Ce qu’elles disent – Miriam Toews – Éditions Buchet-Chastel

ce qu'elles disentQUEL DESTIN POUR CES FEMMES DE MOLOTSCHNA ! ?

Seul le diable semblait à l’origine de ces multiples agressions de femmes perpétrées depuis ce petit village d’irréductibles boliviens : la colonie memnnonite* de Manitoba, en Bolivie. Colonie qui doit obéir à des règles strictes, concernant l’habillement et la manière de se soumettre à Dieu. Suivre les préceptes de la Bible tels qu’ils leur sont transmis par leur évêque Peters et appliquées par les hommes de la communauté.  Les hommes s’occupant des bêtes et de la terre. Les femmes, des enfants et des corvées domestiques, contrôlées par des hommes plus âgés et religieux, ….des pratiques dignes du Moyen-Age !

Entre 2005 et 2009, quatre années de violences diabolisées derrière lesquelles avancent masqués les hommes de cette même communauté, époque à laquelle des fillettes de 3 ans et des femmes analphabètes, de cette colonie religieuse ont été victimes de viols répétés,  droguées au moyen d’anesthésiant à base de belladone (utilisé pour les animaux de ferme)  les plongeant dans un profond sommeil.

Les autorités seront alertées, les coupables livrés à la police, ils seront incarcérés dans la prison de la ville. Restées au village, les femmes s’acquittent de leurs tâches quotidiennes. Elles profitent de ce répit, pour tenir une réunion secrète dans un fenil, afin de débattre et décider de leur situation, de leur avenir. Ne s’expliquant qu’en « plautdietsch », ou bas allemand qu’elles sont les dernières à parler, ignorantes pour l’écrire, elles veulent produire un document. La rédaction des débats est assurée par un tiers, August Epp (instituteur et ancien membre de la communauté qui n’est pas perçu comme une menace pour ces femmes). Il  y retranscrit les débats qui les animent, des échanges plutôt âpres mais lucides quant à leur sort qui offre trois possibles issues : 1. Se taire et ne rien faire 2. Rester et se battre 3. Partir.

Et, si aucune issue n’est possible, le simple fait de les évoquer  et d’en débattre, ces échanges permettent de garder espoir, pour une vie meilleure. (Peut-être !.) Mais, comment rester fidèles à leur foi,  à leur dieu, à leurs principes, tout en assurant leur sécurité et celles de leurs enfants ? Ces femmes ont quarante-huit heures pour prendre leur destin en main !.

« Ce qu’elles disent » est un roman dur,  époustouflant, bouleversant inspiré d’un fait réel qui n’est pas sans rappeler « La servante écarlate »

Librairie Doucet/M.Christine 

* les mennonites appartiennent à un mouvement anabaptiste fondé dans la première moitié du XVIème siècle, implanté aux Pays-Bas et aux États-Unis. Miriam Toews s’est inspirée d’un fait divers qui a eu lieu au sein de cette communauté.

Miriam Toews est née en 1964, dans une communauté mennonite de Manitoba, au Canada. Elle est l’autrice de plusieurs romans et a été lauréate de nombreux prix littéraires, notamment du Governor General’s Award. Elle vit au Canada. Ce qu’elles disent est son premier roman à paraître chez Buchet/Chastel, et le troisième à paraître en France après Drôle de tendresse (Seuil, 2006) et Pauvres chagrins (Bourgois, 2017)

Ce qu’elles disent – 224 pages – prix : 19 € (parution 08/2019) – Traduit de l’anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et PaulGagné.

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