Le Grand Art – Léa Simone Allegria – Éditions J’ai lu (poche) ou Éditions Flammarion (GFormat)

Qui dit mieux ?

« La mort dans nos métiers est un heureux évènement » (Maurice Rheims)

Après « Loin du corps », Léa Simone Allegria écrivaine et galeriste, nous emmène dans les coulisses des salles des ventes, aux côtés de Paul Vivienne. Dans ce sublime deuxième roman, composé en trois parties, elle nous raconte l’histoire d’un commissaire-priseur un peu prêt à tout pour réussir un gros coup, avant sa sortie !

Le héros, dans « Le Grand Art », c’est Paul Vivienne, commissaire-priseur (appelés familièrement les co-co), il est proche de la retraite et est complètement largué avec l’arrivée d’internet, des réseaux sociaux, alors la vente en ligne, sans avoir vu les œuvres, il ne comprend pas qu’on puisse acheter comme ça ! La vente par téléphone, il connaissait. Les gens venaient voir sur place avant la vente, examinaient les objets et enchérissaient par la suite. Alors, Paul Vivienne, au bout du rouleau, avant sa sortie définitive, va tenter un bon coup ! Et le roman commence ainsi :

Alors que Paul Vivienne consulte son journal et lit d’abord la rubrique nécrologique, car pour lui, dès qu’il y a un décès, il y a vente possible et que son fond de commerce ce sont les « 3 D », c’est-à-dire les Dettes, les Divorces et les Décès ! Il y a chance d’aller « dépouiller » un château, un appartement, une belle propriété ! Il appelle ça « dépouiller » mais en fait, ça ne fait que changer de mains et c’est une nouvelle vie pour les biens des familles !

Paul Vivienne va donc s’envoler pour l’Italie, en Toscane car un certain Benvolio Cassaí, propriétaire d’un château, près de Florence, a rendu l’âme.

A la suite de l’ enterrement, il a trouvé un mystérieux retable « La Vierge au rouge-gorge » au fond de la chapelle, un retable peint par un florentin inconnu. La datation est estimée au début du XVème siècle mais c’est antérieur à l’invention de la perspective par Brunelleschi. Et on sait que la perspective a été inventée entre 1415 et 1425 ! Le premier a l’avoir utilisée c’est Masaccio qui était très jeune et là, le retable serait antérieur. Vasari dit, un siècle plus tard c’est Brunelleschi qui l’a inventée mais il était trop jeune, il avait 14 ans. Donc, on va chercher et c’est l’experte en tableaux anciens, Marianne Javert qui va mener l’enquête et se lancer à la recherche de l’auteur du tableau. Soit c’est un vrai, soit c’est un faux ?. Et bien sûr, elle va trouver.

Le problème c’est que plus personne en salle des ventes ne s’intéresse aux reliques de cette époque ! Proposez plutôt aux collectionneurs des BD, des planches originales de Hergé, des photos, pas de problème !

Alors, Paul Vivienne qui n’est plus en phase avec son temps, avec son époque veut prouver à la maison d’Auctionès et à tout le monde qu’il réussira à faire grimper la côte d’un retable du quattrocento qui effectivement n’intéresse plus personne et pour lui c’est un enjeu de taille. Réussira t-il ?

Vous le saurez en lisant ce roman qui se lit comme une intrigue qui est très bien construite. Touche par touche, Léa Simone Allegria multiplie les rebondissements et étonne le lecteur. Vous vous divertirez en salle des ventes avec l’impression d’être au théâtre ! La tension monte crescendo en même temps que les enchères ! C’est passionnant et richement documenté. Vous voyagerez entre Paris, Florence et la salle des ventes. Vous apprendrez le jargon de cette profession et vous connaîtrez un peu mieux les coulisses de ce monde si secret !

Cette lecture sera l’occasion de se poser de nombreuses questions : origine des œuvres ? authenticité ? qu’est-ce qui peut faire monter la côte d’une œuvre, d’un artiste ?

C’est une plongée fascinante dans le monde de l’Art. UN ROMAN TRÈS ENRICHISSANT dont l’œuvre est signée Léa Simone ALLEGRIA ! Bravo à Léa Simone Allegria, ce deuxième roman c’est du Grand Art !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/Marie- Christine

Artiste, mannequin, galeriste à Paris et New York, Léa Simone Allegria fait de l’art son terrain de jeu. « Loin du corps » (Seuil, 2017) explore la fabrique des muses et des modèles. « Le Grand Art » est son second roman.

