L’été sans retour – Giuseppe Santoliquido – Éditions Gallimard

Un coup de maître, à lire sans tarder !

«La vie se gagne et se regagne sans cesse, à condition de se convaincre qu’un salut est toujours possible, et de se dire que rien n’advient qui ne prend racine en nous-mêmes.»

Coup de projecteur sur un thriller italien que Nathalie a adoré. C’est un thriller mais, c’est un livre que l’on classe dans les romans, parce qu’il n’y a pas que ça !… C’est le premier roman qui paraît en France, d’un auteur belge d’origine italienne et c’est vraiment un coup de maître !.

Le roman débute en 2005, dans le sud de l’Italie, dans la Basilicate, cette région située entre le nez et le talon de la botte, le sud pauvre de l’Italie, une région de gens taiseux, des gens de la campagne.

En 2005, par un dimanche après-midi, une jeune fille, nommée Chiara, se rend chez sa cousine qui habite à deux cent mètres et en chemin, elle va disparaître. De cette disparition va naître un énorme fait divers en Italie avec moult débarquements de la télé, des radios et shows à l’italienne, comme on en a l’habitude.

Ce que nous raconte le narrateur et ce qui est intéressant dans ce livre c’est qu’il nous narre cette histoire mais on sent qu’il a très bien connu ces deux familles et tout le village de Ravina (c’est inspiré d’un fait divers qui a bouleversé l’Italie) qu’il a participé à la vie de tout ce village, auprès de ces familles dont il était très très proche.

Au départ, on est un peu dans le brouillard parce qu’on se dit qu’il en a l’air très éloigné ! Que s’est-il passé ? Et on va comme ça remonter le fil de l’histoire, et le fil de l’histoire de Sandro, le narrateur. Puis découvrir ce qui s’est passé et ce qui est arrivé à cette jeune fille.

Le lecteur est plongé dans ce monde de taiseux, dans ce monde de familles où il y a des rancœurs et où il y a des non-dits depuis des années, et tout explose à ce moment-là !. C’est aussi l’emballement médiatique, c’est aussi la plume de l’auteur c’est passionnant, poétique et intéressant. Chaque mot est choisi. C’est rare, un auteur qui vous emmène et par son histoire et par sa plume. Et puis, c’est un roman sur ce moment de la vie où on sent que quelque chose est entrain de basculer et que ce qui va se passer après, ne sera plus comme avant et ça aussi, c’est passionnant !

Nathalie de la librairie Doucet Le Mans/MC

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Lavande Grimbert, en cliquant ici !

« L’été sans retour » – 320 pages – prix : 20 € – parution : 20/05/21 (émission du 15 juin 21)

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Belle Greene – Alexandra Lapierre – Éditions Flammarion –

Rencontre / dédicace avec Alexandra LAPIERRE

Vendredi 18 juin à 17h00

Formidable épopée d’une jeune femme devenue célèbre !

Alexandra LAPIERRE a l’habitude de choisir, pour ses romans, des personnages qui ont vraiment existé, des femmes principalement, des personnages méconnus qu’elle choisit de mettre en avant et ce roman historique est tiré de faits réels.

Qui est donc Belle Greene ?

Belle Greene, est une femme dont l’histoire se passe à New-York dans les années 1900. Elle appartient à une famille noire, descendant de toute une famille de métis. Ils ont la peau très pâle. A l’époque, quand on a une goutte de sang noir, on n’a pas le droit de voter, on n’a pas le droit de partager les mêmes écoles que les blancs. On n’a pas le droit de partager les mêmes hôtels ni les mêmes restaurants. Donc, la vie est très compliquée et très difficile. Certains d’entre eux, s’ils sont suffisamment blancs décident de passer à l’acte et se font passer pour blancs, ce qu’ils appellent « le passage. » C’est ce qui va se passer dans la famille GREENER qui va perdre une lettre et prendre le nom de GREENE, en falsifiant ses papiers et dorénavant toute la famille va passer pour blanche. Elle devient Belle Da Costa GREENE.

Belle Greene curieuse de tout, passionnée par les livres et de culture, en général ; elle est bibliophile. Cette jeune femme assez pauvre, partie de rien, n’ayant aucun réseau, aucune relation, va être recrutée par le grand banquier de l’époque J. P. MORGAN afin d’approvisionner sa bibliothèque, puis par la suite, devenir son bras droit, Directrice de la fabuleuse bibliothèque du magnat J.P. MORGAN.

