Premier amour – Nid de gentilhomme – Tourguéniev – Éditions Folio classique

IL EST REVENU LE TEMPS DES AMOURS !… (2)

« PREMIER AMOUR » PREMIER COUP DE FOUDRE de Vladimir !

« A présent que les ombres du soir commencent à envelopper ma vie, que me reste-t-il de plus frais et de plus cher que le souvenir de cet orage matinal, printanier et fugace. » (p. 348 – ch. 22)

« Sa beauté et sa vivacité constituaient un curieux mélange de malice et d’insouciance, d’artifice et d’ingénuité, de calme et d’agitation. Le moindre de ses gestes, ses paroles les plus insignifiantes dispensaient une grâce charmante et douce, alliée à une force originale et enjouée. Son visage changeant trahissait presque en même temps l’ironie, la gravité et la passion. Les sentiments les plus divers, aussi rapides et légers que l’ombre des nuages par un jour de soleil et de vent, passaient sans cesse dans ses yeux et sur ces lèvres ». (p. 296 – ch. 9)

Par ce récit partiellement autobiographique, par ces pages admirables, Ivan Tourgueniev nous dépeint les affres des premiers émois amoureux de l’adolescence. Il les visite à l’âge d’homme pour y découvrir qu’intact est l’amour d’antan. La tonalité qui habite ces lignes mélancoliques envoûte le lecteur. Vladimir aime Zénaïde. Elle aime ! C’est certain, cela se voit mais qui ? La jeune fille réunissant autour d’elle une cour de prétendants énamourés qu’elle fait tourner en bourrique ! Il imagine être l’élu lorsque Zénaïde s’approche de lui, sa poitrine se soulevant contre sa tête et ses mains frôlant sa joue, elle dépose un baiser… « Quel délice ! ses lèvres douces et fraîches couvrirent mon visage de baisers, effleurèrent mes lèvres.. » Cette dernière est aussi éprise du père de l’adolescent, un homme séduisant et charmeur auprès de qui elle monte régulièrement à cheval.

« Jamais je n’ai vu de cavalier comme mon père : il se tenait en selle avec tant de grâce désinvolte que l’on eût dit que le cheval lui-même s’en rendait compte et était fier de son maître ». (p. 341 – ch. 21)

Vladimir soupçonne quelque chose mais sans certitude, jusqu’au jour où…

«Quelle fille excitante que Zénaïde !», écrit Flaubert à Tourguéniev à propos de Premier amour. «C’est une de vos qualités de savoir inventer les femmes. Elles sont idéales et réelles. Elles ont l’attraction et l’auréole.» L’auréole de Zénaïde, le prototype de la jeune fille russe, capricieuse, insaisissable, irrésistible, le «premier amour» du narrateur (Tourguéniev lui-même) qui trouvera en son père un rival heureux.

Court roman ou longue nouvelle, très certainement autobiographique de 86 pages publié en France en 1833 dont Vladimir et Zénaïde sont les chefs, d’un orchestre étrange qui joue une partition où un curieux mélange de légèreté, de désir, de passion, de désespoir et d’exaltation s’entrecroisent.

« Premier Amour » est peut-être l’œuvre la plus connue de Tourgueniev, un texte d’une lecture simple et facile.

Une très belle écriture fine et subtile. A lire ou relire cet été !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M-Christine

« Premier Amour – Nid de gentilhomme » – 384 pages – prix 5.70 € – Préface de Françoise Flamant. (2007) – Traduction du russe de Françoise Flamant et Edith Scherrer – Editions Gallimard.

1818 : Naissance à Orel d’Ivan Tourguéniev, deuxième fils de Serge et de Barbe née Loutovinouv. Le père officier de la Garde prend sa retraite (1821). La famille s’installe dans la riche propriété de Spasskoié appartenant à la mère. Voyage familial en Europe. Les Tourguéniev s’installent à Moscou. Ivan T. y fait ses études secondaires comme externe dans des pensions privées puis avec des précepteurs à domicile. L’été 1833, il vit « son premier amour », il a 16 ans.

