Avant que le monde ne se ferme – Alain Mascaro – Editions Autrement –

LE DESTIN D’UN CIRQUE TZIGANE AU COEUR DU XXème siècle

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« Les hommes sont exactement comme les moutons. On leur fait croire à l’existence des loups et ceux qui sont censés les protéger sont en fait ceux qui les tondent et les tuent. » (P. 38)

La librairie Doucet vous recommande de suivre les pas d’Anton et le son du violon tzigane qui s’élève autour d’un feu de camp, dans la steppe kirghize, ! Suivez les pas d’Anton, ce dresseur de chevaux, porte-voix du peuple tzigane, « ces fils du vent » contraints à changer leur mode de vie dans cette première moitié du XXème siècle. Accompagnez Anton, le rescapé des camps nazis qui saura trouver les mots pour ses frères et ses sœurs d’âme et, leur communauté, celle des Torvath survivra, celle du monde du cirque qui parcourt les routes et les chemins à bord de leurs roulottes, s’arrêtant dans les villes et les villages, déployant leur chapiteau, jusqu’à ce que l’Histoire les rattrape.

N’hésitez pas à lire ce magnifique premier roman !

Un beau témoignage de cet épisode tragique peu connu, écrit dans une langue poétique éblouissante et puissante. C’est romanesque et assez bouleversant.

Gros coup de cœur. Lu et recommandé par Linda

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

Avant que le monde ne se ferme – 244 pages – prix : 17.90 € (parution : août 2021)

Alain Mascaro est né en 1964. Professeur de lettres à Vichy, il décide en 2019 de tout quitter pour s’en aller parcourir le monde. Ce long voyage sans date de retour lui aura permis d’écrire son premier roman.

Les chats éraflés – Camille Goudeau – Éditions Gallimard

De la liberté par les livres….

Soizic, 22 ans, jeune provinciale, un peu cabossée de la vie, déposée dès ses premières années par sa mère chez ses grands-parents maternels, décide sur un coup de tête de partir à Paris, pour trouver un peu de répit, un semblant de liberté, en s’éloignant des siens plutôt fantasques et rongés par l’alcool.

Avec peu de moyen, elle trouve à se loger dans un hôtel miteux et grâce à un cousin qu’elle ne connaît pas, elle va faire « l’ouvre-boîtes », découvrir le dur métier de bouquiniste, puis peu à peu tenter de se reconstruire en tournant la page de son enfance et peut-être retrouver sa mère qui l’a abandonnée. Mais, pas si facile ! De là à vouloir conquérir « La Capitale », c’est une tout autre histoire !…

Histoire prenante avec des personnages touchants et marquants. Un livre cinématographique. Un premier roman réussi plein de sensibilité et d’humour ! Une bonne surprise !

Surprise d’avoir vu Camille Goudeau qui était invitée dans l’émission de La Grande Librairie de François Busnel du 5 mai 2021 dont vous pouvez écouter un extrait, en cliquant ici !

Et si vous souhaitez faire dédicacer votre livre, vous trouverez Camille Goudeau cette jeune trentenaire, elle-même bouquiniste, en vous rendant sur les quais de Seine, Quai de l’Hôtel de Ville à Paris !

Librairie Doucet Le Mans/M. Christine

« Les chats éraflés » 266 pages – prix 20 €

Commander le livre

Mémoire de soie – Adrien Borne – Éditions Lattès –

Premier roman d’Adrien Borne, journaliste et présentateur. Premier roman, impressionnant de maîtrise, d’équilibre, une qualité d’écriture absolument indéniable !