« Le Grand Art » 352 pages (grand format) – prix : 20 € (parution 04/03/20) – Petit format J’ai Lu – prix 7.70€ (parution 09/06/21)

Le chant de la pluie – Sue Hubbard – Éditions Mercure de France

LE CHANT DE LA PLUIELE CHANT DE LA PLUIE 

« Ferme les yeux, Martha, et attends que je te dise de les rouvrir ». Puis au détour d’un rivage, il dit : « Maintenant ». Devant eux, le ciel est en feu, rouge sang et or. Peu à peu il s’assombrit, devenant violet, puis noir, avant que la grande boule de feu ne tombe dans la mer. » (p.263)

Nous voilà en Irlande, dans un coin reculé, au bord des falaises de la côte ouest,  au cœur du Kerry, face à l’océan et des îles Skellig où se situe un refuge monastique. C’est dans cette nature sauvage et omniprésente, cet environnement magnifique que Sue Hubbard a décidé de nous emmener.

Martha Cassidy, enseignante anglaise, la cinquantaine, a quitté Londres et se retrouve exactement à Kaherciveen, ce petit village isolé, après la mort brutale de Brendan,  pour mettre de l’ordre dans le cottage ayant appartenu à son mari, où il venait souvent seul (peut-être ?) qu’elle débarque. Dans cette demeure humide, elle va se remémorer quelques épisodes de ces trente années passées, mais aussi découvrir qu’elle ne connaissait peut-être pas aussi bien Brendan, son mari défunt. Une solitude qui sera quelque peu bousculée par certains voisins dont un certain Eugène Riordan assez désagréable (un vieil ami d’enfance de son mari)  et qui essaiera de la courtiser ; il a de grandes idées de développement sur la campagne de Bolus Head, tandis que le plus proche voisin de Martha Cassidy, le sympathique Paddy O’Connell  éleveur, très courageux vit de sa production  et entretient la nature qui l’entoure. 

Vous aimerez beaucoup le jeune Colm au bonnet bleu, qui vit de son élevage, poète et philosophe à ses heures, qui écrit des poèmes, joueur de fiddle le soir dans les pubs,  pour lequel Martha a beaucoup d’estime et qui lui redonnera un peu de réconfort et le goût de vivre. Tout comme vous apprécierez Martha, cette femme humble et attentionnée aux gens du cru qui porte un regard très attentif sur l’ environnement de son cottage, comme le font tous ces jeunes garçons. Puis vous ferez la connaissance des absents qui étaient si chers à Martha, ses deux « B » disait-elle, Brendan et Bruno surtout, de cette perte profonde vécue en ces lieux dont Martha parle si bien, ravivant ainsi  de nombreux souvenirs. 

Un livre sublime plein d’humanité. Un livre magnifique,  très cinématographique. Une écriture vraiment agréable, un roman extrêmement bien écrit. Et si vous aimez l’ambiance irlandaise, les embruns, la pluie et l’odeur de la tourbe,  la bière et le whisky, ce livre vous ravira très certainement !.

Une très belle découverte.

Librairie Doucet/M. Christine
Critique d’art et poète dont l’oeuvre a été couronnée par de nombreux prix, Sue Hubbard est aussi romancière. Elle vit à Londres. Le Chant de la pluie, son troisième roman, est le premier traduit en français.

« Le chant de la pluie » – 284 pages – prix 23.80 € – (parution mai 2020) – Traduit de l’anglais par Antoine Bargel.