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Un « OUI » pour la vie ? – Le mariage en littérature – Folio poche – Édition de Julie Pujos

IL EST REVENU LE TEMPS DES MARIAGES ! (1)

Elizabeth Bennet et Mr Darcy, Emma et Charles Bovary, le prince et la princesse de Clèves, tous un jour se sont dit oui « pour le meilleur et pour le pire », dit-on. De la demande en mariage, qu’elle soit très protocolaire ou pleine de fantaisie, au grand jour, ce petit recueil de textes vous entraînera dans ces moments intimes et rares vus par de grands écrivains.

De La Fontaine à Daniel Pennac en passant par Guy de Maupassant, Albert Camus et Julian Barnes. Les plus belles pages de la littérature consacrées au mariage.

Un petit livre à glisser dans le cadeau fait aux mariés !

Librairie Doucet Le Mans – M. Christine

Un « OUI » pour la vie – 144 pages – prix : 2 euros

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Au prochain arrêt – Hiro Arikawa – Éditions Actes Sud

UN VOYAGE ENCHANTEUR !

Prenez vite votre ticket pour un aller-retour en tramway, Marie-Adélaïde nous emmène au Japon, à bord d’une ligne privée (Takarazuka-Nishinamiya) Province du Kansai, en direction d’ŌsakaKōbe.

Ce trajet comporte huit stations. Nous allons prendre cette ligne en deux saisons, au printemps et à l’automne, en respectant scrupuleusement les huit arrêts et huit chapitres à chaque fois.

Est-ce que vous déjà montés dans un train, un wagon, un bus, un métro en regardant les passagers et en se demandant ? Mais quelle est leur vie ? Que vont-ils faire ? Qui vont-ils rencontrer ?

Toutes ces questions que l’on se pose… Et raison de plus lorsque, chaque fois vous les retrouvez régulièrement et dont l’auteure va vous donner la chance de les voir, tout au long d’un trajet, certes monter et descendre… Vous les retrouverez avec ce fameux décalage.

C’est un texte absolument merveilleux, écrit par une auteure japonaise, plein de charme et de qualités. Grâce à cette auteure, nous devenons observateurs de la vie, de ces personnages, des paysages, de la vie japonaise. Nous allons rentrer dans leur intimité et nous allons mieux connaître leur façon de vivre dans leurs habitudes, leurs ruptures, leur désir de vengeance.

Ce sont, en fait des histoires terriblement universelles qui se passent au Japon, en Europe ou encore en France.

C’est un roman doux, un roman léger et riche de beaucoup de réflexions.

C’est terriblement humain et c’est très émouvant. Vraiment, je vous propose un trajet EN-CHAN-TEUR, à l’image de la couverture de ce livre !

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Caroline Jouanneau, en cliquant ici

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet/MC

Hiro Arikawa est née en 1972 dans la préfecture de Kochi, dans le sud du Japon. Après « Les mémoires d’un chat » paru en 2017, qui a obtenu un vif succès et a été traduit dans de nombreux pays, « Au prochain arrêt » est son deuxième roman publié chez Actes Sud.

« Au prochain arrêt » 183 pages – (parution mai 2021) – Prix : 18.50 Traduit par Sophie Refle.

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Canoës – Maylis de Kerangal – Éditions Verticales

Le rôle des voix dans nos vies

« C’est en rappelant à mon oreille la voix des morts aimés que je les garde présents en moi. » (p.153)

Depuis plus d’un an, nos voix sont masquées, filtrées, devenues presque sourdes. Avec ce recueil composé de « Mustang » la nouvelle centrale et de sept autres textes, ayant pour fil conducteur les voix humaines, que Maylis de Kerangal, tente de leur redonner toute leur puissance.

