Premier sang – Amélie Nothomb – Éditions Albin Michel –

Le prix Renaudot pour Amélie Nothomb 

Premier sang

La romancière belge Amélie Nothomb a remporté, ce mercredi 3 novembre, le prix Renaudot pour son roman « Premier sang » (Albin Michel), les mémoires fictifs de son père décédé en 2020. L’autrice de best-sellers a été élue au deuxième tour, avec 6 voix. 

« Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre. » Amélie Nothomb.

Amélie Nothomb est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman Hygiène de l’assassin paru en 1992, elle s’est imposée comme une écrivaine singulière. En 1999, elle obtient avec « Stupeur et tremblements » le Grand Prix de l’Académie française.
« Premier sang » est son trentième roman.

Le Renaudot de l’essai a quant à lui été décerné à Anthony Palou pour « Dans ma rue y avait trois boutiques » (Les Presses de la Cité), un plaidoyer pour les petits commerces.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/MC

« Premier Sang » – 180 pages – prix : 17.90 € (parution le 18/08/21)

La plus secrète mémoire des hommes – Mohamed Mbougar Sarr – Philippe Rey/coédition Jimsaan – PRIX GONCOURT 2021

PRIX GONCOURT 2021

Le prix Goncourt a été attribué à Mohamed Mbougar Sarr pour

« La Plus secrète Mémoire des hommes » (Philippe Rey/Jimsaan)

ce mercredi 3 novembre. Après une édition 2020 qui avait récompensé Hervé Le Tellier pour « L’Anomalie » par visioconférence. C’est à nouveau du restaurant Drouant, (2ème arrondissement de Paris) que le jury a annoncé la nouvelle.

Étaient également en lice :

  • Christine Angot pour : « Le Voyage dans l’Est » (chez Flammarion,
  • Sorj Chalandon pour « Enfant de salaud » (Grasset)
  • Louis-Philippe Dalembert pour « Milwaukee Blues » (Sabiene Wespieser Éditeur)

Au même endroit et dans la foulée les jurés du prix Renaudot ont eux aussi fait connaître leur choix ; il s’est porté sur Amélie Nothomb pour « Premier sang » (Albin Michel)

PRIX GONCOURT 2021

En 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le labyrinthe de l’inhumain. On a perdu la trace de son auteur, qualifié en son temps de « Rimbaud nègre », depuis le scandale que déclencha la parution de son texte. Diégane s’engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T.C. Elimane, se confrontant aux grandes tragédies que sont le colonialisme ou la Shoah. Du Sénégal à la France en passant par l’Argentine, quelle vérité l’attend au centre de ce labyrinthe ?

Sans jamais perdre le fil de cette quête qui l’accapare, Diégane, à Paris, fréquente un groupe de jeunes auteurs africains : tous s’observent, discutent, boivent, font beaucoup l’amour, et s’interrogent sur la nécessité de la création à partir de l’exil. Il va surtout s’attacher à deux femmes : la sulfureuse Siga, détentrice de secrets, et la fugace photojournaliste Aïda…

D’une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l’exigence du choix entre l’écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d’amour à la littérature et à son pouvoir intemporel.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M.Christine

Mohamed Mbougar Sarr, fils de médecin, il est né en 1990 dans une famille nombre au Sénégal. Il fait des études secondaires au prytanée militaire de Saint-Louis-du-Sénégal et vient en France faire des classes préparatoires au lycée Pierre-d’Ailly de Compiègne avant d’intégrer l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

Il est l’auteur de « La Cale » (nouvelle) prix Stéphane Hessel – « Terre ceinte » (2015) Grand prix du roman métis et prix du roman métis des lycéens – Prix Ahmadou Kourouma (éditions Présence africaine) – « Silence du chœur » (2017) éditions Présence africaine- prix du roman métis des lecteurs, prix littéraire de la Porte Dorée et prix littérature monde – « De purs hommes » (2018) aux éditions Philippe Rey – Prix Transfuge du meilleur roman français pour « La Plus secrète mémoire des hommes » (éditions Philippe Rey/coédition Jimsaan.