 

 

L’apiculteur d’Alep – Christy Lefteri – Éditions du Seuil –

L'apiculteur d'AlepL’APICULTEUR D’ALEP

« Quand on appartient à quelqu’un qui n’est plus là, qui est-on ? «  (p.81)

Nuri est apiculteur. Il aime son pays et travailler à l’air libre, au  contact des abeilles qu’il connaît parfaitement bien. Avec son cousin Mustafa, ils possèdent de nombreuses ruches d’où ils extraient le miel des abeilles, indispensables à notre survie, car nous sommes aussi vulnérables qu’elles. Nuri est installé dans ce pays avec sa femme Afra, artiste peintre et leur fils, Sami. Seulement, le pays qu’ils habitent, c’est la Syrie et, en Syrie il y a la guerre… Nous allons donc suivre le long périple de cette famille syrienne.abeille 1Une bombe de plus, une bombe de trop et toute la vie bascule. Afra devient aveugle à la suite d’un bombardement et  leur fils Sami est mort. Ils ne sont plus que tous les deux, il faut fuir la guerre qui sévit dans le pays, penser à l’exil, puis tenter de rejoindre Mustafa qui a déjà atteint l’Angleterre. Afra est réticente, ne veut pas quitter sa chambre, mais Nuri fait tout pour la convaincre, toujours attentionné, cherchant malgré tout, la moindre petite chose à offrir à Afra, celle qu’il aime tant : un fruit, une fleur…, des pétales de cerisier, de biens tristes présents mais qui lui font tant plaisir. D’ailleurs, remarquez la très jolie couverture de ce livre, émouvant et magnifique, ces deux mains présentant deux moitiés de grenade gorgée de graines rouges, le plus beau des cadeaux que Nuri a offert à Afra. L’auteure nous transcrit à merveille toutes les couleurs, les senteurs, les odeurs d’épices et de miel, les saveurs de ce pays, tout comme elle transmet l’amour de Nuri pour son épouse, et tout l’amour qu’il porte à ses abeilles dont il sera question tout au long du livre.abeille 1Puis, ce sera la fuite et toutes les épreuves à traverser :  les camps de réfugiés, l’attente, les formalités, les passeurs, les traversées de mers agitées. On s’attache très vite aux personnages de ce roman, à Nuri toujours aux petits soins, plein de douceur pour son épouse, à Mohammed ce petit garçon, jeune orphelin qui accompagnera un temps le couple et qu’il faudra tenter de retrouver…

Christy Lefteri sait très bien de quoi elle parle. Elle a été bénévole dans un camp de réfugiés à Athènes et si les personnages sont fictifs, ce roman est inspiré de faits réels, grâce aux nombreux témoignages glaçants entendus sur place, aux nombreuses rencontres d’émigrés dont un apiculteur qui habitait en Syrie. C’est ainsi qu’au fil des chapitres construits de façon originale, que l’auteure nous livre, sans fioriture et sans être pathétique, ce récit merveilleux qui nous touche en plein cœur !

Une histoire, un parcours qui permet d’ouvrir les yeux et de prendre conscience de la chance que nous avons de vivre dans un pays en PAIX ! Un livre plein d’humanité, un roman absolument fabuleux, émouvant et très enrichissant.

Mais comme le dit si bien le bandeau du livre, c’est :

UNE HISTOIRE D’AMOUR FOU, UNE ODYSSÉE VERS L’ESPOIR.

abeille 1Comme dans ce livre,  il y est question d’abeilles et de miel,  si vous êtes  très attirés par ce liquide jaune d’or dont vous aurez abeille 1certainement l’eau à la bouche, je décline toute responsabilité, quant à votre  éventuelle énorme envie de  consommation, découlant de cette lecture !!..abeille 1Librairie Doucet/M. Christine

Christy Lefteri est née à Londres de parents chypriotes. Elle anime un atelier d’écriture à l’université Brunel. « L’Apiculteur d’Alep« , son deuxième roman, lui a été inspiré par son travail de bénévole dans un camp de migrants à Athènes.

L’Apiculteur d’Alep – 315 pages – prix 20 € (parution mars 2020) – Traduit de l’anglais par Karine Lalechère.

 

La soustraction des possibles – Joseph Incardona – Le Bouscat – Éditions Finitude – Prix Relay 2020

téléchargement (1)Au pays des coffres suisses, dans les années 8O-90lingot d'or 1

Un livre de Joseph Incardona, auteur suisse d’origine italienne qui a, à son actif une bonne douzaine de romans, si ce n’est plus, en tout cas, il est l’auteur de   « Chaleur » et « Derrière les billet-20-€hommes il y a les panneaux ». On commence à parler de lui de plus en plus et ce roman précisément « La soustraction des possibles » m’a scotchée sur place.

