Souvenirs sur Gustave Flaubert – Caroline Commanville – Éditions La Coopérative

Témoignage unique et souvenirs intimes sur Gustave Flaubert par Caroline, sa nièce !

« En cette année où l’on célèbre le deuxième centenaire de la naissance de Flaubert, il nous a semblé que la réédition de ces Souvenirs serait un hommage bienvenu au grand écrivain et à sa nièce si digne de sa tendresse. Puisse cette évocation intime et émouvante, à travers le texte aussi bien que les images, contribuer à maintenir vivante la mémoire de ce génie auquel nous devons tant de joies de l’esprit et du cœur. » (La Coopérative)

Croisset vu de la terrasse par Caroline Commanville

Tous les lecteurs de la Correspondance de Flaubert connaissent Caroline Commanville, la nièce de l’écrivain, sa « chère Caro ». Fille de la sœur de Flaubert morte quelques jours après l’avoir mise au monde, et délaissée presque aussitôt par son père, elle fut élevée par sa grand-mère et par son oncle. Mariée à dix-huit ans à un riche négociant de Dieppe, Ernest Commanville, elle resta toujours pour Gustave Flaubert la fille qu’il n’avait jamais eue.

Souvenirs sur Gustave Flaubert - Wikisource

Après la mort subite de Flaubert en 1880, Caroline devint la dépositaire de tous ses manuscrits. Ce fut elle qui entreprit la première édition de sa Correspondance en 1887. Elle rédigea pour le premier volume de cet ensemble des Souvenirs intimes qui demeurent un témoignage unique sur son oncle.

De ce texte aujourd’hui peu connu, Caroline Commanville, qui était peintre, publia en 1895 à tirage très restreint une édition pour bibliophiles, illustrée par ses soins. C’est ce joyau typographique que nous réimprimons en fac-similé à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Flaubert.

Souvenirs sur Gustave Flaubert - Wikisource

Ces dessins d’une artiste douée ont le grand mérite de nous conserver le souvenir de Croisset, la propriété de Flaubert rasée en 1882 et dont ne subsiste aujourd’hui qu’un simple pavillon. On y voit le célèbre cabinet de travail de l’écrivain et différents aspects de la maison, ainsi que l’Hôtel-Dieu de Rouen, où il naquit. Surtout, on découvre une évocation inoubliable de l’écrivain par la personne qui fut peut-être la plus proche de lui.

Des notes discrètes mais précises et une présentation des éditeurs accompagnent cette réédition.

« De cette évocation fort attachante de Gustave Flaubert, d’une belle facture littéraire soulignons-le, par la personne qui fut peut-être la plus proche de lui on ressort avec le sentiment d’avoir côtoyé plus qu’un phare ou un saint patron ès-littérature : un homme simple, sincère, chaleureux et fraternel, presque un ami. » Patrick Corneau, écrivain.

Vous passerez un agréable moment en compagnie de Caroline Commanville et de son oncle Gustave avec qui elle a partagé de nombreux souvenirs, au temps de la vie à Croisset !.

Ce petit livre est superbement illustré de fac-similé et nous savourons ce texte magnifiquement bien écrit.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M.Christine

« Souvenirs sur Gustave Flaubert » – 128 pages dont 93 pages de fac-similé – broché sous jaquette illustrée avec six illustrations noir et blanc hors-texte et des enluminures dessinées par Caroline Commanville. Prix : 14 € (parution 14/05/21)

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em – Kim Thùy – Éditions Liana Levi

Un livre très touchant et plein de délicatesse

« L’histoire du Vietnam est très peu racontée dans les livres, parce qu’on n’avait pas la chance de le faire, on n’avait pas les moyens pour le faire. Et donc, il fallait passer par des témoignages et Kim Thuy a pu écrire ce livre grâce aux témoignages, à ces gens qui n’ont plus peur de parler de leur expérience en tant que soldat à l’intérieur de l’armée du nord du Vietnam et évidemment de l’armée du sud du Vietnam parce qu’à 80 ou 90 ans on n’a plus peur de la censure. » précise Kim Thuy lors d’une interview.

