Récits d’Odessa et autres récits – Isaac Babel, aux Éditions Actes Sud (coll. Babel) ou éditions Le Bruit du Temps –

240 p – prix 9 € – Traduction Sophie Benech

Récits d’Odessa

190 pages – prix 7 € – Traduit sous la direction d’André Markowicz

Les deux grandes figures de ce livre sont la ville d’Odessa avant et pendant la révolution, et le gangster juif Bénia Krik, un personnage haut en couleur devenu l’emblème de la ville et qui fait désormais si bien partie de son folklore que certaines répliques des récits de Babel sont devenues proverbiales. Ce recueil comprend non seulement les fameux « Récits d’Odessa » qui ont contribué, avec « Cavalerie rouge », à rendre Babel célèbre dès les années 20, mais on y trouvera également six autres récits de la même veine, quatre essais consacrés à Odessa, ainsi que la pièce de théâtre «Le Crépuscule » et le scénario Bénia Krik, qui mettent en scène les personnages des récits.

Tout, dans ces pages, danse, chante et rutile, que ce soit le cadre :

« Les tables couvertes de velours se tortillaient à travers la cour comme des serpents dont on aurait rapiécé le ventre avec des morceaux de tissu de toutes les couleurs, et ils chantaient d’une voix profonde, ces morceaux de velours orange et rouge »

ou les gangsters juifs eux-mêmes :

« Aristocrates de la Moldavanka, ils étaient sanglés dans des gilets rouge framboise, leurs épaules étaient moulées dans des vestons rouille, et sur leurs jambes charnues craquait un cuir couleur d’azur. »

Les couleurs crues et chantantes, le soleil et la mer, la truculence des dialogues et la saveur des descriptions… Dans ces pages explose le feu d’artifice d’un monde voué à disparaître, et qui mourra, comme Bénia Krik dans le scénario qui devait être tourné par Eisenstein, abattu par les révolutionnaires, pour laisser place à un monde nouveau où vont dominer le rouge et le noir.

Sophie Benech a traduit ces pages avec tout l’amour qu’elle leur porte. Sa traduction, tirée du volume des « Œuvres complètes » publié au Bruit du temps il y a dix ans et déjà devenu une référence, rend enfin justice au style du grand admirateur de Maupassant que Babel est demeuré toute sa vie.

C’est bien une fresque baroque, colorée, grouillante de vie et pleine d’humour que dessine ce recueil.

Les récits d’Odessa, un ensemble de nouvelles se déroulant en 1913 dans la Moldavanka, banlieue d’Odessa, une cité méridionale et cosmopolite dans laquelle vivait Babel et à laquelle il était attaché. Quelques nouvelles abordent l’amour de la littérature, de la poésie, rendant hommage à Gorki qui le remarque, avant de publier les premiers écrits de Babel. Comme Ossip Mandelstam, Isaac Babel a été dénoncé, arrêté par la Tcheka, condamné pour trotskysme et espionnage, il fut assassiné en janvier 1940 à Moscou, sur ordre de Staline.

Librairie DOUCET Le Mans/Marie-Christine.

« Isaac Emmanouilovitch Babel (1894-1940) est né dans une famille de commerçants d’Odessa, où il a vécu deux pogroms : en 1903 et 1905. Il participe activement à la révolution bolchévique, dans la « Cavalerie rouge » de Boudionnyi. « Les Récits d ‘Odessa », écrits de 1926 à 1937, célèbrent la vie truculente des bas-fonds juifs de ce grand port de la mer Noire qu’est Odessa.

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