C’est un texte extraordinaire. NE LE LOUPEZ PAS !

Alors, on a eu des chroniqueurs d’époque, des grands noms, je pense à Balzac, je pense à Zola qui étudiaient les mœurs, les habitudes… Là, Joseph Incardona nous emmène en Suisse, à Genève dans un milieu aisé, très feutré, très très riche puisqu’il nous emmène dans le milieu des banques suisses. Nous sommes dans les années 8O-9O. Il y avait encore beaucoup de secrets bancaires, beaucoup de choses qui se passait comme ça, sous la table… C’est très intéressant ! Une réelle omerta et vous allez voir à quel point d’ailleurs, puisque Joseph Incardona nous parle et c’est ça qui est très amusant et j’ai beaucoup aimé son écriture. Il intervient dans le roman.

Joseph Incardona parle de ses personnages, de ceux qu’il aime, de ceux qu’il a envie de préserver, de ceux qu’il a envie de pousser, de ceux qui le touche et il parle à son lecteur en étant un personnage lui-même et en étant le maître tout puissant de ce roman.  Alors, nous sommes à Genève, dans les années 80/90, on va avoir trois personnages très très importants ! Je vous présente Odile, c’est la femme d’un grand patron d’une Société en pointe qui gagne beaucoup d’argent, qui s’embête, elle n’a que son argent et elle est très seule. Il y a le bel Aldo, il est italien d’origine, professeur de tennis et il séduit tout ce qui passe à sa portée…. Il a une âme de gigolo. Il y a Svetlana qui travaille dans la banque. Elle est volontaire, ambitieuse et a les dents qui rayent le plancher !

Ce qui va se passer dans ce triangle amoureux, c’est que Aldo va séduire cette femme, Odile,  mais qui va tomber très amoureux de Svetlana et Svetlana aussi. Et la soustraction des possibles c’est comment ces deux personnages se sont dit,  on va pouvoir réussir. Nous aussi, on va pouvoir gagner de l’argent ! Énormément  d’argent ! Nous aussi, on va pouvoir arriver en haut de la pyramide !.. Mais parfois, malheureusement un plus un,  ça ne va pas faire deux  ! Et on va se rendre compte que c’est si difficile : malversation, problème financier, blanchiment d’argent. Vous partez de Genève à Paris, via la Corse et via les paradis fiscaux. C’est passionnant !

Un texte extraordinaire. Une écriture maîtrisée et un vrai BIJOU !

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Delphine, (émission du 11/08/20) en cliquant ici !

Marie-Adélaïde de la Librairie Doucet/M.Christine

« La soustraction des possibles » Le Bouscat – Editions Finitude – 400  pages – prix 23.50 €  (parution le 02/01/20)

Les Lendemains – Mélissa DA COSTA – Éditions Albin Michel

les lendemainsLES LENDEMAINS

« Ce que la vie prend, elle le redonne aussi ».

Ce livre parle d’une reconstruction et en même temps de nature. C’est un livre magnifique et très apaisant. Alors, je vais vous faire le « pitch » parce qu’en général au bout de deux phrases les gens disent : Ah ! non…. (Sincèrement,  ne vous attardez pas au début de l’histoire, parce que c’est juste pour poser le déroulé de celle-ci…).

– C’est l’histoire d’Amande, une jeune femme d’une trentaine d’années qui, un soir de fête de la musique, va perdre son compagnon dans un accident de moto et le lendemain, suite au choc, perdre également le bébé qu’elle portait. (Mais surtout, même si c’est triste, ne vous attardez pas sur ce début de l’histoire). Bien sûr, on imagine l’état de cette jeune femme. Elle va laisser tomber son travail et un peu s’isoler, ne garder autour d’elle que le cercle des très très proches. Puis elle va louer une petite maison, en plein cœur de la nature, en Auvergne. Il se trouve que cette maison était habitée il y a plusieurs années, par une vieille dame décédée depuis, et un jour en faisant un peu de rangement dans cette maison, elle retrouve les carnets manuscrits de jardinage de cette vieille dame qui ne vivait qu’en fonction du soleil, de la lune, des saisons, des jours qui passent… Elle va petit à petit remettre en état le jardin de cette vieille dame, grâce à ses conseils qui sont consignés dans ces petits carnets de bord. C’est un livre magnifique. Un livre sur la nature, plein d’humanité. Puis, cette jeune femme qu’on va voir renaître peu à peu, à elle-même et aux autres, nous donne plein de conseils de jardinage d’abord, et une leçon de vie.

