Les chats éraflés – Camille Goudeau – Éditions Gallimard

De la liberté par les livres….

Soizic, 22 ans, jeune provinciale, un peu cabossée de la vie, déposée dès ses premières années par sa mère chez ses grands-parents maternels, décide sur un coup de tête de partir à Paris, pour trouver un peu de répit, un semblant de liberté, en s’éloignant des siens plutôt fantasques et rongés par l’alcool.

Avec peu de moyen, elle trouve à se loger dans un hôtel miteux et grâce à un cousin qu’elle ne connaît pas, elle va faire « l’ouvre-boîtes », découvrir le dur métier de bouquiniste, puis peu à peu tenter de se reconstruire en tournant la page de son enfance et peut-être retrouver sa mère qui l’a abandonnée. Mais, pas si facile ! De là à vouloir conquérir « La Capitale », c’est une tout autre histoire !…

Histoire prenante avec des personnages touchants et marquants. Un livre cinématographique. Un premier roman réussi plein de sensibilité et d’humour ! Une bonne surprise !

Surprise d’avoir vu Camille Goudeau qui était invitée dans l’émission de La Grande Librairie de François Busnel du 5 mai 2021 dont vous pouvez écouter un extrait, en cliquant ici !

Et si vous souhaitez faire dédicacer votre livre, vous trouverez Camille Goudeau cette jeune trentenaire, elle-même bouquiniste, en vous rendant sur les quais de Seine, Quai de l’Hôtel de Ville à Paris !

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

« Les chats éraflés » 266 pages – prix 20 €

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Les abusés – Anne Parillaud – Éditions Robert Laffont –

Le coup de cœur du jour de Marie-Adélaïde : « Les abusés » d’Anne Parillaud.

Un texte absolument incroyable que nous aurons le plaisir de découvrir en présence de l’auteur

VENDREDI 4 JUIN à 17 heures à la librairie Doucet

Un premier roman. Anne Parillaud on la connaît tous, César de la meilleure actrice pour « Nikita ». Elle a beaucoup joué au théâtre. Cette femme à l’apparence fragile, mais assez forte, signe son premier roman. Premier roman d’actrice, on se méfie toujours un peu. Mais là, il s’agit d’un texte âpre, dur, violent servi par une écriture assez incroyable. La thématique est la fragilité et l’emprise. C’est en ça que le texte est dur. Vous savez, ces thématiques de l’enfance, selon ses mémoires qui s’effacent et qui tirent un trait sur les enfants abusés. Vous vous construisez malgré ça, avec ça, et vous devenez -c’est le cas de son héroïne- vous devenez une femme fragile. Elle décrit une actrice, qui a une vie de famille, deux enfants, un compagnon, mal dans sa peau, mal dans son couple. Puis un jour, dans un dîner, elle va tomber folle amoureuse d’un homme, sauf que cet homme n’est pas forcément le bon. Et on va voir évoluer cette relation, cette emprise que cet homme va avoir sur elle. Le charme d’abord, les journées merveilleuses, des mois merveilleux, puis la relation qui s’intensifie. Le fait d’être séparée de sa fille aînée, de ses amis, de sa famille, de son entourage, et cet homme qui prend de plus en plus de place. Quelque part l’héroïne va se rendre compte que lui aussi a souffert, et qu’il se venge et que lui aussi a un trouble de l’enfance. C’est incroyable !

On va voir jusqu’où ça va mener ces personnages, cette narratrice qui va aller très loin dans la folie, dans la maladie. Est-ce qu’elle va s’en sortir ? Est-ce qu’elle va reprendre pied ? Est-ce qu’elle va réussir à avoir une vie normale ? Ça, on va le découvrir en lisant les pages de ce texte. C’est fort. C’est poignant. Vraiment ce texte m’a touchée, bouleversée. Une écriture très particulière. Des moments où on parle à la première personne, des moments où on parle à la troisième personne. Anne Parillaud joue avec les mots, je pense pour augmenter notre impression d’être perdue dans la vie, d’être perdue face à un homme malfaisant et ce sentiment d’emprise, c’est-à-dire que cet homme avait, dès qu’il l’a vue pour la première fois, la sensation qu’elle serait la victime idéale.