« La plus secrète mémoire des hommes » – 448 pages – prix 22 €

Anne Berest – La carte postale – Éditions Grasset –

UNE CARTE POSTALE ÉNIGMATIQUE

En 2003, la mère d’Anne Berest reçoit une carte postale anonyme, sur laquelle sont mentionnés (côté face quatre prénoms : Ephraïm, Emma, Noémie, Jacques, côté pile une vue du Palais Garnier). Ils s’agit des arrières-grands-parents et arrières-grands oncle et tante maternels d’Anne Berest, morts à Auschwitz en 1942.

La carte postale

Il suffira que sa fille revienne de l’école avec une question sur le mot « juif » pour qu’elle se décide à mener une enquête familiale. Quinze ans ont passé depuis la réception de cette carte. Qui a envoyé cette carte ? Pourquoi ?

Anne Berest nous fait remonter vers ce passé du début du XXème siècle et nous faisons connaissance avec ses ancêtres, la famille Rabinovitch mi-russe, mi-polonaise, leur fuite de Russie, pour vivre successivement en Lettonie, en Palestine puis en France, terre de liberté, famille qui hélas sera livrée aux nazis avant de disparaître dans les camps d’extermination. Pourquoi seule Myriam, la grand-mère maternelle de l’auteure, restée muette sur son passé, est-elle la seule rescapée de la famille ? Alors, avec l’aide de sa mère, Anne Berest va retracer la vie passionnante de cette famille et ressortir des archives familiales, photos, cartes, extraits de lettres ou de journaux intimes. Elles vont se déplacer, frapper aux portes pour essayer de trouver des témoignages parmi les derniers survivants qui les auraient connus.

L’auteure rend ainsi hommage à sa mère, à sa famille disparue, à sa culture juive qu’elle aura approfondie au cours de cette recherche, et nous sommes attentifs à toutes les questions qu’elle peut se poser, notamment celle de l’identité juive quand on est élevé dans une famille laïque et athée.

Nous sommes happés jusqu’à la fin et l’on se passionne pour le destin de chacun, c’est à la fois romanesque et poignant. Un récit qu’on n’a pas envie de quitter tant cette histoire est passionnante et bouleversante. Un grand bravo à Anne Berest qui mérite un prix d’automne !

LA CARTE POSTALE – 502 pages – prix : 24 € (parution août 2021)

Anne Berest est l’auteure de romans : « La Fille de son père » (Seuil, 2010) – « Les Patriarches » (Grasset 2012) – « Sagan 1954 » (Stock 2014) – « Recherche femme parfaite » (Grasset 2016) – « Gabriële », coécrit avec sa soeur Claire (Stock 2017) – Des pièces de théâtre : « La Visite », « Les filles de nos filles » (Actes Sud-Papiers, 2020) – Elle a aussi écrit la série Mytho pour Arte, qui a reçu de nombreux prix, en France comme à l’étranger.

Blizzard – Marie Vingtras -Éditions de l’Olivier

Blizzard

Nous sommes dans l’Alaska en pleine tempête de neige. Les Quatre personnages de ce roman sont les narrateurs ; ils revisitent leur vie au fur et à mesure qu’ils progressent et se dévoileront peu à peu sans savoir vraiment où ils vont. Et c’est un huis-clos à ciel ouvert, en plein Alaska qui commence.

Une femme (Bess) est sortie avec un enfant, un garçon de 10 ans. Elle lui lâche la main, quelques secondes, le temps de refaire ses lacets. L’enfant disparaît, aussitôt elle donne l’alerte, puis s’élance à sa recherche, suivi des rares habitants de ce bout du monde. Ces quatre personnages qui cachent de lourds secrets, partent à la recherche de cet enfant au milieu de nulle-part et en pleine tempête de neige. La tension monte au fil des pages. Un roman dont chaque chapitre porte le nom de ces acteurs mais dont rien ne sera dévoiler de ce suspense constant qui nous tient jusqu’à la dernière page.