Un livre que j’ai lu pendant le confinement qui me parlait énormément et que j’ai trouvé très apaisant. Un livre qui parle de la nature, des choses essentielles de la vie  : – qu’il faut profiter  de tous les petits moments…. profiter de tous ceux qu’on aime, toutes ces petites choses de la vie qui peuvent vous apporter du bien-être…

Pour ceux qui connaissent déjà l’auteure, elle a écrit il y a deux ans, un livre qui s’appelait « TOUT LE BLEU DU CIEL » qui a eu un énorme succès. Il est sorti en Poche maintenant, avec toujours autant de succès ! Tout aussi apaisant que « LES LENDEMAINS » et,  toujours dans la même lignée que « TOUT LE BLEU DU CIEL« .

Écoutez Nathalie Pelletey de la librairie Doucet en compagnie de Maxime Bonhommet sur France Bleu Maine – Rubrique Les livres de l’été du 28/07 – en cliquant ici !

Nathalie de la Librairie Doucet/M.Christine

« LES LENDEMAINS » – 352 pages – prix : 17.90 € – (parution : 26/02/20

 

Le Faucon – Gilbert Sinoué – Éditions Gallimard

Le faucon« LE PÈRE DE LA GAZELLE » UN RÉCIT SOMPTUEUX !

« Me voici au couchant de ma vie. Je suis né le 6 mai 1918. J’ai 86 ans.  Une certitude : j’ai 1 000 ans de souvenirs. »

De Nathalie Pelletey à Bruno Vandestick :  Je vais rebondir sur ce que vous venez de dire à propos des livres…., c’est-à-dire que si vous ne devez lire qu’un seul livre, cet été, LISEZ celui dont je vais vous parler, c’est un vrai et énorme coup de cœur pour ce livre qui s’appelle :

« LE FAUCON » de Gilbert SINOUÉ.

Gilbert SINOUÉ est un écrivain, né en Egypte. Donc, tout ce qui touche au Moyen-Orient l’intéresse beaucoup ! Il a déjà écrit de nombreux livres sur l’histoire de cette région. Et là, il revient avec ce livre que j’ai dévoré en quelques heures. C’est passionnant, parce que c’est un CONTE DES MILLE ET UNE NUITS, version moderne, c’est-à-dire qu’il  va nous parler des traditions ancestrales et en même temps de modernité. Il raconte à travers ce livre, l’histoire d’un univers -que je ne connaissais pas- qui s’appelle le Cheikh Zayed, Émir d’un tout petit pays qui s’appelait « Le Pays de la Gazelle », dans la corne de l’Afrique et qui accède au pouvoir en 1966. Il succède à son frère qui jusque là, n’a pas fait grand chose pour la modernité du pays. 

Avec les ressources pétrolières, cet homme va transformer l’immensité du désert,  construire son pays, -un véritable désert de sable– où il n’y a aucune route, pas d’hôpitaux, pas d’école -ce sont des bédouins nomades, donc qui vivent dans le désert, qui sont itinérants- pour en faire en vingt ans, un pays hyper-moderne avec une infrastructure routière, des hôpitaux, des centaines d’écoles. L’école est ouverte à tous et même aux petites filles…Il aidera les pauvres, en donnant de l’argent aux familles miséreuses pour qu’ils envoient leurs enfants à l’école. Il a beaucoup joué pour l’égalité entre les hommes et les femmes…

Donc, Gilbert Sinoué nous raconte l’histoire de cet homme très moderne, un livre truffé d’anecdotes. Il nous décrit aussi la chasse aux faucons parce que c’était un Émir passionné par les faucons et de la façon dont on les apprivoise, passionné par les courses de dromadaires et de pur-sang arabes, relate leurs réunions entre différents Émirs qui se passent à la mode bédouine, c’est-à-dire sous la tente, en plein désert.