Anne Parillaud a annoncé également qu’elle voulait adapter son roman au cinéma et nous avons hâte de découvrir ça, mais avant on peut lire « Les abusés » que vous pouvez vous procurer à la librairie Doucet !

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Lavande Grimbert, en cliquant ici ! (émission du 1er juin 2021)

Marie-Adélaïde de la librairie Doucet Le Mans/MC

Anne Parillaud est née en 1960, actrice française. En 1991, elle remporte le César de la meilleure actrice pour « Nikita » et signe son premier roman « Les abusés » paru en avril 2021.

Les abusés – 374 pages : Prix : 21 € (paru le : 22/04/21)

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Le lièvre d’Amérique – Mireille Gagné – Éditions La peuplade –

UN CONTE, UNE FABLE ANIMALIÈRE

Mireille Gagné nous parle de notre société capitaliste, de l’héroïne proche du burn-out, de notre rapport au travail, à la nature. C’est une satire sociale intéressante.

C’est l’histoire de Diane, une trentenaire qui travaille dans une grande entreprise ; elle est passionnée par son travail, elle a une ambition énorme, elle a envie de faire toujours plus, elle veut être la meilleure. Elle a un esprit de compétition vis-à-vis de ses collègues mais elle est comme tout le monde, elle a ses limites. Elle n’en peut plus, elle est sur le point de s’écrouler. Alors, Diane qui veut être ultra-performante, va demander à subir une intervention chirurgicale, en vue d’une modification génétique. Elle se réveille et est très attentive à la réaction de son corps. Elle a besoin de moins de sommeil. L’opération a réussi, elle va pouvoir se surpasser au travail, mais au fil du temps, elle observe son corps. Elle va être étonnée de la modification de celui-ci, sur bien d’autres sujets.

Nous sommes plongés dans son adolescence où elle va avoir un rapport particulier avec la nature et avec des animaux en voie d’extinction, grâce à la rencontre d’un autre adolescent, lors de ses vacances.

Dans ce livre, on y trouve des annotations sur « le lièvre d’Amérique (lepus americanus) est un petit mammifère … largement répandu au Canada et au Québec… À l’opposé de son cousin le lapin, le lièvre préfère fuir plutôt que de se cacher pour échapper aux prédateurs. » (p.8). Sur une ou deux pages, vous lirez ces descriptions où il n’y aucune ponctuation. La construction peut surprendre, mais c’est tout à fait plaisant à lire, il y a un petit temps d’adaptation.

Un roman étonnant et très fort. Un roman qui nous interroge sur notre aliénation au travail, notre besoin de liberté, notre soif de nature. Tout ça écrit à la manière d’un conte extrêmement poétique que vous pourrez faire lire à toutes les personnes qui vous entourent !.

Une fois que l’on a posé le livre, il nous donne à réfléchir, et nous rappelle l’importance de la nature dans notre vie. L’auteure nous invite à nous poser de nombreuses questions sur les dérives de notre vie moderne : – Est-ce à nous de nous adapter à cette société ou accepter ce que la nature nous a offert ?. Accepter de notre corps nos limites, et tout ce qu’il nous offre aussi ?. C’est un livre très court mais très intense écrit par Mireille Gagné, poétesse québécoise, qui nous livre ce premier roman, à l’écriture très poétique.

Comme le dit si bien la quatrième de couverture :

« Ce roman, une fable animalière néolibérale, s’adresse à celles et ceux qui se sont égarés. » Mireille Gagné ajoute même et conseille à ses lecteurs : « je vous souhaite que, si vous vous êtes perdus sur le chemin du surmenage, vous trouviez votre voie ! » Alors bonne lecture !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M. Christine

LE LIÈVRE D’AMÉRIQUE – 138 pages – prix : 18 € (publié en oct. 2020)

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Mireille Gagné est née à l’Isle-aux-Grues et vit à Québec. Depuis 2010, elle a publié des livres de poésie et de nouvelles. Le lièvre d’Amérique est son premier roman.