Parmi ces personnages, il y a Bess, jeune femme meurtrie par une mort qui ne lui a laissé que remords et culpabilité, ne supportant plus la rancœur de sa mère, puis Bénédict un frère et un fils sans repère qui n’a jamais trouvé ce qu’il cherchait, qui a fui sans raison sa famille. Freeman un vieux noir américain coupable du pire et broyé par l’histoire de son propre pays. Cole, l’intrus, le paria qui trouve dans l’exil une façon de cacher ses vices aux autres.

Enfoncez-vous dans le blizzard, ça se lit comme un thriller américain ! Un premier roman original, glacial et hanté.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M.Christine

Marie Vingtras est née à Rennes en 1972. « Blizzard » est son premier roman. Vingtras, ce n’est pas son nom de famille, c’est un pseudonyme mais bien connu de tous les lecteurs de Jules Vallès.

Blizzard – 192 pages – prix : 17 € (parution 26 août 2021)

Mon Maître et mon vainqueur » François-Henri Désérable – Éditions Gallimard

Le Grand prix du Roman de l’Académie française 2021 a été attribué, ce jeudi 28 octobre,

à l’Amiénois FrançoisHenri Désérable pour :

« Mon maître et mon vainqueur »

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Avec ce quatrième Roman, l’auteur s’installe donc dans le paysage littéraire avec son talent et son irrévérence. François-Henri Désérable qui était sur le salon du livre « Faites Lire », le 9 et 10 octobre reviendra nous voir au Mans fin novembre en compagnie de Tanguy Viel qui sera là pour : « La fille qu’on appelle ».

Après avoir accompagné l’auteur en Lituanie dans son dernier livre « Un certain Monsieur Piekielny » en 2017, sur les traces de Roman Kacew, alias Romain Gary, François Henri Désérable rend hommage, cette fois-ci avec « Mon maître et mon vainqueur » à deux grands poètes, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine.

Présentation : Le cahier, c’était la première chose que m’avait montrée le juge, quand tout à l’heure j’étais entré dans son bureau. Sous la couverture souple et transparente, on pouvait lire au feutre noir : « Mon Maître et mon vainqueur ». Sur les pages suivantes, il y avait des poèmes. Voilà ce qu’on avait retrouvé sur Vasco : le revolver, un cahier noirci d’une vingtaine de poèmes et, plus tard, après expertise balistique, des résidus de poudre sur ses mains. Voilà ce qu’il en restait, j’ai pensé, de son histoire d’amour. »

Et voici la jolie chronique de Marie-Adélaïde de la Librairie Doucet :

« Devenez en compagnie du narrateur de ce brillant roman, les témoins d’une affaire de crime passionnel ! Mais c’est sans compter sur le pouvoir de la POESIE qui est le sujet du roman.

Eblouissant de simplicité et de maîtrise ! ».

« Mon maître et mon vainqueur » – 187 pages – prix : 18 € (parution juin 2021)

Né en 1987, François-Henri Désérable est l’auteur aux Editions Gallimard, de « Tu montreras ma tête au peuple » et « D’Evariste » (2015) « Un certain Monsieur Piekielny » (2017) – Dans ce nouveau roman virevoltant « Mon maître et mon vainqueur », il laisse percevoir une connaissance sensible des tourments amoureux.

Mon maître et mon vainqueur – François-Henri Désérable – Éditions Gallimard –

Le Grand prix du Roman de l’Académie française 2021 a été attribué, ce jeudi 28 octobre,

à l’Amiénois FrançoisHenri Désérable pour :

« Mon maître et mon vainqueur »

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Avec ce quatrième Roman, l’auteur s’installe donc dans le paysage littéraire avec son talent et son irrévérence.