C’est magnifique, c’est gorgé de poésie, c’est bien écrit. Il y a des références à l’Islam, et parle de la place de la femme. C’est un mélange de traditions ancestrales, une vie qu’on ne connaît pas, de ces bédouins, un mode de vie très particulier et puis la modernité de ce qu’il va faire pour son pays. Renseignements pris, il s’avère que cet Émir était très apprécié, même au sein de la scène internationale car il était très modéré. Il a quitté le pouvoir dans les années soixante-dix.

C’est une histoire fabuleuse ! Un destin fabuleux !

Nathalie de la librairie Doucet/M.Christine 

« LE FAUCON » 288 pages – prix : 20 € – (parution le 04//06/20)

Écoutez Nathalie Pelletey de la libraire Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Bruno Vandestick en cliquant ici !  (mardi 21 juillet)

La commode aux tiroirs de couleurs – Olivia Ruiz – Éditions JC Lattès

 

Un roman à découvrir

« La commode aux tiroirs de couleurs » dont l’auteure est connue pour sa voix, est signé d’Olivia Ruiz !

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Marie-Adélaïde : – Exactement ! – Alors, vous savez quand on nous annonce un premier roman, jeune chanteuse, on se dit : Elle chante très bien. Qu’est-ce que cela va donner ? – Eh bien ce livre est merveilleux ! Il reprend tout à fait la musicalité d’Olivia. C’est pétillant, c’est chaleureux, c’est gai, c’est attachant !. Elle raconte une histoire de transmission, sûrement basée sur l’histoire de la famille d’Olivia, sur fond de guerre d’Espagne, un roman de génération de femmes, à commencer par Rita qui, avec ses deux sœurs et un petit baluchon, pour échapper à Franco, quittent le petit village espagnol pour se retrouver à Narbonne. Donc, cette femme qui est devenue la grand-mère de notre narratrice a conservé toute sa vie, ses souvenirs, ses petits mots d’amour, tout ce qui va l’aider à se rappeler de sa vie, dans une commode aux tiroirs de couleurs que ses petits-enfants regardaient comme la septième merveille du monde et qu’ils n’avaient pas le droit d’ouvrir. Un beau jour, au décès de cette grand-mère, sa petite-fille devenue maman à son tour, va hériter de cette commode et petit à petit, au cours d’une nuit –à la façon des mille et une nuits- elle va découvrir les secrets de sa grand-mère. Rita est une femme exceptionnelle, pleine de courage, pleine d’audace. Elle va apprendre le français, Elle va oser, elle va se rebeller. Elle va tomber amoureuse. Elle va avoir une vie pleine de péripéties avec des moments heureux, des moments très tristes, des moments durs, mais toujours elle va se relever et elle va avoir foi en l’avenir. Elle va élever sa fille -la maman de notre narratrice- et ça va faire un roman de femmes absolument extraordinaire, avec des larmes, avec de l’émotion, avec beaucoup de joie.

C’est tout ce qui fait un excellent roman d’été !

Et vraiment ça donne envie de lire La commode aux tiroirs de couleurs d’Olivia Ruiz comme jamais ! souligne Bruno Vandestick !

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet/M.Christine.

La commode aux tiroirs de couleurs – 197 pages – prix : 19.90 €  – (parution le 03/06/20)

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Bruno Vandestick,  en cliquant ici ! (en date du mardi 7 juillet) 