On dit qu’il est journaliste, il sait faire et raconter… Il nous emmène dans un roman qui sent bon le sud, mais surtout c’est un roman sur les secrets de famille, les non-dits. Comment se construire ? Comment se construire quand on n’a pas toutes les clés en mains ? J’ai été attirée par ce roman parce que la couverture est très jolie. On retrouve une photographie un peu sépia avec des personnages de la fin du XIXe siècle mais aussi parce que ce roman nous fait découvrir un métier qui a complètement disparu et nous allons dans une magnanerie (cela vous dit quelque chose ?) C’était un lieu où l’on pratiquait la culture des vers à soie pour fournir les soyeux lyonnais. Nous sommes au début de la guerre de 39-45, Emile va partir faire son service militaire durant de longues années. Dans sa vie, on ne dit rien, on ne se parle pas. On ne s’embrasse pas. Son père et sa mère le voient partir probablement pour la guerre, sans une larme, sans changer leur planning du quotidien -un milieu de taiseux- sauf que ce jour-là, juste au moment où il monte dans le car, sa mère lui glisse un livret de famille dans son sac. Arrivé dans la ville où il effectue son engagement, il s’aperçoit, à sa grande surprise, qu’Augustin, son père n’est pas mentionné sur le livret de famille. On parle bien de Suzanne mais on parle surtout de Baptiste. Vous imaginez le choc, quand à vingt ans, vous découvrez que votre père n’est pas celui que vous croyez et que de cet homme vous ne connaissez rien ! Vous allez devoir mener l’enquête. C’est l’histoire de cette famille, celle de Suzanne qui a eu un destin si particulier, qui est arrivée pour épouser, pour aimer Baptistin et qui se retrouve mariée entrain d’élever son fils avec Augustin.

C’est très joliment fait, c’est très bien amené. Il y a plein de justesse et vraiment vous plongez dans cette histoire avec délice. Quand vous découvrez un premier roman, c’est toujours un moment formidable et puis surtout, un auteur en devenir !

Marie-Adélaïde/MC.

Mémoire de soie – 250 pages – prix : 19 € – (parution 19/08/20)

ÉCOUTEZ MARIE-ADÉLAIDE DE LA LIBRAIRIE DOUCET EN COMPAGNIE DE DELPHINE SEVENO, SUR FRANCE BLEU MAINE en cliquant ici !

La vie secrète des arbres – Peter Wohlleben – Editions Les Arènes –

la vie secrete des arbresPromenez-vous dans les bois, pendant qu’il en est encore temps ! – Un livre parfait pour les amoureux de la forêt !

Un grand BRAVO  et Un grand MERCI ! à Peter Wohlleben pour ce merveilleux livre qui nous éclaire sur « La vie secrète des arbres », « Ce qu’ils ressentent. Comment ils communiquent ».1003698-peter-wohllebenjpg

« Enfant, Peter Wohlleben voulait protéger la nature. Devenu forestier, il s’est mis au service de son employeur, l’administration forestière de l’Etat allemand. Puis, en appliquant les consignes de celle-ci, il s’est mis à martyriser les arbres, la forêt, celle qu’il pensait protéger, aimer, chérir…. »

Il se souvient :  » Il en savait autant sur la vie secrète des arbres qu’un boucher sur la vie affective des animaux » De l’exploitation forestière intensive, source de matière première pour les scieries, il est passé à autre chose. Tout a changé au contact des promeneurs, des randonneurs de « sa forêt » au sud de Bonn (commune de Hümmel). Ils  lui ont changé son regard et sa vision des choses, remettant en cause sa façon de travailler. Depuis, il dirige une forêt écologique, il chouchoute les hêtres, plaide surtout pour le minimum d’intervention humaine dans les forêts… C’est un amoureux du hêtre des voyageurs ! Il faut dire qu’avec sa ramure de cerf ou ses branches de chandelier, ce hêtre a fier allure !7095112lpw-7095321-article-jpg_4118070

On pense ne rien avoir à apprendre des arbres. Bien au contraire, nous avons tout à apprendre de leur vie, de leurs échanges, de leurs racines, de leur mémoire également.

OUI, dans ce livre très pédagogique, érudit mais ô combien nécessaire, vous apprendrez que les arbres communiquent entre eux, qu’ils sont solidaires entre eux car ils sont capables de prévoir un danger, de s’en prémunir, d’alerter leurs congénères, de s’aider, de protéger les plus faibles.