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Présentation : Maylis de Kerangal a conçu « canoës » comme un roman en pièce détachées : une novella centrale « Mustang » et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d’un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d’échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, dans son timbre s’use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise quand une messagerie ou un micro vient filtrer ses paroles, les enregistrer ou les effacer. J’ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d’un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes -des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l’espace. Surtout, j’ai eu envie d’aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au pus juste, de trouver un « je » au plus proche ». (M de K)

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  • Toutes ces nouvelles sont fascinantes, comme « Mustang », récit d’un séjour qui se déroule au Colorado et un exil difficile. Celle de « bivouac » entraîne la narratrice dans un cabinet dentaire où, allongée sur le fauteuil, elle pense aux moulages de « mâchoires humaines esseulées et mutiques » qui lui font face…
  • Dans « ruisseau et limaille de fer », la narratrice retrouve une amie dont elle ne reconnaît pas la voix et qui se rendra quotidiennement chez son coach vocal. Puis, il y a cette jeune fille dans « nevermore » qui, le lendemain des résultats du Bac, prend conscience qu’elle va quitter son milieu familial.
  • ou celle-ci : « un oiseau léger » dans laquelle ce veuf refuse d’effacer la voix de son épouse sur le répondeur pour la réentendre. « Cette voix qui rend les morts encore vivants » qui sonne très juste, est l’une des plus belle nouvelles.

Dans « canoës », Maylis de Kerangal donne la parole aux femmes, des voix de tout âge. De nombreuses pistes de réflexions, de nombreuses questions s’offrent au lecteur, sur le rôle de nos voix dans nos vies. Son écriture est toujours aussi concise, précise, épurée.

Librairie Doucet Le Mans/M-Christine

« canoës » 170 pages – prix : 16.50 € (parution : avril 2021)

Maylis de Kerangal est l’auteure de six romans aux Éditions Verticales, notamment « Corniche Kennedy » (2008), « Naissance d’un pont » (prix Médicis 2010, prix Franz-Hessel), « Réparer les vivants » (2014, dix prix littéraires) et « Un monde à portée de main » (2018) ainsi que trois récits dans la collection « Minimales » : « Ni fleurs, ni couronnes » (2006), « Tangente vers l’est » (2012, prix Landerneau) et « A ce stade de la nuit » (2015)

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Le Journal d’un homme de trop – Ivan Sergueïvitch Tourgueniev -Livre de poche

Plus que 5 jours s’il y a « dé-confinement » Ce sera avec un immense plaisir que l’équipe de la Librairie Doucet vous retrouvera en librairie !