François-Henri Désérable qui était sur le salon du livre « Faites Lire » le 9 et 10 octobre dernier,

reviendra nous voir au Mans fin novembre en compagnie de Tanguy Viel qui sera là pour : « La fille qu’on appelle ».

Après avoir accompagné l’auteur en Lituanie dans son dernier livre « Un certain Monsieur Piekielny » en 2017, sur les traces de Roman Kacew, alias Romain Gary, François Henri Désérable rend hommage, cette fois-ci avec « Mon maître et mon vainqueur » à deux grands poètes, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine.

Présentation : Le cahier, c’était la première chose que m’avait montrée le juge, quand tout à l’heure j’étais entré dans son bureau. Sous la couverture souple et transparente, on pouvait lire au feutre noir : « Mon Maître et mon vainqueur ». Sur les pages suivantes, il y avait des poèmes. Voilà ce qu’on avait retrouvé sur Vasco : le revolver, un cahier noirci d’une vingtaine de poèmes et, plus tard, après expertise balistique, des résidus de poudre sur ses mains.Voilà ce qu’il en restait, j’ai pensé, de son histoire d’amour. »

Et voici la jolie chronique de Marie-Adélaïde de la Librairie Doucet :

« Devenez en compagnie du narrateur de ce brillant roman, les témoins d’une affaire de crime passionnel ! Mais c’est sans compter sur le pouvoir de la POESIE qui est le sujet du roman.

Eblouissant de simplicité et de maîtrise ! ».

« Mon maître et mon vainqueur » – 187 pages – prix : 18 € (parution juin 2021)

Né en 1987, François-Henri Désérable est l’auteur aux Editions Gallimard, de « Tu montreras ma tête au peuple » et « D’Evariste » (2015) « Un certain Monsieur Piekielny » (2017) – Dans ce nouveau roman virevoltant « Mon maître et mon vainqueur », il laisse percevoir une connaissance sensible des tourments amoureux.

Le Fils de l’Homme – Jean-Baptiste Del Amo – Editions Gallimard –

EN AVANT-PREMIERE DU SALON « FAITES LIRE« 

A l’occasion de la sortie de son livre « Le fils de l’homme »

Rencontre avec Jean-Baptiste DEL AMO présent à la librairie Doucet Le Mans Vendredi 8 octobre à 18h

Après plusieurs années d’absence, un homme resurgit dans la vie de sa compagne et de leur jeune fils. Il les entraîne aux Roches, une vieille maison isolée dans la montagne où lui-même a grandi auprès d’un patriarche impitoyable. Entourés par une nature sauvage, la mère et le fils voient le père étendre son emprise sur eux et édicter les lois mystérieuses de leur nouvelle existence. Hanté par son passé, rongé par la jalousie, l’homme sombre lentement dans la folie. Bientôt, tout retour semble impossible.
Après « Règne animal », Jean-Baptiste Del Amo continue d’explorer le thème de la transmission de la violence d’une génération à une autre et de l’éternelle tragédie qui se noue entre les pères et les fils.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/MC

« Le fils de l’homme » – 240 pages – prix : 19 € (parution juin 2021)

Jean-Baptiste Del Amo est né à Toulouse. « Le Fils de l’homme » est son cinquième roman, après « Une éducation libertine » (2008), Goncourt du premier roman, « Le sel » (2010), « Pornographia » (2013) et « Règne Animal » (2016) prix du Livre Inter (2017).

Rien ne t’appartient – Nathacha Appanah – Editions Gallimard –

« Elle ne se contente plus d’habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que, bientôt, je n’aurai plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C’est elle qui envoie le garçon, c’est elle qui me fait oublier les mots, les événements, c’est elle qui me fait danser nue. »

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de Linda !