OUI, c’est un livre très clair, bien construit, passionnant à mettre entre toutes les mains !

Que l’on soit de milieu rural, que l’on soit citadin, ou professionnel forestier, ce livre nous touche tous. D’un chapitre à l’autre (très courts), nous sommes aux côtés de l’auteur, nous avançons à notre rythme, pour une belle leçon de sciences, de botanique, pour une magnifique et belle promenade forestière, en compagnie de la faune, de la flore, de toutes ces petites « bébêtes » qui parfois nous font surgir, mais ô combien utiles !

Quelle magnifique couverture !

Certes, direz-vous, il aura fallu abattre bon nombre d’arbres pour produire ce livre mais c’est pour la bonne cause, écrit pour mieux nous faire réfléchir, essayer de comprendre la gestion de la forêt, la pratique de l’écoforesterie sensée, si chère à Peter Wohlleben qui prône pour le retour à la forêt primaire.

Prenez-en de la graine, ce livre est vraiment rafraîchissant ! Après cette excellente lecture, peut-être aurez-vous envie d’entourer vos bras autour des arbres, de les choyer et pourquoi pas leur parler ?arbre dans vos bras

Et, pour comprendre, pas besoin d’aller bien loin, juste à côté de chez vous et vous ne regarderez plus les arbres et les vieilles souches de la même façon !.. Allons communiquer avec eux, il faut les protéger davantage.

Et que dire du sort des arbres en ville ? « Mieux vaut éviter d’éclairer les rues toute la nuit, car les arbres ont besoin de dormir, comme nous ! »

Un livre à faire circuler de toute urgence car « les forêts peuvent nous aider à lutter contre le changement climatique, à condition que nous leur permettions de faire leur job », nous dit Peter Wohlleben!

Ainsi, la canopée, le houppier, les oribates, les collemboles et les polychètes n’auront plus de secret pour vous !….

En fin d’ouvrage, vous trouverez un « Plaidoyer pour le respect des arbres ».

Marie-Christine

La vie secrète des arbres – Peter Wohlleben – Editions « Les Arènes » – Prix 20,90 € – Un livre vendu numéro un, en Allemagne, tiré à plus de 650 OOO exemplaires, traduit en 32 langues, devenu best-seller en Amérique, très prisé en Chine et au Brésil. Traduit de l’allemand par Corinne Tresca.

Marx et la poupée » Maryam MADJIDI -Editions Le Nouvel Attila-

MARX ET LA POUPEE   « JE NE SUIS PAS UN ARBRE, JE N’AI PAS DE RACINES »

Cette phrase, superbe, appartient au roman autobiographique de Maryam MADJIDI, intitulé « Marx et la poupée ».

Les parents de Maryam sont iraniens et communistes. Ils vivent à Téhéran et vivent en même temps la révolution. Maryam a six ans quand elle suit ses parents en exil à Paris.. Nous sommes alors en 1986.

Maryam revit ses souvenirs dans ce beau récit jusqu’en 2012 et, à l’âge adulte ils deviennent presque des « Il était une fois ».

Le thème principal est donc l’exil avec l’abandon du pays, le manque de la grand-mère restée là-bas, la perte des jouets que la petite fille ne peut pas emporter et surtout la perte du persan au profit du français.

Au gré et au rythme des séjours à Pékin, à Istanbul, des allers-retours à Téhéran, l’équilibre va enfin s’installer entre le passé et le présent. La poésie, omniprésente y contribue pour beaucoup.

« Il était une fois/ Un mot/ Sans cesse répété/ Etalé sur la surface de la terre/ Noyé au fond des yeux/ Glissant lentement sur l’eau/ Rythmé par les battements du cœur/ Il était une fois (….) Souffle/ Souffle/ Vent de ma vie/ Souffle/ Souffle/ Et fais durer les souvenirs. »

C’est très beau, très fort, parfois même violent mais aussi plein d’humour, avec une première de couverture originale et très poétique qui annonce cette très belle écriture.