« Le Journal d’un homme de trop » 
qui est écrit par le plus français des auteurs russes, appartient aux premières œuvres de TOURGUENIEV
« Publiée en Russie en 1850 dans la revue Les Annales de la patrie, cette nouvelle ne paraîtra en volume que dix ans plus tard, fortement censurée.
Un homme, encore jeune et malade, s’éteint peu à peu. Il emploie ses dernières forces à noter l’imminence de sa disparition tout en se remémorant les moments importants de sa vie. Ainsi se dessine le tableau d’une société russe provinciale, médiocre et mortifère, parsemée d’événements romanesques, tels qu’un amour contrarié, un bal ou un duel.
La vanité de toute entreprise, la fragilité humaine et le sentiment de la mort envahissent ces pages merveilleusement écrites. Seul le sentiment de la nature apporte un apaisement fugitif à cette lutte contre l’inéluctabilité du destin.
« Le Journal d’un homme de trop » paru en France dès 1863, salué par les plus grands écrivains de l’époque,  connut un vif succès. »
Extrait :« Il m’est défendu de sortir. Que raconterai-je ? Un homme bien élevé ne parle pas de ses maladies ; écrire un roman n’est pas de mon ressort ; raisonner sur de graves sujets est au-dessous de mes forces, la description des objets qui m’entourent ne m’offrirait aucun plaisir ; ne rien faire est ennuyeux; lire me fatigue… Ah ! je vais me raconter ma propre vie. Quelle bonne idée ! Cette revue de soi-même est chose convenable avant la mort, et ne peut nuire à personne. Je commence. » 
Une nouvelle de quatre-vingt-dix pages qui se lit en deux heures. La majeure partie de ce récit est la description d’une passion amoureuse dans un petit univers provincial dont le narrateur, un trentenaire, dépourvu de parents et de tout destin, puis s’étant toujours senti superflu de la société dans laquelle il vit, il entreprend la rédaction d’un journal retraçant sa courte vie.
Une nouvelle qui parle de retrait… A lire en période de retraite forcée, de confinement…, Un moyen de s’échapper en lisant ou en écrivant.
Un témoignage sincère et poignant. 
MC/Librairie Doucet
Ivan Sergueïvitch Tourgueniev est un écrivain, romancier, nouvelliste et dramaturge russe né le 9 novembre (28 octobre) à Orel, à 350 km de Moscou, est décédé le 3 septembre (22 août) 1833 à Bougival (Yvelines) en Ile de France où il s’était installé avec le plus grand amour de sa vie : Pauline Viardot.
Il est issu d’une famille aisée. Durant sa vie, il voyage beaucoup. Il s’installe de 1838 à 1841 à Berlin avant de retourner à Saint Petersbourg, puis de partir à Londres et de s’établir à Paris. Il s’installa Son roman le plus célèbre est « Pères et Fils » qui met notamment en scène des nihilistes -dénomination qu’il popularise- et auxquels il oppose le « héros positif ».  Parmi les titres, nous trouvons également : « Les Eaux Tranquilles »- « Premier Amour »Nid de Gentilhomme » – « Moumou » – « Assia » « Mémoires d’un chasseur » – « Un mois à la campagne » Il se lia d’amitié avec de nombreux écrivains, comme Gustave Flaubert, Emile Zola, Victor Hugo, Guy de Maupassant, Alphonse Dumas, et Jules Verne, ainsi qu’avec des musiciens.
Le Journal d’un homme de trop– Livre de poche : 2 €

 

La mélancolie du kangourou – Laure Manel- Le livre de poche

La mélancolie du kangourou laure manel

La mélancolie du Kangourou, un roman plein d’émotions….

                       « La nuit n’est jamais complète
                          Il y a toujours puisque je le dis
                          Puisque je l’affirme
                         Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
                         Une fenêtre éclairée. » (Paul Éluard)

La naissance de Lou aurait pu être pour Antoine le plus beau moment de son existence. Mais la mort de Raphaëlle, son épouse qu’il aimait au-delà de tout, l’a brisé, et il a du mal à créer un lien avec son bébé. Jusqu’à ce qu’il embauche Rose, une pétillante jeune femme à l’irrépressible joie de vivre, pour s’occuper du nourrisson. Parviendra-t-elle à aider Antoine à se révéler comme père et à se reconstruire ?

Après le succès de « La Délicatesse du homard », Laure Manel nous offre, sous une plume tout en finesse et pleine de sensibilité, un roman poignant et lumineux.

Lu et conseillé par Nathalie de la Librairie Doucet/MC

Les lecteurs ont aimé : –« Un merveilleux voyage humain ». (Guillemette) – « Venez donc rencontrer Rose et Antoine. Ils vous accompagneront avec bonheur ». (Florence) – « Un livre doux et plein de vérités. » (Sand) – « Un hymne à la vie. Une bouffée d’oxygène ». (JB)

« La mélancolie du kangourou » –  374 pages –  prix : 7.90 € (Livre de poche- paru le 24/04/19)

 

 

Des mirages plein les poches – nouvelles – Gilles MARCHAND – Editions Aux Forges de Vulcain –

Gilles marchand.jpgDe la profondeur à peine cachée sous la fantaisie.