J.P. MORGAN, ce collectionneur acharné tente de rapporter toute la culture européenne en Amérique et rapporte des merveilles comme « Les Fragonard » et « les Impressionnistes ». Il y a des livres et c’est cette collection de livres anciens que cette jeune fille va constituer pour lui. Elle aura affaire aux plus grands collectionneurs, elle va voyager en Europe, fréquenter les salles des ventes. Elle va être connue dans son domaine et sera respectée. Nous sommes en 1900 et Belle Greene sera la femme la mieux payée d’Amérique considérée même, comme l’une des plus puissantes.

Mais, mais….., il y a un mais ! Personne ne sait vraiment qui elle est ! Sans mari, parce qu’elle ne veut pas se marier, elle ne veut pas d’enfant. car vous imaginez, si un bébé noir naissait !… Sans argent au départ, elle fume, elle boit, elle vit pleinement sa LI-BER-TÉ ! Elle ne peut se confier à personne, de crainte qu’on découvre son secret. Elle a vraiment peur d’être dévoilée. Elle travaille avec acharnement et construit pour le magnat la plus fabuleuse des collections de livres. Belle Greene est passionnée par son travail, elle travaille comme une bête. Belle Greene est aussi la passion d’hommes remarquables ; elle vit des amours fous !. Alors pour pouvoir vivre libre, elle va être obligée de choisir entre son passé, ses racines, son histoire…, un véritable combat, un combat de femmes !

Alexandra LAPIERRE nous raconte l’histoire de Belle Greene avec passion. On sent qu’elle est fascinée par cette jeune femme, au destin incroyable, dans cette Amérique ségrégationniste, des années 1900. Laissez-vous emporter par cette histoire vraie qui est absolument à découvrir ! Une histoire passionnante, un texte richement documenté.

Belle Greene, un personnage inoubliable dans cet excellent roman !

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M. Christine

BELLE GREENE – 544 pages – prix : 22.90 €

Alexandra LAPIERRE née en 1955, auteure de nombreux ouvrages, romans, nouvelles et biographies, parmi lesquels on trouve : « Moura« . La mémoire incendiée (2016) chez Flammarion – « Fils Unique« , nouvelle dans 13 à table (2015) Editions Pocket – « Tu mens, ma fille ! » (nouvelle ) dans 13 à table (2016) – « Avec toute ma colère » (2018) Editions Flammarion.

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Héritage – Miguel Bonnefoy – Editions Rivages – Prix des libraires 2021

Bravo et Félicitations à Miguel BONNEFOY ! Ce 3 juin 2021, Miguel BONNEFOY a reçu le prix des libraires 2021 que Nathalie de la Librairie Doucet avait présenté sur France Bleu Maine le 2 octobre 2020 ! Bravo pour ce choix.

« Ceux qui ne peuvent se rappeler leur passé sont condamnés à le répéter. » (George Santayana.)

Cette semaine (02/10/20) Nathalie de la librairie Doucet a jeté son dévolu sur le livre « Héritage » de Miguel Bonnefoy qui figure sur la liste du prix Goncourt du mois de Novembre. Miguel Bonnefoy, on le connaît parce qu’il est déjà venu au salon du livre au Mans en Octobre 2017 pour son précédent roman « Sucre noir ». Il est franco-chilien et dans ce livre « Héritage » il nous raconte un peu l’histoire de sa famille. C’est très romancé, il part d’un lointain ancêtre qui habite dans le Jura à la fin du  XIX e siècle. Il est vigneron. Il y a une épidémie de phylloxera qui ravage toute la vigne française, et cet ancêtre réussit à préserver un pied de vigne qu’il déterre et replante au Chili, là où il part. Les vignes vont prospérer et Miguel nous raconte l’histoire de ses descendants… On y croise une aviatrice hors pair, un militant, jusqu’à la boucle dans les années 1970 où son père sera obligé de revenir en France. Une saga familiale sur fond historique parce qu’il nous raconte aussi cette communauté française au Chili qui était importante. On est à la fin du  XIX e au début du roman, et on traverse tout le XXe siècle. Ces chiliens, ces descendants qui sont nés au Chili n’ont jamais mis les pieds en France et sont toujours très attachés à La France parce qu’ils viendront combattre sur le continent européen, pendant les deux guerres. C’est plein d’exotisme. C’est une langue riche. C’est aussi montrer que l’exil à un moment, ce n’était pas dans le sens qu’on connaît aujourd’hui, mais plutôt dans le sens où les français qui partaient, devenaient des migrants.