Les Papillons de Barcella – Éditions Le Cherche Midi –

Avec « LES PAPILLONS » Nathalie nous apporte un peu de fraîcheur et de douceur ! 

Une très jolie histoire ! Celle d’Alexandrin, l’ébéniste, chercheur de papillons égarés.

"Les Papillons" le premier roman du chanteur Barcella

« Sourire avec le cœur, la bouche et puis les yeux. Cela paraît si simple quand tout est à sa place. Si complexe pourtant quand les ombres s’en mêlent. »

Barcella est auteur-compositeur et c’est son premier roman. Il va nous raconter l’histoire d’Alexandrin Lamoureux (ça ne s’invente pas !) un ébéniste qui est un doux rêveur. Mais notre Alexandrin est un peu tristounet parce qu’il n’arrive pas à rencontrer de jeunes filles qui réveillent ses papillons, vous savez -ceux qu’on a dans le ventre, quand on tombe amoureux- Il erre un peu comme une âme en peine, à la terrasse d’un café… Puis, un jour à cette même terrasse de café, il va croiser la route de Marie. Marie, est une jeune fille solaire, rayonnante, pleine d’esprit, jolie, qui à tout pour elle. Bien sûr, ces deux-là vont tomber immédiatement amoureux, mais Marie à un souci, c’est qu’elle a un cœur qui n’a pas des palpitations normales et il ne lui faut pas d’émotion particulière. Donc, forcément quand on est amoureux, le cœur s’emballe ! De plus, Marie, a un autre problème, c’est qu’elle a un père hyper-protecteur qui ne voit pas cette relation d’un très bon œil.

Alors, on va suivre nos deux amoureux comme ça, au cours de leur histoire d’amour. Ce qui est très joli dans cette histoire, c’est que Barcella nous la décrit en alexandrin, avec une plume poétique, légère, douce… C’est une petite douceur, une jolie révélation, c’est quelque chose qui est léger, bien que l’histoire n’aille pas toujours là, où on a envie qu’elle aille, mais ça nous laisse un sentiment de bonheur, de douceur, de fraîcheur, de légèreté. Voyez, tout ce qui nous manque un peu, ces temps-ci ! En somme, le livre parfait qu’il nous faut, en ce moment !

Puis, cela m’a fait penser à un livre sorti, il y a plusieurs années qui s’appelle « La Mécanique du cœur » de Mathias Malzieu, également auteur-compositeur. On est dans la fantaisie, on est dans l’onirisme, on est dans la poésie. C’est magnifique !

Et si vous voulez entendre le chant des papillons, lisez ce livre !

Nathalie de la librairie Doucet Le Mans/M. Christine

« LES PAPILLONS »– 224 pages – prix : 18 € (parution 08/04/21)

Écoutez Nathalie sur France Bleu Maine, en compagnie de Delphine Séveno, en cliquant ici ! (émission du 27/04/21)

Mathieu Ladevèze, dit Barcella est né à Reims, en 1981. Il est auteur-compositeur-interprète français. Son premier album « La boîte à musiques » est sorti en mai 2010. Il est invité dans différents festivals. Il a écrit « Les papillons » et c’est son premier roman.

Aussi riche que le roi – Abigail ASSOR – Éditions Gallimard – La Blanche –

Un anti-conte moderne qui vient de paraître, intitulé « Aussi riche que le roi ».

Nous sommes à Casablanca, en 1994, au mois de janvier. Ça sent une ambiance à la fois populaire et très élitiste. Abigail ASSOR signe un premier roman bluffant ! Bluffant pour restituer cette ambiance ! Bluffant pour restituer l’atmosphère : les filles qui se font siffler par les beaux garçons, à la fois ce quartier de bidonvilles où les enfants travaillent dès huit ans, dans des conditions sanitaires épouvantables et à la fois ces marocains riches, aisés qui ont des voitures avec chauffeur, des Rolls, des Porsches, les derniers sacs à la mode. Il y avait des fractures absolument terribles dans la population. Je vous présente Monique et Sarah. Elles sont françaises, elles arrivent un jour à Casablanca, dans des conditions un peu dramatiques, parce que ce sont ces vies qui s’effilochent, qui font que rien ne va, que tout marche de travers. Monique va gagner sa vie de manière un peu illicite. Elle traîne au cercle français et elle invite souvent les vieux messieurs du cercle français à venir lui rendre visite, dans sa masure. Elle n’habite pas le bidonville mais contre le bidonville et sa fille Sarah grandit comme un électron libre, à la fois comme un petit oiseau qui se débrouille tout seul. Elle est d’une beauté insolente, mais étant française elle a le droit d’aller dans ce riche lycée français où elle côtoie toutes ces jeunes filles aisées, où elle rêve, comme elles d’une vie facile. Et sa mère lui dit très tôt: « Toi, avec ta tête et ton corps, tu n’auras pas besoin de travailler » et effectivement, Sarah pour se payer des paninis, un walkman, un beau jean, eh bien elle utilise son corps.