C’est ce que nous propose Gilles MARCHAND dans son recueil de nouvelles :         
  « DES MIRAGES PLEIN LES POCHES »               
En préambule il semble nécessaire de dire quelques mots sur le dernier roman de l’auteur : « Un funambule sur le sable », paru en 2017, livre enchanteur.
Gilles Marchand suit son personnage depuis ses six ans jusqu’à ses trente ans environ. Personnage hors du commun puisqu’il a un violon dans la tête, un vrai violon dont la musique le berce et lui permet aussi de communiquer avec les oiseaux.
Est-ce un don ou un handicap ? Pour lui c’est normal mais qu’en est-il des autres ? C’est une manière d’aborder la différence sous la fantaisie et le fantastique qui est l’imaginaire et la liberté de l’écrivain.
On retrouve cette écriture enchanteresse dans ces nouvelles qui en effet sont des MIRAGES entre rêves et réalités.
Ces nouvelles sont au nombre de quatorze. Certaines sont inédites. D’autres ont été écrites entre 2011 et 2017 et parues dans des recueils collectifs. Toutes sont regroupées ici.
On peut parler d’une unité car dans chacune d’entre elles le lecteur peut ressentir une sorte de désenchantement accompagné de rêves souvent irréalisables. Cependant les personnages font semblant d’y croire et s’y accrochent.
L’art de la nouvelle c’est de présenter tout un monde dans un nombre de pages restreint. Le lecteur, en peu de temps, traverse une existence.
– « UNE ODEUR DE SOUPE ». Il s’agit d’un homme qui retrouve sa vie au fond d’une brocante.
« 90 WATTS ». C’est l’histoire d’une petite lampe dans un couffin.
« DES CHAUSSURES QUI COURENT VITE », etc… Toutes sont des petites merveilles que vous apprécierez plus ou moins selon vos goûts et vous aurez vos préférences.
Ne passons pas sous silence « DEUX DEMI-TRUITES ». C’est le titre… qui peut paraître un peu farfelu !.
Un trio d’enfants est à la recherche de super-héros dans les films qu’ils voient. Ils veulent un modèle. Pour deux d’entre eux cela ne semble pas difficile. Le troisième, qui est le narrateur, ne trouve pas. Il raconte sa vie abîmée par les mésententes violentes de ses parents et sa mère qui ne sourit jamais. Il l’emmène au cinéma. Dans le film un homme ordinaire, décalé même, va au restaurant et commande deux demi-truites « parce qu’il a calculé qu’il avait presque un quart en plus que lorsqu’il commandait une portion entière […] Pauvre mais chic… Un homme blessé mais qui restait debout ». Cet homme a fait sourire sa mère, même rire. Il est inconnu, s’appelle André Wilms et ce n’est pas un super-héros, « juste André Wilms ». Le voilà le modèle de l’enfant, celui qui a apporté de la lumière dans les yeux de sa mère.
« On ne sait jamais qui sont les héros des histoires de Gilles MARCHAND : objets et personnages se fondent, se confondent et se répondent chez cet auteur qui sait, comme nul autre, exprimer la magie du réel. Sous ses airs de fantaisiste, il raconte la profondeur de l’expérience humaine ».
Tristesse, tendresse, rêve, réalité. Le lecteur quitte ce recueil des étoiles plein les yeux, « DES MIRAGES PLEIN LES POCHES », entre le sourire et les larmes.
Nous sommes dans le merveilleux et c’est très lumineux.
Un petit livre, certes, mais tellement riche ! A lire absolument !
M. José/MCLibrairie Doucet
« Des mirages plein les poches » prix : 15 € – 144 pages.