« La vie est un combat, la tristesse entraîne la défaite » (dicton que l’on pouvait lire sur le tableau noir de la salle de classe de la mère de l’auteure, qui était institutrice)

Présentation : La vérité de cette histoire est morcelée, incomplète, inachevée dans le temps et dans l’espace. Elle passe par les colons implantés en Indochine pour y exploiter les terres et les forêts. Par les hévéas transplantés et incisés afin de produire l’indispensable caoutchouc. Par le sang et les larmes versés par les coolies qui saignaient les troncs. Par la guerre appelée « du Vietnam » par les uns et « américaine » par les autres. Par les enfants métis arrachés à Saïgon par un aigle volant avant d’être adoptés sur un autre continent. C’est une histoire d’amour qui débute entre deux êtres que tout sépare et se termine entre deux êtres que tout réunit : une histoire de solidarité aussi, qui voit des enfants abandonnés dormir dans des cartons et des salons de manucure fleurir dans le monde entier, tenus par d’anciens boat people.

Avec ce livre, Kim Thùy nous découvre, au-delà des déchirements, l’inoubliable pays en forme de S qu’elle a quitté en 1975 sur un bateau.

Par petites touches et par de courts chapitres, à travers des prénoms, Kim Thuy nous raconte tout en finesse et sans prétention cette tranche d’Histoire, cette guerre du Vietnam qui deviendra celle d’Indochine. Elle nous raconte avant tout, l’amour qui surgit où on ne l’attend pas, les orphelins qui survivent, l’héroïsme des personnes qui les ont aidés, la résilience des réfugiés. Un roman sublime écrit avec beaucoup de délicatesse, sans jugement ni concession.

30 avril 1975 : fin de la guerre du Vietnam. En 2025, le 30 avril sera un mercredi, comme en 1975. Le cinquantième anniversaire sera certainement un grand évènement pour tous les Vietnamiens.

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Kim Thùy vit au Québec. Diplômée en droit, elle exerce différents métiers : couturière, interprète, avocate ou encore chroniqueuse culinaire – avant de se consacrer à l’écriture. Paru en 2010, « Ru » devient un best-seller, traduit dans plus de vingt-cinq pays. Après « Mán » (2013) et « Vi » (2016), « em » est son quatrième roman. Elle a reçu plusieurs prix dont le Prix littéraire du Gouverneur général 2010, et a été l’une des quatre finalistes du Nobel alternatif en 2018.

em – 155 pages – prix 15 € (parution février 2021)

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Un Afghan à Paris – Mahmud Nasimi – Les Éditions du Palais – Préface Ayyam Sureau

Histoire poignante et émouvante d’un homme courageux !

Mahmud Nasimi a quitté l’Afghanistan en 2013 laissant derrière lui un pays en guerre, sa famille et ses amis. Arrivé à Paris en 2017, il a dû affronter à nouveau la vie de « réfugié », les nuits dans la rue, la solitude, le désespoir.

Il ne parlait pas le français, ou si peu, et un jour ses pas l’ont porté au cimetière du Père Lachaise. Là, « il a fait connaissance avec un glorieux peuple de l’ombre », il s’est fait des amis, Balzac, Proust, Eluard… Il a feuilleté leurs romans, leurs poèmes, en a recopié des phrases, en a appris d’autres par cœur.

Dans cette langue qu’il a faite sienne, il a bâti ce récit où s’entremêlent bonheur et douleur, où il évoque les meurtrissures d’une vie, ses rêves et ses espoirs, dans une langue poétique aux images venues d’ailleurs. (Préface d’Ayyam Sureau)

Et voici un extrait de ce récit :

« Les morts ne sont plus muets, ils me parlent avec leurs merveilleux poèmes, le chant de leurs quatrains, la mesure de leurs alexandrins, le rythme de leurs vers, le souffle de leurs textes. C’est auprès d’eux que j’ai trouvé une motivation extrême, ce sont eux qui m’ont donné envie d’apprendre la langue française, la langue de l’amour et de la paix, la langue de Molière. C’est ainsi que j’ai décidé d’approcher la culture française, la vie des artistes et l’histoire de la France. (p.39)

C’est par la biographie de Balzac, « La Peau de chagrin » et « La Comédie Humaine » que Mahmud Nasimi découvre la littérature française et décide d’apprendre le français pour se mettre ensuite à l’écriture de ce livre. De cette belle histoire, il se retrouve sur le plateau de La Grande Librairie de François BUSNEL, que vous pouvez voir en replay lors de l‘émission du 26 mai 2021 (cliquez ici), dans laquelle il récite sans aucune hésitation « RECUEILLEMENT » de Baudelaire !

