Un été avec Rimbaud – Sylvain Tesson – Éditions Les Équateurs – France Inter

Et si vous partiez cet été pour un périple rimbaldien ?

Il est rouge orangé comme le soleil brûlant d’Arabie et d’Aden, voici le livre de

Sylvain Tesson !

« Un été avec Rimbaud »

« Puisque l’époque nous assigne à résidence prenons la fuite et passons l’été à bord du bateau ivre de la poésie : Arthur Rimbaud. A la vitesse de l’éclair mais aussi avec humour et lucidité, des Ardennes au désert africain, Sylvain Tesson perce à jour le voyant monstrueux qui révolutionna la poésie et qui n’avait qu’un ennemi : l’ennui. Un été particulièrement incandescent où la route est une illumination. »

Dans « Un été avec Rimbaud », on à la fois Rimbaud que nous rencontrons dans sa jeunesse à Charleville-Mézières, ensuite à Bruxelles, ce Rimbaud un peu froid, puis Rimbaud qui va finir sa vie un peu mystérieuse. Pour effecteur cette escapade dans la Meuse Sylvain Tesson est accompagné de son ami Olivier Frébourg et cela donne « Un Rimbaud » vu par d’autres écrivains-voyageurs…

« Par les soirs bleus d’étés, j’irai dans les sentiers/Picoté par les blés, fouler l’herbe menue ». Poème de 1870. Il a 16 ans (page 89)

Dans le courant de l’été dernier, Sylvain Tesson a tenu tous les matins, une chronique de cinq minutes sur France Inter autour de la poésie et de la vie d’Arthur Rimbaud. Voici donc ces chroniques réunies dans un livre. Si vous n’avez pu écouter sa magnifique voix sur France Inter, vous pouvez vous délecter en lisant la plume superbe de Sylvain Tesson, un auteur de plus en plus populaire et de plus en plus lu ! Un écrivain voyageur qui compte beaucoup dans le paysage littéraire !.

Après avoir écrit « Un été avec Homère » en 2018, voilà « Un été avec Rimbaud » de Sylvain Tesson – 216 pages – prix : 14,50 € (parution 05/05/21)

Vous pouvez vous rendre en librairie et vous procurer tous les autres de cette excellente collection !

Un été avec Pascal
Un été avec Homère
Un été avec Montaigne
Un été avec Proust
Éditions des Équateurs - Un été avec Machiavel - Patrick Boucheron
Un été avec Baudelaire

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M-Christine

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Deux femmes et un jardin – Anne Guglielmetti – Editions Interférences

Avant d’ouvrir ce petit bijou de livre, prenez le temps d’observer le recto-verso de sa sublime couverture : un dessin à l’encre de Chine d’après « La Grande Touffe d’herbe d’Albrecht Dürer » Maintenant, poussez doucement la porte, entrez dans le jardin, puis lisez et faites la connaissance de ces deux femmes, Mariette et Louise. Vous ne pourrez être qu’enchantés !

« Dans l’ombre grandissante, tournées vers un marronnier dont le faîte s’empourprait dans le crépuscule, nous nous tenions côte à côte sur la passerelle d’un navire qui avait, à notre insu, largué les amarres et entamé un voyage qui durerait plusieurs années, dure toujours… » ((P. 46)

Ce petit bijou, un bonheur de lecture dont l’histoire se déroule dans la si belle campagne du département de l’Orne, dans un tout petit hameau, qui se nomme La Gonfrière, à quelques encablures de l’Abbaye de Saint-Evroult-Notre-Dame du Bois, nous donnant envie d’aller découvrir ou redécouvrir les lieux !

Qu’il est doux de lire un si beau texte. Une histoire toute simple qui fait du bien ! Une histoire d’amitié entre Mariette et Louise cette toute jeune fille, autour de la renaissance d’un jardin.

C’est beau ! C’est bien écrit. L’écriture est fluide et poétique, d’une infinie délicatesse. On ne peut que remercier Anne Guglielmetti pour ce petit chef-d’œuvre !