C’est un très beau livre et nous avions eu la chance d’accueillir Miguel Bonnefoy dans le cadre de la semaine « FAITES LIRE », MARDI 6 OCTOBRE 2020, aux Quinconces au Mans, en collaboration avec la librairie Bulle avec comme invité :  Désirée Frappier « Le temps des humbles » pour une belle soirée chilienne.

Écoutez Nathalie de la librairie Doucet en compagnie de Delphine Seveno sur France Bleu Maineen cliquant ici !

Nathalie/MC

Héritage – 206 pages – prix : 19.50 €

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Serge Joncour lauréat du Prix Femina 2020 pour Nature humaine (Flammarion)

PREMIÈRE PARTIE

« NATURE HUMAINE » de Serge Joncour avec Marie-Adélaïde Dumont de la librairie DOUCET au MANS (voir article suivant sur le site) que vous pouvez écouter sur le lien suivant : en cliquant ici,  !

Voici ce qu’elle dit après la semaine mouvementée chez les libraires !

Fabien OBRIC : – FRANCE BLEU MAINE soutient le commerce local. La librairie Doucet au Mans est ouverte actuellement pour la papeterie et vous savez que c’est plus compliqué pour avoir des livres mais la librairie fonctionne sous la forme de retrait-commandes nous spécifie Marie-Adélaïde Dumont.

Dans les coups de cœur des libraires, vous êtes venue nous présenter « NATURE HUMAINE » qui vient de recevoir le PRIX FEMINA 2020.

Alors, ce prix là a été remis le 3 novembre, quand d’autres sont décalés….. Incroyable cette décision ! Les autres prix, vous les connaissez : l’Interallié, le prix Goncourt, le prix de l’Académie Française etc.. Ils ont pris la décision de suspendre momentanément cette remise de prix, pour que de grands groupes étrangers, dont le nom commence par un « A », et se termine par un « N » précise Fabien Obric. – Et vous connaissez la suite… – pour que ce ne soit pas une manne pour eux, puisque toutes les librairies sont fermées. Ils ont peur que cela crée un mouvement de commandes extraordinaires. L’idée était quand même partagée –ça peut aussi- et cela fait appel aussi au devoir-citoyen de tous les français, de commander les livres dans les sites de toutes les librairies indépendantes ! Toutes les librairies maintenant ont des sites et si elles n’en ont pas, elles se sont regroupées en associations pour avoir un site marchand. Donc, très bien, le curseur est au milieu, je dirai. Certains prix littéraires sont différés. D’autres, comme le Femina viennent d’être attribués, c’est une très belle récompense et il ne faut pas la minimiser à Serge Joncour en 2020 pour « NATURE HUMAINE« .

Écoutez Marie-Adélaïde Dumont sur France Bleu Maine en compagnie de Fabien Obric, en cliquant ici ! (voir la deuxième partie sur le site )

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/M. Christine

« Nature humaine » – 398 pages, prix : 21€(publié le 19 août 2020)

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Italo Calvino – Pourquoi lire les classiques – Éd. Folio

pourquoi lire les classiquesItalo Calvino a intitulé son livre « Pourquoi lire les classiques »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Laissez-nous votre commentaire ! (pour cela rendez vous sous le titre du livre présenté, dans la rubrique LAISSER UN COMMENTAIRE, puis dans RÉPONDRE au bas de l’article)

Quatrième de couverture : « Un classique est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire ». « Pour comprendre qui nous sommes, Italo Calvino nous invite à lire ou relire les chefs-d’oeuvre de la littérature universelle. De Xénophon  à Borges, en passant par Homère, Balzac, Dickens, Flaubert, Tolstoï, Queneau et Ponge, suivez le guide. »

Pourquoi lire les classiques – 416 pages – prix : 8 €

Librairie Doucet/MC

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La 25ème heure du livre du Mans du 12 au 13 octobre avec pas moins de 80 auteurs à la librairie Doucet

l'esprit du livre doucet    On parle beaucoup de livres en cette semaine chez les libraires du Mans pour la 41ème édition, de La 25ème heure du livre et sur le stand Doucet, c’est pas moins de 80 auteurs qui y seront reçus  !