Le Petit Sapin de Noël – Stella Gibbons – Editions Héloïse d’Ormesson

le petit sapin de noelLE PETIT SAPIN DE NOËLétoile argentée

Présentation : N’avez-vous jamais rêvé d’échapper à un quotidien étriqué ? Lorgné avec envie le salon si accueillant de votre voisine ? Voulu croire un instant encore à l’illusion de liberté de votre prime jeunesse ? Et si… Et si vous redescendiez sur terre ! Stella Gibbons, reine du coup de griffe dans la morale corsetée, prend un malin plaisir à confronter ses pairs à leur reflet bien souvent mensonger.

Un livre qui ravira autant les amateurs de littérature anglaise que les lecteurs de nouvelles. A travers quinze histoires, nous suivrons des personnages élégants appartenant à la bonne société anglaise, se heurtant à un grain de sable. Continueront-ils à suivre le droit chemin ? Ce recueil de nouvelles est un condensé d’humour british, parfois grinçant, drôle, et teinté d’ironie.

Avec un humour so british, qu’elle manie avec doigté et malice, elle détricote, en quinze nouvelles, les us et coutumes de la bonne société anglaise à la fin des années 1930.

Une petite douceur à déguster bien au chaud avec bien sûr une tasse de thé !

LIBRAIRIE DOUCET/MC

Le petit sapin de NoëlEditions Héloïse d’Ormesson –  304 pages – Traduit par Philippe Giraudon – prix : 19€ (paru le 8/11/18)

Matin brun – Franck Pavloff – Editions Cheyne

matin brun
Matin brun, n’est pas un livre récent, loin de là et depuis 1998 il est réédité tous les ans. Il s’agit d’une véritable pépite à côté de laquelle il ne faut surtout pas passer !. 
Ce livre peu épais composé de onze pages, c’est vous dire si c’est dense, bien plein et important, et cela se suffit…
Voici la quatrième de couverture qui est la douzième page en quelque sorte :
« Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême : l’Etat brun. 
Dans la vie, ils vont d’une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni de purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux.
Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous ? »
En fait c’est insidieux et c’est traité avec une causticité sous-jacente terrifiante, sans avoir l’air d’y toucher.
Tout commence par Charlie qui raconte au narrateur qu’il a dû faire piquer son chien. Il n’était pas malade, non, mais il n’était pas brun ! Seuls les chiens bruns sont autorisés désormais. Ce sera ensuite le tour du chat du narrateur. C’est triste mais on oublie vite !! Et de réglementations en réglementations auxquelles on n’oppose aucune résistance, jusqu’où peut-on aller ?
Cela nous rappelle bien des choses dans le passé ou le présent, en France comme ailleurs. Cela nous interroge aussi sur notre capacité à résister davantage au lieu de « baisser les bras pour être un peu tranquilles, non ? »
C’est très fort, très puissant, tout en douceur et subtilité pour couvrir l’atrocité. On a froid dans le dos mais la piqûre de rappel est nécessaire. Merci et bravo Franck Pavloff.
Matin brun  : une lecture inoubliable, à la portée de toutes les bourses ! (2,50 €) 
Franck PAVLOFF déjà bien connu, à la fois comme écrivain, poète et photographe, il est l’auteur de « La nuit des enfants qui dansent » (2017), un  livre éblouissant dans lequel jaillit justement la poésie. A lire, voire à relire.
M-José/Librairie Doucet/MC

LE « UN » et 11 histoires de séduction- Hors série nouvelles – Eric Fottorino

HISTOIRES DE SEDUCTION 2

L’art de plaire et de séduire ! 11 histoires de séduction.