Ce pourrait être un joli cadeau de fête des Mères !

Marie-Christine/Librairie Doucet Le Mans.

Anne Guglielmetti, née en 1952, romancière et traductrice, de livres d’art et d’architecture, elle est l’auteur de plusieurs romans parus aux éditions Buchet-Chastel et Actes sud, et a fondé avec Vincent Gille la revue Mirabilia. Elle vit et travaille à Paris. Parmi ses ouvrages, on trouve : « La Belle Italie » (1982/2001) –« L’Anniversaire» (1984/2003) –« La Corne de Corail » (1987) – « Le Domaine » (1998/2002) –« Le Chaos de l’aiguille » (2002) – « Les Paroles des Jours » (2002) – « Les Pierres d’attentes »photographies (2003) – « Les Pierres vives »(2016) publié soit chez Buchet-Chastel ou Actes Sud.

« Deux femmes et un jardin » – 95 pages – prix : 14 € (parution 10/03/2021)

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Mes 66 plus belles poésies – Collectif – Éditions Gallimard Jeunesse

66 poésies de tous les temps pour rêver et pour découvrir la mélodie des mots

Livre Mes 66 plus belles poésies | Gallimard Jeunesse

C est demain dimanche : Il faut apprendre à sourire/même quand le temps est gris/Pourquoi pleurer aujourd’hui quand le soleil brille/C’est demain la fête des amis/des grenouilles et des oiseaux/des champignons, des escargots/n’oublions pas les insectes/les mouches et les coccinelles/Et tout à l’heure à midi/j’attendrai l’arc-en-ciel/violet indigo bleu vert/jaune orange et rouge et nous jouerons à la marelle. – Philippe Soupault – « La Nouvelle Guirlande de Julie.« 

Des textes de toutes les époques et d’auteurs variés. Une mise en page agréable, des illustrations superbement colorées, attrayantes pour l’œil des 5-7 ans comme des plus grands ! A la fin du livre, vous trouverez un mini recueil qui présente la vie et l’œuvre des poètes.

Guillaume Apollinaire – Louis Aragon – Charles Baudelaire – Andrée Chédid – Robert Desnos – Paul Eluard – Jacques Prévert – Victor Hugo – Raymond Queneau – Claude Roy – Jean Tardieu – Paul Verlaine – Marie Noël – Jean de La Fontaine – Charles d’Orléans – Maurice Carême etc….

Mes 66 plus belles poésies – (collectif auteurs et collectif illustrateurs) 139 pages – prix : 14.90€ (de 5 à 7 ans)

Librairie Doucet Le Mans/M.Christine

Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire (200ème anniversaire de sa naissance 1821-1867) – Édition John E. Jackson – Livre de poche –

Les Fleurs du mal Édition anniversaire.

Charles BAUDELAIRE est né à Paris le 9 avril 1821 à Paris, il est décédé le 31 août 1867 dans cette même ville. BAUDELAIRE disait : « Dans ce livre atroce, j’ai mis tout mon cœur, toute ma tendresse, toute ma religion, toute ma haine ». Editées dans ce nouvel écrin, voilà un merveilleux prétexte pour se plonger dans ces poèmes au parfum éternel.

Avec ce préambule inédit : « Pour saluer Baudelaire » signée François Cheng de l’Académie française et la Préface d’Yves Bonnefoy.

Avec « Les Fleurs du Mal » commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s’efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l’Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l’expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s’il nous apporte la preuve que l’art ici se dénoue de la morale, il n’en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes.
D’où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » et l’obligea à retrancher six pièces du volume – donc à remettre en cause la structure du recueil qu’il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d’écrire pour son livre d’autres poèmes encore. Mais après la censure, c’est la mort qui vint l’empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu’il souhaitait – et que nous ne connaîtrons jamais.

Et voici un extrait du poème que Marcel Proust se répétait :

Chant d’automne : « J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre/Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer/Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre/Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer ».