Un premier roman particulièrement réussi.

Marie-Jo/M-Christine

« Marx et la poupée » – Maryam Madjidi – Le Nouvel Attila – Prix : 18 €uros

Les mots entre mes mains – Guinevere Glasfurd – Editions Préludes

LES MOTS DESCARTESLA SERVANTE ET LE PHILOSOPHE 

« Les mots changent tout, même ce que je pense ».

Hexagone, quel mot étrange ! Si on pouvait le manger, il aurait un goût de cerise. »

Une servante hollandaise devenue la compagne de René Descartes (Eh oui !…..Descartes, le philosophe). C’est un épisode méconnu de la vie de Descartes que Guinevere Glasfurd nous dévoile. Nous sommes au XVIIème siècle, à Amsterdam. Helena Jans van der Strom vient d’un milieu très modeste, elle est intelligente, très avide de connaissances. Cette jeune femme  en avance sur son temps est autodidacte, fascinée par les mots. Elle a appris à lire et à écrire seule. Elle travaille comme servante chez un libraire, Monsieur Sergeant. Un jour débarque René Descartes  chez son ami, libraire, qui l’héberge. Descartes tombe amoureux de la servante. Très vite une complicité va s’installer entre la servante et Descartes qui en fait sa maîtresse. Un enfant naît, une petite fille prénommée Francine, mais il ne change rien à sa vie :   Descartes est plongé dans ses écrits (nous sommes au moment de l’écriture et de la publication du « Discours de la méthode ») et Héléna attend patiemment, toujours amoureuse des mots, toujours avec  son appétit de vivre et la même soif d’apprendre.DESCARTES

Ils n’ont pas le même statut social ni la même religion. Le « Monsieur », comme elle l’appelle est catholique. Héléna est protestante. Il voit Hélèna quand bon lui semble et lui apporte son aide matérielle.

Guinevere Glasfurd fait revivre Amsterdam en 1630, sur fonds de l’époque du « siècle d’or », ce passé où les femmes n’avaient pas d’autre fonction que faire le ménage si elles étaient issues de milieu modeste, ou n’être qu’épouse ou mère. ! Elle resitue les personnages dans cette période, s’appuyant sur des faits réels, car c’est bien une  histoire d’amour véritable, mais ô combien compliquée…Une époque complexe, peu favorable à l’émancipation des femmes.

Un premier grand roman très passionnant, plein de passion et de surprises. La lecture et l’écriture, l’encre et le papier tiennent une place centrale dans ce livre car c’est ce qui va lier le philosophe et la servante. C’est un roman  captivant, troublant et à la fois bouleversant.

Bravo à Guinevere Glasfurd qui fera battre votre coeur ! Vous pourrez rire et pleurer…. C’est une belle histoire d’amour, un très beau roman historique qui devrait vous ravir car vous vous attacherez à Héléna, la principale héroïne de cet excellent roman.

Lisez ces « mots entre les mains », vous ne serez pas prêts de les oublier ! Vous penserez longtemps à Héléna puis à Descartes qui vous donnera peut-être envie de cogiter, de relire « Le discours de la méthode », les « Essais » ou les « Méditations Métaphysiques », de redécouvrir, de vous réconcilier avec Descartes tout simplement ! Descartes vu sous un autre jour, moins rigide, moins rigoureux !

Si vous aimez les romans historiques,  l’ambiance d’Amsterdam au XVIIème siècle, si vous avez aimé « La jeune fille à la perle«  de Tracy Chevalier ou « Le Miniaturiste » de Jessie Burton, ce livre est pour vous !

Et comme la première de couverture de ce  livre fait penser aux tableaux de Vermeer, visitez  l’exposition Vermeer  qui se tient au Musée du Louvre à Paris jusqu’au 22 mai 2017 !