Mahmud NASIMI, réfugié à Paris, a trouvé, grâce à la littérature son nouveau chemin de vie. Le voilà aujourd’hui avec son propre récit, dans un français plein de poésie c’est donc à juste titre que l’on peut lire sur le bandeau de son livre

« LISEZ-LE, C’EST UN VERITABLE BONHEUR ! » (François BUSNEL).

BRAVO ! Et Merci pour ces belles pages écrites dans un français plein de poésie !

Superbe déclaration à la littérature française.

Librairie Doucet Le Mans/M.Christine

Mahmud Nasimi, réfugié à Paris, a écrit son premier livre en collaboration avec Anabelle Rihoux « De loin j’aperçois mon pays », dans lequel il raconte son épopée migratoire de Kaboul à l’Europe, entre 2013 et 2015.

« Un Afghan à Paris » – 115 pages – prix : 15 € – Préface de Ayyam Sureau – (parution mars 2021)

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L’Énergie Vagabonde – Sylvain Tesson – Collection Bouquins – Éditions Robert Laffont/ Un été avec Homère Éditions Équateurs

Partagez l’énergie vagabonde de Sylvain Tesson !

Retrouvez avec plaisir l’écriture de Sylvain Tesson en 1472 pages !

« En voyage, je vis, je respire, je cherche l’aventure. Je rencontre des êtres qui savent tenir une conversation, je croise quelques ennuis, je cueille une vision, je pousse une porte, je me sors d’un pas désagréable. Je traverse une forêt, je parle à un homme que je ne connais pas et lui confie davantage de choses que s’il était mon frère, parce que je suis sûr de ne pas le revoir. L’énergie vagabonde, c’est la traversée de l’éphémère, perpétuellement renouvelé. L’énergie vagabonde consiste à faire moisson d’idées dans les collines inspirées. Un jour, les notes deviennent un livre. Aujourd’hui, ces livres sont rassemblés dans ce recueil. Il contient les récits de mes voyages à pied, à cheval, à bicyclette, dans les piémonts du Caucase, les steppes de l’Asie centrale, les taïgas de Sibérie, les plaines de Mongolie et de Russie, et sur le plateau du Tibet. Cette géographie a aimanté mon corps. Là-bas, les ciels aspirent le regard, les horizons reculent : on n’a pas de scrupules à tirer des bords en pareils parages ! Je joins à ces textes le souvenir de mes virées à moto sur les routes du Nouveau et de l’Ancien Monde, de mes bivouacs et de mes ascensions. A ces récits de promenades plus ou moins contrôlées, j’ai ajouté des reportages en des contrées lointaines où les hommes vivent des existences plus dangereuses que la mienne ainsi que certaines pages de mes journaux, tenus dans l’espoir de donner un ordre à ces agitations. Je crois aux vertus de la tangente et de l’échappée. Puisse l’énergie vagabonde ne jamais se tarir ! » Sylvain Tesson

L’énergie vagabonde – 1472 pages – prix : 32 € (parution 12/11/20)

UN ÉTÉ AVEC HOMÈRE

VOYAGE DANS LE SILLAGE D’ULYSSE

Un été avec Homère illustré par les photographies de Frédéric Boissonnas qui entreprit le voyage d’Ulysse avec Victor Bérard en 1912 et les peintures de Laurence Bost. Les cinq épisodes du documentaire « Sur les traces d’Ulysse avec Sylvain Tesson » ont été diffusées sur ARTE en avril 2020.

Un été avec Homère – 256 pages – prix : 27 €

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/MC

L’ ANOMALIE – Hervé LE TELLIER – Éditions Gallimard – Prix Goncourt 2020

Pour fêter avec nous sa distinction, (dans le respect des règles sanitaires) Hervé LE TELLIER sera à la Librairie Doucet pour une dédicace devant la librairie SAMEDI 19 DÉCEMBRE de 15h à 18 h

Le prix GONCOURT  a été attribué le 1er décembre, lors d’une visioconférence à :

Hervé LE TELLIER** pour « L ANOMALIE » (Gallimard).