Lettre d’amour sans le dire – Amanda Sthers – Editions Grasset

téléchargementLETTRE D’AMOUR  SANS LE DIRE

Ensemble, ouvrons  ce magnifique  petit livre qui  raconte l’histoire d’Alice. Alice, âgée de 48  ans est une ancienne professeur de français qui adore la littérature. Elle vient de province, s’est installée à Paris pour suivre sa fille unique, mariée où elle vit également, mais qui finalement la délaisse un peu. Alice a dû mal à trouver sa place dans la capitale et dans la vie de sa fille. Elle a eu des histoires sentimentales un peu décevantes et se sent un peu seule. Un jour, au hasard de ses promenades dans Paris, elle s’arrête devant un salon de massage japonais dans lequel elle rentre, puis se fait masser. Or, il se trouve que la personne qui va pratiquer ce massage est un homme,  japonais d’origine, d’un père français et qui va, petit à petit, parce qu’elle reviendra plusieurs fois, par le toucher, réveiller le corps d’Alice, sa sensualité, son désir et par là aussi, réveiller son esprit, la remettre «en vie» !. Alice, pour rentrer en contact avec cet homme –qui lui fait quand même beaucoup d’effet- (« Mine de rien » !…)  va tenter d’apprendre le japonais, s’intéresser aux traditions japonaises, à la culture et tout ce qui fait l’ambiance du Japon.  Puis, un beau jour, elle écrit une lettre à cet homme…. Et là, je ne vous en dirai pas plus, mieux vaut lire livre…! Mais, c’est un très très beau livre, plein de délicatesse et plein de finesse, sur le corps, sur l’importance du toucher, sur la sensualité, sur ce qui peut se produire entre deux personnes sans forcément se parler, sur une renaissance à la vie, sur quelque chose qui se passe et qui passe par le toucher, par le corps. C’est vraiment magnifique. C’est très sensuel, subtil et fin !

Sophie Thomas : C’est à la japonaise…, parce qu’au Japon, les gens qui s’aiment  ne se déclarent pas  !

Nathalie : C’est exactement ça, l’esprit du livre ! On est plongés dans cette ambiance où peu de choses sont échangées verbalement. Tout passe par l’impression, le toucher, les sensations. C’est un petit livre, un petit bijou à embarquer dans votre sac de plage ou votre sac de randonnée !

Nathalie de la Librairie Doucet/M.Christine

Écoutez Nathalie Pelletey sur France Bleu Maine en compagnie de Sophie Thomas, en cliquant ici !

« LETTRE D’AMOUR SANS LE DIRE » – 140 pages – prix : 14.50 € – (parution le 03/06/20)

Là où chantent des écrevisses – Delia Owens – Éditions du Seuil –

DELIA OWENSAU CŒUR DES MARAIS AMÉRICAINS

Cela vous tente d’aller « Là où chantent les écrevisses ? »  – Bien sûr que oui ! Rassurez-vous, vous ne serez pas déçus du voyage ! D’ailleurs inutile  de vous précipiter dans une agence de voyages pour choisir votre destination puisque le roman de Delia Owens nous emmène en Amérique, dans les marais de la côte de Caroline du Nord, là où demeure Kya, « La fille des Marais » comme l’appellent les habitants de Barkley Cove. Alors, pour connaître la suite,  précipitez-vous sur ce livre  de quatre cent soixante-dix-sept pages, un voyage que vous parcourrez, au prix de 21.50 €, résumé en quelques lignes :

Kya se retrouve livrée à elle-même dans les marais après avoir été abandonnée de nombreuses fois ! D’abord par sa mère, alors qu’elle n’a que sept ans, abandonnée ensuite par ses frères et ses sœurs et peu après, par son père violent et alcoolique. Si bien qu’à l’âge de dix ans, elle se retrouve à vivre seule, dans une espèce de masure délabrée au fond du marais. Ce sera alors la débrouillardise. Elle va devoir apprendre à survivre, se créer une nouvelle famille avec les animaux et les insectes, à vivre en osmose avec la nature, à parler aux mouettes et aux goélands ! Pour l’aider, Jumping un vieux monsieur noir lui achètera sa pêche (des moules et des huîtres) et grâce à sa femme Mabel qui lui fera don de quelques vêtements, permettant à Kya de résister… Puis, une solitude immense s’installe et pèse sur Kya, jusqu’à ce qu’elle se lie  d’amitié avec Tate qui, avec beaucoup de patience, lui apprendra à lire, à découvrir la science, la poésie et à grandir. Elle fera aussi une autre rencontre, celle de Chase…. Deux histoires que l’‘auteur raconte en alternance -allant de 1952 à 1970-  celle de Ma, la mère de Kya et de Chase qui s’entrecroisent. En 1969, deux enfants font la découverte d’un cadavre sous la tour du Guet. Il s’agit de Chase Andrews, un garçon  avec lequel Kya avait sympathisé. Cependant, il faudra bien mener une enquête et trouver qui a pu commettre l’irréparable ? Et puis, Kya, retrouvera-t-elle les siens ? Mais, Chut !

