Éloge de l’ombre – Junichirô Tanizaki (1886-1965)

Éditions Verdier

Présentation : « Car un laque décoré à la poudre d’or n’est pas fait pour être embrassé d’un seul coup d’œil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l’un ou l’autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l’ombre, il suscite des résonances inexprimables.
De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l’agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d’air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l’homme à la rêverie. N’étaient les objets de laque dans l’espace ombreux, ce monde de rêve à l’incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination.
Ainsi que de minces filets d’eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l’un ici, l’autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d’or. » Publié pour la première fois en 1978 dans l’admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.

Publié en 1933 au Japon et en France en 1978, cet essai de 80 pages évoque l’esthétique à la manière japonaise, le raffinement et la subtilité de la culture japonaise. Tout l’art nippon est passé en revue : l’architecture, l’intérieur des maisons, les matériaux utilisés. La lumière tamisée des toilettes (la pièce la plus importante) l’endroit le plus finement pensé de l’architecture japonaise, ! La décoration, les couleurs des peintures, les papiers des « shôji » (cloisons) et « fusuma » (portes coulissantes) etc…Jouant avec les ombres, tout est analysé, afin de mettre en valeur la beauté de ces laques noires. Tout objet choisi a son importance avant de le disposer.

Même en matière culinaire ou gastronomique, pour que ce soit bon, il faut que ce soit beau ! La couleur d’un bol, qui recevra le riz ou la soupe miso, est capitale ! En fin d’ouvrage, l’auteur nous fournit même la recette de son mets préféré : la recette complète des sushi aux feuilles de kaki.

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Junichirô Tanizaki est né à Kyoto (Japon) en 1886 et mort en 1965. Il a écrit de nombreux ouvrages publiés chez Folio -Gallimard dont deux tomes en Pléiade et en outre, « Le goût des orties » (1986) – « La vue secrète du seigneur » de Musashi, « Le Lierre de Yoshino » – « Un amour insensé » – « Svastika »- « L’Affaire du « Yanagiyu » – « Années d’enfance » – « Le chat, son maître et ses deux maîtresses » – « Quatre sœurs » – Œuvres T. 1 et 2 (La Pléiade) – Le Pied de Fumiko – « Journal d’un vieux fou » – « Des amours cruelles » – « La Clef » « La confession impudique » – « Le coupeur de roseaux » – « Le Meurtre d’O-Tsuya » -« Le Pont flottant des songes » – « Le Tatouage et autres récits ».

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LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M-Christine

Eloge de l’ombre – 90 pages – prix : 16,50 € – parution : 09/05/11 – Traduction du japonais par René Sieffert –

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