Nous allons parlé de prix aujourd’hui !

MAD : Vous savez c’est toujours dans la tradition. La rentrée littéraire démarre fin août début septembre et la période des prix arrive assez tôt, même toujours un peu plus tôt, sauf que cette année, toutes les Académies, le Goncourt, le Renaudot ont décidé de soutenir les librairies qui étaient fermées et de décaler la remise des prix pour que ces ventes ne soient pas exclusivement sur des plateformes numériques ! C’est pour cela que le grand prix du roman de l’Académie française vient d’être attribué (26 novembre). Le prix Goncourt, seulement hier (30 novembre) avec le prix Renaudot dans la foulée et nous attendons demain (le 2 décembre) le prix Goncourt des lycéens. Donc, nous arrivons demain à la conclusion de cette période des prix et puis de ces récompenses importantes parce que, pour les auteurs ça change beaucoup en terme de tirages, de nombres de livres vendus.

MB : Cette cuvée 2020 est-elle intéressante et accessible ?

MAD : Cette cuvée 2020 est très intéressante pour les différents grands prix qui ont été attribués. Oui, c’est une très bonne cuvée pour le moment je n’ai rien à dire, j’adhère ! – la quantité des livres, les choix.. Nous avons eu une très bonne rentrée littéraire. On a savouré et je reconnais que tous ces prix ont été donnés à des livres qui sont intéressants, grand public dans des genres très différents : – Marie-Hélène LAFON qui a eu le prix Renaudot et Serge JONCOUR le prix Femina, vont nous parler de nature, nous parler de racines. On va avoir, avec Chloé DELAUME qui a obtenu le prix Médicis, quelque chose qui tourne autour de l’intimité de la femme de 45 ans, sa place sur le marché de la séduction. On est vraiment dans quelque chose de concret, avec Hervé LE TELLIER pour « L’Anomalie » qui vient d’obtenir le prix Goncourt, on est sur un roman grand public, populaire qui peut séduire tout le monde, parce que tous les genres sont représentés dans un seul roman. Avec le prix de l’Académie française« La grande épreuve » d’Étienne de Montety, il s’agit d’un texte malheureusement d’actualité brûlante, sur l’engagement, pour le Bien et pour le Mal. On va voir avec les problèmes de radicalisation et d’excès. Je pense que nos livres, nos prix de cette année collent à l’actualité, collent à nos problèmes, collent à nos questions. On verra l’année prochaine, si l’on n’a que des titres sur la COVID et la pandémie !

MB : Alors, Marie-Adélaïde, la question difficile, s’il ne fallait en choisir qu’un seul parmi les prix, lequel devrait-on choisir ?

MAD : Oh là là, horrible question, que la question est dure ! Bon, j’avais un chouchou depuis le début. Je suis très heureuse qu’il ait gagné ! C’est « L’ Anomalie » de Hervé LE TELLIER, qui est publié chez Gallimard et qui a eu le prix Goncourt. Ce livre m’a transporté de joie. Et quand on parle d’un livre jubilatoire, c’est ça ! Vous le lisez le sourire aux lèvres parce que, ce que j’apprécie dans un texte comme celui-ci, c’est qu’il me fait rire, il me fait réfléchir ! On se pose des questions philosophiques, religieuses et puis il aborde un sujet qui est incroyable que j’ai peu lu ! Que se passe-t-il Maxime, qu’est-ce qui vous arriverez Maxime, si un beau jour, en rentrant chez vous, vous tombez sur un autre Maxime ? Il vous ressemble comme deux gouttes d’eau, il a les mêmes souvenirs, il a fait les mêmes choses, il connaît tout de vous, et vous, tout de lui… La seule différence c’est que vous avez trois mois d’écart. Il y en a un qui est en avance de trois mois et l’autre est en retard de trois mois. Ça vous permet peut-être de réparer des erreurs, ça vous permet peut-être de défaire les choses, ça vous permet peut-être de profiter d’une célébrité ! C’est absolument génialissime.

Et ce roman conjugue tous les genres littéraires : le roman d’amour, le témoignage, le roman de société, le polar, l’anticipation, c’est incroyable. Vraiment un grand grand coup de chapeau à Hervé LE TELLIER. BRAVO à Hervé LE TELLIER !