Écoutez Nathalie Pelletey de la librairie Doucet sur France Bleu Maine, en compagnie de Fabien Obric et Sophie Thomas, en cliquant ici !

Elle nous propose un petit condensé des auteurs qui seront présents lors de ce  salon des 12 et 13 octobre prochains.

L’invité d’honneur de ce salon, ce sont tout d’abord les Éditions Gallimard et de nombreux auteurs publiés chez Gallimard.  Antoine Gallimard, le grand patron, sera présent sur le salon tout au long de ces deux jours. Il animera une conférence inaugurale le samedi matin avec  un auteur emblématique de chez Gallimard,  Daniel Pennac,  parrain de cette l’édition Faites Lire !. Daniel Pennac jouera au théâtre Paul Scarron (ce mercredi 9 et jeudi 10 octobre). Il vagabondera sur le salon et passera bien sûr,  un moment sur notre stand.

Chez Gallimard, nous aurons aussi deux premiers romans, Lilia Hassaine une journaliste, qui vient de quitter « Le Quotidien » pour s’occuper de la promotion de son livre « L’œil du paon » racontant l’histoire d’une jeune croate arrivant  à Paris et qui découvre le monde parisien et ce monde des apparences. Joffrine Donnadieu avec « Une Histoire de France« , premier roman choc où l’auteur parle de pédophilie d’une femme sur une enfant et c’est vraiment « décoiffant »! Au stand polar de chez Gallimard, nous avons Caryl Férey également  un auteur emblématique qui vient avec « PAZ », son sixième roman dans la série noire.. Caryl Férey a beaucoup voyagé à travers le monde et quand il écrit, c’est plutôt sur des faits sociétaux, se déroulant dans des pays qu’il traverse. Il a déjà parlé de l’Afrique du sud. Cette fois-ci il s’est concentré sur le continent de l’Amérique du sud. 

Franck Bouysse (« Né d’aucune femme ») qui écrit des polars ruraux, un auteur bien connu également.  Il a une belle écriture et c’est très intéressant.

Danielle Thiéry  (« Sex Doll »), ancienne commissaire divisionnaire, devenue écrivain. L’une des premières femmes  dans l’histoire de la police française à accéder à ce poste et qui s’est reconvertie à l’écriture de polars.

Il y a  quelques auteurs de feel good book (ces livres qui font du bien !) : Véronique Aïache qui écrit toujours des livres sur des chats : « La ron-ron thérapie, ces chats qui nous font du bien… » Laure Manel une auteure délicieuse qui vient en voisine, puisqu’elle arrive d’Angers, avec son dernier livre : « L’ivresse des libellules » et qui a écrit « L’audace des papillons » puis « La mélancolie du kangourou ». Nous avons Charlyne Ménétrier McGrath « Les sales gosses« , puis Hélène Vergé « La vie en confettis »  auteures de livres font du  bien ! Loulou Robert avec son dernier livre : « Je l’aime » qui revient tous les ans et Mazarine Pingeot  pour « Se taire«  – 

Il y a un corner historique et on aura Laurent Decaux (Le Roi Fol) – Eric Marchal qui avait écrit « Le soleil sous la soie » il vient pour « La Villa Imago »- Jean-Paul Delfino avec« Assasins » Les derniers jours de Zola.

Marthe Cohn, 99 ans qui vient d’Amérique avec son livre « Derrières les lignes ennemies-Une espionne juive dans l’Allemagne nazie ». 

En jeunesse, nous aurons Philippe Matter qui est l’auteur de mini-loup. Si vous aimez  et si vous êtes fans de mini-loup, venez nous voir,  vous aurez une belle surprise ! – Puis Romuald,  fasciné par les dessins animés et les livres de son enfance,  il est l’auteur de « Les Pyjamasques »

Akira Mizubayashi,  Jérôme Attal, Catherine Bardon, Aurélien Bellanger, Hélène Bonnafous-Murat – Erwan Lahrer – Anne-Marie Desplat-Duc – Danièle Sallenave – Alexis Ragougneau –  Valérie Tong Cuong – Sylvie Yvert  et tant d’autres que vous rencontrerez.

Et ce sera un plaisir de vous retrouver sur le salon du livre, tout au long de ce week-end aux Jacobins. Passez de très bons moments en compagnie de vos auteurs préférés et de vos libraires. Faites de belles rencontres !

N’hésitez pas, à venir nous rencontrer sur le stand !