Osez vous aventurer dans ce labyrinthe de bayou, sur le bateau de Kya. La flore et des myriades d’oiseaux vous attendent ! Réalisez ce beau et merveilleux voyage qui défilera tout au long de ces cinquante-sept chapitres ! Vous serez happés et enchantés par ce roman naturaliste et cette belle histoire d’amour ! Franchement c’est fabuleux, plein de poésie et de délicatesse. 

Un livre que vous trouverez au rayon de toutes les bonnes librairies en Littérature étrangère ! Pour tout savoir des secrets de Kya, lisez le premier roman de Delia Owens que vous trouverez certainement très cinématographique, un achat que vous ne regretterez pas.

Librairie Doucet/M.Christine

DELIA OWENS est née en 1949 en Géorgie, aux États-Unis. Diplômée en zoologie et biologie, elle a vécu plus de vingt ans en Afrique et a oublié trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, tous best-sellers aux USA. « Là ou chantent les écrevisses » est son premier roman. Phénomène d’édition, ce livre a déjà conquis des millions de lecteurs et poursuit son incroyable destinée dans le monde entier. Une adaptation au cinéma est également en cours.

« Un roman à la beauté magique » (The New York Times Book Review) – « Une histoire déchirante, un hymne sublime à la nature et à la solitude ». (Entertainment Weekly)

La mère morte – Blandine de Caunes – Éditions Stock

la mère morte 2Un témoignage bouleversant 

Un récit pour écrire le dernier chapitre de la vie de sa mère. Sa mère, c’est Benoîte Groult, journaliste et célèbre écrivaine, grande figure du féminisme français, qui a écrit de nombreux romans, essais et quelques autobiographies…, sa vie en détail.

Elle n’a hélas pu écrire le dernier livre de sa vie puisque la maladie d’Alzheimer lui est tombée dessus. Donc, c’est sa fille Blandine de Caunes qui a décidé d’écrire ce dernier chapitre. Ce livre, elle l’a commencé dix-huit mois avant la mort de celle-ci,  âgée alors de 96 ans.  Puis un jour, malheureusement un drame en cette année 2016 est arrivé, un événement imprévu, bien évidemment : l’auteure,  a dû faire face à la disparition de sa fille Violette, lors d’un accident de voiture. Une disparition qui n’est guère dans l’ordre des choses, car Violette âgée de 36 ans, sera inhumée deux mois avant sa grand-mère. Malade depuis de longs mois,  Benoîte Groult  ne connaîtra hélas, pas le décès de sa petite-fille, du moins de la bouche de Blandine.

Malgré ce terrible drame, l’absence insurmontable de Violette, ces deuils successifs,  mais grâce au soutien de sa famille puis l’aide de voisins et amis, Blandine de Caunes réussira à  publier ce livre, dix-huit mois après.

Pour ceux et celles qui n’ont pas oublié Benoîte Groult, cette femme qui a tant parlé du combat des femmes, voici ce livre bouleversant mais nécessaire car chez les Groult on écrit tout ! On aime se confier.  De mère en fille, on écrit « son journal intime », c’est une tradition ! Blandine de Caunes nous livre ce magnifique témoignage, sans être pathétique, mais avec tellement d’amour, de tendresse, d’amitié, de partage  et plein d’émotions. A lire aussi parce qu’elle nous parle du deuil mais de la vie aussi. A lire pour de nombreuses raisons que vous découvrirez !

Benoîte Groult  née en 1920, militante féministe française, est décédée le 20 juin 2016 à Hyères dans sa maison familiale. Membre du Comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), elle avait écrit « La Touche Etoile » en 2006. Elle collabore dans divers magazines : ELLE, Parents,  Marie-Claire etc.., auteure de plusieurs best-sellers : « La Part des choses » (1972), « Ainsi soit-elle » (1975), « Les Trois-Quarts du temps » (1983), « Les Vaisseaux du cœur » (1988), « Mon évasion » (2008).

Librairie Doucet/MC

« La mère morte » – 294 pages – prix : 20€ – paru en janvier 2020

Blandine de Caunes a travaillé dans l’édition. Elle est l’auteure de « L’Involontaire » (1976, Stock- réédition Phébus 2015) Elle a établi et préfacé le « Journal d’Irlande », carnets de pêches et d’amour de sa mère, Benoîte Groult (Grasset 2018)