**Hervé LE TELLIER, 63 ans, mathématicien de formation et ancien journaliste, et président de l’association de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentielle), a obtenu huit voix contre deux pour « L’Historiographe du royaume » de Maël Renouard.

« L’ANOMALIE » 336 pages – prix : 20 € – parution 20/08/20

Écoutez Marie-Adélaïde en compagnie de Maxime Bonhomet, sur France Bleu Maine, en cliquant ici !

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet/M.Christine

La mère morte – Blandine de Caunes – Éditions Stock

la mère morte 2Un témoignage bouleversant 

Un récit pour écrire le dernier chapitre de la vie de sa mère. Sa mère, c’est Benoîte Groult, journaliste et célèbre écrivaine, grande figure du féminisme français, qui a écrit de nombreux romans, essais et quelques autobiographies…, sa vie en détail.

Elle n’a hélas pu écrire le dernier livre de sa vie puisque la maladie d’Alzheimer lui est tombée dessus. Donc, c’est sa fille Blandine de Caunes qui a décidé d’écrire ce dernier chapitre. Ce livre, elle l’a commencé dix-huit mois avant la mort de celle-ci,  âgée alors de 96 ans.  Puis un jour, malheureusement un drame en cette année 2016 est arrivé, un événement imprévu, bien évidemment : l’auteure,  a dû faire face à la disparition de sa fille Violette, lors d’un accident de voiture. Une disparition qui n’est guère dans l’ordre des choses, car Violette âgée de 36 ans, sera inhumée deux mois avant sa grand-mère. Malade depuis de longs mois,  Benoîte Groult  ne connaîtra hélas, pas le décès de sa petite-fille, du moins de la bouche de Blandine.

Malgré ce terrible drame, l’absence insurmontable de Violette, ces deuils successifs,  mais grâce au soutien de sa famille puis l’aide de voisins et amis, Blandine de Caunes réussira à  publier ce livre, dix-huit mois après.

Pour ceux et celles qui n’ont pas oublié Benoîte Groult, cette femme qui a tant parlé du combat des femmes, voici ce livre bouleversant mais nécessaire car chez les Groult on écrit tout ! On aime se confier.  De mère en fille, on écrit « son journal intime », c’est une tradition ! Blandine de Caunes nous livre ce magnifique témoignage, sans être pathétique, mais avec tellement d’amour, de tendresse, d’amitié, de partage  et plein d’émotions. A lire aussi parce qu’elle nous parle du deuil mais de la vie aussi. A lire pour de nombreuses raisons que vous découvrirez !

Benoîte Groult  née en 1920, militante féministe française, est décédée le 20 juin 2016 à Hyères dans sa maison familiale. Membre du Comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), elle avait écrit « La Touche Etoile » en 2006. Elle collabore dans divers magazines : ELLE, Parents,  Marie-Claire etc.., auteure de plusieurs best-sellers : « La Part des choses » (1972), « Ainsi soit-elle » (1975), « Les Trois-Quarts du temps » (1983), « Les Vaisseaux du cœur » (1988), « Mon évasion » (2008).

Librairie Doucet/MC

« La mère morte » – 294 pages – prix : 20€ – paru en janvier 2020

Blandine de Caunes a travaillé dans l’édition. Elle est l’auteure de « L’Involontaire » (1976, Stock- réédition Phébus 2015) Elle a établi et préfacé le « Journal d’Irlande », carnets de pêches et d’amour de sa mère, Benoîte Groult (Grasset 2018)

Urgences – Hôpital en danger- Hugo Huon Le collectif Inter Urgences/ Éditions Albin Michel

Hopital en danger

PRENEZ SOIN DE VOUS ET RESTEZ CHEZ VOUS !