C’est un roman d’apprentissage dur, brutal, jusqu’au jour où elle rencontre Driss. Driss est aussi riche que le roi. Driss vit dans un milieu très protégé et elle va vouloir le rencontrer, le séduire, mais elle va se prendre au piège, au piège de l’amour. Elle va le croire. Elle va croire que la vie peut être facile et que l’Amérique c’est un beau pays et là-bas tout sera différent ! Et là, sur place avec l’argent de Driss, elle pourra devenir une reine. Mais rien ne se passe comme on a envie ! A 16 ans, on peut aller de désillusion en désillusion et ces riches familles marocaines ne voudront jamais d’un petit électron libre comme cette Sarah.

C’est poignant ! C’est très bien fait ! C’est très bien écrit ! On y est ! On entend les injures, on entend les « hourras ». On voit ces jeunes qui vivent de manière absolument libres dans des boîtes de nuit à la mode et ceux qui meurent sur le trottoir, en faisant la quête et en essayant de vendre une cigarette à l’unité !.

Marie-Adélaïde/MC

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine en compagnie de Delphine Séveno en cliquant ici !

Abigail ASSOR est né en 1990. Aussi riche que le roi est son premier roman.

« AUSSI RICHE QUE LE ROI » – prix : 18 € – (paru le 7/01/21)

La familia grande – Camille Kouchner – Éditions du Seuil (cadre rouge)

« Souviens-toi maman, nous étions tes enfants »

Marie-Adélaïde a un bel ouvrage à nous présenter ! Un ouvrage qui est relativement décrié depuis quelques jours avec la parution du livre :

« La familia grande » de Camille Kouchner*

Un livre qui fait beaucoup beaucoup de bruit ! Le livre de Camille Kouchnertout d’abord, je remonte le temps– En septembre, les représentants qui viennent dans nos librairies nous disent : « j’ai un livre, il est publié sous « X », je ne peux vous donner ni l’auteur, ni le titre, ni ce que c’est. Mais, ça va être une « bombe »… C’est un texte fort, c’est un texte engageant ! – Alors là, en tant que libraires, vous vous dites, « waouh ! » Combien dois-je prendre d’exemplaires ? Beaucoup ? Pas beaucoup ? (Une vraie prise de risques…) Le représentant était tellement ému, tellement touché par ce texte que j’y ai cru et j’en ai pris beaucoup…. Bien m’en a pris, le livre est arrivé ! A sa sortie, je ne l’avais pas lu. Je n’ai pu le lire que le soir et là, j’ai été stupéfaite !

Nous ne sommes pas dans un texte de voyeuriste, nous ne sommes pas dans un texte revanchard. Nous sommes dans un texte d’une intimité parfaite, d’une sobriété excellente. Ce texte raconte la souffrance. Ce texte raconte un milieu, les années 80-90, une intelligentsia qui se retrouvait, qui partageait beaucoup de points communs intellectuels, de grandes discussions, beaucoup d’amitié et il faut le dire, un sentiment de supériorité, un sentiment qui disait : « Il est interdit d’interdire », c’est complètement rétrograde… Nos enfants doivent être libres ! A tel point que ces parents, ceux qui en avaient l’autorité ont perdu à l’esprit, le fait que leur liberté s’arrêtait là où commençait celle de leurs enfants, et ils ont perdu le sens de la responsabilité, ils ont perdu le sens de leurs devoirs.