Et puis un autre (extrait) :

« Le coucher du soleil romantique » « Que le soleil est beau quand tout frais il se lève/Comme une explosion nous lançant son bonjour !/Bienheureux celui-là qui peut avec amour/Saluer son coucher plus glorieux qu’un rêve !« 

Portrait de Charles Baudelaire par Pierre Petit sur artnet

« On sait moins que le fameux ouvrage fut imprimé à Alençon (Orne) par Auguste Poulet-Malassis. Sensiblement du même âge, les deux hommes s’étaient connus à Paris, en 1850, au Quartier latin. Poulet-Malassis avait été admis deux ans plus tôt à l’école des Chartes. Ils aimaient se retrouver dans le milieu de la bohème parisienne.

Baudelaire appelait affectueusement son ami alençonnais « Coco mal perché».

Son père décédé, Poulet-Malassis revient à Alençon pour s’occuper de l’imprimerie familiale. Il est vite apprécié pour la qualité de son travail au point qu’on parle à l’époque de ses « livres racés, à la typographie élégante. C’est de l’Orne aujourd’hui que nous vient la lumière ». L’homme apporte du sang neuf à l’édition. Il est reconnu pour son esprit anticonformiste, son courage et son aptitude à découvrir des talents. Il édite Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Jules Barbey d’Aurevilly… En février 1857, Baudelaire lui confie son manuscrit des Fleurs du Mal. La correction des épreuves dure quatre mois. Baudelaire ne cesse de remanier ses textes, d’intervenir sur la mise en page. Il s’acharne à faire respecter l’originalité de la ponctuation « qui sert à noter non seulement le sens mais la déclamation ».

Les lettres quasi quotidiennes qu’il adresse à son ami durant cette période sont remplies de récriminations en tous genres. « Je le sais, je vous le répète, combien on se rend haïssable par ces taquineries-là ; mais j’ai pris votre établissement très au sérieux et, vous-même, vous m’avez avoué une fois que vous pensiez comme moi qu’en toute espèce de production il n’y avait d’admissible que la perfection.» Auguste Poulet-Malassis s’en agace souvent mais, aussi perfectionniste que son commanditaire, il se soumet. Lors du procès, il écope aussi d’une amende. Les deux hommes resteront liés jusqu’au bout. Baudelaire appelait affectueusement son ami alençonnais «Coco mal perché». (Extrait O. France du 21/06/2007 F. Donal)

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Et si par hasard, vous cherchiez à vous recueillir sur la tombe de Charles Baudelaire, vous la trouverez au cimetière du Montparnasse à Paris. Mais, il a deux adresses posthumes. Il faut tout d’abord chercher la tombe du Général Aupick, (son beau-père qu’il détestait) décédé en 1857, quelques semaines avant la parution des « Fleurs du Mal ». C’est là que repose le poète. Tandis que l’épitaphe du Général Aupick comporte dix lignes, celle de Charles Baudelaire (orphelin de père à l’âge de six ans) ne comporte que deux lignes : « Charles Baudelaire, son beau-fils, décédé à Paris, à l’âge de 46 ans, le 31 août 1867 » sans même mentionner qu’il était poète ! – L’autre lieu où se recueille la plupart des fans de Baudelaire est juste un monument vide, qui avait été érigé au jardin du Luxembourg à sa mémoire, en 1892, et ensuite déplacé au cimetière du Montparnasse en 1902.