« Les urgences hospitalières sont malades. »Relais du Cœur - Un défi de coeur

« Ce livre est […] notre combat, votre combat. Un combat qui a pour but d’éviter l’effondrement de notre système de santé, à l’heure où les patients sont en danger.  Plutôt que de nous taire, nous, professionnels de santé, avons choisi de redoubler d’énergie pour sauver ce qui nous tient à cœur : l’accomplissement de notre mission de service public. »

« Réduction des coûts et des effectifs, services saturés, violences, burn-out du personnel soignant… Les urgences craquent et depuis un an, un mouvement de grèves spectaculaire se propage. À sa tête, le collectif Inter Urgences et son porte-parole, Hugo Huon, brisent l’omertà et se font l’écho des acteurs de terrain : les médecins, mais surtout les « sans voix », infirmiers et aides-soignants.« 

« Pour la première fois, ils livrent leurs témoignages, saisissants, courageux et avant tout, humains. Face à la mise à mort de l’hôpital public avec la complicité les plus hautes instances de l’État, ce livre appelle à une mobilisation citoyenne… avant qu’il ne soit trop tard ».

 « Ce livre est un hommage à l’une des trop nombreuses catégories de sans voix, les paramédicaux. La réalité est là : fautes de mesure immédiates et d’envergures, nous mourrons de plus en plus aux urgences. Plutôt que de nous taire nous, professionnels de santé avons choisi de redoubler d’énergie pour sauver ce qui nous tient à cœur : l’accomplissement de notre mission de service public. Et, pour y parvenir, nous avons besoin de vous. »

Hugo Huon, Infirmier à l’hôpital Lariboisière à Paris,  préside le collectif Inter Urgences. En soutien à la mission de service public défendue par le mouvement, une partie des droits de ce livre sera reversée au collectif Inter Urgences.

« Urgences – Hopital en danger » – Éditions Albin Michel – 336 pagesprix : 19 €(parution 12/02/2020)

Librairie Doucet/MC

 

 

 

Rivage de la colère – Caroline Laurent – Éd. Les Escales

UN PAN DE L’HISTOIRE DU COLONIALISME MÉCONNU !

RIVAGE DE LA COLEREMarie-Adélaïde !  On vous retrouve et on tourne avec vous les pages  d’un très beau livre sur l’exil !  « Rivage de la colère » le nouveau roman de Caroline Laurent. Au cœur de l’océan Indien, ce roman met à jour un drame historique méconnu. Et nous offre aussi la peinture d’un amour impossible. Roman de l’exil et de la révolte, « Rivage de la colère » nous plonge dans un drame nourri par une lutte toujours aussi vive cinquante ans après.

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Vous savez, il y a des auteurs dont on attend les textes  et c’est un bonheur de ne pas être déçus, un bonheur d’avoir un tel coup de cœur ! Il s’agit d’un second roman. Caroline Laurent, vous l’aviez connue avec le très beau livre sur la vie d’Evelyne Pisier qui s’appelait : « Et soudain, la liberté » qui était extrêmement touchant,  qu’elle avait achevé seule. Elle avait été obligée d’écrire son premier roman toute seule puisque Evelyne était décédée. Second roman : il y a de l’appréhension, c’est difficile. Elle écrit et signe un texte absolument bouleversant sur une histoire qui la touche de près, parce que Caroline est d’origine mauricienne. Je ne connaissais pas les îles Chagos (et nous sommes certainement nombreux à ne pas les connaître !..) C’est assez joli. Donc, vous imaginez Maurice, une journée de bateau. Vous vous éloignez, il y a plusieurs îles. Celle qui va nous intéressée est celle de Diego Garcia et  devenir tristement célèbre. Maurice et les îles Chagos appartiennent à l’Angleterre. Nous allons suivre pendant un bref moment, la vie de Marie-Pierre Ladouceur. Elle est jolie comme tout. Quand elle a faim, elle va pêcher du poisson ou des poulpes. Elle vit pieds-nus ; elle travaille avec toutes les femmes de l’île dans une coopérative. Elles coupent les cannes à sucre ; elles ont peu de besoin. Elles sont heureuses. Il fait bon vivre. La vie est sympathique. Elle a une fille –on ne sait pas très bien qui est le papa, on a des doutes- mais, la vie est belle. Un beau jour, va débarquer sur l’île, un homme important, un blanc de l’île Maurice qui vient  travailler, pour diriger et inspecter. Ça va être le coup de foudre entre ces deux-là et ça va créer le fil romanesque de notre histoire. Mais, ça ne tient pas à une simple histoire d’amour. C’est un texte très fort sur le déplacement de population, jusqu’au moment où  Maurice va réclamer son indépendance, l’Angleterre va lui ordonner et va décider de garder les îles Chagos, de vendre ses territoires aux États-Unis, de les louer plus exactement, pour en faire une base militaire. La base de Diego Garcia existe toujours de nos jours, et en une après-midi la population va être déplacée. –Ça va les obliger à partir  ; ils  n’auront pas le temps prendre quoi que ce soit ! Ils vont végéter dans des bidonvilles à Maurice. Comme quoi, la terre, le soleil, la plage, la mer bleue… Tout cela c’est horrible, même quand vous vivez dans un bidonville et ce texte à deux voix,  l’histoire de Marie-Pierre, son combat, car son combat est fort, c’est le grand cri de colère, de son fils, Joséphin qui va aller porter cette revendication jusqu’au Tribunal International de La Haye et qui, l’année dernière, a eu une première victoire puisqu’on a reconnu, qu’il fallait les indemniser et que l’Angleterre était coupable de ce déplacement de population. Cette alternance de voix, entre Marie-Pierre et son fils, le combat est absolument extraordinaire. Vous vous  embarquez dans une aventure humaine qui vous laisse ému(e-s), interloqué(e-s). En plus, je trouve cela merveilleux, on apprend quelque chose. C’est toujours intéressant, ces livres avec un fait historique ! ...(-d’après une histoire vraie-)