La revue le « UN » c’est une revue, c’est un hebdomadaire sur l’actualité, mais ce n’est pas que cela, c’est une revue qui publie des petits ouvrages hors série. Le « UN » on le rappelle, c’est un certain Eric Fottorino qui en est le directeur de publication. Et quand on parle d’Eric Fottorino, on sait qu’on va se faire plaisir avec des mots, avec de jolies tournures et de beaux objets. Vous savez, le « UN », c’est le  journal qui se plie dans tous les sens et il aime mettre en avant des auteurs et créer des recueils de nouvelles sur des différents thèmes : il y a eu les migrants, le voyage, la lecture. Et cette fois-ci, ce très joli livre-objet qui vient d’être publié est bleu. Les dessins sont magnifiques, le papier très agréable, pour nous donner envie de le toucher mais surtout de le lire  !. Sur ce hors série été 2018, vous avez 11  auteurs et pas des moindres : Philippe Claudel, Philippe Jeanada, François-Henri Désérable, Carole Martinez, David Foenkinos, Léonor de Recondo etc…. qui ont écrit 11 Histoires sur la  séduction. Alors, la séduction, c’est très large, c’est très vaste comme thème. On va aller effectivement de l’acte de séduire ou de ne pas séduire, d’avoir le droit de séduire ou de pouvoir s’organiser pour séduire. On passe sur des thèmes assez variés. Alors je ne vais pas raconter toutes ces histoires mais je vous invite vraiment à les découvrir. Philippe Claudel, entres autres, qui invente l’histoire d’un homme arrêté par la police : « EYES WIDE SHUT »  – Un homme qui risque pratiquement sa vie. Pourquoi ? Tout simplement parce que, assis dans le métro, face à une femme au joli visage et au teint de porcelaine l’a séduit et lui a plu. Il a osé lui faire un sourire et la regarder dans les yeux. C’était trop ! Elle va descendre du métro et se mettre à hurler puis porter plainte… Et il va être arrêté.  [C’est très intéressant comme vision mais cela fait froid dans le dos !]  C’est quelque chose qui pourrait se produire et tout peut basculer… On peut tomber dans l’inverse. C’est toujours le risque dans ce genre de moment. C’est l’excès, -le TROP-. Vous savez, on se dit que -le TROP- ça ne va pas ! Il faut rester -au BIEN- Mais si on cherche absolument  -le MIEUX- on va risquer quelque chose. Il faut trouver le bon dosage. On n’a pas forcément la solution !

Puis il y a d’autres textes, Philippe Jeanada avec son humour, choisira de nous emmener avec « Marcel à la plage ». C’est l’histoire d’un jeune homme parti comme tous les ans en vacances à Carnac-plage avec ses amis….  Tous ses copains sont surfeurs. Vous savez, ils se posent sur la plage, ils sont bronzés en une heure, ils ont le sourire parfait, les muscles qu’il faut.. et toutes les filles arrivent. Lui, ressemble plus à une endive, il a le cheveu un peu gras, à l’occasion de l’organisation d’un concours de séduction balnéaire il se rend compte que ses chances sont minces !  Mais cette année, c’est lui qui gagnera ce concours parce que, par le plus grand des hasards, il va découvrir le premier tome de « La Recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Et ce petit côté intello qui lit Proust sur la plage, eh bien, je peux vous dire que ça fait des ravages et ça marche !…….mais surtout il va découvrir ce grand bonheur qu’est la littérature et l’œuvre de Marcel Proust ! 

Vous trouverez donc :  « Un remords ancien » de Véronique Olmi, « Le rouge-gorge » de Monica Sabolo « Mille roses rouges et blanches dans la maison bleue » de François-Henri Désérable« La Gouaille » de Carole Martinez« Septembre c’est tendre » de David Foenkinos « Le Trébuchet » de Léonor de Récondo – « Êtes-vous une salope ? » de Lola Lafon « Sans filet » de Olivier Adam« Toujours, le costume, toujours le cirage » de Kaouther Adimi.

Ces onze nouvelles autour de la séduction vous accompagneront peut-être au cours de l’été, sur la plage ou ailleurs – Très bel été avec ce petit livre bleu !

Ecoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu, en compagnie de Charlotte Bouniot, en cliquant ici !

Marie-Adélaïde/M. Christine

HORS-SÉRIE NOUVELLES – ÉTÉ 2018 – Illustrations de Julie GUILLEM – 120 pages – Prix 6.90 €