C’est un texte dur. C’est un texte qui juge. Un texte qui juge une mère qui a failli, mais qu’on aime toujours et c’est un texte sur ces jumeaux (garçon-fille) qui se sentent coupables, coupables de dénoncer un homme qu’ils ont beaucoup aimé –pour ces deux jumeaux– et aussi pour Camille Kouchner puisqu’elle savait et par sentiment de devoir envers cet homme à qui elle devait tout, parce que c’était le beau-père extraordinaire ! Elle n’a pas parlé. C’est une double punition. Ils ont souffert, souffert dans leur chair pour ce garçon, souffert dans ce sentiment pour cette jeune fille qui n’a rien dit !.

C’est magnifique ! J’espère que c’est un livre qui libère, mais j’espère qui soigne également… Qu’il permettra à d’autres personnes d’oser parler parce que je crois que le nœud du problème est là ! Il faut oser parler, même si les personnes qui ont fait ça ont souvent l’autorité !

Quentin : « La familia grande« , on pourrait en parler longtemps car on sent Marie-Adélaïde, vous êtes plongée dedans!

M.Adélaïde : Oui ! Je pense que c’est un livre très touchant. C’est un livre très bien écrit, dans la retenue et je pense que c’est important que de tels ouvrages existent.

Écoutez Marie-Adélaïde sur France Bleu Maine, en compagnie de Quentin Enée – (émission du 19 janvier)

Marie-Adélaïde/MC

*Camille Kouchner, 45 ans, est maître de conférences en droit. La Familia grande est son premier livre.

La familia grande – 208 pages – prix : 18 € – (publié le 05/01/21)

QUE SUR TOI SE LAMENTE LE TIGRE – Emilienne Malfatto – Editions elyzad –

Quatrième de couverture : Dans l’Irak rural d’aujourd’hui, sur les rives du Tigre, une jeune fille franchit l’interdit absolu : hors mariage, une relation amoureuse, comme un élan de vie. Le garçon meurt sous les bombes, la jeune fille est enceinte : son destin est scellé. Alors que la mécanique implacable s’ébranle, les membres de la famille se déploient en une ronde d’ombres muettes sous le regard tutélaire de Gilgamesh, héros mésopotamien, porteur de la mémoire du pays et des hommes.

Inspirée par les réalités complexes de l’Irak qu’elle connaît bien, Emilienne Malfatto nous fait pénétrer avec subtilité dans une société fermée, régentée par l’autorité masculine et le code de l’honneur. Un premier roman fulgurant, à l’intensité d’une tragédie antique.

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Un premier roman dont l’écriture est aussi belle que le sujet est violent. Avec en couverture cette photo d’Emilienne Malfatto, reporter, qui nous offre un texte court, percutant, poétique, sans pathos, pour raconter l’insoutenable, avec pudeur !

Librairie Doucet/MChristine

Emilienne Malfatto est née en 1989. Elle a étudié en France et en Colombie et est diplômée de l’école de journalisme de Sciences Po Paris. Elle a ensuite intégré l’AFP, en France puis à Chypre. Depuis 2015, elle travaille comme journaliste et photographe indépendante, principalement en Irak. Le Prix France Info-Revue XXI lui a été décerné en 2015 pour son reportage « Dernière escale avant la mer ». En 2019, son projet Al-Banaat, dans le sud de l’Irak, a été distingué par le Grand Prix de la photographie documentaire de l’IAFOR.

« QUE SUR TOI SE LAMENTE LE TIGRE » est son premier roman – 80 pages – prix : 13.50 € (parution 3ème trimestre 2020)

Mémoire de soie – Adrien Borne – Éditions Lattès –

Premier roman d’Adrien Borne, journaliste et présentateur. Premier roman, impressionnant de maîtrise, d’équilibre, une qualité d’écriture absolument indéniable !