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

« Les fleurs du Mal » 408 pages – prix : 4.90 € (livre de poche) – (publié le 24/03/21)

Une année en poésie – Collectif – Emmanuelle Royer – Illustré par Frann Preston-Gannon – Hors série – Éditions Gallimard jeunesse – Préface Isabelle Carré

« Quand la vie est un livre, chaque jour est un poème »

« Quand la vie est une forêt, chaque jour est un arbre »

La poésie nous accompagne tout au long de l’année, tout au long de la vie. Chaque moment est pour le poète une source d’émerveillement et d’émotion…

Voici un magnifique cadeau à faire aux enfants, pour qu’ils découvrent, lisent et relisent les plus grands poètes et poétesses : Hugo, Verlaine, Baudelaire, Louise Labé mais aussi Jacques Prévert, Claude Roy, Maurice Carême, Lucie Delarue-Mardrus, Andrée Chedid, Louise Michel, et encore Pierre Coran, Susie Morgenstern, Stéphane Bataillon…

Accompagnés de sublimes illustrations, partez pour un grand voyage de la littérature française aux haïkus du Japon, avec de belles escales du côté de la poésie anglaise, espagnole, allemande, bengali… et du français qui voyage, du Canada à l’Afrique, en passant par la Belgique et la Suisse.

Pour feuilleter le livre, cliquez ici ! Une année en poésie – Feuilletage et référencement (Gallimard) ISBN PDF-9782075137003)

« La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit,
Et qu’on la respecte en soi-même
. »

(George Sand, extrait du poème « A l’aurore »)

Un trésor de poésie exceptionnel : indispensable

Puisque cette année ce sera « Pâques au tison », après la chasse aux œufs puis dégusté tous les chocolats, mettez-vous bien au chaud avec les enfants, accompagné de ce magnifique livre puis partagez de bons moments. Pour petits et grands. Des poèmes qui font du bien et qui raviront les parents comme les grands-parents en revivant la poésie de leur enfance !.

Un livre somptueux ! Des illustrations sur la nature de toute beauté. Une belle introduction à la poésie, à la philosophie aussi !.

366 poèmes à savourer, 334 pages de bonheur !

Profitez des vacances de Pâques et de ce troisième confinement pour prolonger Le Printemps des Poètes et savourer avec eux, ces délicieux poèmes !

Une année en poésie – 334 pages – prix : 29.90 €

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Ma vie avec APOLLINAIRE – François SUREAU – Éditions Gallimard/Collection Blanche

Histoire d’un compagnonnage

« Je m’en remets, dans l’ordre profane, à Guillaume Apollinaire. J’ai fréquenté son école parce que j’ai compris très tôt que notre rencontre avait été décidée ailleurs ; que je pourrais apprendre de lui comment consentir sans faiblesse, m’attrister sans me perdre, chercher sans me décourager. »

« J’ai aimé Apollinaire dès le début de mon adolescence ». (François Sureau)

Quatrième de couverture : Prenant le contre-pied des biographies, François Sureau a choisi de remonter le cours de la vie d’Apollinaire, pour mieux s’approcher de ce qui a hanté de manière permanente l’existence de Guillaume et fait de lui un frère : la mort, la vie, la guerre, les femmes, la France, l’étranger. Ce n’est pas tant le destin du poète qui importe à François Sureau, que son acuité à percevoir le monde dans lequel il vivait et la retranscription unique qu’il en livra dans son œuvre. Ma vie avec Apollinaire montre combien elle résonne encore, intacte, un siècle après que la grippe espagnole a emporté l’écrivain.

« Ma vie avec Apollinaire » de François SUREAU a été écrit il y a un an, pendant le premier confinement de la France. Il n’a pas cherché à faire une énième biographie de Guillaume, comme il l’appelle, pas plus qu’il n’a cherché à raconter une histoire. Il remonte le temps avec lui, de sa mort à son enfance. Il a toujours eu cette sorte d’amitié pour Guillaume Apollinaire et de bonnes raisons qui le rendent particulièrement proche. Parce qu’il y avait le Covid et l’enfermement, cela l’a encore un peu plus rapproché. Il y avait cette épidémie qui était la première depuis l’épidémie de la grippe espagnole. Il y avait une sorte de méditation, sur sa fin, sur sa mort. Une fin assez terrible puisqu’il a d’abord été trépané, après avoir souffert dans les tranchées, puis il fut atteint de la grippe espagnole dont il est mort le 9 novembre1918, deux jours avant l’Armistice.

