La supplication – Tchernobyl -Chronique du monde après l’apocalypse/ La guerre n’a pas un visage de femme – Svetlana Alexievitch – Prix Nobel de Littérature 2015 – Collection Poche J’ai Lu –

1) LA SUPPLICATION

LE PASSÉ EST ENCORE DEVANT NOUS ! (proverbe russe)

« Des bribes de conversations me reviennent en mémoire… Quelqu’un m’exhorte :

– Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main ! »

Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l’explosion de la centrale ?

Svetlana Alexievitch nous laisse entrevoir un monde bouleversant : celui des survivants, à qui elle cède la parole. L’événement prend alors une tout autre dimension.

Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl.

Journaliste biélorusse, l’auteure a enquêté durant trois ans. Elle a interrogé les hommes et les femmes de Tchernobyl et retranscrit leurs témoignages sur leurs sentiments, leur souffrance, leur état d’esprit et leur vision de la vie après l’accident. Il en résulte un livre où résonnent les voix des suppliciés de la catastrophe nucléaire.

26 avril 1986 : personne n’a oublié ce drame !. Tout le monde a en mémoire la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Tchernobyl se trouvait dans ce qui était à l’époque la république socialiste soviétique d’Ukraine, en URSS.

Ce livre merveilleux, sur Tchernobyl, paru 10 ans après les faits et qui avait fait scandale à l’époque. Une lecture INDISPENSABLE pour mieux comprendre le traumatisme des ukrainiens, dans lequel l’auteur laisse place à tous ceux qui en ont été témoins et victimes, tous ceux qui ont vécu ces instants avec leurs conséquences, avec ces mensonges et ces secrets bien gardés !

La supplication – Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse – 250 pages – prix : 7.90 € – collection J’ai Lu – Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain

2) LA GUERRE N’A PAS UN VISAGE DE FEMME

La Seconde Guerre mondiale ne cessera jamais de se révéler dans toute son horreur. Derrière les faits d’armes, les atrocités du champ de bataille et les crimes monstrueux perpétrés à l’encontre des civils se cache une autre réalité. Celle de milliers de femmes russes envoyées au front pour combattre l’ennemi nazi.
Svetlana Alexievitch a consacré sept années de sa vie à recueillir des témoignages de femmes dont beaucoup étaient à l’époque à peine sorties de l’enfance. Après les premiers sentiments d’exaltation, on assiste, au fil des récits, à un changement de ton radical lorsque arrive l’épreuve fatidique du combat. Délaissant le refuge du silence, ces femmes osent enfin formuler la guerre telle qu’elles l’ont vécue.

« La guerre ‘féminine’ possède ses propres couleurs, ses propres odeurs, son propre espace de sentiments. Ses propres mots enfin. »

L’idée pour Svetlana Alexievitch c’était d’interroger uniquement des femmes, sur la guerre d’abord, des regards de femmes…. Elles livraient là, un regard sur la guerre qui n’était pas habituel :

(p. 171) Des chevaux et des oiseaux : « deux convois étaient en gare.. L’un transportait des blessés. Et voici que survient une attaque aérienne. Nous avons ouvert aux blessés pour qu’ils puissent décamper, mais eux, au lieu de ça, ce sont tous précipités vers les chevaux pour les tirer des flammes. Quand des blessés hurlent, c’est horrible, bien sûr, mais il n’y a rien de plus horrible encore que le hennissement des chevaux martyrisés. Car, n’est-ce-pas ? Ils ne sont coupables de rien, il ne sont pas responsables des problèmes des hommes. Ainsi, personne n’a couru se réfugier dans les bois. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Je veux dire qu’on s’efforçait de rester des êtres humains… De ne pas devenir des bêtes sauvages…

Que dire de plus : Lisez ce livre !

La guerre n’a pas un visage de femme – 412 pages – prix : 8,80 € collection J’ai Lu – Traduit du russe par Galia Ackerman et Paul Lequesne.

LIBRAIRIE DOUCET LE MANS/MChristine

Écrivaine et journaliste biélorusse, dissidente soutenue par le PEN Club et la fondation Soros, Svetlana Alexievitch est l’auteure de plusieurs livres dont : « Les cercueils de zinc » « La Supplication ». En 2013, elle obtient le prix Médicis Essai pour « La fin de l’homme rouge » et, en 2015 le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre. Pour écrire « La guerre n’a pas un visage de femme », ouvrage qui a suscité de nombreuses polémiques, l’auteure a consacré sept années de sa vie à recueillir des témoignages de femmes sur la Seconde Guerre mondiale en URSS.

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