TRISTAN- Clarence Boulay – Sabine Wespieser éditeur

tristanÉVADEZ-VOUS  SUR UNE ÎLE….AU BOUT DU MONDE !

 » Je souffle la bougie. J’aime écrire dans le noir ; certains mots sont plus pudiques qu’on ne le pense et demandent à naître dans l’obscurité ».  (p102)

Embarquez dans ce magnifique premier roman dans lequel Ida, l’héroïne (illustratrice française) nous emmène sur l’île de Tristan**(qui existe bel et bien). Vous y rencontrerez deux personnages inoubliables et vivrez une belle histoire d’amour impossible, telles qu’on les aime !

Ida et Léon veulent partir sur l’île de Tristan pour y passer quelques mois, mais il n’y a qu’une seule place disponible à bord du langoustier « l’Austral », ce bateau de pêche qui ne peut embarquer que douze passagers.. Cette liaison avec l’île ne s’effectue que tous les deux mois, si le temps le permet. Un tirage au sort les départage et c’est Ida qui l’emporte. Léon la rejoindra plus tard.

Sur l’île, Ida est accueillie par Véra et son mari, Mike. Elle découvre la vie en communauté dans ce petit village perché sur les pentes du volcan, très très loin de ses repères et de Léon, son amoureux. Munie de son carnet à dessin et ses crayons,  elle va à la rencontre de ces paysages maritimes. Ida va devoir s’adapter à ce nouvel environnement.  Ici, on ne vit que de la pêche à la langouste, du travail à la conserverie, du travail de la terre (pommes de terre), des soins aux animaux, traite des vaches, on carde la laine des moutons…. Il faut savoir tout faire sur cette île ! Pour se nourrir, il faut aller à la pêche, assister au « fishing day »,  préparer et manger des pétrels… Aller à la chasse aux rats (ce « Ratting day », un évènement dans l’île..) dévorant les œufs des manchots. Il faut sauver les oiseaux et éviter la disparition des espèces.

« Vous savez l’histoire de l’île, c’est l’histoire de ses naufrages ». (p. 23)

C’est une nouvelle vie mais aussi, une nouvelle aventure qui commence !..  Un cargo a fait naufrage, à proximité de « l’île aux oiseaux » (Bird Island). Ida se porte volontaire pour soigner les oiseaux mazoutés. Elle accompagne une équipe de trois hommes, sur une période de quinze jours – ces quelques jours, en dehors de tout autre regard– et va tomber amoureuse. Alors, lorsque l’amour s’en mêle…. et que la vie s’emmêle !…

Vous serez aux côtés d’éléphants de mer, de seabirds, de pétrels, de rockhoppers, d’albatros et de skuas dont il faudra prendre garde, ces oiseaux risquent de vous « dévorer les yeux »!… Vous marcherez sur cette île, dans d’épais fourrés de tussoks où  chaque famille n’a droit qu’à deux vaches et un seul  mouton par personne.

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**Tristan da Cunha, ce territoire britannique, est une île qui porte le nom du navigateur, d’origine portugaise, (Tristão da Cunha) qui l’a découverte en 1506, petit bout de terre perdue dans l’Atlantique Sud. Une île d’à peine 100 km² avec ses 256 habitants. Un archipel volcanique (volcan de 2 000m de haut) et à la fois l’île principale située au nord des quarantièmes rugissants. Tristan da Cunha, l’île la  plus isolée du monde, distante de plus de 2 800 kilomètres à l’ouest de la ville du Cap en Afrique du Sud, et à plus de 3 300 kilomètres, à l’est de l’Amérique du Sud (face à l’Argentine). Au nord, la terre la plus proche est  l’île de Sainte-Hélène (2 100 kilomètres). L’accès y est très restreint. Pas d’aéroport, pas d’avion, ! Ce n’est qu’à bord de langoustiers que se font les traversées qui durent sept jours, depuis le Cap (Afrique du Sud). On y accoste que si la météo est convenable. Peu de rotations, dix bateaux annuels relient l’île au continent, principalement réservés aux habitants. Là-bas, c’est le vent qui décide !… On se déplace en fonction du sens du vent, on y va « the first fine day« , le premier jour de beau temps

Un livre qui, dès les premières lignes, nous plonge dans cette histoire ! Nous sommes complètement ailleurs, vraiment dans un autre univers…..Un livre qui fait voyager au bout du monde, sur une île dont on ne connaît pas forcément l’existence, qui incite à faire un peu de géographie, à ouvrir un atlas ….

C’est un récit court, une écriture fluide avec beaucoup de sensibilité et d’émotion… Un récit qui parle d’éloignement, d’isolement par la distance, de solitude,  d’attente et d’amour…

Un beau et excellent premier roman !

M-Christine.

Clarence Boulay, est plasticienne et scénographe, diplômée de l’École des beaux-arts et de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Née en 1984 à Vannes, c’est une habituée des espaces insulaires. Tout  comme son héroïne, Clarence Boulay a passé  huit mois sur l’île  Tristan da Cunha en 2011,  qui lui ont inspiré ce premier roman. (p. 102)

Tristan – 163 pages – Prix : 18 €

 

 

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