Nathacha Appanah est l’auteure du très remarqué « Tropique de la violence » (Gallimard et Folio) qui lui a valu tous les éloges tant par la maîtrise du style que par sa description de la vie mahoraise, Mayotte devenant le théâtre d’une vie précaire et de violence alimentées par la source intarissable des migrants qui viennent s’échouer sur ses côtes. Dès les premières pages de « Rien ne t’appartient » le trouble s’installe. Depuis la mort de son conjoint Emmanuel, la vie de Tara vacille comme la flamme d’une bougie qui peine à trouver la lumière dans cette obscurité du quotidien. Tara puisait sa vitalité dans la personnalité réconfortante de cet homme plus âgé qu’elle. Peu à peu, elle chancelle. Elle n’arrive pas à entretenir ce bel appartement où l’absence grandit la laissant obsédée par un chagrin mêlé à une autre sensation. Qui est ce jeune garçon qui la regarde assis dans son canapé ? Pourquoi a-t-elle si peur à chaque fois qu’il apparaît ? Des fragments, des images. Les souvenirs affluent. Elle fait des allers-retours dans sa tête. Elle balbutie car les mots la fuient. Comment expliquer tout cela à son beau-fils ? Peu à peu, la réalité lui échappe. Mais qui est cette Vijaya ? Le garçon ne lui fait plus peur. Elle se souvient. Les jours heureux font irruption. Les parfums, les saveurs, cette douleur de l’enfance immuable à ses yeux jusqu’à ce jour terrible. Dans la langueur d’une journée d’été, la peur montre son visage. La violence tenue à distance s’abat dans les cris, promesse de souffrance et d’oubli. Certains régimes ne supportent pas qu’on laisse grandir les petites filles. Ils emportent les êtres aimés. Un récit qui nous plonge dans la noirceur du monde. Nathacha Appanah, en virtuose, expose le lecteur à la fureur. Notre héroïne irradie par sa présence alors qu’elle est une ombre parmi les ombres, inconsciente de ce qui se joue dans les décombres de sa mémoire. Nathacha Appanah signe un roman troublant porté par une prose imagée, vertigineuse et hypnotique.

Texte Lu et conseillé par LINDA, rédigé pour la Revue Page des Libraires.

Librairie Doucet Le Mans/MC

Nathacha Appanah est l’auteure, notamment de « Tropique de la violence » et « Le ciel par-dessus le toit » traduits en plusieurs langues. « Rien ne t’appartient » est son dixième livre.

« Rien ne t’appartient » – 160 pages – prix : 16.90 € (parution juin 2021)

pleine terre – Corinne Royer – Éditions Actes Sud –

LA RÉALITÉ DU MONDE PAYSAN EN CE DÉBUT DU XXIème siècle

Pleine terre

Un livre indispensable qui parle du monde paysan, inspiré d’un fait divers dramatique qui s’est déroulé en 2017 (L’affaire Jérôme Laronze). On va suivre un agriculteur qui va partir en cavale dix jours, pourchassé et recherché par les gendarmes. A partir de là, Corinne Royer invente un personnage et elle raconte cette cavale, vue par un agriculteur mais aussi par des gens qui l’ont côtoyé. Elle nous raconte pourquoi cet homme est en cavale. Pourquoi, lui, qui aime tant sa terre et ses bêtes a dû abandonner sa ferme et partir en cavale.?

C’est un plaidoyer pour le monde paysan qu’on asphyxie, qu’on laisse mourir… C’est quelque chose qui vous montre qu’entre des discours, des circuits courts, du local et de ces nouvelles tendances, on leur impose tellement de normes et de contraintes européennes qui sont décidées par des gens qui ne connaissent pas la terre. C’est un savoir faire qui se perd et qui se meurt.

L’écriture de Corinne Royer est simple . C’est sublime !. Un livre que j’aimerais avoir le temps relire un jour pour s’imprégner de tout ce qu’elle dit.