Nathalie de la librairie Doucet/M.Christine

Né d’aucune femme – Franck Bouysse – Éditions La Manufacture des livres –

coup de coeur livre

né d'aucune femme 1Attention, chef d’oeuvre ! Un roman vraiment bouleversant et un énorme coup de cœur !

Un Prix des Libraires bien mérité !

UNE ENFANCE PERDUE….

« Je savais que les rêves sont rien plus que des rêves, et que ceux qu’on nous vend sans qu’on les rêve soi-même, il faut les fuir à tout prix » (page 77).

« Mon nom, c’est Rose, c’est comme ça que je m’appelle »

« Il était une fois…. Rose« .  Hélas, dans cette histoire, celle de Rose, ce n’est pas celle qu’on croit. Et, quelle histoire ! Dans ce roman, il manque, la citrouille, le carrosse et quelques bonnes fées pour lui venir en aide et veiller sur elle !

« Les filles valent pas grand chose pour des paysans, en tout cas, pas ce que des parents attendent pour faire marcher une ferme, ou qu’il faut des bras et entre les jambes de quoi donner son nom au temps qui passe, et moi et mes soeurs on n’a jamais rien eu de ce genre entre les jambes » (page 40)

Un roman où il est question de misère, de survie, de lâcheté, d’amours trahies, de violence, d’horreur tout simplement… Et, c’est ce qui attend Rose, cette jeune fille de 14 ans, victime de sa condition sociale, de cette cruauté humaine, incarnant une personnalité vraiment éblouissante. Une fresque digne de la folie des temps passés. Le Père Gabriel est appelé pour bénir le corps d’une femme, à l’asile. Rose a eu le temps et l’idée de consigner toute son histoire dans des cahiers. Que deviendront ces cahiers et entre quelles mains se retrouveront-ils ?

Franck Bouysse a le don de nous émerveiller tant son écriture est profonde, poétique, d’une grande force. Chaque partie de ce roman choral est annoncée, en alternance, par le prénom des personnages. On entend leur voix.  Qu’il s’agisse de Rose, l’héroïne qui s’emparera des mots…., Gabriel, le curé – Onésime, le père, – Edmond, le palefrenier,  l’auteur en dresse des portraits absolument magnifiques.

Un roman noir plein de mélancolie, d’une effrayante beauté. Une histoire révoltante mais notre héroïne réussira malgré tout, à trouver la lumière, à travers et grâce aux beaux et bons MOTS ; tous ces mots qu’elle ne pensait  pas posséder, qu’elle va écrire et qui l’accompagneront dans sa survie.

Un livre qu’on ne lâche pas, mais qui peut rendre mal à l’aise. Tenez-bon,  faites comme Rose, accrochez-vous aux  beaux MOTS,  aux belles phrases qu’on relit à souhaits et qui restent gravées !….   

Ce qui est certain, c’est que l’histoire tragique de Rose va rester longtemps  ancrée  en vous car c’est un peu sonné qu’on  ressort de cette lecture !.. Et, même si cette histoire est sombre, cruelle, bouleversante, cela restera une lecture et un roman inoubliables.          

Librairie Doucet/M. Christine

Né d’aucune femme » – 333 pages – Prix : 20.90 €

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Franck Bouysse a reçu le prix des libraires en mai 2019 pour ce titre : « Né d’aucune femme ».  Né en 1965, il a enseigné la biologie et l’hortriculture avant de se consacrer à sa passion pour l’écriture. Ses romans « Grossir le ciel » (2014), « Plateau » (2016), « Glaise » (2017) ont rencontré un large succès, public comme critique, et remporté de nombreux prix littéraires. Franck Bouysse partage aujourd’hui sa vie entre Limoges et un hameau de Corrèze.

Neverland ou le pays de l’enfance – Timothée de Fombelle – Editions de l’Iconoclaste

Timothée de fombelleNEVERLAND ou le pays de l’enfance.

Timothée de Fombelle écrit avec succès pour la jeunesse et avec Neverland, il s’adresse pour la première fois aux adultes. On peut donc parler de premier roman. 117 pages d’écriture. Mais quelle écriture !! Avec ce roman autobiographique l’auteur ne quitte pas l’enfance.

Il raconte ses souvenirs à sa manière et surtout il essaie de retrouver cet « état » d’enfance qui demeure en nous et qu’il faudrait chasser, attraper, pour le garder bien profondément.