Après des nouvelles reconnues, « Les Mots entre mes mains est le premier roman de Guinevere Glasfurd. Très investie auprès des artistes du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud à travers l’Artists International Development Fund, elle collabore également avec l’association de femmes écrivains de l’est de l’Angleterre. Words an Women. Elle vit en bordure des Fens près de Cambridge.

Marie-Christine

No home – Yaa Gyasi – Editions Calmann Lévy

No homeYaa  GYASI 27 ans seulement , signe son premier roman :

« NO HOME » 

Un roman ambitieux, mais incontournable  !

(entretien par Charlotte Bouniot avec Marie-Adélaïde, librairie Doucet)

CB : Marie-Adélaïde, vous allez nous présenter un premier roman, le premier roman de Yaa GYASI. Elle a seulement 27 ans. Elle s’est lancée dans un roman un peu ambitieux puisqu’elle nous raconte quand même trois siècles d’histoire autour d’une fresque familiale sur deux continents. Expliquez-nous !

MAD : Extraordinaire ! Huit générations !

Ce livre prend le thème très ambitieux de l’esclavage et de la transmission. Il va casser les idées reçues en ce sens que ce ne sont pas seulement les blancs, américains, britanniques qui ont fait ce commerce d’esclaves mais également les africains eux-mêmes ; c’est-à-dire que des ethnies africaines de cette région d’Afrique ont pris des villages qu’ils ont pillés et ont vendu leurs propres frères et sœurs, comme esclaves. Donc, l’exemple que va prendre YAA GYASI est très simple, c’est l’histoire d’une jeune esclave Ashantie. Elle a eu un enfant, une petite fille Effia, avec le Roi de ce village. Elle est très malheureuse, elle va partir, abandonnant sa fille, puis revenir dans son village dévasté et avoir une nouvelle petite fille, Esi. Ses deux filles auront un destin totalement différent. En souvenir, elles auront un collier avec une perle noire, venant de leur maman, qui servira de fil conducteur à cette histoire puisque nous allons suivre les huit générations des descendants de ces deux demi-sœurs. Celle qui va rester en Afrique. Celle qui va épouser un côlon britannique. Celle qui va avoir un destin de Reine. Sans le savoir, sous ses pieds, dans le fort où elle habite, il y aura sa sœur qui sera détenue, puis celle des descendants des fils, sa demi-sœur qui arrivera, très rapidement aux Etats-Unis, dans ces champs de coton, ces esclaves dont on connaît les destins car ils connaîtront cette vie très dure jusqu’au moment où cela s’améliorera dans les années soixante.

Des deux côtés, on va suivre ces huit générations. C’est absolument poignant. C’est un roman d’une ambition rare. On apprend énormément de choses, entre Histoire avec un grand « H » puisque c’est la vérité historique et également romanesque puisque c’est avec brio que  YAA GYASI cette jeune femme de 27 ans- a comblé les trous, réussissant à faire une fresque absolument inoubliable, exceptionnelle. C’est pourquoi j’invite tout le monde à lire  NO HOME, ce livre qui nous apporte vraiment beaucoup.

CB : A la passionnée que vous êtes, Marie-Adélaïde, cela vous impressionne-t-il qu’à 27 ans on puisse écrire un tel roman ?

MAD : Ah ! oui vraiment. Il est d’une telle ampleur. Il est absolument émouvant. Imaginez, huit générations, sur deux filiations. On est donc sur 16 personnages. Il doit y avoir un point d’encrage entre chacun. Très gentiment, elle joint un arbre généalogique fort utile. C’est un travail énorme pour un premier roman. Je pense qu’on a un grand auteur, en devenir.

 NO HOME. Un premier roman à découvrir absolument ! 

UN ROMAN  MAGISTRAL !

CB : UN PETIT RAPPEL, Marie-Adélaïde pour une rencontre-dédicace importante qui se déroulera à la Librairie Doucet.