A la lecture de ce texte, nous sommes également proches de Guillaume. On apprend que son mariage est célébré dans l’intimité le 2 mai 1918, (mairie du 7ème arrondissement-Paris). Guillaume de Kostrowitzky dit Guillaume Apollinaire (polonais d’empire russe) né en 1880, épouse Amélia Kolb, dite Jacqueline (artiste peintre) en présence de témoins artistes, bien connus : Pablo Picasso et Lucien Descaves témoins du marié, Gabrièle Buffet-Picabia et Ambroise Vollard, pour la mariée. Nous suivrons ses amours, avec ses deux Louise, Louise Faure-Favier et Louise de Coligny-Châtillon, Marie Laurencin, Madeleine Pagès. Ses lettres à Lou, ses séjours à Nice, puis Guillaume Apollinaire est allé au devant du cubisme, comme il est allé au devant de la guerre et il a fait une guerre de façon héroïque.

Guillaume écrit sur les tirailleurs dans les poèmes de guerre. Il écrit sur les tirailleurs africains mobilisés et partage avec eux l’amour des fétiches. Ses calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre qui émeuvent encore aujourd’hui, ses premiers poèmes qui résonnent encore chez François Sureau, tel que :

L’ Adieu « J’ai cueilli ce brin de bruyère/ L’automne est morte souviens-t’en/ Nous ne nous reverrons plus sur terre/Odeur du temps brin de bruyère/ Et souviens-toi que je t’attends.« 

Fichier:Guillaume Apollinaire signature.svg — Wikipédia

La tombe de Guillaume Apollinaire se trouve au cimetière du Père Lachaise, une sorte de menhir où l’on peut lire des vers tirés des calligrammes, un monument financé grâce à la vente de deux œuvres de Matisse et Picasso.

Voici un calligramme de Guillaume Apollinaire. C'est un poème dont la  disposition des vers forme un des… | Calligramme, Guillaume apollinaire,  Guillaume appolinaire

Un livre qui nous rapproche de Guillaume Apollinaire, cet illustre et inestimable poète qui accompagne François Sureau dont il se sera inspiré tout au long de sa vie : « Apollinaire m’a hanté toute ma vie ». Un bonheur de lecture grâce aux nombreuses réflexions, à la finesse de son propos, grâce à l’élégance de son style. C’est un texte très documenté se lisant avec beaucoup de limpidité. Et c’est vraiment passionnant !

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

« Ma vie avec Apollinaire«  – 155 pages – prix : 16 € (parution novembre 2020)

François SUREAU est né en 1957. Ancien membre du Conseil d’État, il est aujourd’hui avocat à Paris. Élu à l’Académie française, le 15 octobre 2020, au fauteuil de Max Gallo (24e fauteuil) – Écrivain, il a notamment publié aux Editions Gallimard « L’obéissance », « Inigo », « Le chemin des morts », « Sans la liberté » et « L’Or du temps »(2020)

Printemps des poètes du 13 au 29 mars 2021 et Fête de la forêt le 21 mars – Le plâtrier siffleur – Christian Bobin – (Poesis)

Pour les poètes et pour la forêt !

Ce texte est issu d’une conversation dans la forêt. Il a pour auteur les sapins austères et les fougères lumineuses. Il y est question, mieux que dans un salon, de nos manières de vivre, c’est-à-dire de perdre. Le nom merveilleux de cette perte est la poésie – ou si l’on veut : l’humain.

Extraits : […]« Les contemplatifs, quels qu’ils soient, peuvent être des poètes connus comme tels, mais ça peut être aussi un plâtrier en train de siffler comme un merle dans une pièce vide, ou une jeune femme qui pense à autre chose tout en repassant du linge ».

[…] « Sur le chemin qui me mène à la maison, parfois je trouve des plumes bleutées de geai, comme des éclats d’azur.