Pour cela, il évoque ses joies d’enfant, ses grands-parents, la maison de famille et nous sommes, nous lecteurs, dans le « merveilleux ».

Quand il revient, adulte, dans cette maison, il tente de tout revoir avec ses impressions d’enfant.

Ce roman est une aventure féérique, magique, poétique, qui nous laisse pantois et admiratifs devant une telle beauté.

C’est de la poésie en prose. Nous sommes ramenés à notre propre enfance et nous n’avons plus que l’idée d’y rester en rêveur éveillé en compagnie de l’auteur.

« Je suis parti un matin d’hiver en chasse à l’enfance. J’avais décidé de la capturer entière et vivante. « Regarde, elle est là,tu la vois ? » Je l’avais toujours sentie battre en moi, elle ne m’avait jamais quitté. Mais c’était le vol d’un papillon obscur à l’intérieur, le frôlement d’ailes invisibles dont je ne retrouvais qu’un peu de poudre sur mes bras au réveil. »

Neverland, un éblouissement pour ce retour au pays d’enfance.

Marie-José /M.Ch.

Timothée de Fombelle « Neverland » – 128 pages- Prix 16 € 

Timothée de Fombelle écrivain pour la jeunesse, dramaturge français qui a reçu de très nombreux prix pour « Tobie Lolness » (2006) et « Vango » (2010). Il est traduit en vingtaine de langues –

Et soudain, la liberté – Evelyne Pisier – Caroline Laurent – Editions Les Escales –

ET SOUDAIN LA LIBERTE          UN PASSIONNANT PORTRAIT DE FEMMES  !                  

« L’intensité d’une amitié, ça nous fait une joie pour mille ans, c’est comme un amour, ça vous rentre par le nombril et vous inonde tout entier. Ça ne se mesure pas en mois » (C.L)*

                PRIX PREMIERE PLUME DU FURET DU NORD                                                                         PRIX MARGUERITE DURAS attribué  ce 29/09/2017

Et soudain, la liberté, est un roman à deux mains qui suscite de nombreuses émotions. Un livre (posthume) d’Evelyne Pisier car c’est Caroline Laurent* (éditrice) qui a eu la tâche –comme Evelyne Pisier l’avait demandé à ses proches– de terminer ce livre (au cas où..,.avait-elle dit). Puis, effectivement Evelyne Pisier est décédée au début de l’année 2017. Et c’est avec beaucoup de sensibilité que Caroline Laurent a merveilleusement complété ce chef-d’œuvre. Les chapitres du présent sont intercalés par l’éditrice entre les périodes du passé, ce qui renforce encore plus ce récit. Et l’on perçoit la belle histoire d’amitié qui s’est nouée entre ces deux femmes : l’auteur(e), Evelyne Pisier et l’éditrice Caroline Laurent, devenue auteur(e), pour la bonne cause.

Les deux femmes ont fait le choix de la fiction pour évoquer le destin d’Evelyne (qui sera Lucie) et sa mère (Mona Desforêt).

Evelyne Pisier voulait raconter l’histoire de sa mère, et à travers elle, la sienne. C’est un roman/récit vraiment captivant dans lequel l’auteur(e) nous immisce, dans un tourbillon d’évènements familiaux, mêlant les combats de la mère et de la fille (les amours, les amants..).  Ce sont soixante années de sa vie que nous traversons, composées de drames et de combats pour la liberté des femmes, le droit des homosexuels, lutte contre le racisme, …. idées complètement à l’opposé de celles de son mari. Pourtant, Mona, la parfaite épouse soumise, a toujours été admirative de son mari André, son héros de guerre, haut-fonctionnaire colonial,  homme autoritaire, maurassien, pétainiste, antisémite et raciste.

Ce livre vous transporte au travers de l’Histoire avec une plongée passionnante au cœur du XXème siècle ! Après avoir interrompu ses études de médecine, juste après le mariage (les femmes n’ont nul besoin de travailler ou de faire des études….), Mona nous relate la vie dans le camp de Hanoï avec Lucie, l’Indochine dans les années 1940, l’occupation japonaise des colonies françaises d’Asie du sud-est lors de la seconde guerre mondiale, puis dans les années cinquante,  la fuite vers la Nouvelle-Calédonie, toujours avec Lucie.  Dans les années soixante, ce sera Cuba lors de la révolution cubaine. Elle sera la confidente et la maîtresse de Fidel Castro. Enfin, ce sera le retour en France, divorcée et indépendante, un retour vers Paris, pour d’autres évènements et ceux de mai 1968.