MAD : Exactement ! Nous avons la chance de recevoir un auteur très brillant puisque :

  • DANIEL PENNAC sera présent   SAMEDI 18 MARS à 15 h30 pour les dédicaces et conférence à 16 h pour « Le cas Malaussène » à la librairie Doucet.

Marie-Adélaïde/Marie-Christine

Réécoutez l’émission France Bleu Maine en cliquant ici !

Yaa Gyasi, 27 ans, est née au Ghana avant d’émigrer aux Etats-Unis, à l’âge de 2 ans. Lectrice précoce de Toni Morrison, elle est diplômée de la prestigieuse Université de l’Iowa. Un voyage du Ghana déclenche son désir d’écrire No Home. Best-seller immédiat encensé par la critique américaine, ce premier roman magistral est sur le point de devenir un phénomène mondial. No Home est traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Damour – 410 pages – prix : 21,90 €uros.

Petit pays – Gaël Faye – Editions Grasset

petit-paysCe jeudi 17 novembre, au premier tour de scrutin (9 voix) devant « Continuer » de Laurent Mauvinier (Editions de Minuit), c’est Gaël Faye qui décroche le prix Goncourt des lycéens 2016 pour « Petit pays ». Il  succède donc à  Delphine de Vigan pour « D’après une histoire vraie » (JC Lattès).  Elle était également lauréate du prix Renaudot 2015.

Félicitations à Gaël Faye.

Lisez « Petit pays »,   Ecoutez l’album « Pili Pili sur un croissant au beurre » de Gaël Faye et vous serez comblés ! Comment raconter  l’inexplicable, l’insoutenable ?

roman commenté sur le blog le 21/10 : Gaël Faye, auteur-compositeur-interprète puis écrivain signe ce premier roman en nous relatant le drame rwandais, grâce à la voix enfantine de Gabriel (dit Gaby) âgé de 10 ans, avant que ne débute le génocide. Gaby sera le narrateur qui pratique malgré tout l’humour quand il relate les explications de son père entre Hutus, Tutsis et les raisons de la guerre…

L’histoire est inspirée de son enfance, celle d’un enfant métis, d’un père français et d’une mère rwandaise, d’ethnie Tutsi, vivant au Burundi, dans les années 1992. Il a une petite soeur Ana. Il habite le quartier international de Bujumbura où la famille est installée, quartier d’expatriés, plutôt paisible. Gabriel passe son temps entre la maison, l’école et se lie à une bande de copains avec qui il fait les 400 coups. Le couple se délite. La séparation va le perturber. Il nous raconte comment la guerre a éclaté, ravagé son pays, volé son enfance et tué les siens.

Peu à peu la guerre civile s’installe. Fini le jardin de jonquilles, le parfum de citronnelle. La cueillette de mangues a plutôt un goût amer. Fini les pirogues en tronc de bananier au bord du Tanganyika. Il se croyait encore un enfant, il se découvre métis, Français Tutsi….. une histoire, une tragédie qui a fait grandir Gabriel, un adieu à l’enfance plus vite que prévu.

Puis heureusement, il y a comme échappatoire la lecture avec de superbes passages, à propos des livres de la bibliothèque de Madame E. qui viennent adoucir les horreurs de la guerre (page 168) :

« Un après-midi, j’ai croisé Madame E. […] Elle m’a invité dans sa maison pour m’offrir un jus de barbadine. […] Dans son grand salon, mon regard a tout de suite été attiré par la bibliothèque lambrissée qui couvrait entièrement un des murs de la pièce. Je n’avais jamais vu autant de livres en un seul lieu. Du sol au plafond.

Vous avez lu tous ces livres ? Oui. Certains plusieurs fois, même. Ce sont les plus grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Ils m’ont changée, ont fait de moi une autre personne.