On dit qu’il est journaliste, il sait faire et raconter… Il nous emmène dans un roman qui sent bon le sud, mais surtout c’est un roman sur les secrets de famille, les non-dits. Comment se construire ? Comment se construire quand on n’a pas toutes les clés en mains ? J’ai été attirée par ce roman parce que la couverture est très jolie. On retrouve une photographie un peu sépia avec des personnages de la fin du XIXe siècle mais aussi parce que ce roman nous fait découvrir un métier qui a complètement disparu et nous allons dans une magnanerie (cela vous dit quelque chose ?) C’était un lieu où l’on pratiquait la culture des vers à soie pour fournir les soyeux lyonnais. Nous sommes au début de la guerre de 39-45, Emile va partir faire son service militaire durant de longues années. Dans sa vie, on ne dit rien, on ne se parle pas. On ne s’embrasse pas. Son père et sa mère le voient partir probablement pour la guerre, sans une larme, sans changer leur planning du quotidien -un milieu de taiseux- sauf que ce jour-là, juste au moment où il monte dans le car, sa mère lui glisse un livret de famille dans son sac. Arrivé dans la ville où il effectue son engagement, il s’aperçoit, à sa grande surprise, qu’Augustin, son père n’est pas mentionné sur le livret de famille. On parle bien de Suzanne mais on parle surtout de Baptiste. Vous imaginez le choc, quand à vingt ans, vous découvrez que votre père n’est pas celui que vous croyez et que de cet homme vous ne connaissez rien ! Vous allez devoir mener l’enquête. C’est l’histoire de cette famille, celle de Suzanne qui a eu un destin si particulier, qui est arrivée pour épouser, pour aimer Baptistin et qui se retrouve mariée entrain d’élever son fils avec Augustin.

C’est très joliment fait, c’est très bien amené. Il y a plein de justesse et vraiment vous plongez dans cette histoire avec délice. Quand vous découvrez un premier roman, c’est toujours un moment formidable et puis surtout, un auteur en devenir !

Marie-Adélaïde/MC.

Mémoire de soie – 250 pages – prix : 19 € – (parution 19/08/20)

ÉCOUTEZ MARIE-ADÉLAIDE DE LA LIBRAIRIE DOUCET EN COMPAGNIE DE DELPHINE SEVENO, SUR FRANCE BLEU MAINE en cliquant ici !

Ce qu’il faut de nuit – Laurent Petitmangin – Éditions La Manufacture de livres – Prix Stanislas 2020 –

Un de mes très très gros coups de cœur de cette rentrée littéraire et je ne vais pas vous dévoiler un secret mais comme les libraires reçoivent les livres en amont, ce livre je l’ai lu fin juin-début juillet et je vous avoue que j’ai vraiment pris une claque dans la figure…

C’est un premier roman, celui d’un homme qui a une cinquantaine d’années. Déjà, cela m’interpelle ! Et puis, c’est juste magnifiquement écrit. L’histoire qu’il raconte, c’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux garçons qui sont adolescents, la maman est décédée quelques années plus tôt, d’une maladie. Le père travaille à la SNCF. Il est syndicaliste de la première heure. Aujourd’hui, il se rend compte que le syndicalisme ce n’est plus ce que c’était et il continue un peu par tradition plutôt que par conviction ! C’est une famille moyenne. On ne se parle pas beaucoup mais on s’aime, sans se le dire, on se soutient.. Puis, le fils aîné qui a fait beaucoup de foot, que le père a suivi, à un moment, lors de l’ adolescence, va prendre des chemins complètement à l’opposé des convictions et des idées du père, ce qui va heurter le père et mettre de la distance entre cet homme et son fils jusqu’au moment où il va y avoir un drame et là, le père va faire fi de tout son ressentiment, de ce qu’il a pu accumuler d’incompréhension, pour l’amour de son fils. C’est magnifique ! C’est beau parce que c’est plein de pudeur. C’est tout en délicatesse, tout en finesse, tout en sensibilité. C’est un monde d’hommes. Nous les femmes, on a plutôt tendance à parler mais eux, ils parlent peu !.mais on sent que, quand même, tout transpire ! Tout est là ! « 

C’est magnifique et c’est une belle histoire d’un amour paternel et aussi d’un amour fraternel puisqu’entre les deux frères, il y a une relation très forte et c’est une langue magnifique. D’ailleurs, depuis hier, ce livre est sur la liste du Femina et je sais qu’avant de sortir en France, les droits ont été achetés dans plusieurs pays européens pour être adapté en langues étrangères.

