qui effectivement n’intéresse plus personne et pour lui c’est un enjeu de taille. Réussira t-il ?

Vous le saurez en lisant ce roman qui se lit comme une intrigue qui est très bien construite. Touche par touche, Léa Simone Allegria multiplie les rebondissements et étonne le lecteur. Vous vous divertirez en salle des ventes avec l’impression d’être au théâtre ! La tension monte crescendo en même temps que les enchères ! C’est passionnant et richement documenté. Vous voyagerez entre Paris, Florence et la salle des ventes. Vous apprendrez le jargon de cette profession et vous connaîtrez un peu mieux les coulisses de ce monde si secret !

Cette lecture sera l’occasion de se poser de nombreuses questions : origine des œuvres ? authenticité ? qu’est-ce qui peut faire monter la côte d’une œuvre, d’un artiste ?

C’est une plongée fascinante dans le monde de l’Art. UN ROMAN TRÈS ENRICHISSANT dont l’œuvre est signée Léa Simone ALLEGRIA ! Bravo à Léa Simone Allegria, ce deuxième roman c’est du Grand Art !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/Marie- Christine

Artiste, mannequin, galeriste à Paris et New York, Léa Simone Allegria fait de l’art son terrain de jeu. « Loin du corps » (Seuil, 2017) explore la fabrique des muses et des modèles. « Le Grand Art » est son second roman.

« Le Grand Art » 352 pages (grand format) – prix : 20 € (parution 04/03/20) – Petit format J’ai Lu – prix 7.70€ (parution 09/06/21)

Là où le bonheur se respire – Sophie TAL MEN – Éditions Albin Michel

La librairie Doucet a le plaisir de recevoir pour une séance de dédicaces.

Coup de cœur de Marie-Adélaïde


Le sixième livre de Sophie Tal Men s’intitule très joliment « Là où le bonheur se respire ». Sophie Tal Men écrit sous un pseudonyme, ce qui est bon c’est le prénom, Tal Men est son nom de plume car dans la vie réelle, cette autrice sympathique qui écrit des livres bienfaisants, qui parle d’humanité, d’entraide et de soutien est neurologue dans un hôpital en Bretagne. Ce qu’elle côtoie tous les jours l’inspire et lui donne cette envie de partager, de retranscrire, tous ces petits détails qui font que notre vie peut être plus douce.

Je vous présente Clarisse et Lily. Ce sont deux sœurs qui s’entendent très bien. Clarisse vient d’avoir un grave accident d’équitation. Elle est dans le coma et sa sœur Lily tente, elle est apprentie « nez », vous savez ce sont ces personnes qui fabriquent des parfums, qui développent un sixième sens, elles ont un odorat hyperdéveloppé et Lily pense que si elle arrive sur l’île d’Ouessant à retrouver les odeurs, les senteurs de leur enfance, elle va pouvoir redonner vie et donner à Clarisse l’envie de vivre.

Un jeune externe nommé Evann l’accompagne dans ce qu’on pourrait appeler « son délire ». Très vite la rencontre entre ces deux êtres blessés, en souffrance va se magnifier et leur duo va en être renforcé. Vont-ils arriver à ramener Clarisse dans le monde des vivants ? En tout cas ils vont se rendre compte qu’à deux on est plus forts, on peut panser les blessures de l’âme, à deux on peut s’en sortir.

Le livre de Sophie s’inscrit dans un cycle d’auteurs et de lectures que la librairie Doucet aime particulièrement et qui à l’approche de l’été fait du bien, aide à respirer et à faire attention aux autres.

C’est pour ça qu’on est heureux de l’inviter demain en compagnie de deux autres auteurs et dont les livres sont exactement dans la même ligne. Il s’agit de Gavin’s Ruiz pour la « Divine comédie de nos vies » et la grande Mélissa Da Costa à qui l’on doit « Tout le bleu du ciel » et qui revient avec un livre un peu plus dur, sur l’emprise mais qui a toujours en ligne de mire cette possibilité qu’on peut s’en sortir grâce aux autres « Je revenais des autres »

« Là où le bonheur respire » – 288 pages – 19,90 € – (publié le 3 mars 2021)

Librairie Doucet Le Mans/Hubert.

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