On est plus dans une histoire dramatique qu’une histoire d’amour malgré tout !  Bien sûr, on est bien plus dans une histoire dramatique et l’histoire d’amour sous-tend et allège un peu le drame de ce roman.

Marie-Adélaïde/M.Christine

« RIVAGE DE LA COLÈRE » – 256 pages – prix : 19.90 € (parution : 09/01/20)

Écoutez Marie-Adélaïde de la librairie Doucet sur France Bleu Maine,en compagnie de Fabien Obric et Clarisse Frigoul, en cliquant ici !

La plus précieuse des marchandises -un conte- Jean-Claude GRUMBERG- Ed. du Seuil – La librairie du XXIè siècle-

A lire absolument, à distribuer, et surtout à partager pour ne pas oublier... Un livre qui devrait s’inscrire au programme d’Histoire de tous les établissements scolaires. A consommer sans modération ! A mettre entre toutes les mains, enfants, jeunes adolescents et adultes ! Une belle manière de raconter l’Histoire.

Librairie Doucet/M.Christine

« La plus précieuse des marchandises » – 120 pages – prix : 12 € – La librairie du XXIè siècle – Collection dirigée par Maurice Olender.  (Janvier 2019)

Jean-Claude GRUMBERG est l’auteur d’une trentaine de pièce de théâtre, joués partout dans le monde, et scénariste (avec Truffaut, Costa-Gavras, etc..) Il a publié au Seuil, dans « La librairie du XXIè siècle », « Mon père Inventaire » (2003)  et « Pleurnichard »  (2010).

Et pour ceux qui voudraient aller plus loin, lisez « LE CHÂLE » de Cynthia OZICK préfacé par Valentine Goby (Signatures POINTS)

La plus précieuse des marchandises. Un conte.

Un petit livre de 120 pages mais un grand livre de par sa qualité. Ce petit livre écrit sans prétention, sous forme de conte pour nous raconter l’Histoire : « un grand bois, un pauvre bûcheron et une bûcheronne en mal d’enfants… Tout près passe une ligne de chemin de fer où des trains passent régulièrement… Tout autour, la guerre ».

Un conte poétique et éblouissant, sur une des périodes les plus sombres de l’Histoire de l’Europe. 

« Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron. Non non non non, rassurez-vous, ce n’est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons… Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s’abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale. La guerre mondiale oui oui oui oui oui. » J-Cl. G.

Prix spécial du jury du prix des libraires – Prix des lecteurs de l’Express/BFMTV – Grand prix de la Société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son œuvre.

Le Consentement – Vanessa Springora – Éd. Grasset

UN TÉMOIGNAGE BOULEVERSANT 

le consentementDans les mains de Nathalie, un livre dont on parle énormément en ce moment ! et pour cause : « Le Consentement » de Vanessa Springora où l’éditrice revient sur sa relation avec l’écrivain primé Gabriel Matzneff : un livre qui devient  l’affaire Matzneff !.