Nathalie de la Librairie Doucet /M.Christine

Écoutez Nathalie sur France Bleu Maine en cliquant ici !

Ce qu’il faut de nuit – 192 pages – prix : 16.90 €

Là où chantent des écrevisses – Delia Owens – Éditions du Seuil –

DELIA OWENSAU CŒUR DES MARAIS AMÉRICAINS

Cela vous tente d’aller « Là où chantent les écrevisses ? »  – Bien sûr que oui ! Rassurez-vous, vous ne serez pas déçus du voyage ! D’ailleurs inutile  de vous précipiter dans une agence de voyages pour choisir votre destination puisque le roman de Delia Owens nous emmène en Amérique, dans les marais de la côte de Caroline du Nord, là où demeure Kya, « La fille des Marais » comme l’appellent les habitants de Barkley Cove. Alors, pour connaître la suite,  précipitez-vous sur ce livre  de quatre cent soixante-dix-sept pages, un voyage que vous parcourrez, au prix de 21.50 €, résumé en quelques lignes :

Kya se retrouve livrée à elle-même dans les marais après avoir été abandonnée de nombreuses fois ! D’abord par sa mère, alors qu’elle n’a que sept ans, abandonnée ensuite par ses frères et ses sœurs et peu après, par son père violent et alcoolique. Si bien qu’à l’âge de dix ans, elle se retrouve à vivre seule, dans une espèce de masure délabrée au fond du marais. Ce sera alors la débrouillardise. Elle va devoir apprendre à survivre, se créer une nouvelle famille avec les animaux et les insectes, à vivre en osmose avec la nature, à parler aux mouettes et aux goélands ! Pour l’aider, Jumping un vieux monsieur noir lui achètera sa pêche (des moules et des huîtres) et grâce à sa femme Mabel qui lui fera don de quelques vêtements, permettant à Kya de résister… Puis, une solitude immense s’installe et pèse sur Kya, jusqu’à ce qu’elle se lie  d’amitié avec Tate qui, avec beaucoup de patience, lui apprendra à lire, à découvrir la science, la poésie et à grandir. Elle fera aussi une autre rencontre, celle de Chase…. Deux histoires que l’‘auteur raconte en alternance -allant de 1952 à 1970-  celle de Ma, la mère de Kya et de Chase qui s’entrecroisent. En 1969, deux enfants font la découverte d’un cadavre sous la tour du Guet. Il s’agit de Chase Andrews, un garçon  avec lequel Kya avait sympathisé. Cependant, il faudra bien mener une enquête et trouver qui a pu commettre l’irréparable ? Et puis, Kya, retrouvera-t-elle les siens ? Mais, Chut !

Osez vous aventurer dans ce labyrinthe de bayou, sur le bateau de Kya. La flore et des myriades d’oiseaux vous attendent ! Réalisez ce beau et merveilleux voyage qui défilera tout au long de ces cinquante-sept chapitres ! Vous serez happés et enchantés par ce roman naturaliste et cette belle histoire d’amour ! Franchement c’est fabuleux, plein de poésie et de délicatesse. 

Un livre que vous trouverez au rayon de toutes les bonnes librairies en Littérature étrangère ! Pour tout savoir des secrets de Kya, lisez le premier roman de Delia Owens que vous trouverez certainement très cinématographique, un achat que vous ne regretterez pas.

Librairie Doucet/M.Christine

DELIA OWENS est née en 1949 en Géorgie, aux États-Unis. Diplômée en zoologie et biologie, elle a vécu plus de vingt ans en Afrique et a oublié trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, tous best-sellers aux USA. « Là ou chantent les écrevisses » est son premier roman. Phénomène d’édition, ce livre a déjà conquis des millions de lecteurs et poursuit son incroyable destinée dans le monde entier. Une adaptation au cinéma est également en cours.

« Un roman à la beauté magique » (The New York Times Book Review) – « Une histoire déchirante, un hymne sublime à la nature et à la solitude ». (Entertainment Weekly)