« De sa plume fervente et fraternelle, Corinne Royer célèbre une nature en sursis, témoigne de l’effondrement du monde paysan et interroge le chaos de nos sociétés contemporaines, qui semblent sourdes à la tragédie se jouant dans nos campagnes. »

Nathalie de la Librairie Doucet Le Mans/MC.

pleine terre – 326 pages – prix : 21 € (parution août 2021)

Née en 1967, Corinne Royer vit entre les hauts plateaux du parc naturel régional du Pilat, près de Saint-Etienne, et l’Uzège. Disponibles chez Actes Sud : « La vie contrariée de Louise » (prix Terre de France/La Montagne : Babel n° 1589) « Et leurs baisers au loin les suivent » (2016) et « Ce qui nous revient » (2019), n° 1770.

S’adapter – Clara Dupont-Monod – Éditions Stock –

L’HISTOIRE D’UN ENFANT DIFFÉRENT RACONTÉE PAR SA FRATRIE

C’est un livre magnifique écrit par Clara Dupont-Monod, journaliste et chroniqueuse littéraire sur France Inter que l’on connaît un peu plus pour ses talents d’auteur de romans historiques, notamment sur Aliénor d’Aquitaine et elle revient avec un roman détonant, complètement différent.

Elle va nous raconter l’histoire d’une famille dans laquelle arrive en troisième position un enfant handicapé. On va se rendre compte qu’au bout de quelques mois, qu’il ne voit pas, qu’il n’émet quasiment pas de son, qu’il ne se tient pas. Alors, après les examens on va découvrir que c’est un enfant qui est atteint d’une maladie génétique rare et qui de toute façon ne se tiendra jamais debout, ne parlera jamais. Ce qui est intéressant dans ce livre, c’est la construction narrative parce que quand un drame arrive comme ça dans une famille, c’est quand même un « tsunami » pour tout le monde.

Cette famille habite dans un hameau cévenol et elle va faire parler les pierres de la cour de ce hameau qui vont nous raconter l’histoire de cette famille et notamment de la fratrie. Comment chacun des membres de la fratrie va réagir face à cet enfant différent, de celui qui va lui donner beaucoup d’amour, prendre soin de lui, lui consacrer presque toute sa vie, de celui qui sera en révolte, de cet enfant qui attire toute l’attention, de celui qui va arriver après, aussi, qui cherchera toujours un peu sa place. C’est magnifique ! C’est plein d’humanité. Elle réussit ! Le fait que ce soient les pierres qui nous racontent cette histoire, ça met les choses à distance. Personne n’est nommé. Les enfants, c’est l’aîné, la cadette, le petit dernier, l’enfant… Ça met un peu les choses à distance. L’histoire peut paraître un peu sombre mais lisez-le, c’est beau ! Parce que, c’est comment on se construit aussi, face à quelque chose comme ça qui arrive dans une famille. Et puis il y a dans cette famille tellement d’amour, tellement de bienveillance que ça en fait quelque chose de lumineux. Sincèrement, lisez ce livre, c’est magnifique jusqu’au bout ! La dernière page du livre, elle ‘m’a arraché des larmes tellement c’est beau, tellement ça résume tout ce qui a pu se passer dans cette famille.

Vraiment, c’est un très très beau livre. On ne ressort pas indifférent et pas « plombé » non plus. Clara Dupont-Monod arrive à en faire quelque chose de positif, de porteur, de lumineux et c’est ça qui est beau aussi dans son écriture.

Nathalie de la Librairie Doucet Le Mans/MC.

Écoutez Nathalie sur France Bleu Maine en compagnie de Maxime Bonhomet, en cliquant ici ! (voir la rubrique Culture en Sarthe, émission de lundi 13 septembre !)

Clara Dupont-Monod est auteure de nombreux ouvrages, notamment : « Eova Luciole » (Grasset, 1998), « La Folie du roi Marc » (Grasset, 2000), « Histoire d’une prostituée »(Grasset, 2003), « La passion selon Juette » (Grasset, 2007), « Nestor rend les armes », Sabine Wespieser (2011), « Le Roi disait que j’étais diable » (Grasset, 2014), « La Révolte » (Sotck, 2018)

  • S’adapter – 200 pages – prix : 18,50 € – (parution 25/08/21)