  • « Pour tout vous dire, à la sortie du livre, Nathalie s’était dit :  – « Je ne vais pas lire ce livre là, un écrivain, un auteur de plus qui raconte ses problèmes d’enfance, nous en avons assez régulièrement. C’est un peu toujours la même chose et ils ne sont pas les seuls à avoir écrit des choses compliquées ».  Je préfère les écrivains qui inventent une vraie histoire. Et puis, il y a eu un papier, dans une revue qui était assez intéressant et là, je me suis laissée tenter par les premières pages pour découvrir,  voir ce que cela donnait ! En fait, je l’ai dévoré…. »
  • C’est excessivement bien fait. Alors, pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire : Vanessa Springora, à l’âge de 12-13 ans -alors que sa mère gravite dans les milieux littéraires-  rencontre un type âgé de 50 ans, Gabriel Matzneff, un auteur bien implanté, connu et reconnu,  mais un prédateur sexuel qui va exercer une emprise, avec lequel elle aura une relation pendant quelques années, jusqu’au moment où elle va découvrir -alors qu’elle croit vivre une très belle histoire d’amour, malgré la différence d’âge- qu’elle n’est pas la seule. Il joue à ce petit jeu là, avec plein d’autres jeunes filles, des jeunes gens…. Voilà !..  Et, elle raconte.
  • Elle a mis trente ans à écrire ce livre hyper intéressant, c’est brillant, c’est très bien construit et il n’y a pas du tout ce côté voyeur, c’est-à-dire que ceux  qui s’attendent à des détails croustillants, passez votre chemin, ce n’est pas le propos du livre. Elle décrypte et elle raconte l’emprise. Comment tout ça fonctionne. Mais avec la distance nécessaire, –parce que trente ans se sont écoulés, parce qu’elle a fait un travail sur elle-même-, il n’y a aucune colère, aucun désir de vengeance. C’est juste comment tout cela se met en place et puis comment on se défait de ça. C’est le témoignage d’une enfant, devenue femme. Et ce qui est passionnant, c’est qu’elle pose les bonnes questions. C’est-à-dire, par exemple pourquoi ? Je ne sais pas si vous avez vu ce clip, la fameuse vidéo dans l’émission Apostrophes de Bernard Pivot ?. C’est hallucinant ! C’est dans les années 80 alors, elle replace aussi la chose, dans ces années-là, où on ne tenait pas compte de la parole de l’enfant alors qu’aujourd’hui, l’enfant s’exprime et on l’écoute. Est-ce que le contexte et les années excusent tout ? Non, elle n’excuse pas ! Elle pose les bonnes questions et elle met les choses en avant. Elle dit aussi, la faille…. Un père qui a pris la poudre d’escampette très jeune, un père absent, une mère issue des années 68, d’une grande liberté sexuelle : « il est interdit d’interdire » !. Donc, on ne veut pas s’obliger des choses, en tant que parents, on ne veut pas obliger ses enfants à les mettre dans des carcans. Elle resitue aussi tout ça, dans ces années-là et on se dit : quelle époque ! Elle pose aussi la question du milieu. Est-ce que, parce que quelqu’un est connu, ou bien dans le monde du cinéma, aussi dans l’église ?… La question s’est posée depuis plusieurs années, dans l’église. Est-ce que ça l’absout de tout ?
  • C’est hyper intéressant. C’est brillant. C’est intelligent. C’est bien construit. C’est digne.  Et quand on referme le livre, on se dit que si ce livre-là sert juste à sauver un enfant, une jeune fille ou un jeune garçon, il aura réussi sa mission ! Vraiment c’est brillant !

  • « Voilà, c’est le témoignage terrible d’une femme éditrice qui raconte comment elle s’est retrouvée sous l’emprise de Gabriel Matzneff. Ce qui est quand même hallucinant, c’est que ce type a sorti un livre en novembre 2019,  retiré de la vente depuis peu, quand même ! Il a agi pendant des décennies, en toute impunité. Et enfin, ça semble changer un peu, aujourd’hui !…. Alors, si ça peut faire bouger les choses…. Eh bien, TANT MIEUX ! « Et, visiblement ça les fait bouger…. »

Nathalie/MC

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Fabien Obric et Sophie Thomas, en cliquant ici !

« Le Consentement » – 216 pages – prix : 18 €  (paru le 02/01/20)