Obia – Colin Niel – Editions du Rouergue –

colin niel obiaColin Niel nous embarque en Outre-Mer, à la découverte de la Guyane et du Suriname : Dépaysement garanti avec ce bon polar noir, historico-politique !

L’histoire se déroule du côté de Saint-Laurent du Maroni, frontière du Suriname et de la Guyane, ce territoire français plus ou moins bien connu des métropolitains.

 « Chans zwa a pa chans kanna » (Plongez-vous dans le livre ! Vous trouverez peut-être la traduction page 26 !)

En toile de fond, la guerre civile du Suriname provoquant l’afflux de réfugiés sur la rive française du Maroni où des milliers de surinamiens sont arrivés sur le territoire français dès 1986. Un fait historique, pas si lointain, dont on n’a pas forcément retenu ou entendu parler. Déjà, à cette époque, la France adoptait des lois contre l’immigration clandestine. (Ce qui n’est pas sans rappeler les évènements actuels de Calais et d’ailleurs !)

Au départ, l’intrigue démarre tranquillement, Colin Niel plante le décor (dressant au fur et à mesure et par petites doses le portrait de la région Guyanaise avec ses us et coutumes, un tableau peu idyllique avec la précarité, le chômage, la délinquance…) puis le rythme va crescendo, jusqu’à nous faire ressentir cette atmosphère pesante, étouffante, comme celle du climat tropical en sorte !. Nous croisons quelques personnages de la scène politique d’alors, un politicien au passé véreux et bien peu reluisant… Colin Niel nous tient en haleine en permanence.

Cette frontière quasi-impossible à contrôler est propice au trafic de drogue. Nous allons donc suivre trois policiers (dont un, rétrogradé se retrouvera simple détective), Anato ce type étrange aux yeux jaunes…

Clifton Vakansie (un Ndjuka, sous la protection de l’obia*) ce jeune Noir-Marron, court à travers les taudis, dans les dédales de zones industrielles. Il a peur, il fuit. Il court dans les rues de Saint-Laurent de Maroni, parce qu’il a envie et l’espoir d’être un bon père, d’avoir assez d’argent pour élever sa petite Djayzie, il court en direction de l’aéroport de Cayenne…. En même temps, le capitaine Anato (un Ndjuka, comme Clifton, qui a connu la France métropolitaine) et le major Marcy (l‘originaire, le Créole) apprennent que l’on a retrouvé, à quelques jours d’intervalle, les cadavres de deux jeunes hommes « des mules », aux ventres bourrés de cocaïne ingurgitée sous forme de gélules, en partance pour la métropole.

Qui est qui ? Qui est coupable ? Qui est victime ? Comment résister à cette tentation ? Comment refuser une telle chance face à ces jeunes prêts à tout, afin d’améliorer le quotidien plutôt sinistré ?

Au fil des pages, avec le vocabulaire local, le créole, nous sommes dépaysés : – tchiper (claquer des lèvres) – jober (vivre d’un petit boulot) – babylone (force de l’ordre) – carbet (hangar servant d’habitation) – noir-marron (esclaves échappés des plantations du Suriname, vivants dans la forêt) dolos (proverbe), piaille etc….

*obia : plante utilisée en décoction mais aussi le nom d’un rituel et d’un esprit qui protègerait.

Un livre DENSE, RICHE ! BEAU ! TERRIBLE ! Un livre dont on apprend beaucoup sur la Guyane. On ne regrette absolument pas ces 488 pages qui défilent et se lisent très rapidement. Un livre qu’on ne lâche pas

Lu, présenté et recommandé par Linda qui nous a fait découvrir cet excellent auteur lors de la soirée spéciale POLAR du 27 avril 2016.

Marie-Christine

Colin NIEL a travaillé en Guyane à la création du Parc amazonien durant plusieurs années. Il a publié : « Les hamacs de carton » 2012 – « Ancres noires » 2014 – « Ce qui reste en forêt » 2013 Prix des lecteurs de l’Armitière 2014 – Prix Sang pour Sang Polar 2014 – Prix des lecteurs Quais du Polar Festival International de Lyon/20 Minutes 2016.

 

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