C’est très petit, ce que je fais. J’essaye de recueillir des choses très pauvres, apparemment inutiles, et de les porter dans le langage. Parce que je crois qu’on souffre d’un langage qui est de plus en plus réduit, de plus en plus fonctionnel. » […]

[…) « Dans la forêt où je vais souvent me promener j’ai vu des machines qui, si je puis dire, n’avaient plus rien d’humain. Parce que je crois qu’il y a un temps où les machines industrielles étaient encore humaines. Et là, je me suis trouvé devant une sorte de tracteur d’arracheur d’arbres. Le conducteur n’était plus que l’esclave de la machine. Le coup porté aux arbres de cette manière est bien plus terrible que celle donnée jadis par la main d’un bûcheron. Cette mort ancienne était fraternelle. Ce qui m’a sidéré, c’est cette avidité, cette brutalité de la technique dans un lieu qui n’est que beauté. Au fond, habiter poétiquement le monde s’oppose à habiter techniquement. On peut le formuler de cette manière, aussi abrupte. »

[J’ai là sous les yeux, dans cette forêt, quelque chose qui est beaucoup plus riche que tout ce qu’un musée ne pourra jamais s’offrir. Dans l’ordre, un peu de mousse, un peu plus loin des ronces, une fougère que le soleil traverse comme un vitrail. […]

Un joli petit cadeau à offrir ou à s’offrir…, juste pour le plaisir ! Dans ce mini-livre de 15 pages, il y a tout pour les poètes et la forêt !

Le plâtrier siffleur – 15 pages – 5 € (2018) au rayon poésie.

Librairie Doucet/M.Christine

Heureux qui comme Ulysse. Joachim du Bellay – Poésie

 » JOUR J »  : c’est le 11 mai ! – Jour du déconfinement et la librairie Doucet du Mans est enfin heureuse de vous  retrouver et de vous accueillir masqués !

Alors, un petit clin d’œil, pour faire suite aux articles précédents,  à propos du voyage d’Ulysse et avant de se quitter pour repartir du bon pied, voici ce joli poème qui date de la fin du XVè siècle…

Bon vent !

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis s’est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

 « Heureux qui, comme Ulysse … »-  Extrait du recueil « Les « Regrets. »

Joachim du Bellay (1522-1560) poète français joachim

Un été avec Homère – Sylvain Tesson – Éditions Équateurs Parallèles et France Inter et Arte.

Enfin ! J-1 avant le «dé-confinement» C’est avec un immense plaisir que « l’équipage » de la Librairie Doucet vous retrouvera en librairie demain, lundi 11 mai !.un été avec homère

Et tant pis, si  pour cet été, vous n’avez encore rien prévu ou réservé pour vos vacances ! Une suggestion ! Une idée d’évasion sans vous déplacer !

Partez en voyage ! « Homère continue de nous aider à vivre » Partez en compagnie de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson ! homère

« Préparons-nous : nous passerons des fleuves et des champs de bataille. Nous serons jetés dans la mêlée, conviés à l’assemblée des dieux. Nous essuierons des tempêtes et des averses de lumière, serons nimbés de brumes, pénétrerons dans des alcôves, visiterons des îles, prendrons pied sur des récifs ». L-Illiade

Embarquez avec Homère pour une navigation héroïque et magique dans deux poèmes ineffables : « l’Iliade » et « l’Odyssée », la guerre de Troie et le retour d’Ulysse à Ithaque…carte itinéraire

Tout au long de l’été 2017, Sylvain Tesson a lu pour les auditeurs de France Inter de nombreux passages de cette longue épopée que l’on peut réécouter en cliquant sur le lien ci-dessous. 

Puis il a repris la lecture (un-ete-avec-homere) de ces textes en janvier 2020 (05/01/20) présentés jusqu’au 1er mars 2020« Le mystère de la beauté pure »« L’Odyssée le poème du retour »« Achille, le héros de l’Iliade »« Homère peut se passer du guide Michelin »« Le Héros d’Homère est-il libre de sa destinée »« Rien ne saurait déborder si on veut être heureux »« La guerre, notre mère » « Le temps retrouvé ».