Ce n’est que lorsqu’elle s’installa à Nouméa et rencontra Marthe, la bibliothécaire qui lui fit découvrir « Le Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir, que Mona décidera enfin de vivre sa vie ;  ce sera  le début de la liberté, la découverte du féminisme.

Un livre passionnant à découvrir et à faire découvrir ! Un destin de femme extraordinaire ! Impossible de passer à côté de cette belle histoire d’amitié entre l’auteur(e) et l’éditrice…., entre ces deux auteur(e)s !

Une fois la lecture de ce livre achevée, vous verrez que Mona et Lucie vous manqueront terriblement. Mais, peut-être aurez-vous la chance, un jour de rencontrer Caroline Laurent, qui fut la grande amie d’Evelyne Pisier.

Caroline Laurent sera présente à la librairie Doucet au Mans – Vendredi 29/09 à 18 heures, sur inscription !

M. Christine

Et soudain, la liberté – 441 pages – Prix 19,90 €uros

Evelyne Pisier est née à Hanoï en 1941. Elle fut l’une des premières femmes agrégées de droit public et une professeur d’histoire des idées politiques unanimement reconnue. Directrice du Livre et présidente du Centre national du livre de 1989 à 1993, écrivain, scénariste, elle est décédée en février 2017.

*Caroline Laurent, agrégée de lettres modernes, directrice littéraire est née en 1988. Elle vit à Paris. Elle a reçu le 14 septembre 2017 le prix Première plume du Furet du nord.

 

 

La Vengeance du pardon – Eric Emmanuel Schmitt – Editions Albin Michel –

LA VENGEANCE DU PARDONQuatre histoires autour d’un thème : le pardon et cela s’intitule

La vengeance du pardon

Peut-on parler ici de nouvelles ? En quelque sorte. Disons qu’il s’agit de quatre histoires  dont la troisième a donné son titre au livre car en effet c’est le pardon qui sert de pivot central à toutes. 

1.  Les sœurs Barberin. Deux jumelles, Lily et Moïsette, physiquement identiques. Lily la gentille, Moïsette la rebelle la jalouse. A 80 ans, Moïsette meurt dans des circonstances un peu troubles mais personne ne peut croire Lily coupable, tant sa gentillesse est devenue proverbiale.

2. Mademoiselle Butterfly. William Golden est devenu un magnat de la finance. Il est rattrapé par son passé car alors jeune homme jouisseur il a séduit une jeune fille un peu simple, Mandine, qui a donné naissance à un fils. Saura-t-il des années plus tard réparer la vie que son égoïsme a brisée ?

3.  La vengeance du pardon. Laure était la fille d’Elise. Elle est l’une des 15 victimes d’un serial-killer. Tout le monde s’étonne du comportement d’Elise qui visite régulièrement l’assassin de sa fille en prison pour viol et meurtres. Elle crée des liens avec lui et on se demande pourquoi elle agit ainsi en dépit de sa haine et de sa douleur.

4. Dessine-moi un avion. La plus courte des quatre histoires. Un vieillard dur et renfermé qui s’humanise au contact d’une petite fille qui lui apprend à aimer. Il est allemand et fut aviateur pendant la dernière guerre. Peut-on réparer un crime commis alors et peut-on se pardonner ? Bien sûr un grand rapport avec Saint-Exupéry.

Les chutes sont toujours très soignées, particulièrement celle de la troisième histoire qui nous prend par surprise et c’est tout l’art de la chute dans les nouvelles.

 Eric-Emmanuel Schmitt ne déçoit jamais grâce à son style et à son humanité. Il observe l’être humain, l’analyse, aussi bien dans ses pires défauts ; dans ses secrets que dans sa part humaine qu’il trouve toujours en chacun. Il y excelle.

Alors, vengeance ou pardon ? ou la vengeance du pardon ?  A vous de voir ! Un excellent titre pour quatre belles histoires.

Eric-Emmanuel Schmitt de l’Académie Goncourt  (Janvier 2016) est convié à La Voix au chapitre à l’Abbaye de l’Epau – Le Mans, Mercredi 20 Septembre à 19 h.

Marie-José/M.Christine 

« La vengeance du pardon » – 325 pages – Prix : 21,50 €uros

E. E. Schmitt auteur de réputation mondiale, dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste est traduit en 45 langues et joué dans 50 pays.