Ma vie avec APOLLINAIRE – François SUREAU – Éditions Gallimard/Collection Blanche

Histoire d’un compagnonnage

« Je m’en remets, dans l’ordre profane, à Guillaume Apollinaire. J’ai fréquenté son école parce que j’ai compris très tôt que notre rencontre avait été décidée ailleurs ; que je pourrais apprendre de lui comment consentir sans faiblesse, m’attrister sans me perdre, chercher sans me décourager. »

« J’ai aimé Apollinaire dès le début de mon adolescence ». (François Sureau)

Quatrième de couverture : Prenant le contre-pied des biographies, François Sureau a choisi de remonter le cours de la vie d’Apollinaire, pour mieux s’approcher de ce qui a hanté de manière permanente l’existence de Guillaume et fait de lui un frère : la mort, la vie, la guerre, les femmes, la France, l’étranger. Ce n’est pas tant le destin du poète qui importe à François Sureau, que son acuité à percevoir le monde dans lequel il vivait et la retranscription unique qu’il en livra dans son œuvre. Ma vie avec Apollinaire montre combien elle résonne encore, intacte, un siècle après que la grippe espagnole a emporté l’écrivain.

« Ma vie avec Apollinaire » de François SUREAU a été écrit il y a un an, pendant le premier confinement de la France. Il n’a pas cherché à faire une énième biographie de Guillaume, comme il l’appelle, pas plus qu’il n’a cherché à raconter une histoire. Il remonte le temps avec lui, de sa mort à son enfance. Il a toujours eu cette sorte d’amitié pour Guillaume Apollinaire et de bonnes raisons qui le rendent particulièrement proche. Parce qu’il y avait le Covid et l’enfermement, cela l’a encore un peu plus rapproché. Il y avait cette épidémie qui était la première depuis l’épidémie de la grippe espagnole. Il y avait une sorte de méditation, sur sa fin, sur sa mort. Une fin assez terrible puisqu’il a d’abord été trépané, après avoir souffert dans les tranchées, puis il fut atteint de la grippe espagnole dont il est mort le 9 novembre1918, deux jours avant l’Armistice.

A la lecture de ce texte, nous sommes également proches de Guillaume. On apprend que son mariage est célébré dans l’intimité le 2 mai 1918, (mairie du 7ème arrondissement-Paris). Guillaume de Kostrowitzky dit Guillaume Apollinaire (polonais d’empire russe) né en 1880, épouse Amélia Kolb, dite Jacqueline (artiste peintre) en présence de témoins artistes, bien connus : Pablo Picasso et Lucien Descaves témoins du marié, Gabrièle Buffet-Picabia et Ambroise Vollard, pour la mariée. Nous suivrons ses amours, avec ses deux Louise, Louise Faure-Favier et Louise de Coligny-Châtillon, Marie Laurencin, Madeleine Pagès. Ses lettres à Lou, ses séjours à Nice, puis Guillaume Apollinaire est allé au devant du cubisme, comme il est allé au devant de la guerre et il a fait une guerre de façon héroïque.

Guillaume écrit sur les tirailleurs dans les poèmes de guerre. Il écrit sur les tirailleurs africains mobilisés et partage avec eux l’amour des fétiches. Ses calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre qui émeuvent encore aujourd’hui, ses premiers poèmes qui résonnent encore chez François Sureau, tel que :

L’ Adieu « J’ai cueilli ce brin de bruyère/ L’automne est morte souviens-t’en/ Nous ne nous reverrons plus sur terre/Odeur du temps brin de bruyère/ Et souviens-toi que je t’attends.« 

Fichier:Guillaume Apollinaire signature.svg — Wikipédia

La tombe de Guillaume Apollinaire se trouve au cimetière du Père Lachaise, une sorte de menhir où l’on peut lire des vers tirés des calligrammes, un monument financé grâce à la vente de deux œuvres de Matisse et Picasso.

Voici un calligramme de Guillaume Apollinaire. C'est un poème dont la  disposition des vers forme un des… | Calligramme, Guillaume apollinaire,  Guillaume appolinaire

Un livre qui nous rapproche de Guillaume Apollinaire, cet illustre et inestimable poète qui accompagne François Sureau dont il se sera inspiré tout au long de sa vie : « Apollinaire m’a hanté toute ma vie ». Un bonheur de lecture grâce aux nombreuses réflexions, à la finesse de son propos, grâce à l’élégance de son style. C’est un texte très documenté se lisant avec beaucoup de limpidité. Et c’est vraiment passionnant !

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

« Ma vie avec Apollinaire«  – 155 pages – prix : 16 € (parution novembre 2020)

François SUREAU est né en 1957. Ancien membre du Conseil d’État, il est aujourd’hui avocat à Paris. Élu à l’Académie française, le 15 octobre 2020, au fauteuil de Max Gallo (24e fauteuil) – Écrivain, il a notamment publié aux Editions Gallimard « L’obéissance », « Inigo », « Le chemin des morts », « Sans la liberté » et « L’Or du temps »(2020)

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