Voguer, rêver, s’instruire, côtoyer les Dieux et se ressourcer dans les eaux bleues des mers  Méditerranée, Égée, Tyrrhénienne, Ionienne, Adriatique…, De la Sardaigne à la Turquie, c’est ce que vous réserve Sylvain Tesson. 

Merveilleux petit livre, plein de charme, de poésie, de finesse et d’humour. N’hésitez pas à lire « Un été avec Homère ». A lire ou relire ces beaux poèmes. A les écouter sur France Inter. C’est très enrichissant. Même les jeunes ado peuvent s’y coller !

Voguez à bord de l’Akhenaton et de son équipage ! Regardez « Dans le sillage d’Ulysse » de Sylvain Tesson, ce passionnant et riche documentaire de cinq épisodes de 26 mn chacun, réalisé par Christophe Raylat (coproduction avec Arte France, Lato Sensu Productions) – Disponible sur le site Arte.tv jusqu’au 15 juin 2020

Bonne fin de pont du 8 mai !

Bon 8ème et dernier weekend de confinement ! 

Bonne reprise et Bon courage à ceux qui retournent au travail !

Librairie Doucet/MC

Un été avec Homère – 246 pages – prix : 14,50 € – L’Iliade de Homère (éditions Points) prix : 8.90 € – 700 pages – Nouvelle traduction de Philippe Brunet – Odyssée de Homère (folio classique) Édition de Philippe Brunet – 505 pages – prix : 5.95 €

Les Animaux malades de la peste – Jean de La Fontaine… vus par Leïla Slimani (Magazine Lire de février 2018) et Sylvain Tesson (France Inter)

Enfin ! Plus que 3 jours  avant le « dé-confinement »  C’est avec un immense plaisir que l’équipe de la Librairie Doucet vous retrouvera en librairie lundi 11 mai !

Leila Slimani s’est plongée dans ses souvenirs d’enfance et dit : « A mes yeux, ce texte relève du pur génie. Sur le plan du style, c’est un véritable chef-d’oeuvre de rythme de beauté et de poésie. Sur le fond, la critique sociale est d’une finesse incroyable et d’un grand humour aussi. Critique de l’arbitraire, du pouvoir absolu, critique de la superstition, mais aussi de la servitude volontaire. Certaines phrases de cette fable sont d’ailleurs devenues des expressions consacrées tant elles résument avec force une vérité éternelle. J’ai lu ce conte pour la première fois lorsque j’avais une dizaine d’années. Je vivais au Maroc, sous le règne de Hassan II, un monarque de droit divin connu pour sa violence et même sa cruauté. J’habitais à Rabat où existait un véritable système de cour et les courtisans ressemblaient fortement au bestiaire de La Fontaine. Ce qu’il racontait m’était alors étrangement familier. Et j’en étais fascinée. »PORTRAIT LAFONTAINELes animaux malades de la peste Jean de La Fontaine -Les fables Recueil II, livre VII

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste [puisqu’il faut l’appeler par son nom]
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints. L’Âne vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Quant à Sylvain Tesson sur France Inter, il  cite aussi la fable de La Fontaine  : « Les animaux malades de la peste », où l’on voit les animaux s’adonner à toutes sortes de procès, pour chercher des coupables. « Cela révèle toutes nos mauvaises passions, la peur, la jalousie, l’envie, l’amertume. » (lors du Grand Entretien du 20 mars 2020 sur France Inter avec Léa Salamé et Nicolas Demorand)

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Toute l’équipe de la librairie vous souhaite un excellent dernier week-end de dé-confinement et vous encourage à rester prudents, encore pendant de très longues semaines, vous suggérant d’appliquer toutes les règles de distanciation sociale pour rester en pleine forme !

Librairie Doucet/MC