Un livre peut nous changer ? – Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. comme un coup de foudre. Mes doigts couraient sur les rayonnages, caressaient les couvertures, leur texture si différente les unes des autres. J’énonçais en silence les titres que je lisais. […] »  » Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis ».

ou comme ce magnifique échange épistolaire entre Gabriel et Laure, sa correspondante française (à Orléans), lorsqu’il est collégien.

« Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie » (p.185)

Un roman sur l’exil, la nostalgie de son enfance, sur le déracinement, sur l’histoire du Burundi. Un parfum d’enfance africaine au goût amer qui le hantera à tout jamais mais que l’auteur tente d’adoucir grâce à sa magnifique plume poétique qu’il manie avec grande habileté.

Ainsi, Gaël Faye fait renaître ce « Petit pays« , le Burundi, en nous offrant ce premier « grand roman » de 216 pages qui est une réussite. Sachez que « Petit pays» est en lice pour le Goncourt dont la proclamation du lauréat  est prévue  vendredi 4 novembre. GONCOURT qui ne l’a pas retenu mais obtient ce 17 novembre le GONCOURT DES LYCEENS ! BRAVO !

Marie-Christine

Petit pays – Gaël Faye – Editions Grasset –

petit-paysLisez « Petit pays »,                                                                           Ecoutez l’album « Pili Pili sur un croissant au beurre » de Gaël Faye et vous serez comblés !

Comment raconter l’inexplicable, l’insoutenable ?

Gaël Faye, auteur-compositeur-interprète puis écrivain signe ce premier roman en nous relatant le drame rwandais, grâce à la voix enfantine de Gabriel (dit Gaby) âgé de 10 ans, avant que ne débute le génocide. Gaby sera le narrateur qui pratique malgré tout l’humour quand il relate les explications de son père entre Hutus, Tutsis et les raisons de la guerre…

L’histoire est inspirée de son enfance, celle d’un enfant métis, d’un père français et d’une mère rwandaise, d’ethnie Tutsi, vivant au Burundi, dans les années 1992. Il a une petite soeur Ana. Il habite le quartier international de Bujumbura où la famille est installée, quartier d’expatriés, plutôt paisible. Gabriel passe son temps entre la maison, l’école et se lie à une bande de copains avec qui il fait les 400 coups. Le couple se délite. La séparation va le perturber. Il nous raconte comment la guerre a éclaté, ravagé son pays, volé son enfance et tué les siens.

Peu à peu la guerre civile s’installe. Fini le jardin de jonquilles, le parfum de citronnelle. La cueillette de mangues a plutôt un goût amer. Fini les pirogues en tronc de bananier au bord du Tanganyika. Il se croyait encore un enfant, il se découvre métis, Français Tutsi….. une histoire, une tragédie qui a fait grandir Gabriel, un adieu à l’enfance plus vite que prévu.

Puis heureusement, il y a comme échappatoire la lecture avec de superbes passages, à propos des livres de la bibliothèque de Madame E. qui viennent adoucir les horreurs de la guerre (page 168) :

« Un après-midi, j’ai croisé Madame E. […] Elle m’a invité dans sa maison pour m’offrir un jus de barbadine. […] Dans son grand salon, mon regard a tout de suite été attiré par la bibliothèque lambrissée qui couvrait entièrement un des murs de la pièce. Je n’avais jamais vu autant de livres en un seul lieu. Du sol au plafond.

– Vous avez lu tous ces livres ? Oui. Certains plusieurs fois, même. Ce sont les plus grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Ils m’ont changée, ont fait de moi une autre personne.

– Un livre peut nous changer ? – Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. comme un coup de foudre. Mes doigts couraient sur les rayonnages, caressaient les couvertures, leur texture si différente les unes des autres. J’énonçais en silence les titres que je lisais. […] »  » Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis ».

– ou comme ce magnifique échange épistolaire entre Gabriel et Laure, sa correspondante française (à Orléans), lorsqu’il est collégien.

« Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie » (p.185)

Un roman sur l’exil, la nostalgie de son enfance, sur le déracinement, sur l’histoire du Burundi. Un parfum d’enfance africaine au goût amer qui le hantera à tout jamais mais que l’auteur tente d’adoucir grâce à sa magnifique plume poétique qu’il manie avec grande habileté.

Ainsi, Gaël Faye fait renaître ce « Petit pays« , le Burundi, en nous offrant ce premier »grand roman » de 216 pages qui est une réussite. Sachez que « Petit pays »est en lice pour le Goncourt dont la proclamation du lauréat  est prévue  vendredi 4 novembre.

Marie-Christine

Avant que naisse la forêt – Jérôme Chantreau – Editions Les Escales-

SELECTION PRIX DU STYLE

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Profitez de lire ce roman qui nous prépare à l’arrivée de l’automne ! Promenez-vous dans les bois…, en Mayenne !

 » C’est arrivé un 15 août ». L’histoire commence par un coup de téléphone chez Albert et sa femme, alors qu’ils sont encore au lit- Ils vivent à Paris. Albert ne répond pas mais, à l’écoute du répondeur, sa tante lui laisse ce message : « Ta mère est morte ».

Albert se rend dans l’immense propriété familiale, en Mayenne bordée de centaines d’hectares de forêt afin d’organiser les funérailles…. ce sont les formalités et la crémation. Albert vaque dans toutes les pièces de l’immense maison de son enfance. Venu seulement pour deux ou trois jours, Albert perd pied. Albert n’arrive pas à se séparer de l’urne qui contient les cendres de sa maman.

A chaque pas franchi, à chaque son, qu’importe la pièce dans laquelle il pénètre, les souvenirs rejaillissent, le parquet craque, des bruits étranges se font entendre, des bruits nocturnes s’installent, le sommeil ne vient pas…

Mais, sa tante qui est restée près de sa soeur de nombreuses années, l’aura prévenu : « essaie de ne pas faire pareil ! »

Que cache cette maison ? Que cachent ces personnages étranges, cette forêt, et quels sont ces bruits ?

Si Albert est là, c’est pour trouver la musique qui correspond le mieux à sa mère pour sa dernière demeure. Il écoute donc les vinyles, fouille pièces et placards. Au fur et à mesure on apprend beaucoup sur le passé de cette famille, de cette mère inséparable qui a hérité d’un immense domaine forestier. Et puis il y a cette légende d’un ermite qui erre dans les bois.

Il ne fume plus. Il ne mange plus, il ne vit que de ce que la nature lui offre et en même temps, il se débarrasse de tout ce qui est superflu.

La maison est le centre du roman. La forêt y occupe une place essentielle. L’auteur nous la décrit si bien que nous avons l’impression de marcher à ses côtés, d’être au pied de chaque arbre, d’entendre craquer les feuilles sous nos pas, de sentir l’odeur de l’humus, d’entendre le vent à travers les branches.

Mais que deviendra Albert ? Reviendra-t-il parmi les siens, retrouvera-t-il son épouse, ses enfants ? Que transmettra-t-il ? « Avant que naisse la forêt », un roman certes, mais aussi une réflexion sur le poids de l’héritage.

Dans ses remerciements, Jérôme Chantreau indique :

 » Je ne peux que remercier la forêt pour ce que je lui dois et lui souhaiter de grandir loin de la main des hommes ».

« Jérôme Chantreau signe ce magnifique premier roman. Après une enfance parisienne et des études littéraires, il a créé un centre équestre et s’est formé à la sylviculture pour exploiter la forêt attenante à la maison familiale. Il est professeur de lettres et vit au pays basque.« 

Profitez de lire ce roman qui nous prépare à l’arrivée de l’automne !

Un roman envoûtant dans lequel le narrateur se réfugie dans la forêt, un monologue intriguant où la forêt est omniprésente. 

Un livre qui parle des secrets et légendes que les forêts racontent…

Une sublime découverte  pour ce premier roman.

Marie-Christine